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Randonnée
le long de
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Équipement
Références
Tous
les prix sont en dollars US ou en dongs (1$ = environ 15 000 dongs, ou
15 KD).
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| Jeudi,
15 janvier
2004 Après un vol de 30 heures avec des escales à New York, Anchorage et Taipei, mon avion s'est posé vers midi, comme prévu, à l'Aéroport international de Noi Bai, à quelques kilomètres au nord de Hanoi. J'ai récupéré sans problème mes sacs et mon vélo dans sa boîte (en très bon état, malgré trois transferts d'avion). Le temps était nuageux et frais, et il devait le rester pendant dix jours. Pour un tarif forfaitaire de 10 $, un taxi m'a déposé à l'hôtel Nam Phuong II, au centre de Hanoi, où j'ai loué une petite chambre propre et tranquille (15 $ avec le petit déjeuner et une télé satellite plutôt capricieuse). Cet hôtel figurait sur la longue liste des établissements recommandés dans le Guide du Vietnam de Lonely Planet (LP), la bible officieuse des touristes en Asie du Sud-Est. Il n'est pas nécessaire de faire des réservations en basse saison. Sauf pour un petit nombre de nouveaux hôtels, il y a pas de gratte-ciel à Hanoi, qui a des airs de ville de province, malgré ses rues achalandées et sa circulation dense, mobile et enveloppante - un essaim sans début ni fin de motocyclettes vrombissantes jouant du klaxon, avec quelques bicyclettes, voitures ou camions ici et là. Pour un Occidental fraîchement débarqué, une chose aussi simple que traverser la rue peut être une aventure périlleuse, vu qu'il y a très peu de feux de circulation et que même là, les piétons ne bénéficient d'aucune espèce de priorité. Je fus choqué et consterné, car il me semblait hors de question de rouler à vélo dans cette ville de fous. Mais alors, ce qui me manquait le plus, c'était une bonne nuit de sommeil pour compenser le décalage horaire de 12 heures. J'ai dormi pendant 10 heures d'affilée. Levé tôt le matin, j'ai fait une petite marche autour du lac Hoam Kiem, à un coin de rue de mon hôtel. Dans le beau grand parc qui l'entoure, des Hanoiens de tout âge jouent au ballon, font du jogging ou des exercices de Tai Chi. Puis, carte en main, je me suis dirigé vers l'ambassade canadienne pour visiter une connaissance qui travaillait là, m'avait-on dit. L'absence de transports publics à Hanoi ne me gênait pas trop, car je pouvais marcher dans les rues relativement peu encombrées le matin. Les gens de l'ambassade m'ont donné l'adresse de son bureau, deux kilomètres plus loin. On ne s'ennuie jamais sur les trottoirs des villes de l'Asie, à observer le fourmillement de microentreprises – étals de produits alimentaires, restaurants de trottoir entourés de petites chaises de plastique, volailles caquetant dans leurs cages, kiosques de vêtements, vendeurs de billets de loto, mécaniciens réparant des motos – on trouve de tout. La plupart du temps, il faut marcher dans la rue parce que le trottoir est trop encombré. Toutes sortes d'odeurs chatouillent les narines, et on peut même voir des choses surprenantes, par exemple un homme en train d'écorcher un chien – pour certains, manger du clébard, c'est la chose à faire pour finir l'année, juste avant le Nouvel An asiatique.
Claude
Potvin fut bien étonné de me voir
dans son bureau, parce que trouver son chemin dans le labyrinthite des
rues étroites
de Hanoi est une opération délicate, même avec une
carte. Je lui montrai ma
boussole, qui m'a sauvé bien des fois en ville ou dans la
nature. Claude m'a
donné toutes sortes d'informations utiles pour planifier mon
séjour. Un moto-taxi
m'a ramené à l'hôtel pour 10 000 dongs - environ 70
cents. Il y avait un
obstacle incontournable, la fête du Têt dans une semaine.
