© Patrick Latendresse
DICTIONNAIRE du LIBERTINAGE (I-P)
ÉTHIQUE
ABRÉVIATIONS
adj. adjectif
adj.+n. adjectif suivi dun nom
adv. adverbe
ant. antonyme
avJC avant Jésus
ibid. ibidem
n. nom
n.f. nom féminin
n.m. nom masculin
n.m.f. n.m. et f.
pop. populaire
psy. psychanalyse
syn. synonyme
v. verbe
vx vieux
I
Ibidem: adv. Dans le même texte, au même endroit. Mot latin, "ici même". Abréviation: ibid.
Immoralisme éthique: n.m. Attitude menant à des comportements immoraux mais éthiques.
"Jai dit immoralisme éthique. Dans sa condensation un peu provoquante, cette expression entend désigner une solide et souterraine conscience qua le corps collectif de lui-même. Elle explique cette responsabilité que lon peut éprouver vis-à-vis de lexistence, même si cela doit se traduire par des actes qualifiés danomiques. (...) Le moralisme, avec des intentions certainement fort louables, ne prend fond que sur une valeur ou un ensemble de valeurs connexes, et ce faisant, par exclusions successives, il aboutit à une uniformisation mortifère. Léthique, tant quà elle, fait intégrer la pluralité des valeurs, et les fait jouer entre elles pour le plus grand bien du lien sociétal. " Michel Maffesoli, Lombre de Dionysos, p.28.
Impossibilisme: n.m. Croyance que tout progrès est impossible.
Impossibiliste: n.m.f. Tenant(e) de limpossibilisme.
Inceste: n.m. Relation sexuelle entre proches parents.
En Égypte antique, la royauté faisaient des mariages incestueux, ce qui déteignait dans la population qui imitait parfois ses rois et reines.
La Nature punit, dans 1% des cas, les bébés fruits dun inceste par des malformations, ce qui expliquerait le tabou de linceste, qui semble éthique dun point de vue naturel (diversité des gênes).
Dans Les robots, roman de science-fiction, Isaac Asimov décrit une planète où les humains ne connaissent pas le tabou de linceste, car ne vivant pas en famille consanguine ils ne connaissent ni père ni mère, frère, soeur, cousin, cousine, etcetera (la parentèle) ; ces humains copulent nonchalamment avec des préservatifs et pour procréer, ils font une demande de compatibilité génétique au gouvernement pour savoir sil ny aura pas de problème biologique (comme, par exemple, la trop proche parenté). Cet utopisme technologique de linceste est ce qui se rapproche le plus de lidéal du libertinage éthique.
Inconstance: n.f. Papillonnage. Manque de constance.
Inconstant,e: adj. Volage.
Individualisme: n.m 1- Nouvelle forme familiale, composée dun unique individu. Voir Famille. 2- pop. Égoïsme, manque de solidarité.
Infantile (sexualité): Voir Sexualité infantile.
Infidélité: n.f. 1- Inconstance dans lattachement. 2- Rupture de lexclusivité sexuelle.
Lacte dinfidélité découle logiquement dun serment de fidélité qui est trahi. Les libertins éthiques nétant point exclusifs sexuellement de par contrat, aucune promesse nest bafouée. Lhonneur est conservé pour les protagonistes amoureux. Seuls ceux qui se jurent fidélité ont le risque dêtre trompés (ce qui reste un risque bien réel). Cest un serment que les libertins ne font pas, puisquils font le serment de toujours cueillir la fleur sils la jugent belle.
Initiation: n.f. Éducation pratique.
La personne éduquée est introduite aux activités intimes du milieu ; lapprentissage des bons gestes et des attitudes saines se fait dautant mieux que les initiateurs sont plus expérimentés que linitié.
Des initiateurs malhonnêtes peuvent pervertir linitié, pour linstrumentaliser ; les libertins éthiques initient leur sujet à un jugement éthique (objectivation-subjectivation).
Insolence: n.f. Provocation qui choque par un excès insolite. Effronterie.
Instrumentalisation: n.f. Action dutiliser un sujet comme instrument de ses désir, en niant sa subjectivité pour le considérer comme une chose. syn. Chosification ant. Subjectivation.
Internet: n.m. Réseau de communication informatique.
Il existe aujourdhui 50 millions de sites pornographiques sur Internet. On y retrouve également des sites de rencontre.
Inversion: n.f. Application dune attitude ou dapparats de lautre sexe sur un sujet.
Auparavant les femmes qui portaient le pantalon faisaient de linversion ; aujourdhui le port du pantalon par les femmes est accepté.
Aujourdhui les hommes qui portent la jupe font de linversion ; le port de la jupe par les hommes nest pas encore accepté.
Le but de linversion est de faire changer les mentalités (et la mode, dans notre exemple) vers un modèle androgyne, où les genres seraient flous, pour davantage dégalité.
J
Jalousie: n.m. Sentiment égoïste de possession dun sujet objectivé.
Une théorie de la jalousie prétend quelle aurait comme origine le souci du mâle pour sassurer que la femelle a bel et bien été fécondée par lui. Cette théorie ne tient la route que pour le mâle ; la femelle, qui est auto-reproductible, na pas besoin de surveiller son fécondeur.
La jalousie chez la femme serait donc un fait culturel issu du dérèglement social provoqué par la guerre génétique des mâles. On imagine facilement ce dérèglement provoquer des maladies collectives complètement absorbées par lespèce.
La proportion quelle prend lors de séparations de couples exclusifs, cest-à-dire le meurtre, fréquent à la suite dinfidélités et dadultères, est très pathologique. Que la jalousie soit naturelle ou non, il faut au moins avouer que ce que la civilisation en a fait est un délire qui tient de la folie.
La jalousie est une angoisse de séparation ; on a peur quautrui parte, par extension quil sattache à un tiers. Le prix de la liberté, cest lacceptation de cette angoisse : en effet, il nest possible dentretenir des relations parallèles que si autrui nest pas jaloux ; le meilleur moyen quil ne le soit pas est de nêtre pas jaloux soi-même.
"La peur de perdre sa place dans la vie de quelquun est insensée: on perd rarement sa place, on perd plutôt son rang. Mais cela est vrai seulement si chaque relation sexprime pleinement dans son originalité. Sinon, elle crée de toutes façons une inquiétude permanente. Larrivée dune tierce personne ne fait que confirmer cette inquiétude." André Thibault, Aimer au pluriel, p.104.
La jalousie est une tension entre la soif de liberté et langoisse de séparation. Elle existera toujours. Ce qui est pathologique, cest langoisse de séparation qui étouffe et éteint la soif de liberté ; cest lexclusivité sexuelle du couple compulsif. Les libertins éthiques ont une grande soif de liberté, et leur angoisse de séparation se concrétise par une envie de continuité qui ne dégénère pas en exclusivité.
Jésus: (4 avJC - 30 de notre ère) Philosophe juif. On lui doit la célèbre phrase: "Aimez-vous les uns les autres." Jean 13, 34. Sa doctrine altruiste (le christianisme) sest propagée, diffusant des valeurs de partage ; elle a malheureusement été la source du catholicisme, sorte de monarchie dogmatique. syn. Jésus-Christ, le Christ.
"Dans un bagne matérialiste, [Jésus], qui fonda [lhumain] sur lamour et la liberté, comment ne reviendrait-il pas ce quen son temps il fut, sil fut : un élément subversif, révolutionnaire, un libertin; et, pour cette raison, crucifié." p.739, Encyclopaedia Universalis, Corpus 13, (Etiemble).
Jeu: n.m. Activité créative et ludique qui permet des conséquences inventives et enrichissantes. (Antonyme de Loisir. Alternative au Travail.)
La conséquence du jeu est la gratuité.
Lactivité quest le jeu produit des denrées gratuites à la collectivité. La civilisation a introduit le concept de "Loisir", jeu de hasard infertile ; le loisir est une activité codée qui est issue dun imaginaire futile (par exemple les jeux vidéo actuels). Dans les loisirs, le hasard influe tellement que lhabilité devient une excitation de loterie ; chaque geste et réaction est du domaine du chaos (en anarchie, chaque geste équivaut à un bienfait collectif).
"Une rencontre sexuelle est le modèle même du jeu productif. Les partenaires y produisent mutuellement leurs plaisirs, personne ne tient la marque et tout le monde gagne. Plus on donne, plus on reçoit. Dans la vie ludique, le meilleur de la sexualité imprégnera les meilleurs moments de la vie quotidienne. Le jeu généralisé mènera à lérotisation de la vie. Le sexe, en retour, peut devenir moins urgent, moins avide, plus ludique. Si nous jouons les bonnes cartes, nous pouvons tous sortir gagnants de la partie, mais seulement si on joue pour de vrai. " Bob Black, Travailler, moi?Jamais!, p. 61
Voir Loisir, Travail.
Joie: n.f. Gaieté, bonne humeur.
Jugement: n.m. Capacité de juger de la valeur éthique de quelque chose. "Bon sens."
K
Kama Sutra: Ancien livre indien écrit par Vatsyayana, qui est la somme dune tradition sexuelle dans la religion de lépoque. Il y est enseigné le savoir-vivre érotique et la description de position coïtales.
Kollontaï, Alexandra: Théoricienne marxiste qui sintéressa à la sexualité ainsi quà la libération féministe. Elle a fortement critiqué la famille. Dans la vie, elle saffichait avec des hommes plus jeunes quelle.
L
La Bretonne, Restif de la: Écrivain français de lépoque de la renaissance. Il invente une sorte de "libertinage vertueux", plutôt répressif et contraignant. Il élabore son système dans ses Graphes.
Laclos, Pierre Choderlos de: Romancier français (Amiens 1741 - Tarente 1803). Il a écrit le très célèbre roman Les liaisons dangereuses (1782), qui dépeint la cruauté des libertins féodaux (non-éthiques) de lépoque de la renaissance.
Légitime: adj. 1- Conforme aux lois. 2- Conforme à léthique.
Légitimité: n.f. 1- Caractère de ce qui est conforme au droit, aux lois. 2- Par extension, conforme à léthique.
Le libertin: Pièce de théâtre de Éric-Emmanuel Schmitt, interprétée au théâtre Montparnasse en 1997. Elle met en scène Diderot qui, devant écrire larticle de la morale pour son encyclopédie, se fait constamment déranger. Une adaptation cinématographique, Le libertin, en a été faite en 2000, avec Vincent Pérez dans le rôle de Diderot.
Voir Cinéma libertin.
Lewinsky, Monica: Voir Monicagate.
Liber: Dieu romain, représenté par un phallus.
"Les romains adoraient le dieu Liber, représenté sous la forme dun gigantesque phallus. Ce culte est à lorigine du mot "libertin". " Le petit coquin, p.8.
Libéral, ale, aux: adj. et n. Partisan du libéralisme.
Libéralisme: n.m. Doctrine économique contre lintervention de létat et pour une liberté totale de transactions dans le marché.
