CHRONIQUES DES ANCEY

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Francis, pour sa part, s'appelle en tout Jean-François, comme le père, et le plus jeune (du 19 mars 1799) est dénommé Jean-françois césar.
    On l'éleva à Dole - collège de l'Arc - puis, d'après sa soeur, à Lyon, dont les frimas l'affaiblirent. A Dole une tradition veut qu'un grand d'Espagne, passant par la ville, frappé des heureuses dispositions de l'enfant, se serait chargé de son avenir s'il l'eût suivi, mais César préféra la France et les siens.
    A Marseille, dont le climat paraît plus favorable pour lui, il trouvait son frère Antonin installé, déjà fondateur d'un foyer. Il y fut d'abord employé de banque (chez M. Gallet, croyons-nous), mais, dés cette époque, des essais de laboratoire lui avaient révélé la valeur des lies de vin, alors négligées comme sans valeur, dans la fabrication de l'acide tartrique employé dans le vinage et aussi en tant que mordant. Des industries chimiques tendaient à naître alors dans la grande ville - chez les Legré notamment (tableau de Camille Ancey: fabricants marseillais de crème de tartre et leur outillage). César avait pour aide dans ses expériences le jeune Jacques Chiry de Mazargues (1804 - 1887) que j'ai bien connu et qui avait de curieux souvenirs de la joie de Marseille à la nouvelle de la chute de l'Empire en 1814.
    C'est en 1825 que se serait ouverte l'usine Ancey. Les adresses successives données par les guides de la ville jusqu'à sa mort sont les suivantes rue Gérin 1826, rue Bernard du bois 1827-8, encore rue Gérin 1829-30, cours Gonffé 1831-46, rue Montgrand 1847-9, rue Marengo enfin depuis 1850.
    Une association avec Tancrède Pastoret existe depuis 1827. F. Dalmas s'y joint en 1836, et Pastoret se sépare deux ans plus tard. Enfin, depuis 1849, la firme devient Ancey et Cie seulement.
    Est-ce M. Pastoret, est-ce M. Dalmas dont un plan de vie morale très élevé, très pur, quoique parfois amphigourique de style, se retrouve dans les papiers de mon aïeul ? Jeanne-Anatoile a formulé des vœux pour le bonheur du bon Dalmas, et nous savons d'autre part qu'une même fièvre mystique avait entraîné quelques temps les trois amis à rêver d'une vie de missionnaire (lettre d'Élise Raynaud de Trets). Tancrède, plus tard, tiendra sur les fonts un petit neveu de César.
    César lui-même ne paraît pas avoir été fort pressé de se marier. Est-ce par les Legré dont l'un épouse une Clara Blanc qu'il fut mis en rapport avec cette famille dont le père, Louis, savonnier de son vivant, était décédé en 1827, laissant sept enfants, croyons-nous, de sa femme, née Villet ? M. Blanc lui-même était fils de Balthazar Louis, médecin, et un vieux Villet (Antoine), septuagénaire, vivait encore en 1834
14 . Peut -être est-ce lui dont un portrait se conserve chez mon oncle Joseph Ancey. On l'appelait comiquement le Barbare, à cause d'un ancien séjour en pays barbaresques.
    Camille Blanc, avec les siens, demeurait Deuxième Calade (No 18) paroisse de la Trinité, où se fit le mariage, dans la nuit du 14 au 15 octobre 1834. La mariée avait vingt-sept ans (naissance du 21 janvier 1807). Ses témoins étaient le vieil oncle Antoine Villet et M. Arglians ; ceux de César, MM. Gallet et Pastoret. Les Antonin, les Francis et Anna Berlier ont signé au registre aussi. Le voyage de rigueur était remis au printemps, époque où les vieux Ancey de Pesmes se flattaient d'embrasser leur nouvelle belle fille.
    Ce printemps-là, la jeune Mme Ancey se trouvait enceinte, et le choléra sévissant en 1835 à Marseille, obligeait le nouveau ménage à se réfugier dans la banlieue, à Saint Barnabé. C'est là que vint au monde le 2 août, un premier né, Jean Louis Marie Félix, qui portait dans ses prénoms, avec ceux de ses deux aïeuls, celui du frère que pleurait toujours la muse de Pesmes.



14 Voir note p. 33 (du document manuscrit original).

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