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© Patrick Latendresse

DICTIONNAIRE du LIBERTINAGE (I-P)

ÉTHIQUE

 

 

A-H I-P Q-Z

 

 

 

 

 

 

 

ABRÉVIATIONS

adj. adjectif

adj.+n. adjectif suivi d’un nom

adv. adverbe

ant. antonyme

avJC avant Jésus

ibid. ibidem

n. nom

n.f. nom féminin

n.m. nom masculin

n.m.f. n.m. et f.

pop. populaire

psy. psychanalyse

syn. synonyme

v. verbe

vx vieux

 

 

 

I

Ibidem: adv. Dans le même texte, au même endroit. Mot latin, "ici même". Abréviation: ibid.

Immoralisme éthique: n.m. Attitude menant à des comportements immoraux mais éthiques.

"J’ai dit immoralisme éthique. Dans sa condensation un peu provoquante, cette expression entend désigner une solide et souterraine conscience qu’a le corps collectif de lui-même. Elle explique cette responsabilité que l’on peut éprouver vis-à-vis de l’existence, même si cela doit se traduire par des actes qualifiés d’anomiques. (...) Le moralisme, avec des intentions certainement fort louables, ne prend fond que sur une valeur ou un ensemble de valeurs connexes, et ce faisant, par exclusions successives, il aboutit à une uniformisation mortifère. L’éthique, tant qu’à elle, fait intégrer la pluralité des valeurs, et les fait jouer entre elles pour le plus grand bien du lien sociétal. " Michel Maffesoli, L’ombre de Dionysos, p.28.

Impossibilisme: n.m. Croyance que tout progrès est impossible.

Impossibiliste: n.m.f. Tenant(e) de l’impossibilisme.

Inceste: n.m. Relation sexuelle entre proches parents.

En Égypte antique, la royauté faisaient des mariages incestueux, ce qui déteignait dans la population qui imitait parfois ses rois et reines.

La Nature punit, dans 1% des cas, les bébés fruits d’un inceste par des malformations, ce qui expliquerait le tabou de l’inceste, qui semble éthique d’un point de vue naturel (diversité des gênes).

Dans Les robots, roman de science-fiction, Isaac Asimov décrit une planète où les humains ne connaissent pas le tabou de l’inceste, car ne vivant pas en famille consanguine ils ne connaissent ni père ni mère, frère, soeur, cousin, cousine, etcetera (la parentèle) ; ces humains copulent nonchalamment avec des préservatifs et pour procréer, ils font une demande de compatibilité génétique au gouvernement pour savoir s’il n’y aura pas de problème biologique (comme, par exemple, la trop proche parenté). Cet utopisme technologique de l’inceste est ce qui se rapproche le plus de l’idéal du libertinage éthique.

Inconstance: n.f. Papillonnage. Manque de constance.

Inconstant,e: adj. Volage.

Individualisme: n.m 1- Nouvelle forme familiale, composée d’un unique individu. Voir Famille. 2- pop. Égoïsme, manque de solidarité.

Infantile (sexualité): Voir Sexualité infantile.

Infidélité: n.f. 1- Inconstance dans l’attachement. 2- Rupture de l’exclusivité sexuelle.

L’acte d’infidélité découle logiquement d’un serment de fidélité qui est trahi. Les libertins éthiques n’étant point exclusifs sexuellement de par contrat, aucune promesse n’est bafouée. L’honneur est conservé pour les protagonistes amoureux. Seuls ceux qui se jurent fidélité ont le risque d’être trompés (ce qui reste un risque bien réel). C’est un serment que les libertins ne font pas, puisqu’ils font le serment de toujours cueillir la fleur s’ils la jugent belle.

Initiation: n.f. Éducation pratique.

La personne éduquée est introduite aux activités intimes du milieu ; l’apprentissage des bons gestes et des attitudes saines se fait d’autant mieux que les initiateurs sont plus expérimentés que l’initié.

Des initiateurs malhonnêtes peuvent pervertir l’initié, pour l’instrumentaliser ; les libertins éthiques initient leur sujet à un jugement éthique (objectivation-subjectivation).

Insolence: n.f. Provocation qui choque par un excès insolite. Effronterie.

Instrumentalisation: n.f. Action d’utiliser un sujet comme instrument de ses désir, en niant sa subjectivité pour le considérer comme une chose. syn. Chosification ant. Subjectivation.

Internet: n.m. Réseau de communication informatique.

Il existe aujourd’hui 50 millions de sites pornographiques sur Internet. On y retrouve également des sites de rencontre.

Inversion: n.f. Application d’une attitude ou d’apparats de l’autre sexe sur un sujet.

Auparavant les femmes qui portaient le pantalon faisaient de l’inversion ; aujourd’hui le port du pantalon par les femmes est accepté.

Aujourd’hui les hommes qui portent la jupe font de l’inversion ; le port de la jupe par les hommes n’est pas encore accepté.

Le but de l’inversion est de faire changer les mentalités (et la mode, dans notre exemple) vers un modèle androgyne, où les genres seraient flous, pour davantage d’égalité.

 

 

J

Jalousie: n.m. Sentiment égoïste de possession d’un sujet objectivé.

Une théorie de la jalousie prétend qu’elle aurait comme origine le souci du mâle pour s’assurer que la femelle a bel et bien été fécondée par lui. Cette théorie ne tient la route que pour le mâle ; la femelle, qui est auto-reproductible, n’a pas besoin de surveiller son fécondeur.

La jalousie chez la femme serait donc un fait culturel issu du dérèglement social provoqué par la guerre génétique des mâles. On imagine facilement ce dérèglement provoquer des maladies collectives complètement absorbées par l’espèce.

La proportion qu’elle prend lors de séparations de couples exclusifs, c’est-à-dire le meurtre, fréquent à la suite d’infidélités et d’adultères, est très pathologique. Que la jalousie soit naturelle ou non, il faut au moins avouer que ce que la civilisation en a fait est un délire qui tient de la folie.

La jalousie est une angoisse de séparation ; on a peur qu’autrui parte, par extension qu’il s’attache à un tiers. Le prix de la liberté, c’est l’acceptation de cette angoisse : en effet, il n’est possible d’entretenir des relations parallèles que si autrui n’est pas jaloux ; le meilleur moyen qu’il ne le soit pas est de n’être pas jaloux soi-même.

"La peur de perdre sa place dans la vie de quelqu’un est insensée: on perd rarement sa place, on perd plutôt son rang. Mais cela est vrai seulement si chaque relation s’exprime pleinement dans son originalité. Sinon, elle crée de toutes façons une inquiétude permanente. L’arrivée d’une tierce personne ne fait que confirmer cette inquiétude." André Thibault, Aimer au pluriel, p.104.

La jalousie est une tension entre la soif de liberté et l’angoisse de séparation. Elle existera toujours. Ce qui est pathologique, c’est l’angoisse de séparation qui étouffe et éteint la soif de liberté ; c’est l’exclusivité sexuelle du couple compulsif. Les libertins éthiques ont une grande soif de liberté, et leur angoisse de séparation se concrétise par une envie de continuité qui ne dégénère pas en exclusivité.

Jésus: (4 avJC - 30 de notre ère) Philosophe juif. On lui doit la célèbre phrase: "Aimez-vous les uns les autres." Jean 13, 34. Sa doctrine altruiste (le christianisme) s’est propagée, diffusant des valeurs de partage ; elle a malheureusement été la source du catholicisme, sorte de monarchie dogmatique. syn. Jésus-Christ, le Christ.

"Dans un bagne matérialiste, [Jésus], qui fonda [l’humain] sur l’amour et la liberté, comment ne reviendrait-il pas ce qu’en son temps il fut, s’il fut : un élément subversif, révolutionnaire, un libertin; et, pour cette raison, crucifié." p.739, Encyclopaedia Universalis, Corpus 13, (Etiemble).

Jeu: n.m. Activité créative et ludique qui permet des conséquences inventives et enrichissantes. (Antonyme de Loisir. Alternative au Travail.)

La conséquence du jeu est la gratuité.

L’activité qu’est le jeu produit des denrées gratuites à la collectivité. La civilisation a introduit le concept de "Loisir", jeu de hasard infertile ; le loisir est une activité codée qui est issue d’un imaginaire futile (par exemple les jeux vidéo actuels). Dans les loisirs, le hasard influe tellement que l’habilité devient une excitation de loterie ; chaque geste et réaction est du domaine du chaos (en anarchie, chaque geste équivaut à un bienfait collectif).

"Une rencontre sexuelle est le modèle même du jeu productif. Les partenaires y produisent mutuellement leurs plaisirs, personne ne tient la marque et tout le monde gagne. Plus on donne, plus on reçoit. Dans la vie ludique, le meilleur de la sexualité imprégnera les meilleurs moments de la vie quotidienne. Le jeu généralisé mènera à l’érotisation de la vie. Le sexe, en retour, peut devenir moins urgent, moins avide, plus ludique. Si nous jouons les bonnes cartes, nous pouvons tous sortir gagnants de la partie, mais seulement si on joue pour de vrai. " Bob Black, Travailler, moi?Jamais!, p. 61

Voir Loisir, Travail.

Joie: n.f. Gaieté, bonne humeur.

Jugement: n.m. Capacité de juger de la valeur éthique de quelque chose. "Bon sens."

 

 

K

Kama Sutra: Ancien livre indien écrit par Vatsyayana, qui est la somme d’une tradition sexuelle dans la religion de l’époque. Il y est enseigné le savoir-vivre érotique et la description de position coïtales.

Kollontaï, Alexandra: Théoricienne marxiste qui s’intéressa à la sexualité ainsi qu’à la libération féministe. Elle a fortement critiqué la famille. Dans la vie, elle s’affichait avec des hommes plus jeunes qu’elle.

 

 

L

La Bretonne, Restif de la: Écrivain français de l’époque de la renaissance. Il invente une sorte de "libertinage vertueux", plutôt répressif et contraignant. Il élabore son système dans ses Graphes.

Laclos, Pierre Choderlos de: Romancier français (Amiens 1741 - Tarente 1803). Il a écrit le très célèbre roman Les liaisons dangereuses (1782), qui dépeint la cruauté des libertins féodaux (non-éthiques) de l’époque de la renaissance.

Légitime: adj. 1- Conforme aux lois. 2- Conforme à l’éthique.

Légitimité: n.f. 1- Caractère de ce qui est conforme au droit, aux lois. 2- Par extension, conforme à l’éthique.

Le libertin: Pièce de théâtre de Éric-Emmanuel Schmitt, interprétée au théâtre Montparnasse en 1997. Elle met en scène Diderot qui, devant écrire l’article de la morale pour son encyclopédie, se fait constamment déranger. Une adaptation cinématographique, Le libertin, en a été faite en 2000, avec Vincent Pérez dans le rôle de Diderot.

Voir Cinéma libertin.

Lewinsky, Monica: Voir Monicagate.

Liber: Dieu romain, représenté par un phallus.

"Les romains adoraient le dieu Liber, représenté sous la forme d’un gigantesque phallus. Ce culte est à l’origine du mot "libertin". " Le petit coquin, p.8.

Libéral, ale, aux: adj. et n. Partisan du libéralisme.

Libéralisme: n.m. Doctrine économique contre l’intervention de l’état et pour une liberté totale de transactions dans le marché.