Le libéralisme désire marchander le sexe, avec la pornographie et la prostitution, qui sont non-éthiques. Il prétend satisfaire les besoins de tous alors quil crée la concentration des richesses:
(richesse = pauvreté)
(surcharge de travail = chômage).
Libération sexuelle: n.f. Mouvement de libération de la sexualité de ses interdits. Loubli de ce mouvement est limposition de nouvelles limites, plus judicieuses, et de responsabilités éthiques.
Le libertinage éthique, en libérant la sexualité de la monogamie (exclusivité sexuelle du couple), impose au libertin de ne pas commettre de perversion (limite à linstrumentalisation) et dentretenir les liens sociaux (devoir de continuité).
Libertaire: adj. Partisan,e dune liberté sans limite, aveugle.
Les néo-libéraux sont souvent libertaires ; ils croient à lanarchie de marché. Mais la trop grande liberté crée chez le civilisé un système de domination économique.
Le véritable libertaire serait plutôt en faveur de la gratuité, beaucoup moins contraignante.
Les libertaires daujourdhui sont des gens qui croient tout se permettre sans se soucier de léthique, ce qui crée le chaos.
Liberté: n.f. 1- Absence de contrainte. 2- Ce que les lois ninterdisent pas. 3- Capacité de faire des choix. 4- Faire ce quon choisit en fonction de la morale ou de léthique.
La liberté sarrête là où léthique impose une limitation.
Liberté sexuelle: n.f. Licence des moeurs sexuelles.
Libertin,e: adj. Qui sadonne aux plaisirs sensuels sans retenue et avec un certain raffinement.
Libertin: n.m. Homme qui sadonne aux plaisirs sensuels sans retenue et avec un certain raffinement.
Libertine: n.f. Femme qui sadonne aux plaisirs sensuels sans retenue et avec un certain raffinement.
Libertin,e éthique: 1- n.m.f. Nomade sexuel qui adopte de bons comportements. 2- adj. Qui est sexuellement nomade en nadoptant que de bons comportements.
Libertinage: n.m. 1- Affranchissement de toute règle et de toute autorité. 2- Liberté sexuelle.
Le mot est apparu en 1468. En 1555, il faisait référence aux libre-penseurs. Cest depuis 1625 quil réfère aussi aux érotomanes.
On classe le libertinage en plusieurs catégories: la libre-pensée, qui est une liberté de lesprit ; le libertinage féodal, qui est une liberté égoïste de séducteurs calculateurs ; le libertinage bourgeois, qui est une liberté de consommer le sexe, quitte à sen acheter ; le libertinage solaire, qui est un hédonisme joyeux préconisé par Michel Onfray ; le libertinage éthique, qui est une sexualité plurielle qui a le souci du bon comportement.
"Dans son ouvrage, Les libérateurs de lamour, Alexandrian affirme "quil ny a jamais que deux arts daimer... lamour unique et le libertinage". Par là, il oppose clairement le couple monogamique, à jamais lié par une relation de mutuelle exclusivité, à la multiplication des relations durables ou éphémères, mais toujours ouvertes sur dautres possibles. Il y voit, enfin, "deux exigences continuelles de lhumanité". " Daniel Serceau, Érotisme et cinéma, p.105. Cest cette définition du libertinage qui le lie à linconstance qui est la plus utile pour définir lutopie sexuelle : si le sexe sest supposément libéralisé, la structure amoureuse est restée la même : monogamie.
"Aussi retrouvera-t-on, pour dautres raisons, le refus du sentimentalisme et de lamour exclusif : Félicia se dira "constante en amitié, volage en amour". Dans le plaisir - Diderot lenseigne dans la fable de la Gaine et du Coutelet - on ne saurait sen tenir à un partenaire privilégié ni exiger lexclusivité égoïste. Lorsque labbé T*** manifeste de lintérêt pour Thérèse, Mme C*** ly encourage : "Pourquoi my opposerais-je ? Si je men inquiétais, tu conclurais avec raison que je naime que moi, que ma satisfaction particulière, quà laugmenter aux dépens même de celle que tu peux goûter ailleurs, et cest ce qui nest point : je sais faire mon bonheur indistinctement de tout ce qui peut contribuer à augmenter le tien." Point nest besoin de faire appel à la spécieuse casuistique du "quiétisme de lamour" pour des personnages qui confondent sans complexe amour et volupté." Romans libertins du XVIIIe siècle, p. LXVII.
Le mot "libertinage" est un dérivé de "libertin", qui provient du latin libertinus, "affranchi". Tel un esclave affranchi de ses chaînes, le libertin se délivre de la morale contraignante. Le mot a pris une péjoration négative; soit à cause de ses détracteurs, soit à cause de ses théoriciens trop libertaires (dont Sade).
Il semble que le libertinage nait été quun fantasme:
"Nous rêvons au libertinage du xviiie siècle comme à une utopie du raffinement et du plaisir qui nous serait interdite. Mais déjà sous lAncien Régime, ce libertinage est en grande partie imaginaire: amours scandaleuses de la Cour que le public colporte avec indignation et délectation, liberté des moeurs qui ne sépanouit que dans la littérature." Michel Delon, Le savoir-vivre libertin, page couverture.
Le mot est si péjoratif que Michel Onfray hésite à lutiliser lorsquil élabore sa théorie dun hédonisme moral:
"Pour donner un nom à cette intersubjectivité libertaire dont je trouve lacte de naissance sous Lucrèce, jaimerais pouvoir recourir sans ambiguïté au concept moderne de libertinage. Mais présentement le poids de lacceptation triviale pèse trop lourd sur cette notion pour que je puisse lutiliser en revendiquant le seul souci de létymologie. De sorte que ce livre aurait pu sintituler Traité de libertinage. Car le libertin, au premier sens du terme, désigne laffranchi qui ne place rien au dessus de sa liberté. Jamais il ne reconnaît aucune autorité susceptible de le coiffer, ni sur le terrain de la religion, ni sur celui des moeurs. Toujours il vit selon les principes dune morale autonome le moins possible indexée sur celle, dominante, de lépoque et de la civilisation pour laquelle il se meut. Ni les dieux ni les rois ne parviennent à lentraver - encore moins, donc, un ou une partenaire dans une histoire amoureuse, sensuelle, sexuelle ou ludique. Ainsi, dans lesprit du terme, le libertinage - cet art de rester soi dans la relation à autrui - trouve singulièrement sa forme première dans le matérialisme hédoniste épicurien, et plus précisément dans le grand poème de Lucrèce De la nature des choses." Michel Onfray, Théorie du corps amoureux, p.34.
Michel Delon, lui, nhésite pas à faire la comparaison ; les libertins dhier comme les utopistes daujourdhui:
"Notre époque ne cesse de chercher son reflet dans le libertinage dil y a deux siècles. 68 prônait la communauté et la nudité, le refus des contraintes et le partage des plaisirs; on se voulait bon sauvage, sans trop se soucier de ceux qui en avaient déjà caressé le mirage. On croyait pouvoir se débarrasser des principes et des règles avec la même facilité quon ôtait son caleçon. Pascal Bruckner et Alain Finkelkraut appelaient de leurs voeux un nouveau désordre amoureux. Une utopie sensuelle semblait à portée de la main, à portée du corps.
Le tournant du XXe au XXIe siècle se révèle plus pragmatique. À la fois moins libertaire et plus libertin. Il ne manifeste plus la belle euphorie soixante-huitarde, il connaît mieux le poids des réalités, il revient au sens de lindividu et de la complication, aux jeux du voile et de lallusion. Il sait quil nest pas de séduction sans contrainte, que chaque jouissance est une négociation avec des interdits. Une hirondelle de bonheur ne fait pas le printemps. Le débat autour du mariage, les tentations de lerrance sexuelle et les risques de la contagion peuvent nous rapprocher de la crise de lAncien Régime ; les hésitations morales du XVIIIe siècle sont souvent les nôtres aujourdhui. Ce qui se nommait vérole est devenu SIDA, lostentation aristocratique est devenue goût de la consommation, mais le refus reste le même de sen laisser imposer par une instance moralisatrice, de se laisser réduire au modèle commun. Dans un essai récent, Modernes Libertins, Isabelle Rabineau présente le libertinage comme un art de la résistance, pratiqué par les séducteurs du XVIIIe siècle aussi bien que par nos joueurs daujourdhui." Michel Delon, Le savoir-vivre libertin, p.9-10.
Un mot comme "libertinage" est juste pour les utopistes de toute époque ; on hésite pourtant à le prononcer. Cest quil a un sens trop large. Le terme est trop libertaire: Sade justifiait le meurtre gratuit avec le mot libertinage: ce qui nest pas éthique (du moins sans raison valable). Le libertinage de Sade se nomme "libertinage féodal". Il faut nuancer les libéraux ou libertaires, qui sont tant pour la liberté quil y sacrifient léthique, des libertins qui se doivent dêtre éthique: des libertins éthiques.
Cest pourquoi, au lieu de tout simplement "libertinage", on lui préférera la terminaison de "libertinage éthique". Puisque les libertins dautrefois nétaient pas nécessairement éthiques, les libertins daujourdhui seront forcés de lêtre pour garder la liberté. Car un libertin non-éthique na pas dargument lorsquon tente de la lui enlever.
Voir Libertinage bourgeois, Libertinage éthique, Libertinage féodal, Libertinage solaire, Libre-pensée.
Libertinage bourgeois: n.m. Consommation du sexe.
Prostitution, pornographie, échangisme, sexe anonyme, égoïsme.
"Le libertinage féodal se métamorphose, avec la révolution industrielle, en un libertinage que jappellerai démocratique ...et... bourgeois. Les salons, les boudoirs et les sofas sont remplacés par les chambres dhôtel borgnes, les portes cochères et les soupentes de garnis meublés. Apparaissent alors Nana ou Emma Bovary, avers et revers de la même médaille. Puis, cette forme particulière de libertinage se développe jusquà Sartre via Georges Bataille. Celui qui lavait précédé, féodal, se définissait par la cruauté objectivante ; celui-là, bourgeois, met en avant le principe de consommation accompagné peu ou prou dun sentiment de culpabilité qui se manifeste dans lassociation du sexe au sale, au dégoûtant, au méprisable." p.137, Le désir dêtre un volcan, Michel Onfray.
Libertinage éthique: n.m. Affranchissement de toute règle, de toute autorité contraires au jugement éthique. Liberté sexuelle responsable, assumée, harmonieuse, qui accepte les limites, obligations et devoirs de léthique.
Se dit dun libertinage lorsquil est éthique.
Un libertin ou une libertine qui ne serait pas éthique serait avec raison la cible de réprobation sociale. Le libertin éthique est à labri des lois de son époque sil peut convaincre quil fait le bien et le répand autour de lui. Même illégal, un acte libertin éthique est un pas vers lutopie car il est le fruit dune inspiration vers le bien.