Pendant cette période
de 10 jours, tous les trains et bus sont pleins, parce que la
plupart des
Vietnamiens ferment boutique pour visiter parents et amis. Je me suis
dit que,
puisque j'étais bloqué dans le nord du Vietnam pendant
toute cette période, autant
en profiter pour faire un peu de tourisme avant d'entreprendre ma rando
à vélo.
Après avoir comparé les mérites relatifs des
diverses options offertes dans les
cafés Internet, j'ai choisi un tour de trois jours à Sa
Pa, un petit village de
montagne située à environ 10 km de Lao Cai, la ville la
plus au nord sur le
fleuve Rouge, juste à la frontière chinoise. Je me suis
fait des amis sur le train
de nuit et ce fut un beau voyage, mais cette histoire déborde du
cadre d'un
récit de randonnée cycliste. |
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Avant de quitter
Hanoi, j'ai marché jusqu'à
la sinistre prison Hoa Lo (le « Hanoi Hilton »
des pilotes américains
descendus) transformée en musée, dont l'attraction
principale est une
authentique guillotine française, souvenir de l'époque
coloniale. À l'époque, cette
prison a offert gîte et couvert à la plupart des leaders
du futur gouvernement communiste,
servant ainsi objectivement de centre de résistance. Puis, j'ai
cheminé jusqu'au
fleuve Rouge pour voir le vieux pont Lon Bien, une étroite
structure d'acier cantilever
conçue par Gustave Eiffel, ainsi que le pittoresque
marché public tout autour. Là,
j'ai mis à profit plusieurs techniques essentielles de survie
dans la jungle
urbaine, par exemple former avec d'autres piétons un coin
d'humains qui traverse
la rue centimètre par centimètre – pas vite, mais
efficace. J'avais aussi fait
des progrès pour ce qui est de marchander divers types de biens
et services avec
les Asiatiques. Vous vous ferez probablement rouler quelques fois
(pour de petits montants, si
vous êtes chanceux) avant de vous y retrouver avec les dongs et
de connaître
les prix. Reposez-vous bien à l'arrivée, parce que vous
êtes une cible facile si
votre jugement est obnubilé par le décalage horaire. Une
fois, un réparateur de
chaussures ambulant m'a proposé de réparer mes vieilles
sandales de caoutchouc pour
1 $, mais quand il eût fini, il m'en demandait dix! Je lui
ai donné 1,50 $
parce qu'il avait utilisé beaucoup de colle acrylique. Partout
où vous irez dans
Hanoi, des motos ou des cyclotaxis vous offriront leurs services. Les
vendeurs
de rue sont souvent pénibles; certains s'entêtent à
essayer de vous vendre
toutes sortes d'objets inutiles, même si vous refusez poliment.
Inutile de se
fâcher; la meilleure façon de s'en débarrasser est
de faire un large sourire en
disant, par exemple : « Je sais très bien ce que
je veux; ne me
prenez pas pour un touriste fraîchement
débarqué! », et de s'en aller sans
regarder en arrière. Il y a quelques prostituées autour
du lac Hoam Kiem, mais elles
sont très discrètes. Si vous dites « Non,
merci », elles vous
laisseront en paix.
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Le vendredi suivant, le soleil a timidement percé à travers les nuages pour la première fois. Parti pour une longue rando à vélo dans Hanoi et ses environs, j'ai d'abord visité le mausolée de Ho Chi Minh. Après avoir fait la queue quelque temps, je suis passé devant le macchabée, qui avait l'air de dormir. Ça m'a fait quelque chose : quel grand destin que le sien! On peut laisser son vélo en toute sécurité, verrouillé avec non, dans le coin du stationnements prévu à cet effet : pour quelques sous, le gardien l'aura à l'oeil. Ensuite, en route pour le musée de l'Aviation, je me suis égaré. Guide de conversation en main, j'ai demandé mon chemin à plusieurs personnes, qui m'ont donné force explications – et c'est ainsi que je me suis retrouvé sur le chemin de l'aéroport! Me rendant compte de l'erreur, au lieu de traverser le fleuve Rouge, je suis revenu vers le centre-ville en roulant le long du rivage, un parcours très intéressant (plus de 50 km au total).
