D'une organisation de lutte à l’alternative politique
Militant devient Mouvement pour une Alternative Socialiste

  • MAS à l'offensive!
  • Pourquoi le Mouvement pour une Alternative Socialiste?

    Pourquoi nous avons adhéré à Militant

    Cet été Militant / Mouvement pour une Alternative Socialiste (MAS) a organisé 27 meetings avec des témoignages sur Göteborg et Gênes. Nous avons réuni en Belgique pendant une semaine 300 activistes venus de tous les coins du monde pour discuter de notre stratégie envers les sommets européens. Les réactions dépassent nos attentes. La facilité avec laquelle l’alternative socialiste est discutée est rassurante. En ce moment il ne nous manque pas d’opportunités mais plutôt de moyens et de personnes. Voilà pourquoi nous appelons à rejoindre le Mouvement pour une Alternative socialiste (LSP/MAS). Voici les témoignages de nouvelles têtes qui nous ont rejoints récemment.

    "Gênes m’a convaincue. La manière de mener campagne, vos réponses, ne pas seulement confirmer que le capitalisme est mauvais ou doit être amélioré, mais offrir vraiment une alternative. J’ai été active aux Magasins du Monde pendant 3 ans. C’était agréable, mais très limité. On n’y critiquait pratiquement pas le système. Avant je pensais "Ceux-là critiquent tout!", que Militant n’existait qu’à Gand, et que cela n’aboutirait à rien. Ce que c’est le socialisme je n’y songeais pas. Après Gênes j’ai compris qu’il faut dire plus que "Nous voulons un monde meilleur" ou «un autre monde", mais qu’il faut donner une perspective et cela c’est exactement ce que vous avez fait."
    Katrijn (22 ans, étudiante, Gand)

    "J’avais déjà l’intention d’adhérer à un parti, mais j’ai attendu que l’on me propose de participer à une réunion. Ce qu’on racontait là-bas reflétait tout à fait ce que je ressentais. Le capitalisme est injuste. Seul on ne peut rien y faire, avec le LSP oui. Mes cours de journalisme pourront être utiles."
    Tom (20 ans, étudiant, Alost)

    "Je pensais déjà depuis quelque temps qu’il fallait m’organiser, mais je ne voulais pas me lancer dans n’importe quoi, je voulais d’abord regarder et apprendre. Bien que je ne connaisse pas le MAS tellement bien encore, j’ai l’impression que c’est le meilleur outil. Jusqu’ici j’ai milité au CRAAC (Comité de Réflexion et d’Action anticapitaliste) à l’ULB. J’ai participé aux manifestations de Prague, de Nice et de Gênes. D’abord j’étais effrayée, puis j’ai commencé à me poser de plus en plus de questions. Les discussions m’ont radicalisée et conscientisée."
    Kateline (21 ans, étudiante, Bruxelles)

    "Collaboratrice de Magasins du Monde, j’ai eu des contacts avec le syndicat étudiant (SVB). C’était juste après la manif de 1997, un an après le dessaisis-sement du juge d’instruction Connerotte. Puis j’ai participé aux actions contre l’austérité dans l’enseignement. J’ai ainsi connu Militant. Je ne me plains pas de Magasins du Monde, mais dès qu’on y vient avec un truc politique on s’aperçoit d’une réticence. A la réflexion je ne sais pas ce qui m’a fait adhérer, je pense que c’était la logique. Ne me comprends pas mal, entre-temps je sais très bien pourquoi."
    Vanessa (19 ans, étudiante, Courtrai)

    "Aux dernières élections j’ai perdu toute confiance en Agalev car ils voulaient à tout prix participer au gouvernement. Il était pourtant clair qu’ils ne pourraient même pas réaliser partiellement leur programme. A travers un collègue au boulot qui était déjà membre j’ai fait la connaissance de Militant. Pendant quelques mois j’ai lu votre journal, j’étais impressionnée par la combativité, la connaissance et l’enthousiasme."
    Laurette (50 ans, enseignante, Gand)

