Fernand ANCEY BOUZAREA,
le 15 Novembre 1946
Propriétaire
BOUZAREA
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(Alger)
Monsieur Georges ANCEY
FES (Maroc)
Mon cher Cousin,
Je ne sais comment m’excuser du long
retard que j’ai mis à répondre à la lettre que vous avez adressée à mon fils
Georges le 19 Juin.
Je voulais y répondre de suite, mais appelé par mes expertises en Oranie, à
Saïda non loin de Sidi-Bel-Abbès, pris par mes travaux, j’ai laissé en
souffrance ma correspondance plus que je ne l’aurais voulu. De son côté mon fils
a été très occupé par ses importants travaux de vinification, qui prennent fin
maintenant. Et pour comble de malchance, je ne retrouvais plus votre lettre, qui
s’était glissée dans un de mes dossiers, rouvert ces jours-ci.
Je m’empresse donc – si je puis encore m’exprimer ainsi – de satisfaire à
votre désir de connaître nos liens de parenté:
Mon Grand-père Jean-François ANCEY, né à Pesmes (Jura) en 1780, a eu deux
enfants, dont mon père Théodore ANCEY qui, après avoir été avocat à Marseille,
fut Administrateur de Commune Mixte en Algérie. C’est à cette époque, vers 1889
que Félix ANCEY,- votre oncle – vînt en Algérie où il fut aussi Administrateur
de Commune mixte.
Par Madeleine ANCEY, qui est à Marseille, nous n’avons jamais cessé le
contact avec notre famille de France, et aussi par Pierre ANCEY, son fils, qui
est en relations d’affaires avec mon fils Georges ; à son retour de la campagne
d’Alsace il a d’ailleurs séjourné quelques jours, en militaire, chez Madeleine
ANCEY.
Vous avez rencontré, dites-vous, en 1918, un ANCEY au Maroc, c’était feu
Paul ANCEY, dont le père était de Lyon et avec qui nous étions cousin, je ne
sais à quel degré.
Par mon père, les ANCEY ont fait souche en Algérie puisque j’ai trois fils :
Georges, l’aîné âgé de 39 ans, Francis et Pierre, et trois filles, dont l’aînée
est décédée en 1944, et que d’autre part, j’ai neuf petits enfants, dont trois
garçons, ce qui laisse à penser que le patronyme ANCEY n’est pas près de
disparaître en Algérie comme au Maroc d’ailleurs puisque vous avez un fils
marié.
Je suis âgé de 68 ans mais rien me dit que nous ne nous rencontrerons pas un
jour en Algérie où il serait très agréable à ma femme et à moi de vous recevoir
pour faire plus ample connaissance et autrement que par correspondance.
C’est dans cet espoir, mon cher cousin,
que je vous adresse mes sentiments les plus cordiaux.
Signé : M ANCEY