Jibun Kakumei > Chapitre 7 : Confiance en soi


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*******************************************first step****

Maintenant que la récréation était finie, Kotaro reprenait son attitude sérieuse. Il était tellement habitué à cet état d'esprit qu'il lui fut aisé d'y retourner. Toutes les responsabilités dont il s'était déchargé pendant un instant étaient revenues, impitoyables, s'aggripant à ses épaules et pesant sur son cou comme de sombres démons plantant leurs griffes dans sa chair et remplissant l'air de leur atmosphère oppressante. Se rappelait-il encore de la liberté de mouvement qu'il avait eue quelques instants auparavant ? Cela lui semblait tellement irréel et lointain. Une ombre passa dans ses pensées. Oui cela importait peu maintenant. Ce qu'il avait à faire était tout ce à quoi il devait penser. Il vida son esprit, n'y laissant la place que pour les paroles d'une seule personne. Tout était clair et simple, il allait une fois de plus utiliser sa présence et s'imposer. Personne ne pourrait l'en empêcher.
Il descendit les marches des gradins, plein d'assurance et se dirigea vers les deux garçons qui traînaient encore sur le terrain à papoter. Ils ne remarquèrent pas son approche et c'est seulement lorsqu'il se planta à côté d'eux, les mains dans les poches, un rictus hautain étirant sa bouche, que Miroku recula d'un pas, son visage perdant instantanément son air joyeux, ses yeux s'agrandirent et sa bouche s'ouvrit, béante. Sano ne comprit pas tout de suite le changement d'attitude de son ami. Il suivit son regard et vit le décoloré à deux pas de lui, se pavanant et regardant Miroku d'un air qui ne lui plût pas du tout.
Instinctivement, il se plaça devant Miroku, comme pour le protéger. Il avait promis à Miroku qu'il ne lui arriverait aucun mal et qu'il resterait avec lui, maintenant il devait le lui prouver.
Kotaro fut agacé par sa réaction. Voilà qu'il jouait vraiment les gardes du corps. Ca devenait vraiment ridicule. Mais il n'était pas venu là pour s'occuper du comportement de Sano. Après lui avoir jeté un regard haineux et bref, il ne se concentra plus que sur la petite silhouette à peine cachée par les larges épaules de Sano. Il trouva et accrocha son regard, sentant son emprise s'affermir.
Miroku se sentait gêné. Son ami s'était interposé entre lui et Kotaro mais malgré tout il se sentait très fragile. Le regard de son ancien coéquipier était terrible, il ne lui offrait aucune échappatoire. Il avait eu raison de penser que cette fois serait plus pénible que la précédente. Au moins la dernière fois il n'avait pas eu à soutenir ce regard si dur, il était alors plongé dans les ténèbres.
Mais maintenant qu'il le voyait en plein jour, toute sa fureur transparaissant sur ses traits, il paraissait terriblement effrayant. Il ne savait pas quoi faire maintenant à part essayer de détourner le regard et s'intéresser à la pelouse malmenée du terrain de foot.
Déçu de perdre ce contact direct, Kotaro entama la conversation d'un ton sarcastique.

"Alors on dirait que le petit génie a fait des prouesses malgré tout. Félicitations ! C'était un match splendide.
- Qu'est-ce que tu veux au juste ? le coupa Sano.
- Moi ? Oh rien de très spécial..." Il jeta un regard carnassier à celui qui avait osé l'interrompre. "Comme je l'ai déjà dit à Miroku je suis juste venu lui rafraîchir la mémoire...
- Ben c'est fait alors maintenant tu peux t'en aller !
- Ah non je ne lui ai pas encore parlé sérieusement. Je viens à peine de le retrouver je ne vais pas le quitter aussi vite !
- Si t'es venu ici juste pour foutre la merde c'est pas la peine de rester !
- Oh là du calme voyons ! Je suis juste venu parler avec mon ex coéquipier du bon vieux temps. Du temps où on jouait encore ensemble, avant qu'il ne détruise tout !
- Eh ça suffit maintenant, si t'as rien de mieux à dire vas-t'en !
- Ah ouais ? Mais j'ai d'autres choses à dire !"