On pourrait résumer le libertinage éthique en une liberté limitée à ne pas faire de mal, ne pas contraindre et ne pas causer de conséquences malheureuses. Mais ce serait occulter toute la nuance quimpose léthique (voir ce mot): un acte éthique ne doit pas faire de victime, nécessite le consentement, ne doit pas instrumentaliser et être consommé réciproquement.
Le libertin éthique est responsable de ses actes et en répond devant la collectivité.
Par exemple, tel vil séducteur se dit libertin; il collectionne les amantes, avec qui il a de relations sexuelles sans lendemain. En ne retournant pas les appels de ses amantes, il fait de lanonymat son vice sexuel: il détruit ainsi le tissu social en ne pratiquant pas la continuité, si nécessaire à entretenir lamitié durable qui multiplie les possibilités de rencontre ou tout simplement inclue la tendresse et les sentiments dans lacte charnel. Ce séducteur nest pas un libertin éthique, mais une machine à copuler. Sil était libertin éthique, il retournerait les appels de ses amantes et leur donnerait en toute franchise son amitié: ainsi il pourrait les introduire à ses amis mâles, ce qui constituerait un réseau libertin, celui-là même qui tisse le tissu social.
Voir Éthique.
Libertinage féodal: n.m. Libertinage du 18e siècle, à la manière des héros de Laclos et de Sade : séduire pour tromper, jouir égoïstement en faisant des victimes (ce qui nest pas éthique). Lamour et la sexualité y sont considérés comme lart de la chasse ou de la guerre.
"Le libertinage que jappellerai féodal sest manifesté - et peut encore se manifester - sur le terrain dune cruauté objectivante : mon désir est mon plaisir et autrui nest jamais quun pur objet, pour moi, dans ce processus de réalisation de mes fantasmes. (...) De même nature que la pierre et larbre, le ciel et la foudre parmi quoi il vit, lautre, pour le libertin féodal, est fragment dun monde tout entier qui lui appartient." p.133-134, Le désir dêtre un volcan, Michel Onfray.
Libertinage solaire: n.m. Libertinage qui a la vitalité du soleil.
"Le libertinage solaire exige le contrat, laccord tacite des deux protagonistes. De sorte que, paradoxalement, il peut aussi bien recycler le libertinage féodal si daventure il est de part et dautre pratiqué en accord. (...)
Obtenir lassentiment de lautre, donc, est fondateur dune légitimité dans la relation. Mais pour savoir ce que lautre veut, il faut aussi dire ce que lon désire. Doù une fine volonté de communiquer, de lancer des signes, de faire dimperceptibles gestes permettant une information de ce que lon désire. Ce qui suppose, corrélativement, quon soit également averti, soi, de ses propres désirs, conscient de ce que lon veut, clair sur ce à quoi on aspire, ni en deçà, ni au-delà.
Le libertinage solaire nest en rien pourvoyeur de ce qui sabîme dans une relation bourgeoise fixée et figée dans le couple au sens classique du terme, car il vise autant que faire se peut léternisation de la passion, sa durée la plus longue sous les auspices les plus denses. Son dessein nest pas la vie sous le même toit, la maternité ou la paternité, les habitudes, lennui, le mariage, puis un jour ladultère, mais lentretient de lincandescence consubstantielle à la relation sinon passionnée, du moins amoureuse, des premiers temps radieux." p.141, Michel Onfray, Le désir dêtre un volcan.
Voir Solaire.
Libertinement: adv. De façon libertine.
Libertiner: v. Sadonner au libertinage.
Libertinisme: n.m. 1- Doctrine du libertinage. 2- Caractère de ce qui est libertin.
Libido: n.f. Énergie vitale et sexuelle.
Cest une même et unique énergie qui nous fait vivre, bouger, jouer, que celle qui nourrit notre appétit sexuel. Il ny a pas de distinction entre lénergie qui permet de travailler et celle qui permet de copuler ; en ceci toute activité est sexuelle. Lexistence est, du point de vue énergétique, une relation érotique entre lindividu et son milieu.
Libre-pensée: n.f. Libertinage de lesprit.
La libre-pensée est une liberté que se donne lesprit de penser ce quil lui semble bon, sans égard à la morale de lépoque dans laquelle il sied.
Sadonner à la libre-pensée découle nécessairement sur lapplication pratique de lutopie imaginée ; son exercice est donc un activisme.
Libre-penseur: adj.+n.m. Humain qui a la liberté de ses opinions, quelles soient ou non en accord avec celles de son époque.
Désigne les libertins du 17e siècle, qui étaient des philosophes qui avaient le courage de critiquer la religion au profit dune doctrine naturaliste. Théophile de Viau fut brûlé symboliquement sur le bûcher pour sa bravoure scientifique (il dut sexiler).
=
Libre-penseuse: adj.+n.f. Humaine qui a la liberté de ses opinions, quelles soient ou non en accord avec celles de son époque.
Libre (amour): Voir Amour libre.
Licence: n.f. Permission.
Loisir: n.m. Divertissement sophistiqué sans conséquence créatrice. Perversion du concept de jeu.
Voir Abolition du travail, Jeu, Travail.
Ludique: adj. Amusant. Qui concerne le jeu.
Ludisme: n.m. 1- Doctrine du jeu. 2- Caractère de ce qui est ludique.
"Nous sommes loin des jubilations proposées par Fourier dans son Nouvel Ordre Amoureux et qui souhaitait moins aligner lindividu sur le social que linverse. Les passions, chez lui, fournissent moins un carburant à brûler pour offrir des parfums agréables à la divinité sociale que des énergies à utiliser en synergie avec le collectif. Son oeuvre, introuvable et abandonnée par tous, éditeurs et enseignants, écrivains et philosophes, propose une dissociation didées radicale qui libère lamour des préjugés habituellement associés : fidélité, exclusivité, monogamie, procréation, couple, durée, fixité, hygiénisme, et autres calibrages sensuels, au profit du seul impératif hédoniste pensable : le ludisme. La nouvelle association didées proposée par le père de lattraction passionnée est la suivante : amour et ludisme. Autant dire quil propose une authentique révolution en attaquant la famille classique sédentaire au profit des affinités électives nomades." p.137-138, Les vertus de la foudre, Michel Onfray.
M
Maladies transmises sexuellement: Voir MTS, Condom.
Maladies vénériennes: Voir MTS.
Manies: n.f. Goûts particuliers. Diminutifs des passions.
"Fourier ne serait pas Fourier sil naccordait un grand prix aux manies amoureuses; il est dailleurs le seul en son temps à les définir objectivement : "Les manies sont des diminutifs des passions, des effets du besoin qua lesprit humain de se créer des stimulants." On ne commettra pas lerreur de les contrarier : "Au lieu de se moquer comme en Civilisation des manies de chacun, on sattachera à les encourager et à les associer par groupes." Une superbe femme, que connaissait Fourier, a eu pendant deux mois une liaison avec un jeune Allemand qui se contentait de sasseoir au bord de son lit pour lui gratter les talons; et elle avouait quelle y prenait un certain plaisir. Une autre lui montre un fouet dont elle use contre son amant, à leur double satisfaction. Fourier en conclut que pour rendre heureux en permanence de tels maniaques, il faudrait leur permettre de constituer des sectes de gratte-talons, de flagellistes; ils seraient sûrs dy trouver facilement de quoi satisfaire leurs manies. Celles-ci du reste ne seraient pas cachées, mais avouées; des gratte-talons se rendraient en pèlerinage à un phalanstère où vit un gratte-talon réputé. Afin de pouvoir se reconnaître dans la rue, chacun "porte en panache ou en épaulette les signes de ses passions". On classera toutes les fantaisies lubriques de façon à nen oublier aucune, sans déconsidérer les êtres qui sy adonnent : "On oublie que lamour est le domaine de la déraison et que plus une chose est déraisonnable, mieux elle sallie avec lamour. Sous ce rapport, les manies lui conviennent éminemment et, en Harmonie, où elles seront de haute utilité, on les provoquera méthodiquement parmi la jeunesse."" Alexandrian, Les libérateurs de lamour. p. 146-147.
Manifestation: n.f. Expression collective dune rébellion. La manifestation est une version collective de la provocation.
Maraîchinage: n.m. Autrefois, chez les paysans, on laissait les fiancés avoir des rapports sexuels sans pénétration avant le mariage. Cette pratique sappelait "maraîchinage".
Mariage: n.m. Institution légale et religieuse qui unit deux personnes. Le mariage est toujours monogamique, sauf dans certains pays où la polygynie de harem est admise. Cette union appelle à la fidélité sexuelle, à lexclusivité amoureuse ; Nena et Geoge ONeill y mettent fin en inventant le concept de "mariage ouvert", ou "mariage open".
Mariage open: Voir Mariage ouvert:
Mariage ouvert: n.m. Mariage légal et religieux de deux êtres qui se promettent de ne pas respecter limpératif de la fidélité sexuelle liée à lunion.
En 1972, paraît le livre Open Marriage (Le mariage open) de Nena ONeill et George ONeill, deux anthropologues états-uniens. Cet ouvrage remet en question la fidélité émotive et sexuelle dans le mariage et redéfinit les rôles conjugaux de façon égalitaire et moins contraignante.
Le concept de mariage ouvert permet le libertinage à lintérieur du mariage, mais ne remet pas en cause lexistence même du mariage. Par extension, pour les couples non-mariés mais libertins, le concept de couple ouvert ne remet pas en question lexistence même du couple.
Voir Abolition du mariage, Couple ouvert.
Marivaudage: n.m. Galanterie, préciosité dans lexpression des sentiments amoureux. De Marivaux.
Marivauder: v. User de marivaudage.
Marivaux: (1688-1763) Dramaturge français (Paris) dont les comédies sont basées sur lamour courtois . La Double inconstance (1723), le Jeu de lamour et du hasard (1730).
Masculinisme: n.m. Mouvement démancipation de lhomme, issu du féminisme.
Ce mouvement a pour but de sortir lhomme de son rôle traditionnel (pourvoyeur, sévère, froid, agressif), pour lentrer dans un modèle moins contraignant. Parmi ses arguments, notons le taux de mortalité au travail, souvent ingrat: pour compenser sa frustration, le travailleur docile envers son patron est agressif envers sa femme et\ou les femmes. Le masculiniste pense que le féminisme peut aider lémancipation des deux sexes, puisquils sinterinfluencent mutuellement.
Le terme est souvent utilisé à tort comme les défenseurs du machisme. Lerreur tient du préjugé ou du mythe que les hommes sont heureux et autosuffisants. Cest oublier que 80% des suicides, au Québec, sont commis par des hommes.
Lhomme est dominé par le patriarcat (au même titre que la femme) ; sa puissance est illusoire, car il doit monnayer son corps au travail dangereux, sert de chair à canon à la guerre, etc. Tout cela en ne pouvant jamais exprimer ses sentiments, chose réservée aux femmes et aux enfants.
Lhomme nest valorisé que par sa position sociale ou sa richesse ; et certaines féministes sétonnent de son absence de sentiments.