Le libéralisme désire marchander le sexe, avec la pornographie et la prostitution, qui sont non-éthiques. Il prétend satisfaire les besoins de tous alors qu’il crée la concentration des richesses:

(richesse = pauvreté)

(surcharge de travail = chômage).

Libération sexuelle: n.f. Mouvement de libération de la sexualité de ses interdits. L’oubli de ce mouvement est l’imposition de nouvelles limites, plus judicieuses, et de responsabilités éthiques.

Le libertinage éthique, en libérant la sexualité de la monogamie (exclusivité sexuelle du couple), impose au libertin de ne pas commettre de perversion (limite à l’instrumentalisation) et d’entretenir les liens sociaux (devoir de continuité).

Libertaire: adj. Partisan,e d’une liberté sans limite, aveugle.

Les néo-libéraux sont souvent libertaires ; ils croient à l’anarchie de marché. Mais la trop grande liberté crée chez le civilisé un système de domination économique.

Le véritable libertaire serait plutôt en faveur de la gratuité, beaucoup moins contraignante.

Les libertaires d’aujourd’hui sont des gens qui croient tout se permettre sans se soucier de l’éthique, ce qui crée le chaos.

Liberté: n.f. 1- Absence de contrainte. 2- Ce que les lois n’interdisent pas. 3- Capacité de faire des choix. 4- Faire ce qu’on choisit en fonction de la morale ou de l’éthique.

La liberté s’arrête là où l’éthique impose une limitation.

Liberté sexuelle: n.f. Licence des moeurs sexuelles.

Libertin,e: adj. Qui s’adonne aux plaisirs sensuels sans retenue et avec un certain raffinement.

Libertin: n.m. Homme qui s’adonne aux plaisirs sensuels sans retenue et avec un certain raffinement.

Libertine: n.f. Femme qui s’adonne aux plaisirs sensuels sans retenue et avec un certain raffinement.

Libertin,e éthique: 1- n.m.f. Nomade sexuel qui adopte de bons comportements. 2- adj. Qui est sexuellement nomade en n’adoptant que de bons comportements.

Libertinage: n.m. 1- Affranchissement de toute règle et de toute autorité. 2- Liberté sexuelle.

Le mot est apparu en 1468. En 1555, il faisait référence aux libre-penseurs. C’est depuis 1625 qu’il réfère aussi aux érotomanes.

On classe le libertinage en plusieurs catégories: la libre-pensée, qui est une liberté de l’esprit ; le libertinage féodal, qui est une liberté égoïste de séducteurs calculateurs ; le libertinage bourgeois, qui est une liberté de consommer le sexe, quitte à s’en acheter ; le libertinage solaire, qui est un hédonisme joyeux préconisé par Michel Onfray ; le libertinage éthique, qui est une sexualité plurielle qui a le souci du bon comportement.

"Dans son ouvrage, Les libérateurs de l’amour, Alexandrian affirme "qu’il n’y a jamais que deux arts d’aimer... l’amour unique et le libertinage". Par là, il oppose clairement le couple monogamique, à jamais lié par une relation de mutuelle exclusivité, à la multiplication des relations durables ou éphémères, mais toujours ouvertes sur d’autres possibles. Il y voit, enfin, "deux exigences continuelles de l’humanité". " Daniel Serceau, Érotisme et cinéma, p.105. C’est cette définition du libertinage qui le lie à l’inconstance qui est la plus utile pour définir l’utopie sexuelle : si le sexe s’est supposément libéralisé, la structure amoureuse est restée la même : monogamie.

"Aussi retrouvera-t-on, pour d’autres raisons, le refus du sentimentalisme et de l’amour exclusif : Félicia se dira "constante en amitié, volage en amour". Dans le plaisir - Diderot l’enseigne dans la fable de la Gaine et du Coutelet - on ne saurait s’en tenir à un partenaire privilégié ni exiger l’exclusivité égoïste. Lorsque l’abbé T*** manifeste de l’intérêt pour Thérèse, Mme C*** l’y encourage : "Pourquoi m’y opposerais-je ? Si je m’en inquiétais, tu conclurais avec raison que je n’aime que moi, que ma satisfaction particulière, qu’à l’augmenter aux dépens même de celle que tu peux goûter ailleurs, et c’est ce qui n’est point : je sais faire mon bonheur indistinctement de tout ce qui peut contribuer à augmenter le tien." Point n’est besoin de faire appel à la spécieuse casuistique du "quiétisme de l’amour" pour des personnages qui confondent sans complexe amour et volupté." Romans libertins du XVIIIe siècle, p. LXVII.

Le mot "libertinage" est un dérivé de "libertin", qui provient du latin libertinus, "affranchi". Tel un esclave affranchi de ses chaînes, le libertin se délivre de la morale contraignante. Le mot a pris une péjoration négative; soit à cause de ses détracteurs, soit à cause de ses théoriciens trop libertaires (dont Sade).

Il semble que le libertinage n’ait été qu’un fantasme:

"Nous rêvons au libertinage du xviiie siècle comme à une utopie du raffinement et du plaisir qui nous serait interdite. Mais déjà sous l’Ancien Régime, ce libertinage est en grande partie imaginaire: amours scandaleuses de la Cour que le public colporte avec indignation et délectation, liberté des moeurs qui ne s’épanouit que dans la littérature." Michel Delon, Le savoir-vivre libertin, page couverture.

Le mot est si péjoratif que Michel Onfray hésite à l’utiliser lorsqu’il élabore sa théorie d’un hédonisme moral:

"Pour donner un nom à cette intersubjectivité libertaire dont je trouve l’acte de naissance sous Lucrèce, j’aimerais pouvoir recourir sans ambiguïté au concept moderne de libertinage. Mais présentement le poids de l’acceptation triviale pèse trop lourd sur cette notion pour que je puisse l’utiliser en revendiquant le seul souci de l’étymologie. De sorte que ce livre aurait pu s’intituler Traité de libertinage. Car le libertin, au premier sens du terme, désigne l’affranchi qui ne place rien au dessus de sa liberté. Jamais il ne reconnaît aucune autorité susceptible de le coiffer, ni sur le terrain de la religion, ni sur celui des moeurs. Toujours il vit selon les principes d’une morale autonome le moins possible indexée sur celle, dominante, de l’époque et de la civilisation pour laquelle il se meut. Ni les dieux ni les rois ne parviennent à l’entraver - encore moins, donc, un ou une partenaire dans une histoire amoureuse, sensuelle, sexuelle ou ludique. Ainsi, dans l’esprit du terme, le libertinage - cet art de rester soi dans la relation à autrui - trouve singulièrement sa forme première dans le matérialisme hédoniste épicurien, et plus précisément dans le grand poème de Lucrèce De la nature des choses." Michel Onfray, Théorie du corps amoureux, p.34.

Michel Delon, lui, n’hésite pas à faire la comparaison ; les libertins d’hier comme les utopistes d’aujourd’hui:

"Notre époque ne cesse de chercher son reflet dans le libertinage d’il y a deux siècles. 68 prônait la communauté et la nudité, le refus des contraintes et le partage des plaisirs; on se voulait bon sauvage, sans trop se soucier de ceux qui en avaient déjà caressé le mirage. On croyait pouvoir se débarrasser des principes et des règles avec la même facilité qu’on ôtait son caleçon. Pascal Bruckner et Alain Finkelkraut appelaient de leurs voeux un nouveau désordre amoureux. Une utopie sensuelle semblait à portée de la main, à portée du corps.

Le tournant du XXe au XXIe siècle se révèle plus pragmatique. À la fois moins libertaire et plus libertin. Il ne manifeste plus la belle euphorie soixante-huitarde, il connaît mieux le poids des réalités, il revient au sens de l’individu et de la complication, aux jeux du voile et de l’allusion. Il sait qu’il n’est pas de séduction sans contrainte, que chaque jouissance est une négociation avec des interdits. Une hirondelle de bonheur ne fait pas le printemps. Le débat autour du mariage, les tentations de l’errance sexuelle et les risques de la contagion peuvent nous rapprocher de la crise de l’Ancien Régime ; les hésitations morales du XVIIIe siècle sont souvent les nôtres aujourd’hui. Ce qui se nommait vérole est devenu SIDA, l’ostentation aristocratique est devenue goût de la consommation, mais le refus reste le même de s’en laisser imposer par une instance moralisatrice, de se laisser réduire au modèle commun. Dans un essai récent, Modernes Libertins, Isabelle Rabineau présente le libertinage comme un art de la résistance, pratiqué par les séducteurs du XVIIIe siècle aussi bien que par nos joueurs d’aujourd’hui." Michel Delon, Le savoir-vivre libertin, p.9-10.

Un mot comme "libertinage" est juste pour les utopistes de toute époque ; on hésite pourtant à le prononcer. C’est qu’il a un sens trop large. Le terme est trop libertaire: Sade justifiait le meurtre gratuit avec le mot libertinage: ce qui n’est pas éthique (du moins sans raison valable). Le libertinage de Sade se nomme "libertinage féodal". Il faut nuancer les libéraux ou libertaires, qui sont tant pour la liberté qu’il y sacrifient l’éthique, des libertins qui se doivent d’être éthique: des libertins éthiques.

C’est pourquoi, au lieu de tout simplement "libertinage", on lui préférera la terminaison de "libertinage éthique". Puisque les libertins d’autrefois n’étaient pas nécessairement éthiques, les libertins d’aujourd’hui seront forcés de l’être pour garder la liberté. Car un libertin non-éthique n’a pas d’argument lorsqu’on tente de la lui enlever.

Voir Libertinage bourgeois, Libertinage éthique, Libertinage féodal, Libertinage solaire, Libre-pensée.

Libertinage bourgeois: n.m. Consommation du sexe.

Prostitution, pornographie, échangisme, sexe anonyme, égoïsme.

"Le libertinage féodal se métamorphose, avec la révolution industrielle, en un libertinage que j’appellerai démocratique ...et... bourgeois. Les salons, les boudoirs et les sofas sont remplacés par les chambres d’hôtel borgnes, les portes cochères et les soupentes de garnis meublés. Apparaissent alors Nana ou Emma Bovary, avers et revers de la même médaille. Puis, cette forme particulière de libertinage se développe jusqu’à Sartre via Georges Bataille. Celui qui l’avait précédé, féodal, se définissait par la cruauté objectivante ; celui-là, bourgeois, met en avant le principe de consommation accompagné peu ou prou d’un sentiment de culpabilité qui se manifeste dans l’association du sexe au sale, au dégoûtant, au méprisable." p.137, Le désir d’être un volcan, Michel Onfray.

Libertinage éthique: n.m. Affranchissement de toute règle, de toute autorité contraires au jugement éthique. Liberté sexuelle responsable, assumée, harmonieuse, qui accepte les limites, obligations et devoirs de l’éthique.

Se dit d’un libertinage lorsqu’il est éthique.

Un libertin ou une libertine qui ne serait pas éthique serait avec raison la cible de réprobation sociale. Le libertin éthique est à l’abri des lois de son époque s’il peut convaincre qu’il fait le bien et le répand autour de lui. Même illégal, un acte libertin éthique est un pas vers l’utopie car il est le fruit d’une inspiration vers le bien.