Miroku commençait déjà à ployer sous le poids de ses paroles et ça Kotaro s'en était aperçu avec plaisir. Il fallait qu'il en dise le plus possible, il ne devait pas perdre de temps. La colère montait et sourdait en lui, il ne pouvait plus l'empêcher de sortir.

"Oui tu as tout détruit ! Tu as détruit la vie de ton meilleur ami, ses espoirs et sa carrière, tu as détruit la vie de sa soeur par la même occasion et tu as détruit ce que j'étais !"

La voix de Kotaro était devenue comme un poignard qui transperçait le coeur de Miroku, lui rappelant tous ces moments où il avait voulu réparer le mal qu'il avait fait mais s'était fait rejeter à chaque fois. Il tenta en vain de se plaquer les mains sur les oreilles mais la voix et le ton de reproche de Kotaro l'atteignaient toujours.

"Comment peux-tu oser rejouer au foot alors que lui ne peut même plus marcher ! Comment peux-tu oublier le mal que tu as fait aussi vite ! Tu ne mérites pas de jouer, tu ne mérites pas d'être heureux et tu... AIE !!"

Tout d'un coup tout redevint calme. Miroku qui avait fermé les yeux, espérant se cacher le plus possible, les rouvrit pour voir Kotaro étalé par terre, se tenant la joue d'où perlait un peu de sang alors que Sano secouait sa main droite.

"Ne dis pas un mot de plus espèce de sale décoloré ! T'as aucun droit de juger Miroku. Si tu veux te plaindre va voir ta mère, mais n'essaie plus de rejeter la faute sur lui.
- Pfff... c'est trop mignon, voilà qu'il s'est vraiment trouvé un garde du corps."

Il s'essuya la joue et se releva, son ardeur refroidie totalement par le coup qu'il avait reçu. Ce gars allait vraiment être une gêne pour lui. Il se sentit soudain las. Trop de choses s'étaient passées aujourd'hui et il avait fait ce qu'il avait pu avec Miroku. S'il essayait davantage il allait se faire mettre au tapis. Un instant la perspective d'un combat acharné le tenta.
Ca lui aurait éclairci les idées. Mais l'idée de devoir rentrer chez lui, à l'autre bout de la ville, éreinté après une bataille, ne l'enchantait guère.
D'autant plus que le gars en face de lui avait l'air remonté à bloc. Néanmoins il ne voulait pas partir comme ça, il fallait qu'il laisse un petit souvenir. Il fit un pas en avant, négligeant le poing levé de Sano et s'adressa directement à Miroku.

"Je reviendrai... sache seulement qu'ils sont eux aussi venus ici... et qu'ils ne t'ont pas oublié non plus."

Il lança un regard moqueur à Sano avant de se détourner et de s'en aller.
Saya qui s'était approchée pendant leur échange, alla aux côtés de Miroku, s'assurant qu'il allait bien alors que Sano baissait son poing, soucieux, pour enfin se tourner vers eux.

"Ca va ?"

Miroku, encore apeuré hocha timidement la tête.

"Oui mais... vous vous êtes fait mal sempai... je suis désolé... je ne voulais pas..."

Sano posa la main sur sa tête et lui ébouriffa les cheveux, un sourire rassurant naissant sur son visage. Saya, voyant qu'elle ne servait plus à grand chose, suivit sa propre idée et partit du terrain après avoir lancé un petit "je reviens" énigmatique.

"T'inquiète pas je t'avais dit que je m'en occuperai ! Non mais il m'a agacé avec ses phrases à la con à dire que tu pouvais pas être heureux, ça j'ai pas du tout apprécié."

C'était pour ça qu'il l'avait frappé ? Parce qu'il pensait que Miroku avait le droit de vivre heureux ? Celui-ci n'en revenait pas. Que quelqu'un croie autant à cela alors que lui-même ne pensait en profiter que temporairement, ça le sciait. S'il n'y croyait pas lui-même il pouvait peut-être laisser le soinà Sano de s'en occuper pour lui. Oui, il suffisait de croire en Sano, lui seul semblait capable de préserver ce rêve pour lui.