Parmi les masculinistes, quelques québécois(es): Robert Blondin (Le guerrier désarmé), Marc Chabot, Michel Dorais (Lhomme désemparé, VLB 1988, Tous les hommes le font), Denise Bombardier (Nos hommes, Le désarroi des hommes - documentaire). Des groupes de pères sont apparus, mais ce masculinisme pratique nest pas à la hauteur des masculinistes théoriques, plus radicaux.
Les féministes répondent: "On ne peut pas entendre ce que les hommes ne disent pas" ("Women cannot hear what men dont say." Warren Farrell). Là semble résider le problème masculiniste : les hommes ont de la difficulté à sexprimer, et on pourrait comparer leur condition militante au féminisme du 14e siècle (confusion dans les termes, acceptation de lidéologie ambiante). Il semble aussi y avoir de la mauvaise foi : souvent les propos masculinistes sont reçus par le féminisme comme une régression ou comme une stratégie misogyne visant à discréditer le féminisme. Or considérer lhomme comme une victime ne dévictimise pas la femme. Le masculinisme est ce que les hommes "disent".
"Il faut se réjouir de cette tendance: les femmes nont-elle pas voulu que les hommes sexpriment? Maintenant quils le font, on ne va pas leur reprocher!" p. 10, La géguerrre des sexes, Pascale Navarro, in Voir vol.16 no3.
Paradoxe: ce sont les hommes qui possèdent le pouvoir mais ils ne soccupent même pas de la condition masculine. Le hommes sont dominés par dautres hommes.
Une théorie centrale du masculinisme est le concept dhomme-victime. (Ce qui ninclut pas le concept dagresseure.) Homme victime de sa construction rigide par la société, mais aussi sa domination par dautres hommes, puissants en pouvoir et en capital.
Les hommes souffrent. Cela explique leur violence issue de leur détresse : soigner un homme violent, cest empêcher plusieurs femmes de subir sa violence. Cest sur cette interaction que le féminisme et le masculinisme sinterpénètrent, jusquà en devenir indissociables.
Tableau de la condition masculine
Le corps des hommes:
-Avec la conscription (guerre), létat est propriétaire du corps des hommes (et lenvoie vers la mort).
-95% des mortalités au travail sont des morts dhommes (répartition inégale des emplois dangereux, qui nest pas sans rapport avec la pauvreté des femmes).
La détresse des hommes:
-80% des suicides sont commis par des hommes (au Québec).
-Les hommes sont des dominateurs qui violent, battent, menacent, etcetera (pathologies violentes).
La socialisation des hommes:
-Lhomme (n)est valorisé (que) par son succès (il est un "objet à succès").
-"Lhomme doit faire les premiers pas dans les relations amoureuses, ce qui le rend victime de rejet unilatéralement. La femme le choisit pour sa performance et non pour ce quil est." Claude Saint-Jarre in Voir no?.
-Paradoxe: la femme dit rechercher lhomme rose mais choisit le macho.
Voir Égalitarisme, Féminisme, Misandrie.
Matériel: n.m. Terme utilisé par Fourier pour désigner les plaisirs de la chair. Soppose à Spirituel.
Matriarcat: n.m. Société basée sur la filiation maternelle (les enfants ont le nom de leur mère, qui a autorité sur eux).
À la préhistoire, lhomme géniteur pouvait difficilement affirmer être le père de tel enfant ou tel autre puisquon ne voyait pas le rapport entre la relation sexuelle et lenfantement. Si la femme avait plusieurs amants, cela compliquait beaucoup lidentification du père. La filiation matriarcale allait de soi. On identifiait lenfant à sa mère, qui était le modèle "autoritaire", ou "parental". Lenfant adoptait son influence du chef de famille. Les femmes ayant les enfants de leur côté, elles étaient dune influence énorme dans la politique du clan; elles étaient le chef.
"Dans les temps les plus reculés, le rôle du mâle dans la reproduction nétait pas reconnu. Lacte sexuel nétait pas perçu comme la cause directe de la reproduction, mais plutôt, par analogie, comme la cause magique: lacte lui-même était considéré (il lest toujours par certains primitifs) comme le rituel qui déclenche le processus de la vie. Mais seule la mère était considérée comme lagent exclusif de la reproduction. Doù limportance accordée à tout ce qui procède du principe féminin - qui donne la vie et qui nourrit." Jacques Languirand, Mater materia, p.113.
Cette société matriarcale qui exista il y a longtemps nest parvenue jusquà nous que par des traces de religions. Mais nous savons que ces religions considéraient Dieu comme la Déesse-mère, ou Mère-nature. Le partage était valorisé et la satisfaction collective était une priorité. Ces priorités semblent être laissées de côté dans notre civilisation patriarcale, où la concurrence et la victoire du plus fort semblent être les seules bonnes valeurs. La sexualité, dans une telle atmosphère, ne peut être que la possession du couple obsessionnel. Tandis que dans une société matriarcale, le désir daccomplissement collectif prépare mieux à une flore sociale libertine.
Le baron de La Hontan, un philosophe naturaliste, rapporte dans ses Mémoires de lamérique septentrionale (1703) son voyage au Québec où il a fraternisé avec les amérindiens. Comme le rapporte La Hontan, les amérindiens vivaient sous filiation matriarcale:
"Les sauvages portent toûjours le nom de leur Mere. Je mexplique par un exemple: le Chef de la Nation des Hurons, sappellent Sastaretsi étant marié avec une fille dune autre famille Hurone dont il aura plusieurs enfans, le nom de ce Chef séteint par sa mort, parce que ses enfans ne sappellent plus que du nom de leur Mere. Comment est-ce donc que ce nom a subsisté depuis sept ou huit cens ans, & quil subsistera: cest que la soeur de ce Sastaretsi venant à se marier avec un autre Sauvage, que nous appelleront Adario, les enfans qui proviendront de ce Mariage sappelleront Sastaretsi, qui est le nom de la femme et non Adario qui est celui du Mari. Quand je leur ai demandé la raison de cette coûtume, ils mont répondu que les enfans ayant reçu lame de leur pere, & le corps de la part de la mere; il étoit raisonnable quils perpétuassent le nom maternel."
Mélangisme: n.m. Échangisme qui accepte les célibataires. Orgie.
"À lexception notable du 2 + 2, qui refuse obstinément les solitaires, la plupart des lieux [clubs échangistes] acceptent en outre les hommes seuls, qui doivent cependant monnayer leur droit dentrée et paient beaucoup plus cher que les autres: environ 500F par personne, alors que lentrée pour un couple sélève en moyenne à 200F. Les boîtes échangistes se muent alors subtilement en antres "mélangistes".
(...)Le "mélangiste" se distingue de léchangiste par son refus de la loi du troc. Il avance seul ou en groupe, milite pour la seule et unique orgie." (p.231) Christophe Bourceiller, Les forcenés du désir.
Le mélangisme nest pas encore du libertinage éthique, bien quil sen rapproche davantage que léchangisme. Les hommes seuls admis chez les mélangistes doivent monnayer davantage, ce qui serait pour les femmes qui sy adonnent de la prostitution bénévole. Lorgie mélangiste favorise lanonymat, qui est nuisible au tissu social.
Voir Polyamour.
Ménage à trois: n.m. Polyamoureux au nombre de 3. (Espèce de couple à 3 personnes, parfois en cohabitation.)
Deux types de ménage à trois:
-2 amants dune personne
-3 amants en harmonie
Voir Triolisme, Polyamour.
Mensonge: n.m. Affirmation contraire à la vérité. Illusion de vérité. Donner comme vrai ce quon sait être faux dans le but de manigancer.
Nos amours monogames sont basées sur le mensonge: cest là la thèse de Robert Blondin dans Le mensonge amoureux..
Dans notre civilisation, ladultère est le mensonge suprême: tous les couples se jurent fidélité, et nombreux sont ceux dont les partenaires mentent lorsquils disent quils reviennent dune activité alors quils commettaient ladultère. Le comble du ridicule dans notre civilisation, cest le mensonge réciproque de deux amants qui se trompent. Ils nauraient quà tout avouer, et ils en seraient moins stressés.
Merteuil, Mme de: Personnage légendaire inventé par Laclos dans Les liaisons dangereuses. Elle est la figure de la séductrice cruelle, qui sapplique à faire souffrir au moyen de ses charmes. Équivalent féminin de Don Juan.
Meurtre sexuel: n.m. Pathologie asociale de sadisme fatal.
Le meurtre sexuel, ainsi que le viol, ou même le mépris pendant lacte sexuel, sont des freins puissants à lavènement des libertines dans le libertinage. Car les victimes de sévices sexuels sont presque exclusivement des femmes ; cela explique leur conservatisme paradoxal. Le meurtre sexuel est le plus épeurant de ces freins.
"Si lombre des maniaques sexuels ou des assassins ne hantait pas la foule, les rues désertes de la nuit, les petits sous-bois et les ruelles sombres quil faut traverser quand on rentre à la maison, à lheure de la fermeture des bars la nuit, combien de femmes "honnêtes" et de jeunes filles délurées seraient tentées par laventure et se laisseraient aller à la tentation de baiser comme ça allègrement sur le chemin du retour avec un bel étranger récemment rencontré. Mais comme il y a toujours les gros méchants loups qui empêchent la jeune chaperonne rouge de saventurer dans le bois et quil y a toujours le spectre de Jack lÉventreur pour nous remuer les entrailles, nous demeurons prudentes et sélectives. Pourquoi ne cédons-nous pas à ce beau jeune homme inconnu mystérieux qui ne cesse de nous dévorer des yeux? Parce que plane toujours lombre fantomatique du danger et de la mort. " Lili Gulliver, 1001 bonnes raisons de prendre un amant, p. 163.
Misandre: adj. et n. Qui hait les hommes.
Misandrie: n.f. Haine envers les hommes.
Voir Misogynie.
Misogame: n.m.f. et adj. Qui hait le mariage.
Misogyne: adj. et n. Qui hait les femmes.
Misogynie: n.f. Haine envers les femmes.
Voir Misandrie.
Mixité: n.f. Représentation des deux sexes de façon égalitaire sur un support visuel, sonore, etc.
Moi: n.m. psy. Conscience de lindividu. Le Moi.
"Ce qui mintéresse, cest lexpérience émotionnelle primaire de la conjonction de deux organismes." "Il ne sagit pas seulement de baiser, davoir des rapports, de sétreindre. Il sagit de la réalité de lexpérience émotionnelle de la perte du "Moi", de tout le Moi spirituel." Wilhelm Reich, Reich parle de Freud, p.41.
Monicagate (laffaire): Scandale politique états-unien. Le président démocrate Bill Clinton fut accusé davoir commis ladultère avec une stagiaire, Monica Lewinsky. Il soutena navoir jamais eu de "relation sexuelle" avec elle. Appelée comme témoin, elle révéla avoir pratiqué la fellation sur lui. Le président ne démentit pas, se bornant à dire que lÉtat avait pénétré trop profondément dans sa vie privée, que cétait son intimité. Les républicains demandèrent sa démission, quil refusa de donner et termina son mandat.