On pourrait résumer le libertinage éthique en une liberté limitée à ne pas faire de mal, ne pas contraindre et ne pas causer de conséquences malheureuses. Mais ce serait occulter toute la nuance qu’impose l’éthique (voir ce mot): un acte éthique ne doit pas faire de victime, nécessite le consentement, ne doit pas instrumentaliser et être consommé réciproquement.

Le libertin éthique est responsable de ses actes et en répond devant la collectivité.

Par exemple, tel vil séducteur se dit libertin; il collectionne les amantes, avec qui il a de relations sexuelles sans lendemain. En ne retournant pas les appels de ses amantes, il fait de l’anonymat son vice sexuel: il détruit ainsi le tissu social en ne pratiquant pas la continuité, si nécessaire à entretenir l’amitié durable qui multiplie les possibilités de rencontre ou tout simplement inclue la tendresse et les sentiments dans l’acte charnel. Ce séducteur n’est pas un libertin éthique, mais une machine à copuler. S’il était libertin éthique, il retournerait les appels de ses amantes et leur donnerait en toute franchise son amitié: ainsi il pourrait les introduire à ses amis mâles, ce qui constituerait un réseau libertin, celui-là même qui tisse le tissu social.

Voir Éthique.

Libertinage féodal: n.m. Libertinage du 18e siècle, à la manière des héros de Laclos et de Sade : séduire pour tromper, jouir égoïstement en faisant des victimes (ce qui n’est pas éthique). L’amour et la sexualité y sont considérés comme l’art de la chasse ou de la guerre.

"Le libertinage que j’appellerai féodal s’est manifesté - et peut encore se manifester - sur le terrain d’une cruauté objectivante : mon désir est mon plaisir et autrui n’est jamais qu’un pur objet, pour moi, dans ce processus de réalisation de mes fantasmes. (...) De même nature que la pierre et l’arbre, le ciel et la foudre parmi quoi il vit, l’autre, pour le libertin féodal, est fragment d’un monde tout entier qui lui appartient." p.133-134, Le désir d’être un volcan, Michel Onfray.

 

Libertinage solaire: n.m. Libertinage qui a la vitalité du soleil.

"Le libertinage solaire exige le contrat, l’accord tacite des deux protagonistes. De sorte que, paradoxalement, il peut aussi bien recycler le libertinage féodal si d’aventure il est de part et d’autre pratiqué en accord. (...)

Obtenir l’assentiment de l’autre, donc, est fondateur d’une légitimité dans la relation. Mais pour savoir ce que l’autre veut, il faut aussi dire ce que l’on désire. D’où une fine volonté de communiquer, de lancer des signes, de faire d’imperceptibles gestes permettant une information de ce que l’on désire. Ce qui suppose, corrélativement, qu’on soit également averti, soi, de ses propres désirs, conscient de ce que l’on veut, clair sur ce à quoi on aspire, ni en deçà, ni au-delà.

Le libertinage solaire n’est en rien pourvoyeur de ce qui s’abîme dans une relation bourgeoise fixée et figée dans le couple au sens classique du terme, car il vise autant que faire se peut l’éternisation de la passion, sa durée la plus longue sous les auspices les plus denses. Son dessein n’est pas la vie sous le même toit, la maternité ou la paternité, les habitudes, l’ennui, le mariage, puis un jour l’adultère, mais l’entretient de l’incandescence consubstantielle à la relation sinon passionnée, du moins amoureuse, des premiers temps radieux." p.141, Michel Onfray, Le désir d’être un volcan.

Voir Solaire.

Libertinement: adv. De façon libertine.

Libertiner: v. S’adonner au libertinage.

Libertinisme: n.m. 1- Doctrine du libertinage. 2- Caractère de ce qui est libertin.

Libido: n.f. Énergie vitale et sexuelle.

C’est une même et unique énergie qui nous fait vivre, bouger, jouer, que celle qui nourrit notre appétit sexuel. Il n’y a pas de distinction entre l’énergie qui permet de travailler et celle qui permet de copuler ; en ceci toute activité est sexuelle. L’existence est, du point de vue énergétique, une relation érotique entre l’individu et son milieu.

Libre-pensée: n.f. Libertinage de l’esprit.

La libre-pensée est une liberté que se donne l’esprit de penser ce qu’il lui semble bon, sans égard à la morale de l’époque dans laquelle il sied.

S’adonner à la libre-pensée découle nécessairement sur l’application pratique de l’utopie imaginée ; son exercice est donc un activisme.

Libre-penseur: adj.+n.m. Humain qui a la liberté de ses opinions, qu’elles soient ou non en accord avec celles de son époque.

Désigne les libertins du 17e siècle, qui étaient des philosophes qui avaient le courage de critiquer la religion au profit d’une doctrine naturaliste. Théophile de Viau fut brûlé symboliquement sur le bûcher pour sa bravoure scientifique (il dut s’exiler).

=

Libre-penseuse: adj.+n.f. Humaine qui a la liberté de ses opinions, qu’elles soient ou non en accord avec celles de son époque.

Libre (amour): Voir Amour libre.

Licence: n.f. Permission.

Loisir: n.m. Divertissement sophistiqué sans conséquence créatrice. Perversion du concept de jeu.

Voir Abolition du travail, Jeu, Travail.

Ludique: adj. Amusant. Qui concerne le jeu.

Ludisme: n.m. 1- Doctrine du jeu. 2- Caractère de ce qui est ludique.

"Nous sommes loin des jubilations proposées par Fourier dans son Nouvel Ordre Amoureux et qui souhaitait moins aligner l’individu sur le social que l’inverse. Les passions, chez lui, fournissent moins un carburant à brûler pour offrir des parfums agréables à la divinité sociale que des énergies à utiliser en synergie avec le collectif. Son oeuvre, introuvable et abandonnée par tous, éditeurs et enseignants, écrivains et philosophes, propose une dissociation d’idées radicale qui libère l’amour des préjugés habituellement associés : fidélité, exclusivité, monogamie, procréation, couple, durée, fixité, hygiénisme, et autres calibrages sensuels, au profit du seul impératif hédoniste pensable : le ludisme. La nouvelle association d’idées proposée par le père de l’attraction passionnée est la suivante : amour et ludisme. Autant dire qu’il propose une authentique révolution en attaquant la famille classique sédentaire au profit des affinités électives nomades." p.137-138, Les vertus de la foudre, Michel Onfray.

 

M

Maladies transmises sexuellement: Voir MTS, Condom.

Maladies vénériennes: Voir MTS.

Manies: n.f. Goûts particuliers. Diminutifs des passions.

"Fourier ne serait pas Fourier s’il n’accordait un grand prix aux manies amoureuses; il est d’ailleurs le seul en son temps à les définir objectivement : "Les manies sont des diminutifs des passions, des effets du besoin qu’a l’esprit humain de se créer des stimulants." On ne commettra pas l’erreur de les contrarier : "Au lieu de se moquer comme en Civilisation des manies de chacun, on s’attachera à les encourager et à les associer par groupes." Une superbe femme, que connaissait Fourier, a eu pendant deux mois une liaison avec un jeune Allemand qui se contentait de s’asseoir au bord de son lit pour lui gratter les talons; et elle avouait qu’elle y prenait un certain plaisir. Une autre lui montre un fouet dont elle use contre son amant, à leur double satisfaction. Fourier en conclut que pour rendre heureux en permanence de tels maniaques, il faudrait leur permettre de constituer des sectes de gratte-talons, de flagellistes; ils seraient sûrs d’y trouver facilement de quoi satisfaire leurs manies. Celles-ci du reste ne seraient pas cachées, mais avouées; des gratte-talons se rendraient en pèlerinage à un phalanstère où vit un gratte-talon réputé. Afin de pouvoir se reconnaître dans la rue, chacun "porte en panache ou en épaulette les signes de ses passions". On classera toutes les fantaisies lubriques de façon à n’en oublier aucune, sans déconsidérer les êtres qui s’y adonnent : "On oublie que l’amour est le domaine de la déraison et que plus une chose est déraisonnable, mieux elle s’allie avec l’amour. Sous ce rapport, les manies lui conviennent éminemment et, en Harmonie, où elles seront de haute utilité, on les provoquera méthodiquement parmi la jeunesse."" Alexandrian, Les libérateurs de l’amour. p. 146-147.

Manifestation: n.f. Expression collective d’une rébellion. La manifestation est une version collective de la provocation.

Maraîchinage: n.m. Autrefois, chez les paysans, on laissait les fiancés avoir des rapports sexuels sans pénétration avant le mariage. Cette pratique s’appelait "maraîchinage".

Mariage: n.m. Institution légale et religieuse qui unit deux personnes. Le mariage est toujours monogamique, sauf dans certains pays où la polygynie de harem est admise. Cette union appelle à la fidélité sexuelle, à l’exclusivité amoureuse ; Nena et Geoge O’Neill y mettent fin en inventant le concept de "mariage ouvert", ou "mariage open".

Mariage open: Voir Mariage ouvert:

Mariage ouvert: n.m. Mariage légal et religieux de deux êtres qui se promettent de ne pas respecter l’impératif de la fidélité sexuelle liée à l’union.

En 1972, paraît le livre Open Marriage (Le mariage open) de Nena O’Neill et George O’Neill, deux anthropologues états-uniens. Cet ouvrage remet en question la fidélité émotive et sexuelle dans le mariage et redéfinit les rôles conjugaux de façon égalitaire et moins contraignante.

Le concept de mariage ouvert permet le libertinage à l’intérieur du mariage, mais ne remet pas en cause l’existence même du mariage. Par extension, pour les couples non-mariés mais libertins, le concept de couple ouvert ne remet pas en question l’existence même du couple.

Voir Abolition du mariage, Couple ouvert.

Marivaudage: n.m. Galanterie, préciosité dans l’expression des sentiments amoureux. De Marivaux.

Marivauder: v. User de marivaudage.

Marivaux: (1688-1763) Dramaturge français (Paris) dont les comédies sont basées sur l’amour courtois . La Double inconstance (1723), le Jeu de l’amour et du hasard (1730).

Masculinisme: n.m. Mouvement d’émancipation de l’homme, issu du féminisme.

Ce mouvement a pour but de sortir l’homme de son rôle traditionnel (pourvoyeur, sévère, froid, agressif), pour l’entrer dans un modèle moins contraignant. Parmi ses arguments, notons le taux de mortalité au travail, souvent ingrat: pour compenser sa frustration, le travailleur docile envers son patron est agressif envers sa femme et\ou les femmes. Le masculiniste pense que le féminisme peut aider l’émancipation des deux sexes, puisqu’ils s’interinfluencent mutuellement.

Le terme est souvent utilisé à tort comme les défenseurs du machisme. L’erreur tient du préjugé ou du mythe que les hommes sont heureux et autosuffisants. C’est oublier que 80% des suicides, au Québec, sont commis par des hommes.

L’homme est dominé par le patriarcat (au même titre que la femme) ; sa puissance est illusoire, car il doit monnayer son corps au travail dangereux, sert de chair à canon à la guerre, etc. Tout cela en ne pouvant jamais exprimer ses sentiments, chose réservée aux femmes et aux enfants.

L’homme n’est valorisé que par sa position sociale ou sa richesse ; et certaines féministes s’étonnent de son absence de sentiments.