*******************************************second step****

Maintenant tout ce qu'elle pouvait faire c'était de suivre sa propre idée.
Elle courut sur le terain accidenté rempli d'ombres, ses pieds se coinçant dans des mottes d'herbe ou plongeant dans des trous, ne s'occupant pas de ces détails elle continuait sa course vers la silhouette penché qui s'éloignait vers la route. Elle pensait courir vite mais apparemment ses pieds mal assurés la ralentissaient grandement. Il atteignait déjà la route devant le pensionnat et allait bientôt disparaître de sa vue.

"Kotaro !"

Elle cria plus par réflexe que par nécessité. Si elle n'avait pas été pressée à ce point elle se serait bien passé de se faire remarquer par n'importe qui.
Il se retourna l'air surpris. Il ne semblait plus en colère comme s'il s'était vidé totalement en parlant avec Miroku. Il était las, plus fatigué qu'il pensait jamais l'être sans avoir fait d'effort physique. La revoir lui faisait imaginer qu'il allait devoir supporter de nouvelles remarques.

"Qu'est-ce qu'il y a encore ?
- Tu... tu n'as pas trop mal, ça va ?"

Il la regarda incrédule, se demandant de quoi elle parlait.

"Ton coup là sur la joue...
- Ah ?! Ca ?"

Il avait déjà oublié la chaleur mordante qui courait sur le côté de son visage. Il y porta la main, qui lui sembla fraîche tout d'un coup.
Réalisant de nouveau à qui il parlait, il reprit son air peu engageant et son ton cassant.

"Ca te regarde pas, retourne pouponner ton ami", fit-il en un signe de tête vers le terrain de foot.

Elle ne se laissa pas démonter.

"Il est déjà pouponné par quelqu'un d'autre. Tu avais raison, j ene lui suis pas d'une grande utilité."

Voyant qu'il baissait un peu sa garde et reprenait un air plus calme elle porta une main douce à son visage, lui parlant doucement.

"Est-ce qu'elle en a consience ?", fit-elle d'un air mystérieux, semblant préoccupée.

"De quoi ?" Il sentait qu'elle s'approchait lentement mais sûrement de sa vraie personnalité. Elle arrivait à le désarmer si facilement qu'il se sentait complètement nu devant elle.

"La personne qui te fais faire tout ça ?" Elle laissa sa phrase se suspendre en l'air, s'immiscer dans l'esprit du jeune homme. Il faiblissait de plus en plus, il ne pouvait rien lui cacher.
Elle lui sourit tristement, son regard doux essayant d'apaiser ce qu'elle avait à dire.

"Est-ce qu'elle se rend compte du mal que ça te fais de devoir faire tout ça ?"

Il la regardait fixement, les yeux écarquillés. Il ne pensait plus à être méchant avec elle, à mal lui parler. C'était la première fois qu'on lui mettait sous les yeux sa propre situation et qu'il réalisait enfin son côté surréaliste et terrible.
Oui, aux yeux des autres ce qu'il faisait pourrait paraître inconscient et inutile, surtout vu comme il était traité par ceux qui comptaient sur lui. Mais de cela il s'en fichait. Ils ne savaient rien de sa vie et de ce qui s'était passé pour qu'elle changea du tout au tout.
Pourquoi alors cette fille s'inquiétait pour lui après tout ce qu'il lui avait dit ?
Sa main était si douce sur sa joue et son visage était concentré sur lui et sur rien d'autre. Il était enfin regardé vraiment. Mais elle ne pouvait pas comprendre. Il lui ota sa main de sa joue, prenant un air patient bien qu'il ne soit pas très doué pour ça.

"Je fais ça de mon plein gré, tu n'as pas à t'en occuper ça ne te regarde pas."

Cette phrase pesait sur le moral de la jeune fille. Elle aurait accepté plus facilement qu'il lui crie dessus. Son calme soudain était beaucoup plus impressionnant et sincère.

"Bien que..." Il marqua une pause, s'assurant que la fille était attentive. "Bien que je doive avouer apprécier que tu te soies préoccupé de moi."

