TAO TE KING



Celui
qui s'oppose, se déplace sur sa
voie.
Celui qui est faible, sa voie est utilisée.
Sous le ciel, des milliers d'êtres croissent en
propriété.
Les propriétés croissent dans le néant.
Un
érudit supérieur entend
la voie,
il est assidu, pourtant il s'y promène.
Un érudit moyen entend la voie,
il la garde comme si elle s'enfuirait.
Un érudit inférieur entend la voie,
il en rit aux éclats.
Ne pas en rire ne suffit pas pour réaliser la voie.
Ainsi, il construit des phrases qui la contiennent:
La voie lumineuse, c'est comme se cacher.
Avancer sur la voie, c'est comme se retirer.
La voie d'un étranger ressemble à un
nœud.
La vertu supérieure est comme une vallée.
La grande limpidité est comme une honte.
La large vertu est comme insuffisante.
Construire la vertu, c'est comme un larcin.
Le véritable caractère, c'est comme en changer.
Un grand rectangle sans angles.
Un grand réceptacle qui devient nuit.
Un grand bruit, un son exceptionnel.
Une grande apparence sans forme.
La voie est cachée, sans renommée.
La voie de l'époux qui est seul,
c'est emprunter la bonté, ainsi que réussir.
La
voie en engendre un,
un en engendre deux,
deux en engendrent trois,
trois engendrent des milliers d'êtres.
Des milliers d'êtres portent le négatif sur le dos,
mais ils embrassent le positif,
qui rince la vitalité pour établir l'harmonie.
Les
personnes d'endroits douteux,
ne sont qu'orphelins, peu de chose, non distingués,
mais ils sont rois et dignitaires pour établir les
nominations.
Ainsi l'être pourrait subir un tort, pourtant il en
bénéficie,
il pourrait en bénéficier, pourtant il fait du
tort.
Les
personnes d'endroits instruits
me sont également un enseignement:
"Qui est une poutre puissante n'a pas reçu son
inflexibilité."
Je la manie pour établir l'instruction des pères.
Sous
le ciel, on arrive à la
souplesse,
ceux qui courent rapidement sous le ciel, arrivent à la
dureté.
Sans rien posséder, on entre sans intermédiaire,
c'est pourquoi je connais ceux qui, sans agir, possèdent les
bénéfices.
Ils enseignent de ne pas parler,
ils en bénéficient, sans agir.
Sous le ciel, la rareté est atteinte.
Quels
parents le nom procure-t-il au corps ?
À combien de personnes le corps procure-t-il des
biens ?
Quels malaises leur obtention procure-t-elle à la
fuite ?
De ce fait, l'affection véritable sera certainement un grand
gaspillage.
Se cacher de nombreuses personnes, ce sera certainement fuir
l'épaisseur.
Connaître les parents sans être en
disgrâce,
connaître l'arrêt sans être en danger,
savoir le faire pour être durable sur une longue
période.
Devenir
grand, c'est comme une insuffisance,
son utilité n'est pas une tromperie.
La grande plénitude est comme un rinçage,
son utilité n'est pas pauvre.
La grande droiture est comme courbée,
la grande habileté est comme maladroite,
la grande contestation est comme un bégaiement.
La victoire imprudente est froide,
la victoire immobile est chaude,
l'immobilité limpide redresse le monde.
Le
monde possède la voie,
on refoule les coursiers pour le crottin.
Le monde est sans voie,
les chevaux militaires mettent bas dans les faubourgs.
Ne
pas savoir suffisamment n'est pas un grand
malheur.
Le désir d'obtenir quelque chose n'est pas un grand
défaut.
Ainsi, il suffit de savoir ce qui suffit.
Il suffit probablement d'être constant.
Connaître le
monde,
sans sortir par la porte.
Voir la voie du ciel,
sans l'épier par la fenêtre.
Sa sortie pénètre loin.
Sa connaissance pénètre peu de personnes.
C'est pourquoi l'homme sacré connaît sans se
déplacer,
décrit sans avoir vu,
accomplit sans agir.
Réaliser
une étude, on dit
que c'est profitable.
Réaliser la voie, on dit que c'est
décroître,
décroître et décroître encore,
pour en arriver au non-agir.
Sans agir, mais également sans inaction.
Prendre la permanence du monde, pour être sans affaires.
S'étendre pour avoir une affaire
ne suffit pas pour cueillir le monde.
L'homme
sacré n'a pas d'esprit
permanent,
pour que l'esprit soit formé par l'esprit d'une multitude de
personnes.
-"Je
suis bon à l'égard
des bons,
je suis bon également envers ceux qui ne le sont pas.
La vertu, c'est la bonté."
-"Je
fais confiance aux personnes de confiance,
je fais confiance également aux personnes qui ne le sont pas.
