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dernière mise à jour: 16 janvier 2007 LOGO
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Ouvrez Les Yeux n°10 automne 2006 PAGE13

En avoir ou pas (de compte en banque)

 

Les situations absurdes ne manquent pas dans ce monde ô combien surréaliste. Chaque jour nous apporte sa petite surprise digne de Kafka. Et souvent, vu l’énormité de la chose, on peut même dire que notre monde fait Kafka dans sa culotte. Jugez plutôt.

Cela va faire bientôt deux ans que je me bats face à un problème de santé pas piqué  des vers et contre lequel la médecine n’a pas trouvé de remède miracle. Après avoir été mis à toutes les sauces, y compris deux opérations dont l’une me métamorphosa en homme très branché, on m’a contraint jusqu’à la fin de mes jours –mes nuits ne regardent que moi– à passer sur la table d’examen de mon médecin traitant trois fois par semaine. Je m’entends très bien avec ce digne et sympathique praticien, mais il faut faire avec !

N’ayant pour tout compte en banque qu’un compte épargne, dont le montant passerait sous le ventre d’un canard, je perçois par chèque circulaire les remboursements d’honoraires.

 

Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’à la banque –dont je ne citerai pas le nom– la séduisante guichetière me proposa d’ouvrir un compte par le fait qu’en encaissant directement le chèque, l’organisme financier ponctionnait 1,21 € de frais. Je lui répondis que j’y réfléchirais, tout en sachant très bien que je n’en ferais rien. Cette accorte personne avait bien  sûr « oublié » de me dire qu’hormis l’euro mensuel (symbolique), il existait les frais de gestion de compte s’élevant, eux, à 20 euros !

Et cela ne s’arrête pas là. Auparavant, je payais mon loyer en versant directement, et en liquide, la somme due à la banque où ma propriétaire –charmante, demandez ce qu’en pense Goupil !– a ses petites affaires. J’appris, au mois de décembre 2005, que cela n’était plus possible et qu’il me fallait ouvrir un compte chez eux. Je rétorquai, avec ma désinvolture naturelle, qu’en ce cas, il me faudrait, vu les nombreux paiements à effectuer chaque mois, disposer de quatre comptes dans quatre banques différentes.

 

L’œil bovin du guichetier témoignait de son incompréhension, ce terme n’étant employé que par politesse.

En conséquence, je paie mes obligations par bulletin de versement, qui eux, sont gratuits. Du moins quand on me les donne. Car, une fois rempli, la postière s’empresse, par le truchement de sa machine infernale de me compter 2,50€ de frais par bulletin !

On nous oblige donc, par tous les moyens, à ouvrir un compte en banque, tout en nous toisant avec condes­cendance, voire mépris, si vous êtes, comme moi, bénéficiaire du RIS.

Moralité de l’histoire : Il faut jouer les riches, même quand on n’a pas le sou.

N’en déplaise à Monsieur Brel.

 

 

Pierre Chantraine, 18 août 06

 


 

 


 


 

 

La paix par la musique ?

La musique adoucit les mœurs, dit-on. Elle est langage universel. Même les pires représentants de la race humaine y sont ou y ont été sensibles. Et les festivals de Wight, Woodstock et bien d’autres sont autant de témoignages, communion d’êtres se rencontrant pour la passion et l’amour de l’intemporel.

Face au chaos mondial auquel nous assistons ou participons, impuissants ou non, il existe cette oasis inaltérable contre laquelle on ne peut rien.

Depuis 1999,le grand chef d’orchestre Daniel Barenboïm –qui est avant tout pianiste- dirige le West-Eastern Divan Orchestra. Composé de musiciens d’Israël et de Palestine, mais aussi de Syrie, de Jordanie, du Liban, de Tunisie, d’Égypte et d’Espagne, cette formation ne se présente pas comme un orchestre pour la paix, mais permettant à de jeunes instrumentistes issus de patries  parfois antagonistes de s’exprimer en toute liberté et dans une entente qui se veut la plus parfaite possible.

Sacré défi à relever ! Et pourtant… Partout, sans avoir l’air d’y toucher, l’orchestre tourne autour du monde avec, malgré lui, valeur de symbole. En 2005, un concert eut lieu à Ramallah, en Palestine. Il est inutile de vous rafraîchir la mémoire, Yasser Arafat n’ayant pas disparu depuis si longtemps ; Ariel Sharon étant toujours, parait-il, en vie.

Daniel Barenboïm déclare : «  Devant une partition, nous sommes tous égaux »[le Soir du 18/08/06]. Car le chef, comme l’instrumentiste est le serviteur de la Musique, devant laquelle on se sent tout petit. Cela vaut aussi pour le simple citoyen comme pour le dictateur.

Et le maestro d’ajouter : « la relation qui existe entre la vie et la mort est la même qui existe entre le système et la musique ».N’oubliez jamais que si le silence est d’or, il peut aussi être une arme terrifiante : celle qui valse si facilement avec ce monstre qui a pour nom indifférence, porte ouverte à toute les horreurs imaginables… et les autres !

 

Sans la musique, la vie ne saurait être. Alors, en message d’espoir : fredonnons ce refrain de Gilbert Bécaud, aujourd’hui disparu, mais dont la joie de vivre et le sourire sont éternels :

« L’important, c’est la rose ! »

 

 

Pierre Chantraine, août 2006

 

 

 

 

Le West-Eastern Divan Orchestra s’est produit le 22 août 2006 au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, dans des œuvres de Mozart, Bottastini et Brahms.

 


 


 


 

 

Dope or not dope ? 


 

L’important, c’est de participer, disait Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux Olympiques Modernes.

Quelle belle déclaration, mais un peu naïve, sans doute…

Aujourd’hui, si les médailles pleuvent sur certain(e)s athlètes, ce n’est pas toujours grâce à l’effort fourni. Qu’il s’agisse de course, de saut, de cyclisme, et j’en passe, la victoire a, de plus en plus souvent un goût frelaté.

Le dopage est devenu le « must », le terme à la mode pour en mettre plein la vue.

Et, depuis quelques temps, il est l’apanage des États-unis. Tiens, Tiens…

 

 

Hou ! Les vilains, les tricheurs, qui soit, nient, soit ‑quand les preuves sont là‑ n’hésitent pas à louvoyer, notamment avec leur propre taux de testostérone. À les en croire, ce sont des extra-terrestres !

Mais pourquoi, me direz-vous, sont-ils presque tous Américains ? Il faut savoir que les contrôles aux States sont moins sévères que sur le vieux continent, notre chère Europe ne plaisantant pas avec ce genre de choses.

Exit donc le « Terminator » du Tour de France, la « Speedy Gonzalez » du cent mètres… la liste est longue de ces shootés du sport.

 

Chez nous, rien de tout cela.

 

 

Justine, les deux Kim (Clijsters et Gevaert) sont cent pour cent bleu blanc belge. Bravo, Mesdames, Mesdemoiselles! Par contre, du côté des hommes, c’est un peu faiblard, il faut bien l’avouer. Voyez notre équipe nationale de football ! Elle a le grand flemmard hypertrophié. Pas même un malheureux but contre le Kazakstan. De quoi mourir de honte pour les amateurs de ballon rond. Heureusement qu’il y eut le 1-1 face à Genk, et ce n’est pas l’A.C. Milan !

Si cela continue, nous verrons nous contraint, dans un proche avenir, d’assister en première division à une rencontre Nederoverembeek – Oût-Si-Ploû ?

 

 

 

 

Pierre Chantraine, août 2006







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