Parmi les masculinistes, quelques québécois(es): Robert Blondin (Le guerrier désarmé), Marc Chabot, Michel Dorais (L’homme désemparé, VLB 1988, Tous les hommes le font), Denise Bombardier (Nos hommes, Le désarroi des hommes - documentaire). Des groupes de pères sont apparus, mais ce masculinisme pratique n’est pas à la hauteur des masculinistes théoriques, plus radicaux.

Les féministes répondent: "On ne peut pas entendre ce que les hommes ne disent pas" ("Women cannot hear what men don’t say." Warren Farrell). Là semble résider le problème masculiniste : les hommes ont de la difficulté à s’exprimer, et on pourrait comparer leur condition militante au féminisme du 14e siècle (confusion dans les termes, acceptation de l’idéologie ambiante). Il semble aussi y avoir de la mauvaise foi : souvent les propos masculinistes sont reçus par le féminisme comme une régression ou comme une stratégie misogyne visant à discréditer le féminisme. Or considérer l’homme comme une victime ne dévictimise pas la femme. Le masculinisme est ce que les hommes "disent".

"Il faut se réjouir de cette tendance: les femmes n’ont-elle pas voulu que les hommes s’expriment? Maintenant qu’ils le font, on ne va pas leur reprocher!" p. 10, La géguerrre des sexes, Pascale Navarro, in Voir vol.16 no3.

Paradoxe: ce sont les hommes qui possèdent le pouvoir mais ils ne s’occupent même pas de la condition masculine. Le hommes sont dominés par d’autres hommes.

Une théorie centrale du masculinisme est le concept d’homme-victime. (Ce qui n’inclut pas le concept d’agresseure.) Homme victime de sa construction rigide par la société, mais aussi sa domination par d’autres hommes, puissants en pouvoir et en capital.

Les hommes souffrent. Cela explique leur violence issue de leur détresse : soigner un homme violent, c’est empêcher plusieurs femmes de subir sa violence. C’est sur cette interaction que le féminisme et le masculinisme s’interpénètrent, jusqu’à en devenir indissociables.

Tableau de la condition masculine

Le corps des hommes:

-Avec la conscription (guerre), l’état est propriétaire du corps des hommes (et l’envoie vers la mort).

-95% des mortalités au travail sont des morts d’hommes (répartition inégale des emplois dangereux, qui n’est pas sans rapport avec la pauvreté des femmes).

La détresse des hommes:

-80% des suicides sont commis par des hommes (au Québec).

-Les hommes sont des dominateurs qui violent, battent, menacent, etcetera (pathologies violentes).

La socialisation des hommes:

-L’homme (n’)est valorisé (que) par son succès (il est un "objet à succès").

-"L’homme doit faire les premiers pas dans les relations amoureuses, ce qui le rend victime de rejet unilatéralement. La femme le choisit pour sa performance et non pour ce qu’il est." Claude Saint-Jarre in Voir no?.

-Paradoxe: la femme dit rechercher l’homme rose mais choisit le macho.

Voir Égalitarisme, Féminisme, Misandrie.

Matériel: n.m. Terme utilisé par Fourier pour désigner les plaisirs de la chair. S’oppose à Spirituel.

Matriarcat: n.m. Société basée sur la filiation maternelle (les enfants ont le nom de leur mère, qui a autorité sur eux).

À la préhistoire, l’homme géniteur pouvait difficilement affirmer être le père de tel enfant ou tel autre puisqu’on ne voyait pas le rapport entre la relation sexuelle et l’enfantement. Si la femme avait plusieurs amants, cela compliquait beaucoup l’identification du père. La filiation matriarcale allait de soi. On identifiait l’enfant à sa mère, qui était le modèle "autoritaire", ou "parental". L’enfant adoptait son influence du chef de famille. Les femmes ayant les enfants de leur côté, elles étaient d’une influence énorme dans la politique du clan; elles étaient le chef.

"Dans les temps les plus reculés, le rôle du mâle dans la reproduction n’était pas reconnu. L’acte sexuel n’était pas perçu comme la cause directe de la reproduction, mais plutôt, par analogie, comme la cause magique: l’acte lui-même était considéré (il l’est toujours par certains primitifs) comme le rituel qui déclenche le processus de la vie. Mais seule la mère était considérée comme l’agent exclusif de la reproduction. D’où l’importance accordée à tout ce qui procède du principe féminin - qui donne la vie et qui nourrit." Jacques Languirand, Mater materia, p.113.

Cette société matriarcale qui exista il y a longtemps n’est parvenue jusqu’à nous que par des traces de religions. Mais nous savons que ces religions considéraient Dieu comme la Déesse-mère, ou Mère-nature. Le partage était valorisé et la satisfaction collective était une priorité. Ces priorités semblent être laissées de côté dans notre civilisation patriarcale, où la concurrence et la victoire du plus fort semblent être les seules bonnes valeurs. La sexualité, dans une telle atmosphère, ne peut être que la possession du couple obsessionnel. Tandis que dans une société matriarcale, le désir d’accomplissement collectif prépare mieux à une flore sociale libertine.

Le baron de La Hontan, un philosophe naturaliste, rapporte dans ses Mémoires de l’amérique septentrionale (1703) son voyage au Québec où il a fraternisé avec les amérindiens. Comme le rapporte La Hontan, les amérindiens vivaient sous filiation matriarcale:

"Les sauvages portent toûjours le nom de leur Mere. Je m’explique par un exemple: le Chef de la Nation des Hurons, s’appellent Sastaretsi étant marié avec une fille d’une autre famille Hurone dont il aura plusieurs enfans, le nom de ce Chef s’éteint par sa mort, parce que ses enfans ne s’appellent plus que du nom de leur Mere. Comment est-ce donc que ce nom a subsisté depuis sept ou huit cens ans, & qu’il subsistera: c’est que la soeur de ce Sastaretsi venant à se marier avec un autre Sauvage, que nous appelleront Adario, les enfans qui proviendront de ce Mariage s’appelleront Sastaretsi, qui est le nom de la femme et non Adario qui est celui du Mari. Quand je leur ai demandé la raison de cette coûtume, ils m’ont répondu que les enfans ayant reçu l’ame de leur pere, & le corps de la part de la mere; il étoit raisonnable qu’ils perpétuassent le nom maternel."

Mélangisme: n.m. Échangisme qui accepte les célibataires. Orgie.

"À l’exception notable du 2 + 2, qui refuse obstinément les solitaires, la plupart des lieux [clubs échangistes] acceptent en outre les hommes seuls, qui doivent cependant monnayer leur droit d’entrée et paient beaucoup plus cher que les autres: environ 500F par personne, alors que l’entrée pour un couple s’élève en moyenne à 200F. Les boîtes échangistes se muent alors subtilement en antres "mélangistes".

(...)Le "mélangiste" se distingue de l’échangiste par son refus de la loi du troc. Il avance seul ou en groupe, milite pour la seule et unique orgie." (p.231) Christophe Bourceiller, Les forcenés du désir.

Le mélangisme n’est pas encore du libertinage éthique, bien qu’il s’en rapproche davantage que l’échangisme. Les hommes seuls admis chez les mélangistes doivent monnayer davantage, ce qui serait pour les femmes qui s’y adonnent de la prostitution bénévole. L’orgie mélangiste favorise l’anonymat, qui est nuisible au tissu social.

Voir Polyamour.

Ménage à trois: n.m. Polyamoureux au nombre de 3. (Espèce de couple à 3 personnes, parfois en cohabitation.)

Deux types de ménage à trois:

-2 amants d’une personne

-3 amants en harmonie

Voir Triolisme, Polyamour.

Mensonge: n.m. Affirmation contraire à la vérité. Illusion de vérité. Donner comme vrai ce qu’on sait être faux dans le but de manigancer.

Nos amours monogames sont basées sur le mensonge: c’est là la thèse de Robert Blondin dans Le mensonge amoureux..

Dans notre civilisation, l’adultère est le mensonge suprême: tous les couples se jurent fidélité, et nombreux sont ceux dont les partenaires mentent lorsqu’ils disent qu’ils reviennent d’une activité alors qu’ils commettaient l’adultère. Le comble du ridicule dans notre civilisation, c’est le mensonge réciproque de deux amants qui se trompent. Ils n’auraient qu’à tout avouer, et ils en seraient moins stressés.

Merteuil, Mme de: Personnage légendaire inventé par Laclos dans Les liaisons dangereuses. Elle est la figure de la séductrice cruelle, qui s’applique à faire souffrir au moyen de ses charmes. Équivalent féminin de Don Juan.

Meurtre sexuel: n.m. Pathologie asociale de sadisme fatal.

Le meurtre sexuel, ainsi que le viol, ou même le mépris pendant l’acte sexuel, sont des freins puissants à l’avènement des libertines dans le libertinage. Car les victimes de sévices sexuels sont presque exclusivement des femmes ; cela explique leur conservatisme paradoxal. Le meurtre sexuel est le plus épeurant de ces freins.

"Si l’ombre des maniaques sexuels ou des assassins ne hantait pas la foule, les rues désertes de la nuit, les petits sous-bois et les ruelles sombres qu’il faut traverser quand on rentre à la maison, à l’heure de la fermeture des bars la nuit, combien de femmes "honnêtes" et de jeunes filles délurées seraient tentées par l’aventure et se laisseraient aller à la tentation de baiser comme ça allègrement sur le chemin du retour avec un bel étranger récemment rencontré. Mais comme il y a toujours les gros méchants loups qui empêchent la jeune chaperonne rouge de s’aventurer dans le bois et qu’il y a toujours le spectre de Jack l’Éventreur pour nous remuer les entrailles, nous demeurons prudentes et sélectives. Pourquoi ne cédons-nous pas à ce beau jeune homme inconnu mystérieux qui ne cesse de nous dévorer des yeux? Parce que plane toujours l’ombre fantomatique du danger et de la mort. " Lili Gulliver, 1001 bonnes raisons de prendre un amant, p. 163.

Misandre: adj. et n. Qui hait les hommes.

Misandrie: n.f. Haine envers les hommes.

Voir Misogynie.

Misogame: n.m.f. et adj. Qui hait le mariage.

Misogyne: adj. et n. Qui hait les femmes.

Misogynie: n.f. Haine envers les femmes.

Voir Misandrie.

Mixité: n.f. Représentation des deux sexes de façon égalitaire sur un support visuel, sonore, etc.

Moi: n.m. psy. Conscience de l’individu. Le Moi.

"Ce qui m’intéresse, c’est l’expérience émotionnelle primaire de la conjonction de deux organismes." "Il ne s’agit pas seulement de baiser, d’avoir des rapports, de s’étreindre. Il s’agit de la réalité de l’expérience émotionnelle de la perte du "Moi", de tout le Moi spirituel." Wilhelm Reich, Reich parle de Freud, p.41.

Monicagate (l’affaire): Scandale politique états-unien. Le président démocrate Bill Clinton fut accusé d’avoir commis l’adultère avec une stagiaire, Monica Lewinsky. Il soutena n’avoir jamais eu de "relation sexuelle" avec elle. Appelée comme témoin, elle révéla avoir pratiqué la fellation sur lui. Le président ne démentit pas, se bornant à dire que l’État avait pénétré trop profondément dans sa vie privée, que c’était son intimité. Les républicains demandèrent sa démission, qu’il refusa de donner et termina son mandat.