Ce quil faut retenir de la fable du Monicagate, cest que le président, homme politique, était confondu par les républicains avec lhomme monogamique. Ce qui aurait été courageux du président et de sa femme - sils le furent - ce fut de dire quils étaient libertins, quils nétaient pas jaloux. Ce scandale a permis une avancée : cest que les moralistes qui voulaient justifier une démission politique par un comportement sexuel non-monogamique ont échoué.
Monoandrie: n.f. Fait davoir un seul époux.
Monogamie: n.f. Fait dêtre marié(e) avec une seule personne.
Monogynie: n.f. Fait davoir une seule épouse.
Monoparentalité: n.f. Phénomène de famille qui na quun tuteur, qui est un des géniteurs, ou un adopteur.
La monoparentalité est un phénomène de mère dans la majorité des cas. Ce que nous pouvons remarquer est labsence du père, qui est en fait une absence de modèle masculin. Cest pourquoi des organismes bénévoles offrent des services de Grand-frères et pas de Grandes-soeurs. Plusieurs familles monoparentales vivent dans la pauvreté, due à la pauvreté générale des femmes.
Voir Famille monoparentale.
Monotonie: n.f. Ennui provoqué par la répétition.
Le couple exclusif vient à ressentir de la monotonie, due au manque de diversité. Le travailleur ayant une tâche précise et morcelée ressent le même malaise.
Morale: n.f. Distinction culturelle entre le bien et le mal.
La morale est une synthèse, une somme des réponses de linconscient collectif à des problèmes éthiques; ces réponses sont souvent irrationnelles, parfois judicieuses, mais toujours conditionnées par une tradition persistante et\ou par les voeux des classes puissantes. La morale est une échelle de valeurs qui reste toujours en accord avec la conformité. En revanche, léthique est une science qui utilise une unité de mesure non-culturelle, cest-à-dire universelle. Cest pourquoi le libertin préfère léthique à la morale.
"Il est peut-être plus nécessaire que jamais de faire une distinction entre la morale qui édicte un certain nombre de comportements, qui détermine ce à quoi doit tendre un individu ou une société, qui en un mot fonctionne sur la logique du devoir-être, et léthique qui, elle, renvoie à léquilibre et à la relativisation réciproque des différentes valeurs constituant un ensemble donné (groupe, communauté, nation, peuple, etc.). Léthique est avant tout lexpression du vouloir-vivre global et irrépressible, elle traduit la responsabilité qua cet ensemble quant à sa continuité. En ce sens elle est difficilement formalisable. (...) À une époque où, suite à lobsolescence des représentations politiques, nombre de "belles âmes" font profession de moralisme, il nest peut-être pas inutile de rappeler que cest toujours au nom du "devoir-être" moral que se sont instaurées les pires des tyrannies, et que le totalitarisme doux de la technostructure contemporaine lui doit beaucoup. Par contre il est difficile de nier que nombre dattitudes communément qualifiées dimmorales tirent leur origine dune indéniable générosité dêtre.
Ainsi la morale est souvent linspiratrice ou laccompagnatrice de lordre établi. Par contre, léthique se manifeste soit dans les sursauts des périodes deffervescence, soit, dune manière plus répandue, par la duplicité quotidienne, qui tout en acceptant apparemment les diverses impositions morales (concernant en particulier les réglementations du travail et du sexe) trouve dinnombrables biais pour exprimer le vouloir-vivre têtu de la socialité. (...) Ce qui est certain, cest que limmoralisme éthique de la masse conserve au cours des temps, dune manière rusée et acharnée, une multiplicité dattitudes qui sont considérées comme aberrantes par la morale indiquée. " Michel Maffesoli, Lombre de Dionysos, p.21-23.
Voir Immoralisme éthique, Éthique.
Moralisme: n.m. Doctrine, attitude des moralistes.
Moraliste: n.m.f. 1- Celui qui observe la morale et la fait respecter. 2- Celui qui prétend définir la morale.
Morbidité: n.f. Goût immodéré pour ce qui est malsain, contre-nature, malade, mortifère et mortuaire ; au sens de "pulsion de mort".
Voir Nocturne.
MST: MTS en France.
MTS: Sigle de "Maladies Transmises Sexuellement". Aujourdhui la peur du Sida freine considérablement les ardeurs de libération sexuelle dans la population. Autrefois cétait dautres maladies, mais toujours la même peur. La révolution sexuelle, celle de Mai 68, na pas survécu à cette peur. Il serait judicieux de penser que le port du condom, très efficace contre cette maladie, sil était porté systématiquement et avec discipline, serait un remède beaucoup plus efficace que le puritanisme et labstinence.
Voir Condom.
N
Naglowska, Maria de: Théoricienne de la magie sexuelle. Sa théorie de la magie est inédite, voire féminine (danse, fonction de la femme). la Lumière du sexe (1933), le Mystère de la pendaison (1934). Livres rares (ALEXANDRIAN, 1977).
Narcissisme: n.m. Admiration de soi-même.
Nature: n.f. Ensemble organisé et évolutif de la vie.
Naturisme: n.m. Activité dêtre nu.
Dans notre société, les lois permettent que des lieux deviennent des "camps de nudistes", où la nudité est permise, souvent obligatoire; pendant que dans le reste des lieux la nudité est interdite sous peine darrestation. Symptôme dune société puritaine utilisant la transgression comme soupape. La sexualité, dans les camps naturistes, est fortement interdite en public. En utopie libertine, il est possible dêtre nu partout et dêtre habillé nimporte où. Voir Nudité.
Néologisme: n.m. Mot nouveau, de création récente. Emprunt récent dun ancien mot, nouveau sens dun mot. Ce dictionnaire en contient beaucoup.
Nerciat, Andrea de: Voir Andréa de Nerciat, (André Robert).
Nocturne: adj. Ténébreux comme la nuit.
"Nocturnes les bouges et les sanies, les déchets et les nausées, les matières dégoûtantes et les souffrances, les douleurs et les peines. Nocturnes lindélicatesse, la négligence, loubli de lautre, le mépris, la violence. Nocturne lincapacité radicale de penser dans les termes de la sensibilité de lautre. (...) Nocturnes, [donc], les fustigations de Sade, les mécaniques cruelles de Laclos, les bidets de Bataille, les sexualités hygiéniques de Sartre, les négligences séropositives de Cyril Collard." p.140-141, Michel Onfray, Le désir dêtre un volcan.
Voir Solaire.
Nomade: adj. Qui na pas de domicile fixe et qui se déplace facilement.
Le libertin est nomade dans ses amours, il ne prend pas domicile fixe dans un couple. Cela lemmène à dormir dans plusieurs endroits différents, suite à ses relations érotiques. Il peut, à la rigueur, navoir pas de maison ou dappartement, logeant au gré de ses amours.
"Le modèle fixé, tout éloignement devient coupable : monogamie, procréation, fidélité, cohabitation fournissent les points cardinaux. Pourtant le désir est naturellement polygame, insoucieux de la descendance, systématiquement infidèle et furieusement nomade." p.26, Michel Onfray, Théorie du corps amoureux.
Nomadisme: n.m. Mode de vie nomade, au déplacement facile.
La mobilité de lhumain devrait être facilitée, car lhumain voulant changer de milieu par de nouveaux intérêts (ou passions) ne devrait pas rencontrer dobstacles. La liberté dexister partout et en tous temps est nécessaire à vaincre limmobilisme. Si un humain possède une maison il se trouve obligé dy habiter. Mais si un humain partage ses objets, ainsi que ses abris, il nest plus esclave de ses propriétés. Il peut se mouvoir à son aise dun endroit à un autre et son existence sen trouve constamment modifiable. La collectivisation de tout objet matériel serait la façon idéale de donner à lhumain tout mouvement nécessaire à ses pulsions végétatives. Il agirait sous passion, et non sous obligation. De la même manière, les enfants ne peuvent appartenir à des adultes. Nous disons "nos" enfants ces êtres qui aspirent à lautonomie. Disposer de soi-même est une condition de la liberté. Lhumain devrait faire partie de la collectivité, être un individu dans la société, et sy mouvoir selon ses sentiments damitié naturels et spontanés naissant dans le groupe. Pour cela, un partage complet des sujets est aussi important que le partage des objets. La possessivité doit disparaître au profit de lamour universel. Toute forme dautorité compulsive serait impossible dans un tel monde. La servilité hystérique rencontrerait la même impossibilité. La liberté dans une société libérée de ses contraintes de rapport de force donnerait du tonus à la personnalité de lindividu, car sa liberté dagir permettrait le plein épanouissement de sa passion (énergie libidinale). Son sens du devoir en serait accru, par empathie et non par résignation, car le devoir ne serait pas le but unique de son existence. Donner volontairement est vertueux, tandis que donner par obligation ne lest pas. On ne peut pas forcer des gens à saimer: donner/recevoir est un échange réciproque.
Non-éthique: adj. Qui nest pas éthique.
Victimisation, Instrumentalisation.
Nouveauté: n.f. Apparition dune sensation quon ne connaissait pas jusqualors. Incarnation dun changement. Emploi inédit dune familiarité.
"Lune des composantes importantes de lérotisme sappelle la nouveauté... Que lon aime caresser des surfaces de peau et des volumes de chair, quon aime à effleurer ou palper, une surface à explorer, un volume à découvrir attire, appelle au plaisir. Et ce plaisir désiré est légitime quon décide ou non, quon nous permette ou non dy accéder." Robert Blondin, Le mensonge amoureux, p.73.
"Le fait que ce qui ne nous est pas familier ait le pouvoir dintensifier notre attirance sexuelle a probablement eu des effets très positifs sur lévolution de lespèce humaine, puisque ceux chez qui cette tendance était la plus forte ont vraisemblablement été plus actifs, sexuellement, avec un plus grand nombre de personnes, assurant ainsi à leurs gènes une plus grande chance de survie." Michael R. Leibowitz, La chimie de lamour.
Nudité: n.f. État du corps sans vêtement.
"LHumanité devrait se promener à poil, comme un amiral se présente devant son médecin, car nous devrions tous être les médecins les uns des autres.
Mais si peu se savent malades et désirent être soignés!" Henri Laborit, Éloge de la fuite.
Nymphe: n.f. 1- Jeune fille pubère 2- Jeune fille dune grande beauté. 3- Divinité des forêt, dans la mythologie grecque. 4- anat. pluriel Petites lèvres de la vulve. 5- Deuxième état larvaire (chez linsecte).
Voir Éphèbe.
Nymphomanie: n.f. Pathologie sexuelle de désir inassouvissable, chez lhomme et la femme. Le nymphomane narrive pas à ressentir lorgasme, ce qui le pousse à avoir constamment envie dactivité sexuelle. La nymphomanie est une variante de la frigidité. Consulter au besoin La fonction de lorgasme, de Wilhelm Reich.
O
Objecteur,trice de conscience: n.m.f. Individu qui refuse dagir tel que commandé, à cause de ses convictions.