Voilà le résultat ! Elle l'avait tellement bien cerné qu'il n'avait pas pu s'empêcher d'avouer ce qu'il ressentait tout bas. Il n'avait jamais été aussi gentil avec personne depuis longtemps.
Il lui lâche enfin la main et partit, la laissant planté là. Elle ne s'était même pas aperçu qu'il avait gardé sa main si longtemps dans la sienne. Le vide qu'elle ressentait maintenant l'étonnait beaucoup. Elle regarda sa main, perdue. Leur contact avait été si doux et si simple, il s'était fait tout seul, naturellement. C'était étrange. Elle savait qu'il ne voulait que du mal à son ami et que son caractère était instable et pourtant c'était si simple d'être avec lui et de lui parler. Elle referma sa main, repoussa toutes ces idées étranges dans le fond de sa tête.
Elle se retourna pour voir Sano entouré de plusieurs filles bavardes et animées. Elle ressentit une pointe de jalousie mais se repris bien vite, se sentant bien trop puérile. Après tout, elle ne connaissait pas Sano, elle n'avait aucun droit sur lui. Malgré ça, le voir avec d'autres personnes, parler et être attentif et offrir de si beaux sourires, cela l'exaspérait. Elle aurait voulu que ces sourires lui soient adressés à elle seule. Kotaro avait totalement disparu de ses pensées.
Elle soupira et se dirigea vers les gradins pour attendre que Miroku sorte des vestiaires. Quand Sano la vit revenir avec son air si préoccupé, il se désintéressa complètement des pies qui n'arrêtaient pas de piailler à côté de lui, malgré tout il avait bien compris ce que faisait Saya. Il était triste de la gêner, il pensait bien qu'elle devait être frustrée qu'il y ait quelqu'un d'autre pour s'occuper de Miroku. Pendant ces dernières années elle avait été la seule à partager sa vie et ses problèmes. Et maintenant il venait ajouter son grain de sel. Vu comme elle semblait gentille et généreuse, peut-être avait-elle voulu s'occuper du problème à la racine alors qu'elle le laissait s'occuper de Miroku.
Il se leva et s'avança vers elle, lui offrant un sourir bienveillant, bien différent des sourires sans vie et insipides qu'il n'avait pas arrêté de donner à toutes ces supportrices de l'équipe adverse qui étaient venues le voir.
Ce sourire la cueillit doucement, faisant bondir son coeur dans sa poitrine et s'évanouir toutes ses pensées négatives.

*******************************************third step****

"Ce n'est pas un peu tôt pour vous renseigner sur les joueurs ? En plus nous avons perdu tous nos matchs depuis le début de la saison. Qu'est-ce qui vous a fait venir nous voir dans ce coin paumé ?
- C'est vrai que ce n'est que le début mais j'ai pour habitude de voir toutes les équipes du championnat au moins une fois. Je suis tombé sur la votre par hasard, ça tombait bien dans mon emploi du temps."

"Pas gêné le type", pensa l'entraîneur avant de reprendre à voix haute :
"Bon alors vous voulez savoir quoi ?" Il continuait à ranger les accessoires dans le local de foot, ne s'intéressant qu'à moitié à ce que lui disait son interlocuteur.
- Je dois dire qu'au départ j'étais venu pour les joueurs mais j'ai été surpris de voir un étudiant à vos côtés, sur le banc de touche, donner des avis et des conseils assez pertinents. Sans vouloir vous vexer on aurait vraiment dit que c'était lui l'entraîneur de cette équipe.
- Ah !" Il s'arrêta et considéra plus sérieusement ce grand homme mal fagoté qui le regardait d'un air malicieux.

"Vous voulez parler d'Izumi ?"

Il fit une pause mais comme l'autre homme ne faisait qu'attendre patiemment qu'il continue il tira une chaise en bois et s'y assis, indiquant un fauteuil en cuir pour le visiteur. Il s'accouda à la table et d'un air dégagé entama ses explications.