Le
lendemain, j'ai pris un tour avec
Sinh Café pour visiter les pagodes de Chua Hong, à
quelque 60 km au sud de
Hanoi, au milieu d'époustouflantes formations karstiques comme
celles qui font
la célébrité de la baie d'Along (à cause du
temps bouché, j'ai renoncé à
visiter cette attraction incontournable), sauf qu'elles sont dans les
terres. Ces
collines sculptées, qui prennent toutes sortes de ces formes
fantastiques, sont
belles à voir. Des barques en bois traditionnelles pleines de
pèlerins font la
navette sur la rivière des Parfums, qui serpente au milieu de
ces étonnantes formations.
J'étais avec un petit groupe de touristes italiens. À
Huong Son, notre guide a loué
une de ces gondoles vietnamiennes, propulsées par deux fortes
femmes maniant un
lourd aviron, l'une sur la proue et l'autre sur la poupe. Les deux
premiers temples
sont bien, mais le clou de la visite, c'est le dernier, situé
dans une grande
grotte de 50 mètres bardée de stalactites et de
stalagmites, plutôt bien
préservée. Pour s'y rendre, il faut monter plusieurs
centaines de marches
taillées dans la roche, avec tout un cortège de
pèlerins qui viennent chercher
la bénédiction de Bouddha pour la nouvelle année.
De plus, Il y a des autels spéciaux,
par exemple pour les femmes qui veulent avoir des enfants, pour ceux
qui ont besoin
argent, etc. (j'y ai prié et ça fonctionne vraiment!).
Malgré les innombrables vendeurs
des deux côtés des marches jusqu'au sommet, le paysage de
montagne est
splendide et propice au recueillement. Sur le chemin du retour, alors
que je
bavardais avec la guide – une assez belle femme, nous avons entendu un
bruit à
nos pieds : une vielle furibarde nous lapidait. Surpris, nous
avons pressé
le pas. Elle a dû me prendre pour un de ces touristes qui
viennent se taper de
la Tonkinoise. Le Vietnam n'est pas la Thaïlande, où l'on
tolère presque tout. De
retour au bateau après un copieux repas dans un restaurant en
plein air, l'une
des rameuses manquait à l'appel. Au lieu de nous attendre, elle
avait accepté un
autre contrat. Notre guide a donc dû prendre la rame à sa
place - de toute
évidence, la pénétration syndicale est encore
faible au Vietnam. Après quelque
temps, l'un des touristes italiens, un jeune homme athlétique,
l'a relevé, et il
a trouvé cela très difficile. J'ai pris le prochain tour,
mais, comme
j'envoyais presque autant d'eau sur les passagers que derrière
le bateau avec le
lourd aviron de bois, j'ai dû y renoncer. Fort heureusement, la
rameuse absente
a repris son poste, après un abordage délicat au milieu
de la rivière.
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Chronique
Promenades
dans Hué et ses environs
Jour 0
Lundi et mardi, 26 et 27 janvierVisites
à Hué et ses environs (80 km en
deux jours)
J'ai trouvé une chambre tranquille
avec la télé satellite à l'hôtel
Dong
Phuong (7 $), où le bus s'était arrêté. Le
soleil était de retour pour de bon maintenant,
et la température était parfaite. Sautant sur xe dap,
j'ai traversé le pont
pour visiter le Palais impérial – ou plutôt, ce qui en
reste. Même en mauvais
état, les bâtiments sont encore très
impressionnants. L'humilité n'était pas la
principale vertu des empereurs Nguyen, qui ont régné de
1802 à 1945. Ils se
voyaient plutôt dans les tennis de l'empereur de Chine, le Fils
du Ciel, et ils
ne s'en laissaient pas imposer par les voisins. Ils construisirent
d'innombrables
palais, grands et petits, chamarrés de tout le luxe que le
pouvoir absolu peut
procurer. Chaque détail est significatif, car il répond
à un code. Par exemple,
les grands mandarins pouvaient porter des robes de soie ornées
de dragons à
quatre griffes, mais seuls les princes pouvaient arborer des dragons
à cinq griffes.