Ce qu’il faut retenir de la fable du Monicagate, c’est que le président, homme politique, était confondu par les républicains avec l’homme monogamique. Ce qui aurait été courageux du président et de sa femme - s’ils le furent - ce fut de dire qu’ils étaient libertins, qu’ils n’étaient pas jaloux. Ce scandale a permis une avancée : c’est que les moralistes qui voulaient justifier une démission politique par un comportement sexuel non-monogamique ont échoué.

Monoandrie: n.f. Fait d’avoir un seul époux.

Monogamie: n.f. Fait d’être marié(e) avec une seule personne.

Monogynie: n.f. Fait d’avoir une seule épouse.

Monoparentalité: n.f. Phénomène de famille qui n’a qu’un tuteur, qui est un des géniteurs, ou un adopteur.

La monoparentalité est un phénomène de mère dans la majorité des cas. Ce que nous pouvons remarquer est l’absence du père, qui est en fait une absence de modèle masculin. C’est pourquoi des organismes bénévoles offrent des services de Grand-frères et pas de Grandes-soeurs. Plusieurs familles monoparentales vivent dans la pauvreté, due à la pauvreté générale des femmes.

Voir Famille monoparentale.

Monotonie: n.f. Ennui provoqué par la répétition.

Le couple exclusif vient à ressentir de la monotonie, due au manque de diversité. Le travailleur ayant une tâche précise et morcelée ressent le même malaise.

Morale: n.f. Distinction culturelle entre le bien et le mal.

La morale est une synthèse, une somme des réponses de l’inconscient collectif à des problèmes éthiques; ces réponses sont souvent irrationnelles, parfois judicieuses, mais toujours conditionnées par une tradition persistante et\ou par les voeux des classes puissantes. La morale est une échelle de valeurs qui reste toujours en accord avec la conformité. En revanche, l’éthique est une science qui utilise une unité de mesure non-culturelle, c’est-à-dire universelle. C’est pourquoi le libertin préfère l’éthique à la morale.

"Il est peut-être plus nécessaire que jamais de faire une distinction entre la morale qui édicte un certain nombre de comportements, qui détermine ce à quoi doit tendre un individu ou une société, qui en un mot fonctionne sur la logique du devoir-être, et l’éthique qui, elle, renvoie à l’équilibre et à la relativisation réciproque des différentes valeurs constituant un ensemble donné (groupe, communauté, nation, peuple, etc.). L’éthique est avant tout l’expression du vouloir-vivre global et irrépressible, elle traduit la responsabilité qu’a cet ensemble quant à sa continuité. En ce sens elle est difficilement formalisable. (...) À une époque où, suite à l’obsolescence des représentations politiques, nombre de "belles âmes" font profession de moralisme, il n’est peut-être pas inutile de rappeler que c’est toujours au nom du "devoir-être" moral que se sont instaurées les pires des tyrannies, et que le totalitarisme doux de la technostructure contemporaine lui doit beaucoup. Par contre il est difficile de nier que nombre d’attitudes communément qualifiées d’immorales tirent leur origine d’une indéniable générosité d’être.

Ainsi la morale est souvent l’inspiratrice ou l’accompagnatrice de l’ordre établi. Par contre, l’éthique se manifeste soit dans les sursauts des périodes d’effervescence, soit, d’une manière plus répandue, par la duplicité quotidienne, qui tout en acceptant apparemment les diverses impositions morales (concernant en particulier les réglementations du travail et du sexe) trouve d’innombrables biais pour exprimer le vouloir-vivre têtu de la socialité. (...) Ce qui est certain, c’est que l’immoralisme éthique de la masse conserve au cours des temps, d’une manière rusée et acharnée, une multiplicité d’attitudes qui sont considérées comme aberrantes par la morale indiquée. " Michel Maffesoli, L’ombre de Dionysos, p.21-23.

Voir Immoralisme éthique, Éthique.

Moralisme: n.m. Doctrine, attitude des moralistes.

Moraliste: n.m.f. 1- Celui qui observe la morale et la fait respecter. 2- Celui qui prétend définir la morale.

Morbidité: n.f. Goût immodéré pour ce qui est malsain, contre-nature, malade, mortifère et mortuaire ; au sens de "pulsion de mort".

Voir Nocturne.

MST: MTS en France.

MTS: Sigle de "Maladies Transmises Sexuellement". Aujourd’hui la peur du Sida freine considérablement les ardeurs de libération sexuelle dans la population. Autrefois c’était d’autres maladies, mais toujours la même peur. La révolution sexuelle, celle de Mai 68, n’a pas survécu à cette peur. Il serait judicieux de penser que le port du condom, très efficace contre cette maladie, s’il était porté systématiquement et avec discipline, serait un remède beaucoup plus efficace que le puritanisme et l’abstinence.

Voir Condom.

 

 

N

Naglowska, Maria de: Théoricienne de la magie sexuelle. Sa théorie de la magie est inédite, voire féminine (danse, fonction de la femme). la Lumière du sexe (1933), le Mystère de la pendaison (1934). Livres rares (ALEXANDRIAN, 1977).

Narcissisme: n.m. Admiration de soi-même.

Nature: n.f. Ensemble organisé et évolutif de la vie.

Naturisme: n.m. Activité d’être nu.

Dans notre société, les lois permettent que des lieux deviennent des "camps de nudistes", où la nudité est permise, souvent obligatoire; pendant que dans le reste des lieux la nudité est interdite sous peine d’arrestation. Symptôme d’une société puritaine utilisant la transgression comme soupape. La sexualité, dans les camps naturistes, est fortement interdite en public. En utopie libertine, il est possible d’être nu partout et d’être habillé n’importe où. Voir Nudité.

Néologisme: n.m. Mot nouveau, de création récente. Emprunt récent d’un ancien mot, nouveau sens d’un mot. Ce dictionnaire en contient beaucoup.

Nerciat, Andrea de: Voir Andréa de Nerciat, (André Robert).

Nocturne: adj. Ténébreux comme la nuit.

"Nocturnes les bouges et les sanies, les déchets et les nausées, les matières dégoûtantes et les souffrances, les douleurs et les peines. Nocturnes l’indélicatesse, la négligence, l’oubli de l’autre, le mépris, la violence. Nocturne l’incapacité radicale de penser dans les termes de la sensibilité de l’autre. (...) Nocturnes, [donc], les fustigations de Sade, les mécaniques cruelles de Laclos, les bidets de Bataille, les sexualités hygiéniques de Sartre, les négligences séropositives de Cyril Collard." p.140-141, Michel Onfray, Le désir d’être un volcan.

Voir Solaire.

Nomade: adj. Qui n’a pas de domicile fixe et qui se déplace facilement.

Le libertin est nomade dans ses amours, il ne prend pas domicile fixe dans un couple. Cela l’emmène à dormir dans plusieurs endroits différents, suite à ses relations érotiques. Il peut, à la rigueur, n’avoir pas de maison ou d’appartement, logeant au gré de ses amours.

"Le modèle fixé, tout éloignement devient coupable : monogamie, procréation, fidélité, cohabitation fournissent les points cardinaux. Pourtant le désir est naturellement polygame, insoucieux de la descendance, systématiquement infidèle et furieusement nomade." p.26, Michel Onfray, Théorie du corps amoureux.

Nomadisme: n.m. Mode de vie nomade, au déplacement facile.

La mobilité de l’humain devrait être facilitée, car l’humain voulant changer de milieu par de nouveaux intérêts (ou passions) ne devrait pas rencontrer d’obstacles. La liberté d’exister partout et en tous temps est nécessaire à vaincre l’immobilisme. Si un humain possède une maison il se trouve obligé d’y habiter. Mais si un humain partage ses objets, ainsi que ses abris, il n’est plus esclave de ses propriétés. Il peut se mouvoir à son aise d’un endroit à un autre et son existence s’en trouve constamment modifiable. La collectivisation de tout objet matériel serait la façon idéale de donner à l’humain tout mouvement nécessaire à ses pulsions végétatives. Il agirait sous passion, et non sous obligation. De la même manière, les enfants ne peuvent appartenir à des adultes. Nous disons "nos" enfants ces êtres qui aspirent à l’autonomie. Disposer de soi-même est une condition de la liberté. L’humain devrait faire partie de la collectivité, être un individu dans la société, et s’y mouvoir selon ses sentiments d’amitié naturels et spontanés naissant dans le groupe. Pour cela, un partage complet des sujets est aussi important que le partage des objets. La possessivité doit disparaître au profit de l’amour universel. Toute forme d’autorité compulsive serait impossible dans un tel monde. La servilité hystérique rencontrerait la même impossibilité. La liberté dans une société libérée de ses contraintes de rapport de force donnerait du tonus à la personnalité de l’individu, car sa liberté d’agir permettrait le plein épanouissement de sa passion (énergie libidinale). Son sens du devoir en serait accru, par empathie et non par résignation, car le devoir ne serait pas le but unique de son existence. Donner volontairement est vertueux, tandis que donner par obligation ne l’est pas. On ne peut pas forcer des gens à s’aimer: donner/recevoir est un échange réciproque.

Non-éthique: adj. Qui n’est pas éthique.

Victimisation, Instrumentalisation.

Nouveauté: n.f. Apparition d’une sensation qu’on ne connaissait pas jusqu’alors. Incarnation d’un changement. Emploi inédit d’une familiarité.

"L’une des composantes importantes de l’érotisme s’appelle la nouveauté... Que l’on aime caresser des surfaces de peau et des volumes de chair, qu’on aime à effleurer ou palper, une surface à explorer, un volume à découvrir attire, appelle au plaisir. Et ce plaisir désiré est légitime qu’on décide ou non, qu’on nous permette ou non d’y accéder." Robert Blondin, Le mensonge amoureux, p.73.

"Le fait que ce qui ne nous est pas familier ait le pouvoir d’intensifier notre attirance sexuelle a probablement eu des effets très positifs sur l’évolution de l’espèce humaine, puisque ceux chez qui cette tendance était la plus forte ont vraisemblablement été plus actifs, sexuellement, avec un plus grand nombre de personnes, assurant ainsi à leurs gènes une plus grande chance de survie." Michael R. Leibowitz, La chimie de l’amour.

Nudité: n.f. État du corps sans vêtement.

"L’Humanité devrait se promener à poil, comme un amiral se présente devant son médecin, car nous devrions tous être les médecins les uns des autres.

Mais si peu se savent malades et désirent être soignés!" Henri Laborit, Éloge de la fuite.

Nymphe: n.f. 1- Jeune fille pubère 2- Jeune fille d’une grande beauté. 3- Divinité des forêt, dans la mythologie grecque. 4- anat. pluriel Petites lèvres de la vulve. 5- Deuxième état larvaire (chez l’insecte).

Voir Éphèbe.

Nymphomanie: n.f. Pathologie sexuelle de désir inassouvissable, chez l’homme et la femme. Le nymphomane n’arrive pas à ressentir l’orgasme, ce qui le pousse à avoir constamment envie d’activité sexuelle. La nymphomanie est une variante de la frigidité. Consulter au besoin La fonction de l’orgasme, de Wilhelm Reich.