"C'est vrai que c'est le joueur le plus impliqué dans la vie du club. Il s'occupe de beaucoup de choses et c'est une aide précieuse pour moi.
- Mais il ne joue pas ?
- Oh si, normalement il devrait jouer, c'est notre meilleur attaquant ! Mais il s'est blessé à la dernière rencontre et depuis il ne peut plus s'entraîner. Maintenant pour s'occuper il prend en charge pas mal de choses ici. C'est vrai que comme il connaît bien les joueurs pour avoir été leur coéquipier il est plus facile pour lui de les cerner et de les motiver."

Il fronça les sourcils, pensant à tout ce que Sano faisait en plus pour le club, un gars dévoué à ce point c'était rare.

"Ce n'est pas seulement qu'il les connaît bien, reprit son interlocuteur, allumant une cigarette. On voit clairement qu'il a une analyse poussée du jeu qu'il adapte rapidement aux évolutions du match. Il sait utiliser les joueurs quand il faut et où il faut. Sans lui la victoire aurait été bien plus âpre. Il vous a évité de trembler devant l'adversaire. C'est un élément extraordinaire mais dont vous ne soupçonnez pas encore le génie. Il a encore quelques maladresses mais c'est normal s'il n'a jamais fait ça avant."

Il se leva, écrasa sa cigarette dans le cendrier, fouilla dans la poche de sa veste et en sortit un petit carton qu'il tendit à l'entraîneur.

"Qu'il m'appelle si ça lui dit que je le briefe sur le métier d'entraîneur. Même s'il ne choisit pas cette voie j'aimerai beaucoup lui parler. Rencontrer quelqu'un d'aussi jeune qui soit si exceptionnel ça n'arrive pas souvent."

Il se détourna et se dirigea vers la porte mais il s'arrêta comme s'il venait de se souvenir de quelque chose.

"Ah ! Il y a aussi ce jeune attaquant aux cheveux clairs, un occidental. Je pense que pour lui vous recevrez beaucoup de demandes. Mais si vous me dites que cet Izumi est votre meilleur attaquant... que donneraient-ils s'ils jouaient ensemble ? La tactique alliée au génie, ils pourraient faire de réelles étincelles. J'aimerai être là quand cela arrivera. Mais pour l'instant... merci de m'avoir reçu et bon courage pour la suite.
- Au..."

La porte se referma avant qu'il ne puisse finir.

"revoir..."

Il regarda attentivement la carte, ce nom lui disait vaguement quelque chose. En tous les cas s'il n'était pas le seul à remarquer l'excellence de ses deux joueurs cela voulait dire qu'ils allaient être courtisés par plusieurs personnes quand arriverait la fin de la saison. Après tout, c'était leur dernière année au lycée, il faudrait qu'ils choisissent une école pour après. S'il arrivait à suffisamment les mettre en avant, de nombreuses possibilités pourraient alors s'offrir à eux.
Il se sentit soudain plus vieux, un gamin s'était révélé bien plus intelligent que lui pour diriger cette équipe. Il était fier mais en même temps il se sentait devenir inutile.
Bah ! Il continuerait quand même à les entraîner : Sano n'était pas tout le temps là et comme ce Jun l'avait dit, il était encore maladroit dans sa façon de faire. C'était encore plus de travail qui l'attendait désormais mais quelque part il sentait que tout cela allait devenir très intéressant. Pour une fois il allait y avoir de l'animation cette année !