La vertu, c'est la confiance."
L'homme
sacré se tient sous le ciel,
se serrer, se resserrer rend son esprit boueux¹ sous le ciel.
Une multitude de personnes se déversent
entièrement dans ses oreilles et ses yeux.
L'homme sacré est entièrement enfant.
1. Hun signifie également stupide, simple.
Sortir, c'est
naître; entrer, c'est
mourir.
Trois sur dix naissent en y allant à pied.
Trois sur dix meurent en y allant à pied.
Dans l'élevage des hommes,
trois sur dix également bougent en mourant sur le sol.
Pourquoi l'époux ? Pour sa progéniture, et il
croît en épaisseur.
En couvrant de bonté ce qu'ils entendent,
on assimile ceux qui sont en croissance.
Ils parcourent le pays sans rencontrer le rhinocéros ni le
tigre.
Ils entrent dans l'armée sans être le soldat
dont l'armure est une couverture de laine.
Le rhinocéros n'y a pas d'endroit où projeter sa
corne.
Le tigre n'y a pas d'endroit où poser sa griffe.
Ce soldat n'a pas d'endroit qui tolère sa lame.
Pourquoi l'époux ? Parce que sans eux le sol meurt.
La
voie engendre la vertu,
qui nourrit les êtres,
qui forment la puissance,
et qui deviennent puissants eux-mêmes.
C'est pourquoi des milliers d'êtres n'ont aucun respect pour
la voie,
mais ils estiment la vertu.
La voie se vénère elle-même,
la vertu s'estime elle-même,
l'époux n'a pas de destin, mais il a toujours raison.
Ainsi la voie engendre la vertu,
qui nourrit ce qui est durable,
ce qui se fait soigner,
ce qui est équilibré,
ce qui est cruel,
ce qui pourvoit aux besoins des autres,
ce qui les renverse.
Croître sans rien posséder,
agir sans en dépendre,
être durable sans être un fonctionnaire,
on dit justement que c'est la vertu obscure.
Le
monde a un commencement,
parce qu'il fait la mère du monde.
Il a obtenu sa mère
parce qu'il connaît ses enfants.
Depuis qu'il connaît ses enfants,
il se retourne et défend sa mère,
il submerge le corps sans être en danger.
Bloquer
ses échanges,
fermer sa porte,
c'est achever le corps sans assiduité.
Ouvrir ses échanges,
aider ses affaires,
c'est achever le corps, pas le sauver.
Voir
ce qui est petit, on dit que c'est brillant.
Défendre la douceur, on dit que c'est fort.
Utiliser ses lumières,
se retourner et revenir à sa luminosité,
sans avoir, par malchance, perdu le corps.
Agir correctement en s'exerçant à la constance.
On me demande d'associer
et d'approuver avoir et
savoir.
Marcher sur la grande voie,
peut seul procurer une juste crainte.
La grande voie est plane,
mais le peuple est un bon sentier.
Ils se débarrassent de l'aube,
les champs sont pleins d'ivraie,
et les greniers sont vides.
Les vêtements sont la splendeur de la culture,
ils ceignent des épées tranchantes.
Dégoûtés de boire et de manger,
ils ont des excédents de richesses et de biens.
On dit justement que voler et se vanter
ce n'est pas la voie, en effet !
Celui
qui est bon et qui construit, ne s'arrache
pas.
Celui qui est bon et qui embrasse, ne se détache pas.
Un fils, un petit-fils pour faire des sacrifices, pas pour se reposer.
Cela restaure dans le corps
sa vertu, puis la véracité.
Cela restaure dans la famille
sa vertu, puis des excédents.
Cela restaure dans le village
sa vertu, puis de façon durable.
Cela restaure dans le pays
sa vertu, puis l'abondance.
Cela restaure dans le monde
sa vertu, puis le tout.
Et cela, parce que les corps regardent les corps,
parce que les familles regardent les familles,
parce que les villages regardent les villages,
parce que les pays regardent les pays,
parce que le monde regarde le monde.
Comment puis-je savoir ce qu'il en est du monde ?
Par ceci.
Il
garde en bouche l'épaisseur de sa
vertu.
Compare cela avec les roses rejetons:
les serpents venimeux ne piquent pas,
les bêtes féroces ne capturent rien,
les rapaces n'attrapent rien.
Les os sont fragiles, les muscles sont souples,
mais ils tiennent ferme.
Ils ne connaissent pas encore l'union du mâle et de la
femelle,
mais ils les réduisent.
Ils parviennent également à leur essence.
Enfin, on dit qu'ils crient sans s'enrouer,
ils parviennent également à leur harmonie.
Connaître
l'harmonie, on dit que c'est
permanent.
Connaître la constance, on dit que c'est brillant.
Faire des progrès, on dit que c'est par chance.