 

 

O

Objecteur,trice de conscience: n.m.f. Individu qui refuse d’agir tel que commandé, à cause de ses convictions.

Voir Objection de conscience.

Objet-instrument: n.m. Personne considérée comme un objet de désir perdant sa qualité de sujet, étant vue comme une chose désignée pour servir.

Objection de conscience: n.f. Refus d’agir tel que commandé, à cause de ses convictions.

Refus de s’enrôler pour la guerre, refus de travailler, refus de consommer de la prostitution, refus d’acheter des produits d’une compagnie non-éthique, etcetera.

Objectivation: n.f. Perspective sur un sujet envisagé comme un objet de désir.

Objectivation-instrumentalisante: n.f. Action mentale de rendre autrui objet de notre désir en le considérant comme un outil.

Objectivation-subjectivante: n.f. Action mentale de rendre autrui objet de notre désir en le considérant comme un sujet.

Objet-sujet: n.m. Personne considérée comme un objet de désir mais conservant sa qualité de sujet en libre arbitre.

Obsession: n.f. Pensée obsédante, idée fixe créant l’angoisse. Une passion non-consommée peut tourner en obsession.

Oestrus: n.m Période de rut, chez le primate (singe) femelle, qui correspond à l’ovulation. Comparée au primate, le femelle humaine n’a pas une période de rut vivace pendant l’oestrus.

Omnigamie: n.f. Type d’union accueillant diverses possibilités mathématiques. Les amants ne sont pas unis avec un pivotant, mais sont tous réciproquement unis. En omnigamie, plusieurs personnes de sexe différent s’unissent, contrairement à la polygamie qui marie plusieurs personnes de sexe opposé à une seule personne.

Onfray, Michel: (1959 - ) Philosophe français. Il a écrit 15 livres dans lesquels il formule un projet hédoniste moral. Le désir d’être un volcan (1996), théorie du corps amoureux (2000).

Open mariage: Voir Mariage open.

Oragénitalité: n.f. Activité buccale-génitale dans un but sexuel. Désigne à la fois le cunnilingus et la fellation. pop. - "amour oral".

Orgiasme: n.m. Doctrine de l’orgie.

Orgie: n.f. 1- Sexualité à plusieurs. 2- Fête où l’excès est permis.

L’orgie permet autant de lier des amitiés durables que de consommer une sexualité anonyme sans remords : puisque l’orgie est une fête, son côté éphémère permet la fraternité passagère.

"Nous manquons bien mieux de la bienveillance générale qui régnera parmi les Harmoniens; il n’est donc pas étonnant que le mot d’orgie amoureuse ne présente que des idées de crapule à exercer en secret." p.239 "Le peu que j’ai dit suffit à déduire quelques propriétés de l’orgie Harmonique:

1’ Elle n’est point un rassemblement de libertinage fortuit et confus, mais une société durable et préparée par l’habilité du ministère des fées à former les gammes amoureuses au sens convenable au mariage composé.

2’ Elle [renforce] les sympathies de chacun par une passion commune, collective, qui est un nouveau lien pour tous.

3’ Elle prépare des souvenirs durables fondés sur des liens honnêtes et réguliers et difficiles en coïncidence et précieux par cette raison à tous les contractants comme le serait une victoire difficile à tous ceux qui y ont personnellement contribué." p.237, Vers la liberté en amour, Charles Fourier.

"D’une manière paroxystique, l’orgie est une condensation de cet accord sympathique avec le cosmos et avec les autres. Comme le résume cette remarque concernant la Maison des Jeunes chez les Muria, " si une fille couche toujours avec le même garçon, nous sentons que nous allons perdre l’unité de notre existence, dans un ghotul toutes les filles doivent être les femmes de tous les garçons " (Verrier, Elwin, p. 62). Ce qui est en cause, c’est bien le corps collectif qui prévaut sur le corps propre. La pratique du ghotul que l’on retrouve sous des formes quelque peu différentes en tous lieux et en tous temps est bien une manière concrète de vivre l’équilibre contre tout exclusivisme mortifère. L’angoisse du temps qui passe a toujours tendance à produire la monade individuelle, à conforter ce qu’on a pu appeler la cuirasse caractérielle. Et les rites des sociétés traditionnelles, comme ceux qui restent à analyser dans nos sociétés modernes, n’ont pas d’autre fonction que d’inciser, de briser ce rétrécissement sur soi. L’orgiasme comme facteur de socialité est bien une initiation pour les jeunes et une anamnèse pour tous, qui incite à vivre l’éclatement dans le grand tout cosmique et dans l’ensemble sociétal. Mircea Eliade voit dans la symbolique des rites de puberté une référence à l’idée de la bisexualité. Sans aborder de front cette délicate question on peut faire ressortir que ce mythe de la bisexualité est une manière d’exprimer la totalité (divine, cosmique, sociétale). " Michel Maffesoli, L’ombre de Dionysos, p. 19-20.

Orgie romaine: n.f. Orgie gourmande et sexuelle.

En antiquité, les Orgies étaient des fêtes consacrées à Dionysos chez les grecs et à Bacchus chez les romains (d’où l’expression).

 

 

P

Papillonnage: n.m. Activité de papillonner.

Papillonne: n.f. Manie de papillonner.

Papillonner: v. Être inconstant, volage. Aller d’une chose, d’une personne à une autre sans s’arrêter sur aucune.

Paradis: n.m. Lieu temporel de bonheur parfait.

Paresse: n.f. 1- Tendance à refuser l’effort. 2- Refus de la contrainte au travail.

Parité femme-homme: n.f. Concept d’organisation politique où autant de femmes que d’hommes sont présents en tant que députés.

La parité serait un grand progrès pour la féminisation du pouvoir, car au Québec, par exemple, le pourcentage de femmes au pouvoir avoisine les 20% (à vérifier).

Parole: n.f. Action de s’exprimer avec des mots, avec le langage parlé.

C’est avec la parole qu’on aborde les gens que l’on ne connaît pas, alors que souvent ce sont les corps qui s’invitent mutuellement. Quoi dire à un inconnu qui nous plaît? La peur d’être ridicule rend timide et avorte souvent la rencontre. Il faut laisser parler le corps, qui lui exprime mieux les intentions amicales et érotiques. Les libertins éthiques n’ont pas besoin de parler, ils n’ont qu’à agir.

Partage: n.m. Action de diviser en plusieurs parts et de les distribuer.

Partager: v. Diviser en plusieurs parts et les distribuer.

Partie carrée: n.f. Relation sexuelle intervenant quatre personnes. syn. Échange de couple, Quatuor.

Partouze: n.f. Orgie. Sexualité de groupe.

"mot inventé en 1933 par Victor Margueritte dans Ton corps est à toi " Alexandian, Le Doctrinal des jouissances amoureuses, p.306.

Passion: n.f. Penchant irrésistible, désir intense. Les passions peuvent être sexuelles ou non.

Terme utilisé par Fourier pour désigner tout goût particulier ou penchant matériel. La noblesse du mot permet de ne pas apposer immédiatement le seau de la morale sur ce qui est considéré comme des perversions. Selon lui, il est possible en Harmonie d’utiliser ces passions de façon constructive pour la société.

Il ne s’agit pas d’empêcher les passions de se produire, car elles peuvent être utiles à la collectivité, mais de les diriger de telle façon à ce qu’elles ne dégénèrent pas en vice ou en perversité.

Voir Manie, Perversion.

Patriarcat: n.m. Société basée sur la filiation paternelle (les enfant ont le nom de leur père, qui a autorité sur eux).

Le patriarcat a imposé sa domination sur les femmes en les réduisant à la reproduction : imposition de la virginité, mariage polygynique.

Ce sont les guerres génétiques des hommes entre eux pour assurer leur descendance, dont les femmes furent et sont encore les otages, qui ont mis fin au libertinage désintéressé des hommes et des femmes pendant le matriarcat.

Leurs instincts libertins bafoués, les hommes inventèrent la prostitution, les femmes manigancèrent l’adultère avec la complicité paradoxale des hommes.

Voir Matriarcat.

Pauvreté: n.f. Insuffisance de ressources nécessaires à la vie.

La pauvreté est une atteinte à la dignité de l’individu car elle empêche son plein épanouissement, nécessaire à le sortir de sa pauvreté.

Les pauvres ont davantage de difficultés à se trouver une fonction sociale enrichissante (socialement et matériellement), ainsi qu’à faire des rencontres sexuelles.

Voir Partage.

Péché: n.m. Terme religieux désignant les défauts.

La sélection des 7 péchés capitaux est d’une sagesse certaine: avarice, colère, envie, gourmandise, luxure, orgueil, paresse. Aurait-il fallu ajouter la jalousie! La luxure (pratique immodérée des plaisirs sexuels) est un péché car Dieu n’aime sans doute pas le vice; mais l’église n’a pas su distinguer le bon sexe du mauvais. C’est pourquoi toute sexualité est considérée par l’église comme pécheresse, ce qui donne comme résultat le puritanisme et son démon la transgression.

Pédogérontophilie: n.f. État de réciprocité charnelle intergénération.

Pédophilie: n.f. Amour qu’ont les gens pour les enfants. L’enfant est pédophile.

Ce sujet difficile a été abordé par très peu d’auteurs. C’est un sujet tabou. L’enfant est pédophile ; cela est légitime. Mais ce qui porte à débat est l’interaction sexuelle entre un enfant et un adulte. Effectivement, on voit peu l’utilité de telles relations ; c’est parce que la sexualité infantile n’est pas encore reconnue. Si les enfants ont une sexualité, c’est d’abord entre eux qu’ils doivent l’expérimenter.

Au niveau de la loi, on confond pubère et pré-pubère, ce qui porte à confusion et met dans l’embarras les adolescents et leurs partenaires.

Étymologiquement, on a confondu pédophilie, c’est à dire "relation érotique entre enfant et adulte", avec "viol d’un enfant par un adulte". Le terme d’enfanphilie ferait la distinction.

La relation consentante entre enfant et adulte, en dehors de tout jugement moral, est éthique: le désir est partagé, le plaisir consommé.

Le viol d’un enfant par un adulte n’est pas éthique: comme tout viol l’est (ici le viol est souvent subtil, utilisant la naïveté de l’enfant). Il n’y a pas de consentement, pas de désir partagé.

C’est une nuance importante. Un contre-argument serait l’absence de sexualité infantile, ce qui est faux. Ce qui est vrai, c’est qu’il existe un danger à dire la vérité sur la sexualité infantile: des violeurs en profiteraient, dans l’état névrosé actuel de la Civilisation. Il est certain d’une chose: tant que la société n’aura pas suffisamment évolué dans le sens de l’harmonie sexuelle, des vicieux, des malades se serviront de la vérité sur la sexualité infantile pour abuser des enfants.

Même dans le meilleur des cas (désir partagé), il serait impensable de permettre une telle relation érotique avant que la majorité de l’environnement social de l’enfant n’accepte cette relation comme normale ; ça serait exposer l’enfant à la maladie mentale (morale) de son entourage.