Plus tard, après un petit somme, j'ai pédalé
quelques kilomètres, le long de la
placide rivière des Parfums, pour visiter la pagode Thieu Mu
à sept étages. Dans
le temple rempli de petits nuages d'encens, un vieux moine bouddhiste
et ses
jeunes assistants, vêtus de robes safran, psalmodiaient l'office.
Sauf pour les
gongs et les tambourins, on aurait pu se croire dans un
monastère bénédictin. Il
y a un grand nombre de pagodes somptueuses et bien entretenues à
Hué, un centre
bouddhiste très dynamique. |
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Mercredi,
28 janvier - De Hué
à Lang Co (67 km, 5 h)
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Jour 2
| Jeudi,
29 janvier - De Lang Co à Danang
par le col Hai Van (45 km, 4½ h)
Ce matin-là, sitôt sorti de Lang Co, j'ai entamé la montée du col Hai Van – le bien nommé Col des nuages. S'élevant dans les nuées, la Cordillère centrale, qui traverse les terres jusqu'à la mer, crée une barrière naturelle séparant les provinces du nord fraîches et nuageuses des provinces du sud chaudes et ensoleillées. Ce col n'est pas très haut (500 m), mais la route sinueuse à montées assez raides (dont la pente dépasse les 8 ° à certains endroits) est ardue, notamment dans certains tronçons étroits où la largeur de l'accotement diminue en peau de chagrin. J'ai dû faire une pause de temps à autre. En montant, je faisais du saute-mouton avec une jeune femme à moto qui ramassait des canettes vides. À un point, je lui en ai fait une belle pile sur le bord de la route. Elle m'a remercié d'un beau sourire. J'ai poursuivi ma route à travers les nuages avec une visibilité de moins de 50 mètres. Passé le sommet, j'ai eu Ie plaisir de faire une descente de 7 ou 8 km, alors que le soleil commençait à percer. Rendu à Danang vers midi, je n'ai eu aucune peine à trouver l'hôtel Thanh An, près de la rivière (recommandé par LP), où j'ai pris une chambre à 5 $. Le temps était maintenant au beau fixe. Au cours de l'après-midi, j'ai visité le musée Cham, qui expose d'extraordinaires sculptures et vestiges de l'époque coloniale hindoue, au 5e siècle. Je n'ai pas fait le détour nécessaire pour visiter les ruines des temples de My Son. |
Jour 3
|
Vendredi, 30 janvier - De Danang à Hoi An (32 km, 3 h)
À la sortie de Danang, j'ai fait le tour de la
Montagne de
marbre, où toutes sortes de sculptures sont en montre devant les
ateliers. Il
s'agit, pour la plupart, de fournitures destinées aux temples
bouddhistes, mais
on y voit aussi des paysans, des chevaux et des taureaux
stylisés, et même des
articles de style occidental assez cucus, qui avaient pour seul
mérite d'être des
bons vendeurs, par exemple des jeunes femmes drapées de voiles
ou des petits mannekenpis
joufflus. Sauf pour les monuments des places publiques et quelques
rares affiches
gouvernementales, le réalisme socialiste brille maintenant par
son absence.
J'ai
trouvé une chambre à 8 $ avec télé
satellite à l'hôtel Thanh Binh (LP). Alors
que je marchais sur la rue, l'un des verres de mes lunettes de soleil
est tombé.