L'esprit qui commande la vitalité, on dit que c'est fort.
L'être
est gros, les règles
sont vieilles,
cela ne s'appelle pas la voie.
Ce n'est pas la voie, qui s'arrête un matin.¹
1. voir chapitre 30
Celui
qui sait ne parle pas,
celui qui parle ne sait pas.
Bloquer
ses échanges,
fermer sa porte,
briser son tranchant,
délier sa confusion,
adoucie sa lumière,
uni à sa poussière,
on dit justement que c'est l'union profonde.
Ainsi,
on ne peut obtenir ce qui est parent,
on ne peut obtenir ce qui est éloigné,
on ne peut obtenir ce qui est profitable,
on ne peut obtenir ce qui est nuisible,
on ne peut obtenir ce qui est coûteux,
on ne peut obtenir ce qui est bon marché.
Ainsi, agir sous le ciel est coûteux.
Pour
que le gouvernement du pays soit
régulier,
pour que le soldat utile soit rare,
être sans affaires et cueillir le monde.
Comment le sais-je ? Par ceci:
Sous le ciel, il y a de nombreuses craintes et interdits,
mais la misère pénètre le peuple.
Lorsque le peuple est le réceptacle de nombreux avantages,
le pays et les familles sont féconds au
crépuscule.
Lorsque les hommes sont habiles de nombreux talents,
un être rare et fécond se lève.
Les lois ordonnent de déclarer la
fertilité¹,
ils en possèdent beaucoup pour voler les voleurs.
Ainsi,
l'homme sacré dit:
Je ne fais rien, mais le peuple change de lui-même.
Je suis calme, mais le peuple est droit de
lui-même.
Je suis sans affaires, mais le peuple est riche de lui-même.
Je ne désire rien, mais le peuple est simple de
lui-même.
1. L'impôt en grain était basé sur la production annuelle.
Sa
politique est ennuyeuse et
déprimée,
son peuple est pur et honnête.
Sa politique examine et contrôle,
son peuple n'est que défauts et lacunes.
Le malheur ...
le bonheur s'y appuie.
Le bonheur ...
le malheur s'y penche.
Qui
connaît son sommet,
son manque de droiture ?
La droiture qui se retourne¹ fait la
rareté.
La bonté qui se retourne fait le démon.
L'homme qui en est troublé,
ses journées seront longtemps stables.
C'est pourquoi l'homme sacré
est carré sans couper,
est consciencieux sans blesser,
se tient droit sans s'aligner,
est une lumière qui ne brille pas.
1. qui fait demi-tour (voir chapitre 30)
Diriger
les hommes et les affaires du
Ciel¹,
ce n'est pas comme être avare².
L'époux qui est seul est avare.
On dit justement que ce sont les "habits du matin".
Ces "habits du matin" sont lourds de vertus accumulées.
Il est important de rassembler les vertus.
Les normes, qui n'existent pas, n'en sont pas capables,
rien n'étant insurmontable.
Les normes ne connaissent certainement pas leur sommet.
Ne pas connaître son sommet
est possible lorsqu'on possède un pays.¹
Posséder la mère du pays
est possible lorsqu'on dure longtemps.
On dit justement qu'une racine profonde est un fondement solide.
Regarder longtemps sa longue croissance, c'est la voie.
1. La
présidence religieuse du monde chinois
restant, en théorie, à la maison des
Zhou (Tcheou), des principautés puissantes assument sa
présidence militaire et y font
régner un ordre que les "Fils du Ciel" sont devenus
incapables d'assurer.
2. voir chapitre 56, dernier paragraphe.
Diriger
un grand pays,
c'est comme faire bouillir des petites crudités.
Parce que la voie gère le monde,
ses diables ne sont pas efficaces.
Non, leurs diables ne sont pas surnaturels,
et leurs dieux ne nuisent pas aux hommes.
Non, son esprit n'afflige pas l'homme,
et l'homme sacré ne l'afflige pas non plus.
Les époux qui sont à deux ne s'affligent pas l'un
l'autre,
ainsi la vertu mutuelle revient ici.
Celui
qui est un grand pays est au fond du flux.
Le monde est réciprocité,
le monde est féminin.
Le féminin est éternel par sa victoire tranquille
sur le masculin,
parce qu'il agit tranquillement dessous.
Ainsi, un grand pays, parce qu'il infériorise le petit pays;
les règles conquièrent le petit pays.
Un petit pays, parce qu'il infériorise le grand pays;
les règles conquièrent le grand pays.
Ainsi, il se tient peut-être bas pour l'accueil,
il se tient peut-être bas en conquérant.
Le grand pays n'est pas au-dessus du désir de
réunir, de nourrir des hommes.
Le petit pays n'est pas au-dessus du désir d'entrer en
affaires avec des hommes.