" "Je ne sais pas ce qui m’a pris", dit ce père de famille qui a eu des gestes de séduction (caresses corporelles et génitales) envers une fillette de dix ans, fille de ses amis, qu’il avait à garder. Il était déboussolé par des ennuis conjugaux et un désir de consolation tendre et érotique mêlés. Piégé aussi dans le désir de l’enfant qui, elle-même ensuite, ne pouvait plus - car n’osait plus - dire non à l’adulte. Il avait alors dérapé du côté de l’excitation du corps pris dans le fantasme ce qui aurait pu être un moment de partage tendre, l’une contre l’autre, et l’un avec l’autre.

Fait de société, la mise à distance et l’objectivation du corps vont de pair avec un surinvestissement de l’image, tandis que le corps érotisé, de plus en plus prégnant dans l’image, rend de plus en plus suspects les contacts entre les générations." Simon-Daniel Kipman, Danielle Rapoport, La sexualité "oubliée" des enfants, p.170-171.

Les dérapages des adultes sont souvent dus à des passions non consommées pendant leur enfance: "Est-il [l’adulte] aux prises sans le savoir à la répétition d’émois adolescents ou enfantins puissants qui, refoulés et coupables, n’ont pu avoir accès à sa conscience, et se réactivent en écho à l’émoi du corps enfantin ou adolescent avec les fantasmes et les problématiques sexuelles infantiles non dépassées?"ibid. p.170.

La sexualité refoulée de l’enfant en fera un adulte méconnaissant, maladroit et envieux. L’adulte projette sa sexualité infantile refoulée sur un enfant-amant, mais ses repères sexuels sont ceux des adultes. Là où l’enfant recherche une grande complicité érotique, épidermique, l’adulte refoulé risque de répondre par une passion génitale inappropriée.

Les contacts entre génération étant sévèrement réprimés, une relation érotique appropriée entre un adulte et un enfant se ferait dans une ambiance de secret qui causerait un malaise traumatisant. Une telle relation, consommée au vu et au su de tous, ferait ressurgir des concepts d’immoralité tels que "pédophilie" et "abus sexuel" ; l’entourage accuserait l’adulte de luxure et victimiserait l’enfant au point de le convaincre qu’il s’est passé quelque chose de très mal, de criminel.

Voir Adultuphilie, Adolescenphilie, Enfanphilie, Gérontophilie, Pédogérontophilie, Sexualité infantile.

Peine d’amour: n.f. Angoisse de séparation très prononcée lorsqu’en Civilisation un des amants quitte l’autre dans le but de s’éclater avec une nouvelle flamme. L’amant était auparavant autant amoureux qu’aujourd’hui il a oublié son ancienne flamme. L’autre côté de la médaille de la fidélité, c’est l’amnésie.

Pénis: n.m. Tige génitale du mâle servant à la copulation. Par extension, tout l’appareillage du sexe mâle dont les testicules et le scrotum.

Perversion: n.f. Comportement instrumentalisant autrui.

Définir la perversion en considérant le comportement naturel comme non-pervers n’est pas concluant, puisque chaque pulsion sexuelle infertile serait considérée perverse. Si la semence est perdue, la nature donne le plaisir quand même, sans punir. Une manie, comme le cunnilingus, n’apporte que du plaisir aux amoureux sans que cela soit naturel ou fécond. Traduire le non-naturel comme pervers, c’est condamner toutes les manies.

"La solution envisagée est de définir la perversion sexuelle, non pas à partir de l’opposition naturel\non-naturel, mais plutôt sur la base de l’opposition entre objectivation-subjectivante et objectivation-instrumentalisante." p.103, Maria Michela Marzano Parisoli, Penser le corps.

Un comportement sexuel qui fait du mal à autrui et\ou à soi-même est pervers. Le pervers ne se soucie pas du plaisir partagé lors d’une rencontre sexuelle. Il ne se préoccupe pas des conséquences néfastes de ses actes ou de ses répercussions propagandistes non-éthiques.

Exemple et contre-exemple

Exemple de perversité: La pornographie offre des images (issues d’un imaginaire masculin) qui instrumentalisent les femmes. Ces images propagent le vice d’égoïsme masculin, poussant les hommes à imiter la pornographie avec les femmes. La pornographie est une perversion, car elle instrumentalise le corps des femmes.

Contre-exemple de passion: Le désir de voir la copulation est légitime. Cette passion, qui est pervertie par la pornographie, pourrait très bien être dirigée vers l’érotographie. Ainsi, des images de coït et de rencontres érotiques pourraient être montrées explicitement sans que la femme soit humiliée. Un code érotographique pourrait servir de censure intelligente. Ainsi le désir de voir, ou voyeurisme, serait comblé sans propager des idées égoïstes (chez l’homme) ou masochistes (chez la femme). La population habituée à ces images pourrait ensuite sans gêne copuler devant témoins; la passion de voir le coït serait alors comblée sans recours à l’image photographique.

La passion du voyeurisme devient perversité avec la pornographie, alors qu’elle peut très bien être dirigée de façon éthique avec l’érotographie.

Peste émotionnelle: n.f. Maladie mentale collective.

Reich a découvert une maladie collective, qui se transmet de génération en génération, qu’il nomme "peste émotionnelle". Le tabou de la sexualité et les interdits sexuels ont créé une frigidité partielle ou totale de la génitalité des individus ; cette affection se perpétue dans le ventre frigidifié de la mère, dans l’éducation des enfants et enfin dans les considérations culturelles de la sexualité. Selon Reich, il ne sera possible à l’humanité de guérir complètement de la peste émotionnelle que dans 6000 ans.

Petite enfance: n.f. Période de l’enfant jusqu’à l’acquisition de la marche (environ vers l’age de 4 ans).

Petit enfant: adj.+n.m.f. Humain jusqu’à l’acquisition de la marche (avant le début de l’enfance).

Petite enfant: adj.+n.m.f. Humaine jusqu’à l’acquisition de la marche (avant le début de l’enfance).

Petit-Maître: n.m. Désigne, au 18e siècle, le libertin sophistiqué et courtois, parfois excentrique.

Petite-Maîtresse: n.f. Désigne, au 18e siècle, la libertine sophistiquée et courtoise.

Phalanstère: n.m. (de phalange et monastère) Vaste association de production au sein de laquelle les travailleurs vivent en communauté, dans le système de Fourier.

-philie: Élément du grec philos, "ami", ou philein, "aimer".

Physionomie: n.f. Ensemble des particularités d’un corps qui le rend différent des autres.

Telle physionomie chez certaines personnes nous excitent davantage que d’autre. On appréciera chez quelqu’un telle partie du corps, telle démarche chez l’autre. Il ne faut pas nier l’influence tyrannique de la beauté de la physionomie, quels que soient les sentiments que nous ressentons. Lorsqu’on rencontre un inconnu, on n’est attiré ou répulsé par lui que par sa physionomie et son attitude.

En utopie libertine, la diversité des physionomies permet une meilleure satisfaction sexuelle. Le changement fréquent des corps lors de l’activité érotique procure une exaltation esthétique.

Pivotant,e: n.m.f. Amant,e qui est au centre d’une pluralité sexuelle et amoureuse.

Plaisir: n.m. Sensation agréable.

Plaisir partagé: n.m. Jouissance réciproque.

Pré-requis à toute relation sensuelle, sans quoi la relation n’est pas éthique, donc pas libertine éthique.

Voir Désir partagé, Éthique.

PlayGirl: Magazine états-unien, édité par des femmes, constitué de photos explicites d’hommes nus.

Cette inversion pornographique où l’homme est instrumentalisé pour satisfaire la lubricité des femmes a des qualités : elle permet aux femmes de conscientiser leur désir pour les hommes et d’équilibrer la représentation du désir féminin dans la pornographie ; cette inversion a aussi des défauts : elle légitimise la pornographie faite par les hommes et la banalise.

Ce qui serait éthique dans la publication de magazines pornographiques, à défaut d’une érotographie, ce serait de limiter la production des hommes à celle des femmes : la parité homme-femme dans la représentation érotique n’instrumentaliserait pas plus un sexe que l’autre. On verrait alors les producteurs masculins inonder les éditrices de capitaux et de moyens financiers, car la parution de leur pornographie masculine devrait être accompagnée d’une parution de pornographie féminine.

Pluralité: n.f. Fait d’exister à plusieurs, de n’être pas unique.

Polyamour: n.m. Capacité et désir d’aimer de plusieurs personnes à la fois. Les polyamoureux sont un genre de "couple à plusieurs".

"Peut-on mener une relation amoureuse avec plusieurs personnes en simultané, sans que la jalousie entre en ligne de compte? Les tenants du "polyamour" revendiquent implicitement l’héritage du libertinage et de la remise en question du couple. (...)

Les adeptes du "polyamour" militent effectivement pour le "couple pluriel". À l’instar des échangistes et mélangistes, qui recherchent le "pur sexe", ils défendent la thèse du découplage entre sentiments et sexualité. En clair, les "polyamoureux" acceptent de se fixer sur le plan sentimental, mais souhaitent préserver leur droit aux fantaisies érotiques. C’est pourquoi ils avancent le concept de "polyfidélité". Le couple n’étant plus vécu comme une cellule binaire, mais comme un groupuscule, une association qui peut regrouper quatre, cinq, dix personnes "mariées" entre elles. De nombreux sites Internet témoignent de la prolifération des "polyamoureux". Sur http://www.3coins.com, on peut consulter des petites annonces, dans lesquelles des couples binaires recherchent une "femme-soeur" ou un "homme-frère". La plupart des adeptes se réfèrent à une savante revue américaine, ouvertement favorable au "polyamour": Loving more. Deborah Anapol a par ailleurs initié le Sacred Space Institute (Institut de l’espace sacré), un culte étrange qui propose des thérapies de groupe basées sur la polysexualité. Il existe des chambres d’hôtes et des hôtels spécialisés dans le "polyamour". On en trouve deux sur la côte d’Azur. Les "pratiquants" se reconnaissent par un colifichet discret: ils arborent à la boutonnière un petit perroquet." (p.232-3) Christophe Bourceiller, Les forcenés du désir.

Sites internet à consulter: www.polyamour.com, www.lovingmore.???.

Voir Libertinage éthique.

Polyandrie: n.f. Fait d’être mariée avec plusieurs hommes. Était autrefois courant lorsque le nombre de femmes était inférieur à celui des hommes (notamment chez les amérindiens). La polyandrie est généralement possible dans les sociétés plus ou moins matriarcales.

Polyitérophilie: n.f. Pathologie polysexuelle d’une personne ne pouvant atteindre la satisfaction génitale qu’après avoir accumulé plusieurs partenaires dans un laps de temps limité.

Polyfidélité: n.f. Exclusivité sexuelle vouée à plusieurs personnes.

Dans le polyamour, un groupe de gens peuvent se jurer exclusivité sexuelle mutuellement ; c’est une démarche qui vise à réduire l’anonymat et l’éparpillement, mais elle semble contraignante d’un point de vue libertin. C’est une omnigamie plutôt que du libertinage.

Polygamie: n.f. Fait d’être marié à plusieurs conjoints. Somme de la polyandrie et de la polygynie (voir ces mots).

Polygynie: n.f. Fait d’être marié avec plusieurs femmes. Courant encore aujourd’hui dans des sociétés où le patriarcat est très puissant.

Polymorphe: adj. Qui prend plusieurs formes.

Porno: 1- adj. Abréviation de "pornographique". 2- n.m. Abréviation de "pornographie" et "document pornographique".