Un bijoutier installé dans un minuscule kiosque sur la place du
marché me l'a
remis en place pour 1 $. Le vieux Hoi An est une ville-musée
très bien
préservée. C'était un grand port de mer avec une
importante communauté de marchands
chinois, qui bâtirent de somptueuses résidences et des
temples splendides. De 1975
à 1980, la plupart des Chinois sont partis, avec plus d'un
million de
Sud-Vietnamiens devenus traîtres à leur patrie du jour au
lendemain, après le
départ des Américains. Les réfugiés ont fui
par tous les moyens disponibles – souvenez-vous
de l'épisode navrant des boat
people. Maintenant, le
gouvernement tente de les persuader
de revenir au pays, avec assez peu de succès. |
Temple chinois à Hoi An Enfants à Sa Huyn
La tombe de Tu Duc
Jour 4
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Samedi, 31 janvier - De Hoi An à Quang Ngai (123 km, 7 h)
Parti
à 7 h 30 pour ma première longue étape, je me suis
arrêté vers midi dans un
restaurant de trottoir, au centre du petit village de Tam Ky. Parce que
personne
ne comprenait mon vietnamien de guide de conversation (sauf des
expressions
essentielles comme bao nheu - combien?), j'ai dû utiliser
le langage des
signes pour commander une soupe aux nouilles (0,45 $). Pendant que
j'attendais,
une petite fille est venue à ma table. J'ai fouillé dans
ma poche pour trouver
quelque chose d'amusant, et j'en ai sorti un cent canadien. Je lui ai
montré la
feuille d'érable en disant « Canada ». Ce
simple geste a causé tout
un attroupement autour de ma table; un homme a pris le sou et m'a
demandé combien de dongs ça valait. J'ai fait le geste
« très,
très peu » (120 dongs,
en fait). L'homme, croyant qu'il s'agissait d'une pièce d'un
dollar, m'en a offert
5 000 dongs. Je lui ai donné le sou, et il m'a
remercié à profusion. |
Jour 5
Dimanche,
1er
février - De Quang Ngai à Sa Huyn (65 km, 4 h)
Après
une randonnée sans problème, je
suis arrivé à la mer vers midi tout content; la
journée s'annonçait chaude. Après
un tour rapide de Sa Huyn (prononcez "Sa-ouine"), je n'avais toujours
pas trouvé d'hôtel. Un commerçant m'a
conseillé d'aller voir de l'autre coté du
pont, à deux kilomètres. À l'hôtel Te Vinh
(beaucoup d'établissements neufs ne
figurent pas dans LP), j'ai loué une jolie chambre avec vue sur
la mer pour 100
KD. Après une délicieuse soupe au thon, je suis
allé me baigner à la plage pour
la première fois. Malgré l'après-midi
ensoleillé, il n'y avait personne en vue;
de toute évidence, la mer était trop froide pour les gens
de ce pays. Flottant
comme un bouchon au milieu des vagues, je me suis payé du bon
temps. De retour sur
la plage, un groupe d'enfants curieux, trois petits garçons
gardés par leur soeur
à peine plus grande, m'ont approché timidement. Voyant
que je les photographiais,
ils ont joué à toutes sortes de jeux devant moi. Les
enfants vietnamiens sont certainement
d'excellents acteurs. De retour à l'hôtel, j'ai vu une
employée qui jetait des
ordures ménagères dans la petite lagune d'à
côté, dont la surface était constellée
de sacs de plastique. |
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Jour 6
Lundi,
2 février - De Sa
Huyn à Dieu Tri (105 km, 7 h)
Le
lendemain matin, au départ, j'ai
constaté que j'avais une crevaison. Pendant que je
démontais la roue, quelques employés
de l'hôtel sont venus voir le spectacle. Un adolescent, pointant
du doigt ma
trousse de rustines, m'a demandé par signes de lui confier le
travail. Je lui a
souri et peu après, il est revenu avec une bonne chambre
à air. Il n'a même pas
voulu que je le paie. Comme je m'apprêtais à repartir,
l'un des badauds m'a montré
une soudure brisée sous le siège : une barre d'acier
de renforcement
battait contre le cadre. Mieux valait la faire réparer avant de
quitter la ville.