Voir Objection de conscience.
Objet-instrument: n.m. Personne considérée comme un objet de désir perdant sa qualité de sujet, étant vue comme une chose désignée pour servir.
Objection de conscience: n.f. Refus dagir tel que commandé, à cause de ses convictions.
Refus de senrôler pour la guerre, refus de travailler, refus de consommer de la prostitution, refus dacheter des produits dune compagnie non-éthique, etcetera.
Objectivation: n.f. Perspective sur un sujet envisagé comme un objet de désir.
Objectivation-instrumentalisante: n.f. Action mentale de rendre autrui objet de notre désir en le considérant comme un outil.
Objectivation-subjectivante: n.f. Action mentale de rendre autrui objet de notre désir en le considérant comme un sujet.
Objet-sujet: n.m. Personne considérée comme un objet de désir mais conservant sa qualité de sujet en libre arbitre.
Obsession: n.f. Pensée obsédante, idée fixe créant langoisse. Une passion non-consommée peut tourner en obsession.
Oestrus: n.m Période de rut, chez le primate (singe) femelle, qui correspond à lovulation. Comparée au primate, le femelle humaine na pas une période de rut vivace pendant loestrus.
Omnigamie: n.f. Type dunion accueillant diverses possibilités mathématiques. Les amants ne sont pas unis avec un pivotant, mais sont tous réciproquement unis. En omnigamie, plusieurs personnes de sexe différent sunissent, contrairement à la polygamie qui marie plusieurs personnes de sexe opposé à une seule personne.
Onfray, Michel: (1959 - ) Philosophe français. Il a écrit 15 livres dans lesquels il formule un projet hédoniste moral. Le désir dêtre un volcan (1996), théorie du corps amoureux (2000).
Open mariage: Voir Mariage open.
Oragénitalité: n.f. Activité buccale-génitale dans un but sexuel. Désigne à la fois le cunnilingus et la fellation. pop. - "amour oral".
Orgiasme: n.m. Doctrine de lorgie.
Orgie: n.f. 1- Sexualité à plusieurs. 2- Fête où lexcès est permis.
Lorgie permet autant de lier des amitiés durables que de consommer une sexualité anonyme sans remords : puisque lorgie est une fête, son côté éphémère permet la fraternité passagère.
"Nous manquons bien mieux de la bienveillance générale qui régnera parmi les Harmoniens; il nest donc pas étonnant que le mot dorgie amoureuse ne présente que des idées de crapule à exercer en secret." p.239 "Le peu que jai dit suffit à déduire quelques propriétés de lorgie Harmonique:
1 Elle nest point un rassemblement de libertinage fortuit et confus, mais une société durable et préparée par lhabilité du ministère des fées à former les gammes amoureuses au sens convenable au mariage composé.
2 Elle [renforce] les sympathies de chacun par une passion commune, collective, qui est un nouveau lien pour tous.
3 Elle prépare des souvenirs durables fondés sur des liens honnêtes et réguliers et difficiles en coïncidence et précieux par cette raison à tous les contractants comme le serait une victoire difficile à tous ceux qui y ont personnellement contribué." p.237, Vers la liberté en amour, Charles Fourier.
"Dune manière paroxystique, lorgie est une condensation de cet accord sympathique avec le cosmos et avec les autres. Comme le résume cette remarque concernant la Maison des Jeunes chez les Muria, " si une fille couche toujours avec le même garçon, nous sentons que nous allons perdre lunité de notre existence, dans un ghotul toutes les filles doivent être les femmes de tous les garçons " (Verrier, Elwin, p. 62). Ce qui est en cause, cest bien le corps collectif qui prévaut sur le corps propre. La pratique du ghotul que lon retrouve sous des formes quelque peu différentes en tous lieux et en tous temps est bien une manière concrète de vivre léquilibre contre tout exclusivisme mortifère. Langoisse du temps qui passe a toujours tendance à produire la monade individuelle, à conforter ce quon a pu appeler la cuirasse caractérielle. Et les rites des sociétés traditionnelles, comme ceux qui restent à analyser dans nos sociétés modernes, nont pas dautre fonction que dinciser, de briser ce rétrécissement sur soi. Lorgiasme comme facteur de socialité est bien une initiation pour les jeunes et une anamnèse pour tous, qui incite à vivre léclatement dans le grand tout cosmique et dans lensemble sociétal. Mircea Eliade voit dans la symbolique des rites de puberté une référence à lidée de la bisexualité. Sans aborder de front cette délicate question on peut faire ressortir que ce mythe de la bisexualité est une manière dexprimer la totalité (divine, cosmique, sociétale). " Michel Maffesoli, Lombre de Dionysos, p. 19-20.
Orgie romaine: n.f. Orgie gourmande et sexuelle.
En antiquité, les Orgies étaient des fêtes consacrées à Dionysos chez les grecs et à Bacchus chez les romains (doù lexpression).
P
Papillonnage: n.m. Activité de papillonner.
Papillonne: n.f. Manie de papillonner.
Papillonner: v. Être inconstant, volage. Aller dune chose, dune personne à une autre sans sarrêter sur aucune.
Paradis: n.m. Lieu temporel de bonheur parfait.
Paresse: n.f. 1- Tendance à refuser leffort. 2- Refus de la contrainte au travail.
Parité femme-homme: n.f. Concept dorganisation politique où autant de femmes que dhommes sont présents en tant que députés.
La parité serait un grand progrès pour la féminisation du pouvoir, car au Québec, par exemple, le pourcentage de femmes au pouvoir avoisine les 20% (à vérifier).
Parole: n.f. Action de sexprimer avec des mots, avec le langage parlé.
Cest avec la parole quon aborde les gens que lon ne connaît pas, alors que souvent ce sont les corps qui sinvitent mutuellement. Quoi dire à un inconnu qui nous plaît? La peur dêtre ridicule rend timide et avorte souvent la rencontre. Il faut laisser parler le corps, qui lui exprime mieux les intentions amicales et érotiques. Les libertins éthiques nont pas besoin de parler, ils nont quà agir.
Partage: n.m. Action de diviser en plusieurs parts et de les distribuer.
Partager: v. Diviser en plusieurs parts et les distribuer.
Partie carrée: n.f. Relation sexuelle intervenant quatre personnes. syn. Échange de couple, Quatuor.
Partouze: n.f. Orgie. Sexualité de groupe.
"mot inventé en 1933 par Victor Margueritte dans Ton corps est à toi " Alexandian, Le Doctrinal des jouissances amoureuses, p.306.
Passion: n.f. Penchant irrésistible, désir intense. Les passions peuvent être sexuelles ou non.
Terme utilisé par Fourier pour désigner tout goût particulier ou penchant matériel. La noblesse du mot permet de ne pas apposer immédiatement le seau de la morale sur ce qui est considéré comme des perversions. Selon lui, il est possible en Harmonie dutiliser ces passions de façon constructive pour la société.
Il ne sagit pas dempêcher les passions de se produire, car elles peuvent être utiles à la collectivité, mais de les diriger de telle façon à ce quelles ne dégénèrent pas en vice ou en perversité.
Voir Manie, Perversion.
Patriarcat: n.m. Société basée sur la filiation paternelle (les enfant ont le nom de leur père, qui a autorité sur eux).
Le patriarcat a imposé sa domination sur les femmes en les réduisant à la reproduction : imposition de la virginité, mariage polygynique.
Ce sont les guerres génétiques des hommes entre eux pour assurer leur descendance, dont les femmes furent et sont encore les otages, qui ont mis fin au libertinage désintéressé des hommes et des femmes pendant le matriarcat.
Leurs instincts libertins bafoués, les hommes inventèrent la prostitution, les femmes manigancèrent ladultère avec la complicité paradoxale des hommes.
Voir Matriarcat.
Pauvreté: n.f. Insuffisance de ressources nécessaires à la vie.
La pauvreté est une atteinte à la dignité de lindividu car elle empêche son plein épanouissement, nécessaire à le sortir de sa pauvreté.
Les pauvres ont davantage de difficultés à se trouver une fonction sociale enrichissante (socialement et matériellement), ainsi quà faire des rencontres sexuelles.
Voir Partage.
Péché: n.m. Terme religieux désignant les défauts.
La sélection des 7 péchés capitaux est dune sagesse certaine: avarice, colère, envie, gourmandise, luxure, orgueil, paresse. Aurait-il fallu ajouter la jalousie! La luxure (pratique immodérée des plaisirs sexuels) est un péché car Dieu naime sans doute pas le vice; mais léglise na pas su distinguer le bon sexe du mauvais. Cest pourquoi toute sexualité est considérée par léglise comme pécheresse, ce qui donne comme résultat le puritanisme et son démon la transgression.
Pédogérontophilie: n.f. État de réciprocité charnelle intergénération.
Pédophilie: n.f. Amour quont les gens pour les enfants. Lenfant est pédophile.
Ce sujet difficile a été abordé par très peu dauteurs. Cest un sujet tabou. Lenfant est pédophile ; cela est légitime. Mais ce qui porte à débat est linteraction sexuelle entre un enfant et un adulte. Effectivement, on voit peu lutilité de telles relations ; cest parce que la sexualité infantile nest pas encore reconnue. Si les enfants ont une sexualité, cest dabord entre eux quils doivent lexpérimenter.
Au niveau de la loi, on confond pubère et pré-pubère, ce qui porte à confusion et met dans lembarras les adolescents et leurs partenaires.
Étymologiquement, on a confondu pédophilie, cest à dire "relation érotique entre enfant et adulte", avec "viol dun enfant par un adulte". Le terme denfanphilie ferait la distinction.
La relation consentante entre enfant et adulte, en dehors de tout jugement moral, est éthique: le désir est partagé, le plaisir consommé.
Le viol dun enfant par un adulte nest pas éthique: comme tout viol lest (ici le viol est souvent subtil, utilisant la naïveté de lenfant). Il ny a pas de consentement, pas de désir partagé.
Cest une nuance importante. Un contre-argument serait labsence de sexualité infantile, ce qui est faux. Ce qui est vrai, cest quil existe un danger à dire la vérité sur la sexualité infantile: des violeurs en profiteraient, dans létat névrosé actuel de la Civilisation. Il est certain dune chose: tant que la société naura pas suffisamment évolué dans le sens de lharmonie sexuelle, des vicieux, des malades se serviront de la vérité sur la sexualité infantile pour abuser des enfants.
Même dans le meilleur des cas (désir partagé), il serait impensable de permettre une telle relation érotique avant que la majorité de lenvironnement social de lenfant naccepte cette relation comme normale ; ça serait exposer lenfant à la maladie mentale (morale) de son entourage.
" "Je ne sais pas ce qui ma pris", dit ce père de famille qui a eu des gestes de séduction (caresses corporelles et génitales) envers une fillette de dix ans, fille de ses amis, quil avait à garder. Il était déboussolé par des ennuis conjugaux et un désir de consolation tendre et érotique mêlés. Piégé aussi dans le désir de lenfant qui, elle-même ensuite, ne pouvait plus - car nosait plus - dire non à ladulte. Il avait alors dérapé du côté de lexcitation du corps pris dans le fantasme ce qui aurait pu être un moment de partage tendre, lune contre lautre, et lun avec lautre.