Pornographie: n.f. Représentation non-éthique de la sexualité et de la génitalité.

Du grec pornê, "prostituée", et de -graphie. Étymologiquement, la pornographie est la représentation de la prostituée, donc de la relation de domination sexuelle. Elle offre au consommateur de pornographie un succédané visuel de la prostituée: objet sexuel soumis et docile, esclave toujours prêt à satisfaire le client. Cette forme de représentation de la sexualité pervertit les consciences en provocant des fantasmes de domination au sein de la population. Issue d’un comportement marchand, elle est (néo)libérale et libertaire, mais n’est pas libertine: car elle n’est pas éthique de par le fait qu’elle pervertit les consciences et instrumentalise les acteurs en tournage. Pour une représentation sexuelle éthique, voir le mot Érotographie.

Pornographie imprimée: Genre littéraire, où les fantasmes tous aussi lubriques les uns que les autres sont autant d’imaginaires. Les clichés et les excès y sont abondants.

Pornographie photographique: En magazines, la pornographie présente généralement des femmes en position de charme et coïtales, plus ou moins déshabillées, en vue de la masturbation d’un regardant masculin. Ces magazines présentent les femmes comme toujours prêtes, toujours excitées ; elle prétend aussi combler les besoins pressants des hommes ; elle monnaye la femme comme objet consommable en tant qu’image.

Pornographie cinématographique: Représentation filmée de l’activité sexuelle s’adressant toujours à l’homme. Dans sa version hétérosexuelle, on voit dans la majorité des cas ce schéma reproduit: Fellation - coït - sodomie - éjaculation faciale. La fellation, comme preuve de soumission ; le coït, passage obligé ; la sodomie, comme soumission et scatologie; et éjaculation faciale comme preuve visuelle d’éjaculat. Le cunnilingus y est aussi rare que la preuve d’orgasme féminin. Pendant la sodomie, jamais on y voit des excréments, pourtant fréquents dans la réalité ; par la technique du montage, la scatologie est réduite au maximum. La sodomie est une telle obsession dans la pornographie qu’il y en a souvent une par séquence ; ce qui crée un conditionnement sodomite dans la population, et qui rend populaires les prostituées qui se laissent sodomiser ; les prostituphiles ont même recours à des prostitués (mâles) lorsqu’ils se font refuser la sodomie par les prostituées.

"La sodomie, banalisée, presque prescrite par le porno, serait source de frustration pour les deux partenaires: (...) Parmi les plaintes des filles, qui n’hésitent plus à se confier en entretiens individuels, la souffrance occasionnée par la sodomie et l’éjaculation précoce de leurs partenaires." LIBÉRATION, jeudi 23 mai 2002, no 6538, p.2

Les acteurs ne portent jamais de condom en changeant souvent de partenaires ; qu’importe si les acteurs font des test HIV avant le tournage, l’important est que le message porté à l’écran est que la meilleure relation sexuelle est non-protégée avec un maximum de partenaires. Les spectateurs, qui ont tendance à imiter, n’utiliseront pas le condom en négligeant de passer un test.

"Tombeau postmoderne de l’art et de la sensualité, le porno, expliquent Ovidie et HPG, se définit comme une froide mécanique. Si les pénis des acteurs sont longs et larges, c’est pour que, devenus trop mous, ils ne sortent pas pendant le coït. Pour se maintenir en forme, les hardeurs n’arrêtent pas de se masturber sur les plateaux de tournage. Quant à la fontaine de sperme, vrai ou faux, qui arrose le visage des actrices, elle n’a d’égal que le déluge de lubrifiant qui inonde en secret leur vulve et leur anus. Le sexe n’existe que pour l’image. La beso-gne des hardeurs, ces prolétaires du fantasme, est strictement alimentaire." Michel Lapierre, p.41, ICI, vol. 5 no 50, du 12 au 18 sept. 2002 (Critique de : Porno manifesto, Ovidie ; Autobiographie d’un hardeur, HPG.).

Possible: adj. Qui peut se produire, qui peut être, qui peut exister.

Puritain,e: adj. et n. Qui respecte la morale. Adepte du puritanisme. Répression puritaine.

Puritanisme: n.m. Respect strict de la morale et de ses restrictions.

Le puritanisme, par sa répression, entraîne le vice et la transgression.

Voir Morale, Perversion, Vice.

Procréation: n.f. Action d’engendrer la naissance.

Le but de la nature en créant le plaisir sexuel est la procréation. Mais le résultat procréatif de la sexualité est accidentel ; la semence se perd aisément sans que la nature n’apporte de punition immédiate. Le plaisir sexuel est donc gratuit, la naissance d’un enfant n’étant qu’un concours de circonstance où le sperme arrive au vagin fécond, où un spermatozoïde rencontre un ovule.

L’intelligence humaine fait un lien logique entre la sexualité et la procréation, ce qui permet la contraception planifiée. Avec l’oragénitalité et la masturbation, la femme féconde peut obtenir du plaisir sexuel sans procréation, et depuis peu avec l’utilisation de préservatifs (les romaines utilisaient des excréments d’éléphants, aujourd’hui il existe la pilule anticonceptionnelle et le condom).

Histoire - Après que l’humain eût découvert le lien entre sexualité et procréation (avec l’élevage et l’agriculture), l’homme voulut s’assurer de sa filiation (invention du gynécée par les grecs). La femme est ainsi valorisée par sa virginité (qui prouve qu’elle n’est pas fécondée), et les mariages se font de façon à ce que la femme appartienne à l’homme. Le concept de fidélité ne concerne que les femmes, car elles pourraient être fécondées par un amant autre que le mari. La polygynie se constitue donc, créant de vastes harems aux hommes puissants et riches. Le mariage polygamique avec exclusivité sexuelle semble être le résultat de la découverte de la fécondation (on fertilise ses femmes comme on fertilise son champs) ; le mariage n’est profitable qu’aux hommes. Plus tard le christianisme imposera la monogamie ; petit progrès pour la femme, qui ne voit plus des rivales lui partager son mari, mais dont elle reste la propriété exclusive.

Voir Matriarcat, Patriarcat.

Promiscuité: n.f. Mélange fâcheux de personnes très différentes.

Curieusement, nous vivons un phénomène de promiscuité alors que les moyens de communication n’ont jamais été aussi développés. Nous sommes bombardés d’images qui nous sont imposées, nous ne connaissons plus nos propres désirs et nous avons de la difficulté à les exprimer dans nos relations interpersonnelles.

"Nous sommes dans une situation qui peut sembler paradoxale:

d’une part, ce qu’on appelle la présence collective envahit l’espace intérieur de l’individu:

son territoire est de plus en plus restreint,

dans les lieux publics, il est cerné par les autres,

en même temps que de plus en plus submergé par les images et les sons;

et, d’autre part, il souffre de l’absence de communauté.

Notre société est très mobile:

les individus vont d’un travail à un autre, d’une ville à une autre.

Ce qui favorise l’isolement.

Curieux paradoxe: ce sentiment d’isolement germe et grandit le mieux en pleine société de masse;

et, à cause d’elle, précisément, qui donne à l’individu le sentiment d’être perdu, noyé dans la foule anonyme...

En pleine société de masse, l’individu connaît la difficulté, voire l’impossibilité de nouer des relations interpersonnelles." Jacques Languirand

Prophylaxie: n.f. Ensemble des mesures prises pour prévenir la maladie. Étude scientifique de ces mesures pour en maximiser l’application.

Prostituphile: n.m. Client de prostitution. On nomme "cyprieunophile" celui qui ne peut atteindre la satisfaction qu’avec la prostitution.

La responsabilité du prostituphile dans la continuation de la prostitution est évidente: sans lui, ce commerce exercerait en pure faillite.

La quasi totalité des prostituphiles consomment la prostituée avec égoïsme, pour dominer. Ils trouvent aussi une satisfaction dans la transgression. Les prostituphiles ne sont pas éthiques puisqu’ils ne tiennent pas compte du plaisir partagé ; ils instrumentalisent le corps de la prostituée, considérant le paiement comme un consentement. Ils sont de la classe des pervers.

Prostituphilie: n.f. Action de consommer de la prostitution.

Prostitution: n.f. Marchandisation de services sexuels, où l’argent (ou des avantages) se substitue au désir partagé.

Il y a "la prostitution de rue", qui se fait dans la rue, à la vue de tous, où les prostituées flirtent avec la drogue. Il y a les "escortes", prostitution de luxe, onéreuse et cachée. Il y a les "salons de massages", où les services sexuels embarrassent les massothérapeutes. Il y a aussi le "trafic des femmes", où on force des femmes à se vendre le corps, ce qui n’est rien de moins que de l’esclavage.

On peut étendre la prostitution à des domaines connexes : les lignes érotiques, la danse érotique, la danse-contact ("à 10$"), la pornographie (photographiée ou cinématographiée).

La prostitution n’est pas éthique : une instrumentalisation du corps de la prostituée est faite par le client (prostituphile) ; la relation n’est pas réciproque, un seul des contractants a du plaisir ; le consentement de la prostituée est faussé par la domination capitaliste (un consentement obtenu par l’argent est une résignation) ; enfin, les prostituées sont souvent la cible de sadiques. La prostituée a tendance à considérer sa sexualité comme une denrée économique ; l’existence de la prostitution insuffle cette idée dans l’esprit de toutes les femmes.

Si le libertinage féodal a pu considérer jadis la prostitution comme moyen d’émancipation, si le libertinage bourgeois la considère comme moyen d’enrichissement des pauvres et d’amusement des riches, le libertinage éthique considère la prostitution comme un moyen sûr de ruiner un corps et l’esprit, et comme chemin qui éloigne radicalement de l’utopie ceux qui l’empruntent.

En utopie la prostitution n’existe pas, chacun pouvant trouver à son gré ce qu’il désire en matière de sexe ou de sécurité matérielle. L’échange de prostitution est basé sur une misère absente en utopie: échange de misère économique contre misère sexuelle. La misère sexuelle des handicapés ou autres désavantagés n’est pas un contre-argument, grâce à la compassion et à l’angélicat (voir ce mot).

Le meilleur scénario pour la prostitution, à l’heure actuelle, reste son abolition (abolition de la prostitution). La légalisation ou la décriminalisation ne feraient que donner de l’ampleur au phénomène, tel que démontrable en Hollande, en Allemagne et en Australie (l’offre suscite la demande, nécessitant l’importation de matière première : immigration de prostituées).

Voir Abolition de la prostitution, Angélicat, Prostituphile.

Provocation: n.f 1- Action d’agir en conformité avec l’utopie dans une société non-utopique. 2- Contrarier, pour attirer l’attention sur soi ou par sadisme.

(1) L’action éthique-utopique, souvent immorale, provoque l’opinion des moralistes, des gens conditionnés à leur époque. Le sens 1 est libertin-éthique, pas le sens 2.

(2) Une action non-éthique\non-utopique immorale provoque l’opinion des moralistes et des éthiciens ; elle permet à une société de se remettre en question, mais présente l’effet pervers de désorienter les pauvres gens qui ne distinguent rien de la morale ou de l’éthique.

syn. Déconditionnement, Délinquance, Dissidence, Manifestation, Rébellion, Résistance, Scandale.

Puissance orgastique: n.f. Capacité à ressentir l’orgasme.

 

 

 

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