J'ai mimé le geste d'un soudeur à masque -
« Pschchchchchcht! », et
quelqu'un pointa la main vers le village. Après avoir
répété mon numéro à
quelques reprises, j'ai fini par trouver l'atelier du soudeur, qui a
réparé mon
cadre avec le sourire pour 5 KD (0,33 $). J'étais en retard
d'environ une heure,
et chaque heure compte, à cause de la chaleur croissante de la
route asphaltée.
À Phu My, j'ai fait halte dans un restaurant vide, où
l'on m'a servi une délicieuse
soupe tonkinoise. Le restaurant s'est rempli immédiatement. La
célébrité, ça
peut être franchement ennuyant.Ensuite, comme il faisait près de
30 °C,
il valait mieux que je change ma tenue de polyester flamboyante pour
des
vêtements longs. J'ai fait un stop à l'endroit le plus
isolé que j'ai pu
trouver, mais cela n'a servi à rien. Un vieux paysan poussant un
chariot est
venu inspecter mon matériel et bavarder; je ne comprenais pas un
traître mot de
ce qu'il racontait. Puis, une demi-douzaine d'écoliers à
vélo se sont arrêtés
pour essayer leurs quelques mots d'anglais, pendant que je finissais de
me
changer. Ils m'ont escorté pendant quelques kilomètres,
jusqu'à leur école. Cela
ne m'a pas trop incommodé; les Vietnamiens sont curieux, mais la
plupart sont gentils.
La seule personne vraiment grossière que j'ai rencontrée
dans cette région est
un moto-taxi de Dieu Tri, qui avait décidé que j'avais
absolument besoin de ses
services. J'ai bien tenté de l'ignorer, mais il me suivait
partout et il intervenait
constamment. Finalement, je lui ai conseillé d'aller se faire
voir quelque part,
parce qu'il n'y avait aucune chance que je monte avec lui, même
si je devais ramper
ou marcher sur les mains. Il est parti en marmonnant des jurons
indistincts. |
Jour 7
Mardi,
3 février
- De Dieu Tri
à Tuy
Hoa (101 km, 7 h)
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Mercredi, 4 février - De Tuy Hoa à Nha Trang (126 km, 8 h)
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| Le
lendemain, j'ai décidé de renoncer à rouler
jusqu'à Pham Thiet et de prolonger
mes vacances pour diverses raisons : insolation, irritation de la
gorge
probablement due à la pollution routière, manque de temps
et, pis encore, je
n'éprouvais plus aucun plaisir à l'idée de
continuer. Toutefois, je n'ai aucun
regret. Voyager en solo au Vietnam, bien plus qu'un défi
technique, est avant
tout une aventure humaine inoubliable, ne serait-ce que parce que c'est
l'endroit idéal pour apprendre à communiquer par des
techniques non verbales et
surtout, par le sourire. Pour un Occidental, c'est une thérapie
intégrale. Installé au Café des amis, sur la rue des bars cools de Nha Trang, j'ai placé une affiche sur xe dap. Au bout d'une heure, je l'ai vendu à un Vietnamien dans la cinquantaine, qui cherchait un bon vélo à 10 vitesses ou plus. Il m'en a donné 40 $, soit exactement le prix que j'avais payé dans une vente de garage. C'était quand même un prix d'aubaine, à cause de l'équipement et des outils que je ne voulais pas traîner (notamment mon casque et les sacoches). Il est difficile de trouver un bon vélo au Vietnam. La plupart des gens ne peuvent s'offrir qu'une bicyclette chinoise à une seule vitesse (robuste comme un tracteur et presque aussi lourde) ou un produit local bon marché et peu durable. Je me suis ensuite acheté un sac à dos (15 $) pour la suite de mon voyage (mais ceci est une autre histoire). Finalement, la distance totale parcourue en 8 jours, de Hué à Nha Trang, fut de 660 km (au lieu des quelque 1 000 km prévus en 12 jours, jusqu'à Pham Thiet). Si on ajoute les 150 km parcourus à Hanoi et autour de Hué, on arrive à un grand total de 800 km. Au sujet de la météo : pendant la saison sèche (de novembre à avril), la pluie est rare. Je n'ai pas eu à utiliser mon