Fait de société, la mise à distance et lobjectivation du corps vont de pair avec un surinvestissement de limage, tandis que le corps érotisé, de plus en plus prégnant dans limage, rend de plus en plus suspects les contacts entre les générations." Simon-Daniel Kipman, Danielle Rapoport, La sexualité "oubliée" des enfants, p.170-171.
Les dérapages des adultes sont souvent dus à des passions non consommées pendant leur enfance: "Est-il [ladulte] aux prises sans le savoir à la répétition démois adolescents ou enfantins puissants qui, refoulés et coupables, nont pu avoir accès à sa conscience, et se réactivent en écho à lémoi du corps enfantin ou adolescent avec les fantasmes et les problématiques sexuelles infantiles non dépassées?"ibid. p.170.
La sexualité refoulée de lenfant en fera un adulte méconnaissant, maladroit et envieux. Ladulte projette sa sexualité infantile refoulée sur un enfant-amant, mais ses repères sexuels sont ceux des adultes. Là où lenfant recherche une grande complicité érotique, épidermique, ladulte refoulé risque de répondre par une passion génitale inappropriée.
Les contacts entre génération étant sévèrement réprimés, une relation érotique appropriée entre un adulte et un enfant se ferait dans une ambiance de secret qui causerait un malaise traumatisant. Une telle relation, consommée au vu et au su de tous, ferait ressurgir des concepts dimmoralité tels que "pédophilie" et "abus sexuel" ; lentourage accuserait ladulte de luxure et victimiserait lenfant au point de le convaincre quil sest passé quelque chose de très mal, de criminel.
Voir Adultuphilie, Adolescenphilie, Enfanphilie, Gérontophilie, Pédogérontophilie, Sexualité infantile.
Peine damour: n.f. Angoisse de séparation très prononcée lorsquen Civilisation un des amants quitte lautre dans le but de séclater avec une nouvelle flamme. Lamant était auparavant autant amoureux quaujourdhui il a oublié son ancienne flamme. Lautre côté de la médaille de la fidélité, cest lamnésie.
Pénis: n.m. Tige génitale du mâle servant à la copulation. Par extension, tout lappareillage du sexe mâle dont les testicules et le scrotum.
Perversion: n.f. Comportement instrumentalisant autrui.
Définir la perversion en considérant le comportement naturel comme non-pervers nest pas concluant, puisque chaque pulsion sexuelle infertile serait considérée perverse. Si la semence est perdue, la nature donne le plaisir quand même, sans punir. Une manie, comme le cunnilingus, napporte que du plaisir aux amoureux sans que cela soit naturel ou fécond. Traduire le non-naturel comme pervers, cest condamner toutes les manies.
"La solution envisagée est de définir la perversion sexuelle, non pas à partir de lopposition naturel\non-naturel, mais plutôt sur la base de lopposition entre objectivation-subjectivante et objectivation-instrumentalisante." p.103, Maria Michela Marzano Parisoli, Penser le corps.
Un comportement sexuel qui fait du mal à autrui et\ou à soi-même est pervers. Le pervers ne se soucie pas du plaisir partagé lors dune rencontre sexuelle. Il ne se préoccupe pas des conséquences néfastes de ses actes ou de ses répercussions propagandistes non-éthiques.
Exemple et contre-exemple
Exemple de perversité: La pornographie offre des images (issues dun imaginaire masculin) qui instrumentalisent les femmes. Ces images propagent le vice dégoïsme masculin, poussant les hommes à imiter la pornographie avec les femmes. La pornographie est une perversion, car elle instrumentalise le corps des femmes.
Contre-exemple de passion: Le désir de voir la copulation est légitime. Cette passion, qui est pervertie par la pornographie, pourrait très bien être dirigée vers lérotographie. Ainsi, des images de coït et de rencontres érotiques pourraient être montrées explicitement sans que la femme soit humiliée. Un code érotographique pourrait servir de censure intelligente. Ainsi le désir de voir, ou voyeurisme, serait comblé sans propager des idées égoïstes (chez lhomme) ou masochistes (chez la femme). La population habituée à ces images pourrait ensuite sans gêne copuler devant témoins; la passion de voir le coït serait alors comblée sans recours à limage photographique.
La passion du voyeurisme devient perversité avec la pornographie, alors quelle peut très bien être dirigée de façon éthique avec lérotographie.
Peste émotionnelle: n.f. Maladie mentale collective.
Reich a découvert une maladie collective, qui se transmet de génération en génération, quil nomme "peste émotionnelle". Le tabou de la sexualité et les interdits sexuels ont créé une frigidité partielle ou totale de la génitalité des individus ; cette affection se perpétue dans le ventre frigidifié de la mère, dans léducation des enfants et enfin dans les considérations culturelles de la sexualité. Selon Reich, il ne sera possible à lhumanité de guérir complètement de la peste émotionnelle que dans 6000 ans.
Petite enfance: n.f. Période de lenfant jusquà lacquisition de la marche (environ vers lage de 4 ans).
Petit enfant: adj.+n.m.f. Humain jusquà lacquisition de la marche (avant le début de lenfance).
Petite enfant: adj.+n.m.f. Humaine jusquà lacquisition de la marche (avant le début de lenfance).
Petit-Maître: n.m. Désigne, au 18e siècle, le libertin sophistiqué et courtois, parfois excentrique.
Petite-Maîtresse: n.f. Désigne, au 18e siècle, la libertine sophistiquée et courtoise.
Phalanstère: n.m. (de phalange et monastère) Vaste association de production au sein de laquelle les travailleurs vivent en communauté, dans le système de Fourier.
-philie: Élément du grec philos, "ami", ou philein, "aimer".
Physionomie: n.f. Ensemble des particularités dun corps qui le rend différent des autres.
Telle physionomie chez certaines personnes nous excitent davantage que dautre. On appréciera chez quelquun telle partie du corps, telle démarche chez lautre. Il ne faut pas nier linfluence tyrannique de la beauté de la physionomie, quels que soient les sentiments que nous ressentons. Lorsquon rencontre un inconnu, on nest attiré ou répulsé par lui que par sa physionomie et son attitude.
En utopie libertine, la diversité des physionomies permet une meilleure satisfaction sexuelle. Le changement fréquent des corps lors de lactivité érotique procure une exaltation esthétique.
Pivotant,e: n.m.f. Amant,e qui est au centre dune pluralité sexuelle et amoureuse.
Plaisir: n.m. Sensation agréable.
Plaisir partagé: n.m. Jouissance réciproque.
Pré-requis à toute relation sensuelle, sans quoi la relation nest pas éthique, donc pas libertine éthique.
Voir Désir partagé, Éthique.
PlayGirl: Magazine états-unien, édité par des femmes, constitué de photos explicites dhommes nus.
Cette inversion pornographique où lhomme est instrumentalisé pour satisfaire la lubricité des femmes a des qualités : elle permet aux femmes de conscientiser leur désir pour les hommes et déquilibrer la représentation du désir féminin dans la pornographie ; cette inversion a aussi des défauts : elle légitimise la pornographie faite par les hommes et la banalise.
Ce qui serait éthique dans la publication de magazines pornographiques, à défaut dune érotographie, ce serait de limiter la production des hommes à celle des femmes : la parité homme-femme dans la représentation érotique ninstrumentaliserait pas plus un sexe que lautre. On verrait alors les producteurs masculins inonder les éditrices de capitaux et de moyens financiers, car la parution de leur pornographie masculine devrait être accompagnée dune parution de pornographie féminine.
Pluralité: n.f. Fait dexister à plusieurs, de nêtre pas unique.
Polyamour: n.m. Capacité et désir daimer de plusieurs personnes à la fois. Les polyamoureux sont un genre de "couple à plusieurs".
"Peut-on mener une relation amoureuse avec plusieurs personnes en simultané, sans que la jalousie entre en ligne de compte? Les tenants du "polyamour" revendiquent implicitement lhéritage du libertinage et de la remise en question du couple. (...)
Les adeptes du "polyamour" militent effectivement pour le "couple pluriel". À linstar des échangistes et mélangistes, qui recherchent le "pur sexe", ils défendent la thèse du découplage entre sentiments et sexualité. En clair, les "polyamoureux" acceptent de se fixer sur le plan sentimental, mais souhaitent préserver leur droit aux fantaisies érotiques. Cest pourquoi ils avancent le concept de "polyfidélité". Le couple nétant plus vécu comme une cellule binaire, mais comme un groupuscule, une association qui peut regrouper quatre, cinq, dix personnes "mariées" entre elles. De nombreux sites Internet témoignent de la prolifération des "polyamoureux". Sur http://www.3coins.com, on peut consulter des petites annonces, dans lesquelles des couples binaires recherchent une "femme-soeur" ou un "homme-frère". La plupart des adeptes se réfèrent à une savante revue américaine, ouvertement favorable au "polyamour": Loving more. Deborah Anapol a par ailleurs initié le Sacred Space Institute (Institut de lespace sacré), un culte étrange qui propose des thérapies de groupe basées sur la polysexualité. Il existe des chambres dhôtes et des hôtels spécialisés dans le "polyamour". On en trouve deux sur la côte dAzur. Les "pratiquants" se reconnaissent par un colifichet discret: ils arborent à la boutonnière un petit perroquet." (p.232-3) Christophe Bourceiller, Les forcenés du désir.
Sites internet à consulter: www.polyamour.com, www.lovingmore.???.
Voir Libertinage éthique.
Polyandrie: n.f. Fait dêtre mariée avec plusieurs hommes. Était autrefois courant lorsque le nombre de femmes était inférieur à celui des hommes (notamment chez les amérindiens). La polyandrie est généralement possible dans les sociétés plus ou moins matriarcales.
Polyitérophilie: n.f. Pathologie polysexuelle dune personne ne pouvant atteindre la satisfaction génitale quaprès avoir accumulé plusieurs partenaires dans un laps de temps limité.
Polyfidélité: n.f. Exclusivité sexuelle vouée à plusieurs personnes.
Dans le polyamour, un groupe de gens peuvent se jurer exclusivité sexuelle mutuellement ; cest une démarche qui vise à réduire lanonymat et léparpillement, mais elle semble contraignante dun point de vue libertin. Cest une omnigamie plutôt que du libertinage.
Polygamie: n.f. Fait dêtre marié à plusieurs conjoints. Somme de la polyandrie et de la polygynie (voir ces mots).
Polygynie: n.f. Fait dêtre marié avec plusieurs femmes. Courant encore aujourdhui dans des sociétés où le patriarcat est très puissant.
Polymorphe: adj. Qui prend plusieurs formes.
Porno: 1- adj. Abréviation de "pornographique". 2- n.m. Abréviation de "pornographie" et "document pornographique".
Pornographie: n.f. Représentation non-éthique de la sexualité et de la génitalité.