*******************************************fourth step****

Il se sentait sûr de lui, prêt à tout affronter. Il avait choisit de se reposer sur Sano, de le laisser l'aider et d ene plus rien lui cacher. En contrepartie de l'assurance qu'il lui avait donnée, il voulait devenir plus fort pour être digne de lui, de pouvoir être à ses côtés sans se sentir minable et considéré comme un poids. Il voulait surtout que sa présence ne porte pas préjudice à son sempai. Alors qu'il se changeait, les gars faisaient tous un détour pour le féliciter une dernière fois. Il était surpris et un peu hésitant sur la manière de recevoir toutes ces flatteries. Il esquissait un faible sourire et hochait doucement la tête alors que ses camarades étaient bruyants et hilares, ce qui présageait d'une grande et longue fête dans le pensionnat. Il enfila son sweat shirt et s'arrêta à mi parcours. Cette odeur, ce n'était pas la sienne mais elle lui était familière. Il passa sa tête dans le col et ajusta le sweat sur ses épaules. C'était étrange. C'était son sweat mais en même temps il semblait avoir changé de forme, comme s'il était plus large. Et cette odeur qui s'en dégageait, il n'arrivait plus à se souvenir d'où elle venait. Il finit de ranger son casier machinalement, son esprit clair occupé à fouiller dans sa mémoire. La fatigue de la journée commençait à lui retomber sur les épaules. Il sentait que son esprit avait été mis à mal mais la fatigue musculaire qu'il ressentait lui procurait un étrange bien-être. Il s'étira, envoyant ses mains le plus haut possible vers le plafond, un baillement s'échappant de sa bouche. Ses yeux semblaient ne plus vouloir s'ouvrir et pourtant il était encore très tôt. Il se pinça les joues ce qui le réveilla franchement, lui laissant deux belles traces rouges sur le visage. Il referma son casier et prit son sac de sport. En se penchant pour lacer ses chaussures il se retrouva le nez dans son sweat à respirer de nouveau cette odeur étrange.
Il resta bloqué un instant, tenant ses lacets en l'air, arrivant presque à définir ce qu'il sentait. Bientôt il perdit le fil de ses pensées et du même coup il ne put se rappeler d'où il pouvait connaître cette odeur. Il soupira, reprit rapidement le laçage de ses chaussures puis sortit. Il avançait lentement, ses jambes fatiguées se réhabituant à marcher à un rythme moins soutenu. Il goûta à l'air frais de cette fin d'après-midi, le soleil tentant de se cacher derrière les arbres. C'était la petite cerise sur le gâteau, rentrer par un si beau temps après une bonne dose de sport. Il s'arrêta, écarquillant les yeux. Cela faisait plus de deux ans qu'il n'avait ressentit ça. C'était comme s'il ressentait ça pour la première fois, il redécouvrait le bonheur des choses simples. Le fait d'avoir l'esprit libre et léger aidait pour beaucoup à apprécier pleinement tous les bons moments et les bonnes choses qui pouvaient lui arriver. Les bonnes choses... Les choses qui sentent bon...
Il était perdu dans ses pensées et il fut bien surpris de voir Sano et Saya s'avancer vers lui. Quand il était partit se changer il ne pensait vraiment pas que Sano l'attendrait pendant tout ce temps, et pourtant à cet instant il l'avait vraiment souhaité, essayant de réfréner son imagination par une bonne dose de réalisme qu'il avait essayé de rendre aussi efficace qu'une bonne douche froide.
Il se retrouva entouré de ses deux amis souriants.
Apparemment son rêve éveillé continuait. Un petit sourire flottait sur ses lèvres semblant vouloir y rester indéfiniment. Il sentait le poids de la main de Sano sur son épaule, sa chaleur.

"Eh ben ! T'as encore montré tout ton génie aujourd'hui ! Si tu continues comme ça on n'aura plus à s'en faire pour l'avenir du club ! Ils vont venir nous applaudir au lieu de nous fiche dehors."

Il marqua une pause, serrant l'épaule de son ami, empli de fierté et d'admiration pour ce jeune joueur qui semblait avoir des jambes magiques quand il jouait au foot.

"T'es épatant comme gars Miroku, vraiment."

Il se sentit rougir et baissa les yeux devant le regard insistant de Sano.
Saya, encore un peu intimidée par Sano, s'efforça de paraître normale lorsqu'elle prit la parole.

"Je dois dire que ça m'a impressionnée ce que t'as fait sur le terrain. Je veux dire, j'y connais presque rien au foot mais rien qu'à voir comment tes adversaires étaient largués ben j'ai bien compris que t'étais plus fort que ce que tu me disais. En tous les cas félicitations pour ton premier vrai match !
- M... Merci Saya... J'espère que tu ne t'es pas trop sentie perdue au milieu de tout ce foot...
- Oh ben j'ai même pas essayé de comprendre les règles hein. Mais c'était sympa de te voir aussi contente sur le terrain."

Alors qu'ils papotaient gentiment sous le regard curieux et protecteur de Sano, Hiroto vint le chercher, l'entraîneur souhaitant apparemment lui parler.