imperméable une seule fois sur la route. Le mois de janvier est probablement le meilleur moment de l'année pour rouler dans le sud du Vietnam. Comme le vent dominant souffle vers le sud, il est logique de rouler dans cette direction. Toutefois, je ne me souviens pas d'avoir été incommodé par les vents. Au sujet de la route : certaines étapes à l'intérieur des terres (par exemple, de Hoi An à Quang Nhai) sont sans intérêt, sauf, peut-être, pour un touriste fraîchement débarqué. La meilleure stratégie, ce serait sans doute de les sauter en prenant le bus, mais, dans les petits villages, il peut être difficile d'expliquer qu'on veut monter avec son vélo. Toutefois, peu importe l'itinéraire que vous choisissez, il n'existe pas d'obstacle technique insurmontable comme tel : la route est belle, il y a plein d'eau potable et de nourriture à prix dérisoires, la plupart des hôtels ont des chambres libres (pas besoin de réservations), les gens sont sympathiques et prêts à vous donner un coup de main en cas de pépin (la barrière des langues est rarement un problème), et il est possible de se protéger contre le soleil si on se couvre et si on porte un masque. Pour ce qui est des règles de conduite au Vietnam, on s'habitue vite et bientôt, on se sent en sécurité, ne serait-ce qu'à cause du grand nombre de cyclistes (adultes et écoliers) qui roulent sur l'accotement. Il se peut même que vous trouviez que c'est cool de circuler comme les poissons dans un étang, sans jamais s'arrêter, perdu dans la masse (sauf, bien entendu, dans les zones de circulation extrêmement denses comme Hanoi). Les seuls vrais dangers sont les risques de maladie et l'adaptation au vacarme et à la pollution de la route, notamment les fumées noires de diesel des véhicules lourds. Ce problème devrait se résorber bientôt parce que, lorsque l'autoroute Ho Chi Minh sera ouverte dans une année ou deux, la plupart des véhicules qui traversent le pays et une bonne partie des véhicules lourds l'emprunteront, ce qui devrait décongestionner la RN 1. Mon conseil aux autres cyclistes : attendez l'autoroute! Pour moi, cette conclusion est évidente, puisque je n'ai croisé aucun autre cyclotouriste pendant tout mon voyage – ce qui explique, par ailleurs, l'accueil royal que m'ont réservé ces gens. J'avais vraiment l'impression d'être un héros. À moins qu'il ne s'agisse d'un type d'humour vietnamien qui m'a échappé : « Qui est donc ce con qui voyage à vélo au lieu de prendre le bus comme tout le monde? ». Le Vietnam change rapidement. Que réserve l'avenir à ce peuple courageux et industrieux? Par rapport à ses voisins les « dragons asiatiques » (la Corée, Honk Kong, Taiwan, Singapour) ou aux quasi-dragons comme la Thaïlande et la Malaisie, le Vietnam, surnommé le « gecko asiatique », est encore loin derrière, mais il grimpe les murs... Son économie mixte de type chinois croît rapidement. Gonflé par une forte vague de croissance démographique, il a réussi à conserver son tissu social à mailles étroites et la meilleure partie de son patrimoine communiste. « Ici, tout le monde mange et a accès à l'école publique et aux soins de santé », m'a dit un aîné. Toutefois, l'envers de la médaille est que le Vietnam, en plus de ses problèmes propres, connaît tous les problèmes de croissance des économies de marché, comme la pauvreté, la corruption, la surexploitation de ressources et la pollution, dont les effets combinés pourraient être explosifs pour son gouvernement gérontocratique de style chinois, qui tente tour à tour de maintenir le cap et de surfer le tsunami du changement. Il reste à voir quel degré de stagnation ou de changement sa jeune population est disposée à accepter au cours des années à venir. |
Autour du lac Hoam Kiem, à Hanoi
Temple Cao Dai