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Les minimexés, les chômeurs, les exclus présentent fièrement leur journal: Ouvrez-Les-Yeux! le trimestriel des Liégeois démunis.
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| dernière mise à jour: 26 octobre 2006 | ![]() |
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| Le journal n°10 est sorti le 10 octobre |

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Ce
fut une de ces journées de canicule comme nous en avons –il faut
bien le dire– souffert tous et toutes, une journée comme les autres
mais qui gardera dans mon esprit l’empreinte d’une énigme. Lieu de
rendez-vous habituel, soit dans les locaux de l’ancienne gare des autobus.
Elle apparut, sombre, très sombre même et mystérieuse.
On apprendrait plus tard qu’elle se prénomme Edith, mais jamais nous
ne pourrons expliquer comment ni pourquoi elle se trouvait là. La
peau lisse et noire, revêtue d’une tenue de soirée plus noire
encore et semée de brillants. Certes, l’objectif primordial était de nous rendre à l’Université, mais qui dit Sart-Tilman ne comprend pas ipso facto réception dans un amphithéâtre. Et pourtant elle était là, belle à souhait, hiératique, un sourire boudeur soulignant ses lèvres épaisses. Elle eut tôt fait de se trouver une place assise dans l’un des autobus qui allait nous conduire sur les lieux. Elle fascinait tant, pour ne pas dire impressionnait les hommes qui rivalisaient de servitude. On eut beau lui adresser la parole dans toute sorte de langues, avec toute sortes de gestes (la gestuelle n’est-elle pas le plus courant des moyens de communication ?) elle restait là, seule, figée sur une souche, à l’ombre du soleil, et des regards évidemment. |
Edith…
je la revois encore se tordre la cheville dans un capricieux sentier investi
par les ronces et la rocaille. Pas un geste de désespoir, pas un cri,
elle restait là, sage, le regard un peu perdu.
Pourtant ce n’est pas l’animation qui manquait. Sur les 120 participants annoncés, on devait en dénombrer finalement plus de 170. Il faut dire qu’Albert et son équipe avaient bien rôdé la machine. On n’eut presque pas l’impression de faire la file ; la coordination de la chaîne de travailleurs bénévoles se montrant à la hauteur. Un instant : plus d’Edith. Et pourtant si. Elle venait de franchir le présentoir de mangeailles et se pelotonnait à l’ombre d’une fougère. Chaleur, fumet, et une pointe de transpiration formaient un tout qui n’avait rien de désagréable. S’il fut question de désigner des équipes, ce sont deux « tribus » qui s’essaimèrent l’une à la recherche de sculptures non pas néolithiques mais hypermodernes au contraire, les autres cherchant, sous l’œil théoriquement averti du prénommé Henri, les serres dites tropicales et sub-tropicales du « campus » (quoique les étudiants et professeurs habitués au site du Sart-Tilman n’apprécient pas ce qualificatif). |
Et je te monte, et je t’escalade des sentiers mal dessinés pour ne
pas dire obsolètes, croisant çà et là des immeubles
aux classes modernes. Quand soudain surgit, sorti de nulle part, une inscription
en lettres de sang (comme les pieds de la plupart des visiteurs) «
les serres de tous pays ». Et de fait, un ensemble de vitrages disparates
nous apparut entre deux sentiers.
Une hôtesse nous prenant pour des OVNIS nous accueillit en ces mots : « Où étiez-vous donc passés ? ». Cette dame d’un âge respectable nous introduisit dans un labyrinthe cloisonné sans être agacée par les prouesses pédestres. Celle qui allait devenir notre guide nous entraîna en des lieux humides et tout en essuyant la sueur qui lui taquinait le front, nous dit, sans boutade « prenez, mais ne mangez pas, c’est de la salsepareille, oui, celle des Schtroumpfs… mais ils sont les seuls à pouvoir manger cette saloperie toxique ». Plus loin, à l’entendre, les plantes carnivores ne se nourrissent que de mouchettes. De fait, il y en avait moins qu’à l’extérieur, et point de crocodile sous un petit pont branlant qui nous conduisait vers un autre paysage. Au fond, contre toute attente, dans ces serres dûment répertoriées par des panonceaux en lettre romaines et grecques nous surprenait à tous les coins, tant cette nature factice était sauvage, mais remarquablement triée sur le volet. |
En
moins d’une demi-heure, nous avons successivement transpiré, frissonné
et même eu quelques hallucinations (des bouches voraces et affamées
de chair fraîche, et d’autres reptiles inertes mais menaçants).
Ce mini tour du monde avait cela d’exaspérant que si l’on s’attendait
à croiser des bêtes bien vivantes, ce ne sont que des végétaux
de toutes formes, de toutes couleurs, qui se désagrégeaient
là pour mieux se reconvertir ailleurs. La chaleur naturelle (33°) qui nous ressaisit à la sortie de ce monde à part eut pour conséquence que personne ne savait plus très bien où il se trouvait, si ce n’est qu’un groupe (à part) jouait à la marelle ou imitait quelques danses assimilées. Récompense finale : les navettes de Marie-Paule et de Noëlle reconduisirent les plus « fatigués » auprès d’un Albert hilare qui proposait de nouveaux sandwiches fourrés. Le ketchup coulait à flot, et stoïque, Edith, toujours sur sa souche, nous observait tels des animaux curieux. On a noté sa disparition vers 16 heures. Vers quelle salle de danse, nous ne le saurons jamais… J.A.L.
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| J’ai été
invitée à visiter le Bois du Cazier en compagnie d’un groupe
d’Anversois. Solidarités Nouvelles, qui invitait, nous a fait visiter Charleroi avant de nous conduire à Marcinelle, lieu de la catastrophe minière du 8 août 1956 (262 morts). Il y a 50 ans, des milliers d’ouvriers immigrés sont venus travailler dans les mines de Belgique. Il y avait ¾ d’étrangers pour ¼ de Belges. La plupart y ont laissé la santé, voire la vie. On ne doit pas oublier toutes ces gueules-noires qui chauffaient nos foyers. |
Dans chaque famille de Charleroi, il y en a un
qui est resté en bas. Même chose à Liège.
Je remets mes hommages à tous ces hommes qui ont donné leur vie pour l’amour du travail et pour que la Belgique ne grelotte pas de froid. On s’est quitté en se promettant de se revoir bientôt car, flamands et wallons sont unis dans la pauvreté et pourraient marcher ensemble vers un avenir plus cordial. Nous sommes tous belges, et nous nous battons pour la même cause : le droit au logement. Solange, pour 1,2,3…actions &
Ouvrez-Les-Yeux!
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