Est-ce l'un des deux frères ou
quelque autre Ancey qui paraît à l'échevinage à la date de 1650 ? En cette année
là, au cours de l'été, une épidémie s'étant abattue sur Dole, le président
Mercey écrivit à Messieurs de Pesmes pour leur demander d'hospitaliser le
Parlement menacé. La salubrité de la contrée était renommée : le bruit, au
témoignage de l'historien Gollut en avait été porté à la cour de France. Au nom
des échevins, à la date du 2 août, le sieur Ancey répondit:
Très honoré Sieur, la joye que les habitans ont reccue par l'espoir que vos
lettres du jour d'hier premier de ce moys leur donnent d'une retraicte de Vos
Seigneuries en leur petite ville adoucit autant qu'il est possible leur
tristesse prime sur le subject qui les y portera. C'est pourquoy, ayant à grand
honneur que, sur toutes les autres villes du païs, la nostre soit choisie pour y
faire vos sainctes assemblées, nous vous supplierons en toute humilité que les
logis qu'Elles désirent leurs seront préparés au mieux que nos petites fortunes
le permettront, dés aussitôt qu'il leur aura plu nous faire sçavoir le nombre et
les noms des Seigneurs qui nous honoreront.- ce qu'attendant, nous prions tous
le Créateur augmenter toûjours de plus en plus l'honneur et la santé de toutes
Vos Seigneuries, des quelles nous vous disons,
Très honorés
Sieurs,
Les très humbles et très obéissants serviteurs,
Les Échevins et le Conseil de la Ville de Pesmes.
Pesmes ce 2 août 1630,
Par ordonnance, Ancey ».
Ce séjour dura peu du reste
(d'août à octobre). La peste s'étant étendue à Gray, la Cour se transporta à la
Vieille-Loye. C'est le 26 août qu'elle avait prévenu l'infante de son
installation à Pesmes, et l'accusé de réception - de la part du Roi même - est
daté de Bruxelles le 6 septembre.
Quelques années plus tard c'étaient les guerres, et la malheureuse Comté se
voyait disputée entre les Français et les Espagnols aidés des contingents
impériaux. M. de Raincourt, pour l'Espagne, commandait à Pesmes. Pesmes,
investie le 3 août 1638 par le Duc de Longueville et aussitôt rendue, ne fut
sauvée de l'incendie que moyennant une rançon de trois mille livres. Pour la
parfaire (M. de Longueville avait saisi des otages), la ville, par requête de la
Cour de ce même jour, se fit autoriser arrêt du 14 - à s'appliquer une somme de
seize cents livres sur l'hoirie3 de Philibert Ancey, co-échevin de
Pesmes - le probable signataire de la précédente lettre, et le frère de Claude
aussi - mort à Gray depuis peu de jours. Ainsi se payent les grandeurs
municipales. Il restait entendu que cela se restituerait à la veuve, Marguerite
Mayrot, dans les trois mois, avec intérêts au denier vingt. Malgré toutes les
garanties données, malgré deux arrêts de 1655 (avril et septembre), l'héritière
mourut sans être désintéressée, et ce sont ses ayants-droits seulement qui le
furent, par un emprunt autorisé en 1673. Du reste - comédie du sort ! -
l'occupation française avait été courte : peu après le passage de Longueville,
la garnison laissée dans Pesmes fut passée au fil de l'épée par un contingent
venu de Liège.
Ces Mayrot étaient une notable famille de Pesmes, et une autre chapelle porte
toujours leurs noms dans l'église.
3
L'héritage