« Il n'est donc plus, ce frère
aimable
Pour qui j'aurais donné mes jours
C'est un fait, Parque impitoyable
Tu me l'as ravi pour toujours !
Quoi! C'est en vain que je
l'appelle ?
C'est en vain que coulent mes pleurs
Jusqu'à sa dépouille mortelle
Est dérobée à mes douleurs »
(recueil Ms de J.A. Ancey,
p.48)
Marie-Thérése-Catherine, née Villet, l'aïeule maternelle, était marraine, et
Jean-François, par procuration, le parrain.
Sept enfants devaient suivre, dont deux morts en bas âge, Alfred (+ 1851)15
et un autre à moi inconnu. Un troisième, Théophile, survécu peu à
son père. Les autres sont, par rangs d'âge, Lucie, Élisabeth, Marie et Joseph,
ce dernier-né en 1852.
Peu après cette naissance, César son père quittait de lui-même la
municipalité de Marseille où il était, depuis quatre ans, délégué aux travaux
publics. Ses convictions légitimistes le faisaient reculer devant le serment
désormais exigé à l'Empire.
Il avait envoyé son fils aîné, âgé de neuf
ans, aux Jésuites d'Estavayes (Suisse), plus tard de Fribourg d'où la guerre du
Sonderbund devait les chasser bientôt. Félix se rencontrait là avec des
camarades marseillais, les frères Fisa, Auguste d'Alayer, destiné à reparaître
dans cette histoire. L'époque était encore aux diligences, et l'enfant devait
longtemps se rappeler les arrivées de nuit à Montélimar, parmi les caisses de
nougats. L'éducation se paracheva à Lyon - où les dures pénitences des missions
ne furent guère du goût de leur élève - et finalement, au petit séminaire de
Marseille.
Deux noms en surnagèrent dans sa mémoire:
M. Saint Romieu, son professeur de mathématiques, et l'excellent abbé Henri
Gras (né 1814), plus tard chanoine -et toujours très féru de sciences. Ce devait
être le confesseur habituel de Félix. A cette date remonte aussi la liaison avec
F. Fournier, fondateur de la puissante maison de stéarinerie16. Quant
aux goûts du jeune Ancey, dès ses quatorze ans, ils l'entraînaient vers
l'entomologie, destiné à devenir vraiment son violon d'Ingres. C'est vers cette
époque que Camille, son cousin, fils aîné d'Antonin, se maria (avec Augustine
Laugier). Depuis longtemps, César son oncle l'avait intéressé à ses affaires. A
dix-huit ans Félix terminait ses études.
C'est peu après (1854), avec Camille, qu'il faisait son premier voyage hors
de France, dont il sera question plus loin. Depuis 1850, on habitait rue Marengo
(N' 56) un grand immeuble bâti par César sur un lot de terre acquis de ses
deniers. La maison de campagne était à Saint Jérôme d'où est datée la première
rédaction (1849) du testament de César.
Revenons sur le passage de M. Ancey César
à l'Hôtel de Ville. Il faisait donc partie - lui 41 è - des quarante deux
conseillers installés le 4 septembre 1848 sous l'Assemblée Constituante encore.
15
En
marge: non, pas Alfred, mais Théodore né en 1848, l'autre est Claire, née en
1838.
16Fabrique de stéarine c. à d. de corps gras d'origine animale (graisse de
boeuf et de mouton principalement) qui servent à la fabrication des bougies.
(D.C.)