    "Quand je suis arrivée en Belgique, venant de Paris, je voulais adhérer à une organisation qui lutte contre l’inégalité et l’oppression. A travers internet j’ai connu Militant. Cela me semblait assez ouvert envers les jeunes et les nouveaux mouvements. Le PTB n’était pas vraiment ce que je voulais et était plus éloigné de mes idées. Je n’ai pas remarqué l’existence du POS, je ne m’en suis aperçue qu’après."
    Magali (23 ans, assistante ULG, Liège)

    "J’ai essayé pendant quelque temps Leef, mais il y avait peu de mouvement là-dedans. A Alost le LSP est le principal parti à la gauche des partis traditionnels. Je connaissais certains de vos militants, entre autres les frères Vanderbiest. C’est surtout la problématique de la pauvreté qui m’a poussé à m’engager. Les autres partis ne voient pas cela comme une priorité."
    Bart (23 ans, éducateur, Alost)

    "Je veux le changement. Pour cela on a besoin d’une organisation relativement grande, comme le LSP. Jusqu’ici je me situais un peu entre l’anarchisme et le socialisme. Le problème avec les anar–chistes c’est qu’ils pensent pouvoir faire tout à eux seuls, sans impliquer les masses. Avec le LSP je pense pouvoir conscientiser plus de gens."
    Kevin (22 ans, sans emploi, Louvain)

    "En début d’année nous avons com-mencé un groupe Blokbuster à Turnhout. J’ai commencé à lire des brochures et des livres. La différence d’approche entre vous et les autres organisations de gauche y trans–paraissait. Pour moi le choix était au sein de l’extrême gauche. Avant j’étais aux jeunes d’Agalev, mais ils ne font pas d’actions et certainement pas de formation. J’ai alors commencé à me positionner de plus en plus à gauche. Je vous ai accompagnés à Gênes. Pour moi cela aurait pu durer plus longtemps. Déjà l’année précédente Militant avait indiqué dans ses pers-pectives la possibilité d’un tel mouve-ment. Le PTB ne s’est mis en action sur ce thème qu’après Gènes. A ce moment, Résistance Internationale était déjà en pleine action."
    Émile (16 ans, étudiant, Turnhout)

    Les lecteurs attentifs auront déjà remarqué que Militant a décidé de lancer une nouvelle organisation politique: Linkse Socialistische Partij (LSP) / Mouvement pour une Alternative socialiste (MAS). Le but est de laisser s’y dissoudre graduellement Militant et en même temps d’entrer en discussion avec une série d’individus et de groupes amis pour les convaincre de la nécessité de participer à cette alternative politique.

    Cela faisait déjà un petit temps que le concept Militant, une organisation de lutte qui vise à gagner les jeunes et les travailleurs les plus radicalisés, devait être révisé. Dans les années 90, nous avons opté pour cette formule sur base du constat que le mouvement ouvrier et les jeunes étaient sur la défensive. La conscience des masses était en recul et fragmentée. Il y avait des luttes, mais le plus souvent sur des problèmes spécifiques comme le racisme, les droits des animaux, la fermeture d’une usine, la libéralisation d’un service ou le mauvais fonctionnement de la justice.

    Il n’était pas ou presque pas question d’une convergence de tous ces foyers de lutte. La capitulation des dirigeants sociaux-démocrates et syndicaux devant le néolibéralisme l’empêchait. Le terrain était abandonné à des organisations actives sur un thème spécifique comme Blokbuster, Objectif, Gaïa, Genoeg, JNM, MRS et les comités blancs. En Flandre, là où ces organisations n’occupaient pas le terrain, le Vlaams Blok pouvait s’emparer des quartiers sur base de sa rhétorique démagogique. Les analyses globales de la société qui remettaient le néolibéralisme en cause ne suscitaient que scepticisme, méfiance, voire hostilité. Dans ces conditions, il était important de rétablir la confiance dans la lutte afin d’attirer l’attention sur l’alternative socialiste. Le terme Militant exprimait la combativité et l’activisme tout en tenant compte du discrédit du socialisme parmi ces couches que nous voulions atteindre ainsi que de la méfiance envers les partis en général.