Du grec pornê, "prostituée", et de -graphie. Étymologiquement, la pornographie est la représentation de la prostituée, donc de la relation de domination sexuelle. Elle offre au consommateur de pornographie un succédané visuel de la prostituée: objet sexuel soumis et docile, esclave toujours prêt à satisfaire le client. Cette forme de représentation de la sexualité pervertit les consciences en provocant des fantasmes de domination au sein de la population. Issue dun comportement marchand, elle est (néo)libérale et libertaire, mais nest pas libertine: car elle nest pas éthique de par le fait quelle pervertit les consciences et instrumentalise les acteurs en tournage. Pour une représentation sexuelle éthique, voir le mot Érotographie.
Pornographie imprimée: Genre littéraire, où les fantasmes tous aussi lubriques les uns que les autres sont autant dimaginaires. Les clichés et les excès y sont abondants.
Pornographie photographique: En magazines, la pornographie présente généralement des femmes en position de charme et coïtales, plus ou moins déshabillées, en vue de la masturbation dun regardant masculin. Ces magazines présentent les femmes comme toujours prêtes, toujours excitées ; elle prétend aussi combler les besoins pressants des hommes ; elle monnaye la femme comme objet consommable en tant quimage.
Pornographie cinématographique: Représentation filmée de lactivité sexuelle sadressant toujours à lhomme. Dans sa version hétérosexuelle, on voit dans la majorité des cas ce schéma reproduit: Fellation - coït - sodomie - éjaculation faciale. La fellation, comme preuve de soumission ; le coït, passage obligé ; la sodomie, comme soumission et scatologie; et éjaculation faciale comme preuve visuelle déjaculat. Le cunnilingus y est aussi rare que la preuve dorgasme féminin. Pendant la sodomie, jamais on y voit des excréments, pourtant fréquents dans la réalité ; par la technique du montage, la scatologie est réduite au maximum. La sodomie est une telle obsession dans la pornographie quil y en a souvent une par séquence ; ce qui crée un conditionnement sodomite dans la population, et qui rend populaires les prostituées qui se laissent sodomiser ; les prostituphiles ont même recours à des prostitués (mâles) lorsquils se font refuser la sodomie par les prostituées.
"La sodomie, banalisée, presque prescrite par le porno, serait source de frustration pour les deux partenaires: (...) Parmi les plaintes des filles, qui nhésitent plus à se confier en entretiens individuels, la souffrance occasionnée par la sodomie et léjaculation précoce de leurs partenaires." LIBÉRATION, jeudi 23 mai 2002, no 6538, p.2
Les acteurs ne portent jamais de condom en changeant souvent de partenaires ; quimporte si les acteurs font des test HIV avant le tournage, limportant est que le message porté à lécran est que la meilleure relation sexuelle est non-protégée avec un maximum de partenaires. Les spectateurs, qui ont tendance à imiter, nutiliseront pas le condom en négligeant de passer un test.
"Tombeau postmoderne de lart et de la sensualité, le porno, expliquent Ovidie et HPG, se définit comme une froide mécanique. Si les pénis des acteurs sont longs et larges, cest pour que, devenus trop mous, ils ne sortent pas pendant le coït. Pour se maintenir en forme, les hardeurs narrêtent pas de se masturber sur les plateaux de tournage. Quant à la fontaine de sperme, vrai ou faux, qui arrose le visage des actrices, elle na dégal que le déluge de lubrifiant qui inonde en secret leur vulve et leur anus. Le sexe nexiste que pour limage. La beso-gne des hardeurs, ces prolétaires du fantasme, est strictement alimentaire." Michel Lapierre, p.41, ICI, vol. 5 no 50, du 12 au 18 sept. 2002 (Critique de : Porno manifesto, Ovidie ; Autobiographie dun hardeur, HPG.).
Possible: adj. Qui peut se produire, qui peut être, qui peut exister.
Puritain,e: adj. et n. Qui respecte la morale. Adepte du puritanisme. Répression puritaine.
Puritanisme: n.m. Respect strict de la morale et de ses restrictions.
Le puritanisme, par sa répression, entraîne le vice et la transgression.
Voir Morale, Perversion, Vice.
Procréation: n.f. Action dengendrer la naissance.
Le but de la nature en créant le plaisir sexuel est la procréation. Mais le résultat procréatif de la sexualité est accidentel ; la semence se perd aisément sans que la nature napporte de punition immédiate. Le plaisir sexuel est donc gratuit, la naissance dun enfant nétant quun concours de circonstance où le sperme arrive au vagin fécond, où un spermatozoïde rencontre un ovule.
Lintelligence humaine fait un lien logique entre la sexualité et la procréation, ce qui permet la contraception planifiée. Avec loragénitalité et la masturbation, la femme féconde peut obtenir du plaisir sexuel sans procréation, et depuis peu avec lutilisation de préservatifs (les romaines utilisaient des excréments déléphants, aujourdhui il existe la pilule anticonceptionnelle et le condom).
Histoire - Après que lhumain eût découvert le lien entre sexualité et procréation (avec lélevage et lagriculture), lhomme voulut sassurer de sa filiation (invention du gynécée par les grecs). La femme est ainsi valorisée par sa virginité (qui prouve quelle nest pas fécondée), et les mariages se font de façon à ce que la femme appartienne à lhomme. Le concept de fidélité ne concerne que les femmes, car elles pourraient être fécondées par un amant autre que le mari. La polygynie se constitue donc, créant de vastes harems aux hommes puissants et riches. Le mariage polygamique avec exclusivité sexuelle semble être le résultat de la découverte de la fécondation (on fertilise ses femmes comme on fertilise son champs) ; le mariage nest profitable quaux hommes. Plus tard le christianisme imposera la monogamie ; petit progrès pour la femme, qui ne voit plus des rivales lui partager son mari, mais dont elle reste la propriété exclusive.
Voir Matriarcat, Patriarcat.
Promiscuité: n.f. Mélange fâcheux de personnes très différentes.
Curieusement, nous vivons un phénomène de promiscuité alors que les moyens de communication nont jamais été aussi développés. Nous sommes bombardés dimages qui nous sont imposées, nous ne connaissons plus nos propres désirs et nous avons de la difficulté à les exprimer dans nos relations interpersonnelles.
"Nous sommes dans une situation qui peut sembler paradoxale:
dune part, ce quon appelle la présence collective envahit lespace intérieur de lindividu:
son territoire est de plus en plus restreint,
dans les lieux publics, il est cerné par les autres,
en même temps que de plus en plus submergé par les images et les sons;
et, dautre part, il souffre de labsence de communauté.
Notre société est très mobile:
les individus vont dun travail à un autre, dune ville à une autre.
Ce qui favorise lisolement.
Curieux paradoxe: ce sentiment disolement germe et grandit le mieux en pleine société de masse;
et, à cause delle, précisément, qui donne à lindividu le sentiment dêtre perdu, noyé dans la foule anonyme...
En pleine société de masse, lindividu connaît la difficulté, voire limpossibilité de nouer des relations interpersonnelles." Jacques Languirand
Prophylaxie: n.f. Ensemble des mesures prises pour prévenir la maladie. Étude scientifique de ces mesures pour en maximiser lapplication.
Prostituphile: n.m. Client de prostitution. On nomme "cyprieunophile" celui qui ne peut atteindre la satisfaction quavec la prostitution.
La responsabilité du prostituphile dans la continuation de la prostitution est évidente: sans lui, ce commerce exercerait en pure faillite.
La quasi totalité des prostituphiles consomment la prostituée avec égoïsme, pour dominer. Ils trouvent aussi une satisfaction dans la transgression. Les prostituphiles ne sont pas éthiques puisquils ne tiennent pas compte du plaisir partagé ; ils instrumentalisent le corps de la prostituée, considérant le paiement comme un consentement. Ils sont de la classe des pervers.
Prostituphilie: n.f. Action de consommer de la prostitution.
Prostitution: n.f. Marchandisation de services sexuels, où largent (ou des avantages) se substitue au désir partagé.
Il y a "la prostitution de rue", qui se fait dans la rue, à la vue de tous, où les prostituées flirtent avec la drogue. Il y a les "escortes", prostitution de luxe, onéreuse et cachée. Il y a les "salons de massages", où les services sexuels embarrassent les massothérapeutes. Il y a aussi le "trafic des femmes", où on force des femmes à se vendre le corps, ce qui nest rien de moins que de lesclavage.
On peut étendre la prostitution à des domaines connexes : les lignes érotiques, la danse érotique, la danse-contact ("à 10$"), la pornographie (photographiée ou cinématographiée).
La prostitution nest pas éthique : une instrumentalisation du corps de la prostituée est faite par le client (prostituphile) ; la relation nest pas réciproque, un seul des contractants a du plaisir ; le consentement de la prostituée est faussé par la domination capitaliste (un consentement obtenu par largent est une résignation) ; enfin, les prostituées sont souvent la cible de sadiques. La prostituée a tendance à considérer sa sexualité comme une denrée économique ; lexistence de la prostitution insuffle cette idée dans lesprit de toutes les femmes.
Si le libertinage féodal a pu considérer jadis la prostitution comme moyen démancipation, si le libertinage bourgeois la considère comme moyen denrichissement des pauvres et damusement des riches, le libertinage éthique considère la prostitution comme un moyen sûr de ruiner un corps et lesprit, et comme chemin qui éloigne radicalement de lutopie ceux qui lempruntent.
En utopie la prostitution nexiste pas, chacun pouvant trouver à son gré ce quil désire en matière de sexe ou de sécurité matérielle. Léchange de prostitution est basé sur une misère absente en utopie: échange de misère économique contre misère sexuelle. La misère sexuelle des handicapés ou autres désavantagés nest pas un contre-argument, grâce à la compassion et à langélicat (voir ce mot).
Le meilleur scénario pour la prostitution, à lheure actuelle, reste son abolition (abolition de la prostitution). La légalisation ou la décriminalisation ne feraient que donner de lampleur au phénomène, tel que démontrable en Hollande, en Allemagne et en Australie (loffre suscite la demande, nécessitant limportation de matière première : immigration de prostituées).
Voir Abolition de la prostitution, Angélicat, Prostituphile.
Provocation: n.f 1- Action dagir en conformité avec lutopie dans une société non-utopique. 2- Contrarier, pour attirer lattention sur soi ou par sadisme.
(1) Laction éthique-utopique, souvent immorale, provoque lopinion des moralistes, des gens conditionnés à leur époque. Le sens 1 est libertin-éthique, pas le sens 2.
(2) Une action non-éthique\non-utopique immorale provoque lopinion des moralistes et des éthiciens ; elle permet à une société de se remettre en question, mais présente leffet pervers de désorienter les pauvres gens qui ne distinguent rien de la morale ou de léthique.
syn. Déconditionnement, Délinquance, Dissidence, Manifestation, Rébellion, Résistance, Scandale.
Puissance orgastique: n.f. Capacité à ressentir lorgasme.