Lorsque les époux sont à deux, chacun obtient la
place qu'il désire.
Il est opportun que le grand agisse en dessous.
Pour celui qui est sur la
voie,
des milliers d'êtres sont mystérieux,
et les hommes bons sont précieux.
Il préserve l'endroit de ceux qui ne sont pas bons.
Ce sont de beaux parleurs parce qu'ils vénèrent
le marché,
et ils marchent de façon charmante pour ajouter des hommes.
Les hommes qui ne sont pas bons,
lequel abandonnent-ils de ceux qu'ils ont ?
Ainsi, le Fils du Ciel se tient debout,
il place trois officiels.
Bien qu'ils s'inclinent et possèdent les disques¹
pour être le premier d'un quadrige,
avancer sur cette voie, ce n'est pas comme être assis.
Dans le passé, on cherchait une personne
pour une place tenue en haute estime sur cette voie.
On ne disait pas: "Il la reçoit parce qu'il l'a
demandé."
Il possède les fautes pour empêcher le mal ?
Ainsi, agir sous le ciel est coûteux.
1. Les disques de jade servaient d'insigne hiérarchique pour les officiels.
Agir
sans agir,
des affaires sans affaires,
un goût sans goût.
Des grands, des petits, un grand nombre,
peu de rapports se plaignent pour la vertu.
Le
dessin est difficile en sa
facilité,
il fait grand en sa finesse.
Une affaire difficile sous le ciel
produira certainement la facilité.
Une grande affaire sous le ciel
produira certainement la finesse.
C'est pourquoi l'homme sacré
arrête de ne pas faire grand.
Ainsi il peut devenir sa grandeur.
Il
est certain que peu feront confiance
aux promesses légères de l'époux.
Un grand nombre seront faciles,
un grand nombre seront certainement difficiles.
C'est pourquoi être un homme sacré leur semble
difficile.
Ainsi il s'arrête probablement sans difficultés.
Il
garde facilement son calme,
il réfléchit facilement à ce qui n'est
pas encore un présage.
Sa frivolité fond facilement,
il disperse facilement ses minuscules.
Il agit dans ce qu'il ne possède pas encore,
il gouverne ce qui n'est pas encore en désordre.
Les
arbres qui se joignent et s'embrassent,
engendrent par les chatons et le pollen.
Une plate-forme de neuf couches
s'élève par accumulation de terre.
Un voyage par mille villages
commence par le pied en bas.
Ce qui fait celui qui est vaincu,
qui tient ceux qui perdent.
C'est pourquoi l'homme sacré reste sans agir,
et par conséquent sans défaite.
Il ne tient rien,
par conséquent il ne perd rien.
Le
peuple, qui exécute les affaires,
est toujours proche de l'accomplissement,
mais il est vaincu.
Ils sont prudents à la fin comme au début,
l'absence de règles pervertit les affaires.
C'est pourquoi l'homme sacré désire ne pas
désirer
les biens chers et difficiles à obtenir.
Il apprend à ne pas apprendre
à retourner tous les hommes vers cet endroit-ci.
Parce qu'il a aidé des milliers d'êtres
à s'approuver eux-mêmes,
mais ils n'osent pas le faire.
Dans
le passé on traitait bien celui
qui était sur la voie,
pas parce que le peuple aurait été brillant,
on le maniait pour qu'il soit idiot.
Le peuple est difficile à gouverner,
parce que ses pensées sont nombreuses.
Ainsi, pour que les pensées gouvernent le pays,
le pays est pillé.
Ce n'est pas parce que les pensées gouvernent le pays,
que le pays serait béni.
Connaître ces deux personnes¹,
également examiner le modèle².
Toujours connaître et tester le modèle,
on dit justement que c'est la vertu cachée.
La vertu cachée peut être profonde ou distante,
c'est peut-être offrir une opposition aux êtres,
les approuver plus tard, puis atteindre la grande obéissance.
1. voir le
premier chapitre.
2. voir chapitre 28
Les
rivières et la mer sont des
endroits
qui permettent de faire une multitude de rois des vallées
Parce que ses amabilités les abaissent,
il peut agir en roi d'une multitude de vallées.
C'est pourquoi il désire des sujets supérieurs,
certainement pour les abaisser en paroles.
Il désire des sujets premiers,
certainement pour que son corps soit derrière eux.
C'est pourquoi l'homme sacré
s'accommode à la supériorité, donc le
peuple n'est pas important,
s'accommode à la primauté, donc le peuple n'est
pas nuisible.
C'est pourquoi il évite les plaisirs sous le ciel, mais sans
aversion.
Parce qu'il ne rivalise pas,
il ne peut certainement pas leur offrir des
compétitions¹ sous le ciel.
1. des courses de chars.