    Les conditions changent

    Des conditions différentes impliquent des tactiques différentes. Depuis le début de la crise, qui s’est propagée du Sud-Est asiatique au reste du monde, le fossé entre riches et pauvres est devenu tellement choquant qu’il a donné lieu à un nouveau mouvement, celui contre la mondialisation. Cela va évidemment de pair avec de la confusion et des illusions mais le débat de société a depuis lors retrouvé ses droits.

    Chez une minorité restreinte, bien que non négligeable, cela se traduit par une ouverture vers les idées socialistes. On assiste en outre à la multiplication de mouvements de lutte plus offensifs. Ceci est une nouvelle donne. L’organisation de lutte doit céder peu à peu la place à un instrument plus approfondi qui soit plus accessible et qui offre plus d’espace pour la discussion et l’ouverture.

    Militant est trop fermé pour cela. C’est trop l’expression d’un groupe d’activistes triés sur le volet qui y consacrent presque 100% de leur temps et de leurs moyens. Nous voulons un parti, mais alors un vrai, c’est-à-dire un groupe de gens qui arrivent par la discussion à des points de vue et des points de programme communs et qui les mettent ensemble en pratique. Pas une machine électorale comme les partis de l’establishment. Nos premières expériences avec le nouveau nom montrent que la répugnance envers les partis change dans la mesure où les jeunes et les travailleurs se rendent compte du fait qu’il est nécessaire de ne plus laisser la politique aux "spécialistes" de la bourgeoisie.

    Nous voulons aussi faire référence aux traditions du mouvement ouvrier. La naissance en 1885 d’un parti ouvrier indépendant de la bourgeoisie était un pas énorme en avant. L’addition du mot «socialisme» au nom exprimait le type de société à laquelle aspiraient beaucoup de militants de base du SP et du PS. Mais la politique réformiste de la direction devait inévitablement mener à la récupération. Aujourd’hui les directions du PS et du SP sont totalement bourgeoises. Elles se situent très loin des travailleurs et exécutent fidèlement la politique du patronat aux niveaux local, national et international. Le sommet du SP veut maintenant biffer le mot "socialiste" du nom pour lui substituer le terme "social-démocrate".

    LSP/MAS veut renouer les fils tout en tenant compte des erreurs du passé. Nous ne voulons reprendre que les meilleures traditions, celles du socialisme révolutionnaire. Mais le terme révolutionnaire a été tellement sali que beaucoup de travailleurs et de jeunes ne l’associent plus à un mouvement conscient des masses, mais à un putsch. Le terme "gauche" exprime le mieux aujourd’hui la contradiction entre socialisme révolutionnaire et réformisme, d’où notre choix pour LSP.

    En Flandre et à Bruxelles, Militant a, en tant que force motrice de Blokbuster, d’Aktief Linkse Studenten et du Studentenvakbond, établi une certaine réputation. Nos interventions à Clabecq et dans le Mouvement pour le Renouveau syndical, dans la grève de Carnoy et la campagne contre la privatisation de la collecte des déchets à Gand, nous ont permis d’atteindre une couche plus âgée. Nous avons gagné des activistes du SP, d’Agalev, du KP, du POS et même quelques-uns qui ont gravité un temps à la périphérie du Vlaams Blok. Un tel bilan et la tombée en désuétude des vieilles appellations pour les partis en formation (Ligue, Union,...) nous permettent selon nous, même à ce stade précoce, de nous appeler "Parti".

    En Wallonie, nous n’avons pas encore cette autorité ni cette implantation. De plus, le PS (le parti le plus important) n’a pas encore atteint le niveau de dégénérescence du SP et n’est pas encore disposé à rayer le mot "socialiste" de son nom. Il serait prématuré de nous y appeler Parti socialiste de Gauche comme en Flandre. Nous proposons MAS parce que c’est le nom qui reflète le mieux notre stade de développement en Wallonie et qui répond le mieux à la situation actuelle. Cela pose un problème à Bruxelles où nous aurions en principe la possibilité d’utiliser la conception de parti. En attendant un développement plus égal dans les deux parties du pays nous y travaillerons avec les deux noms.

    Il va de soi que LSP/MAS reste une seule et même organisation nationale avec un programme, un congrès et un comité national unique.

    Eric Byl

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