"Ouais, j'y vais tu peux renter Hiroto."

Après que le message fut parti, Miroku exprima tout haut ses pensées.

"Il vient tout le temps porter des messages ou prévenir tout le monde, que ce soit pour le foot ou à l'école... comment ça se fait ?
- Ah ça seul Hiroto doit l'savoir. Il s'propose toujours quand y'a une course à faire ou pour aller à l'autre bout du campus prévenir les gars si y'a un coup d'téléphone. J'pense qu'il doit adorer galoper partout.
- Mais ça ne le gêne pas de travailler pour les autres comme ça ?"

Sano s'apprêtait à répondre mais Saya qui avait longtemps suivit du regard Hiroto qui s'en allait, répondit à sa place.

"Je ne pense pas. Il dégage vraiment une joie pure quand il court. Il doit adorer ça et trouver n'importe quel prétexte pour piquer un cent mètres. Maintenir la cohésion de l'équipe en permettant à tous de communiquer cela doit être son objectif..." Elle s'arrêta et se tourna en souriant vers les deux garçons. "Enfin c'est ce que je crois."

Ceux-ci étaient un peu abasourdis. Miroku chercha le regard de son sempai pour voir si ce que Saya disait pouvait être confirmé.
Sano ne se fit pas prier et se tourna vers la jeune fille avec un regard respectueux.

"C'est exactement ce que je pense... et il est inscrit en athlétisme. On lui a demandé pourquoi il faisait du foot alors qu'il était si bon en course de vitesse. Il nous a répondu le plus simplement du monde qu'il détestait l'esprit égoïste et de compétition de l'athlétisme et qu'il préférait de loin s'éclater entre potes avec des mecs sympas qui se prennent pas la tête. Depuis on abuse un peu d'ses qualités et dès qu'on doit faire passer un message on l'réquisitionne."

Il fit une pause, appuyant son regard sur Saya.

"J'sais pas comment tu fais ça mais ça m'épate..."

Elle rougit comme une écrevisse, un peu embarrassée.
Sano faisait rougie tout le monde en ce moment, il se demandait bien pourquoi. Bah, il n'était pas avare en compliments quand ils étaient mérités, on le lui avait déjà dit. Et pourtant il n'en faisait presque jamais.
Pour ceux qui recevaient ses faveurs c'était comme si leur maître et modèle s'inclinait devant eux, un tel honneur leur était accordé auquel ils n'étaient pas habitués. Saya fronça les sourcils alors qu'ils repartaient vers l'entrée du campus. Sano avait un grand pouvoir sur les gens, d'un seul mot il pouvait leur redonner la confiance qu'ils pensaient avoir perdue. C'était rare de voir une telle influence être aussi généreusement utilisée. Son admiration pour ce garçon ne faisait que grandir.

*******************************************fifth step****

Les défis lui plaisaient et celui qui s'était dressé devant lui n'était qu'un avant-goût de ce qui allait se passer ensuite, il le sentait bien.
Sa main l'élançait par ondes régulières comme le sang battait dans ses veines. Il n'osait pas regarder la forme qu'elle avait, la douleur qu'il ressentait étant suffisante pour lui indiquer l'étendue des dégâts. Il ne pourrait pas échapper à une visite chez le doc. En lui-même le médecin était tout ce qu'il y avait de plus sympathique et Sano appréciait son aide mais il savait pertinemment qu'il se ferait remonter les bretelles si jamais il lui oscultait sa blessure à la jambe. Il n'avait pas du tout ménagé ses efforts et ne se permettait du repose que lorsqu'il ne tenait plus debout.
Il était conscient que cela ralentissait considérablement sa guérison mais il avait décidé de faire les choses au fur et à mesure et la priorité en ce moment, c'était le club et rien d'autre. Il fit une petite prière mentalement, espérant que les quelques soins de Miroku, quoique rares, aient été bénéfiques et compenseraient en partie son propre laisser aller.
Voyant qu'il marchait trop vite alors que ni Miroku ni Saya ne pouvaient plus le voir, il ralentit son pas, entendant presque sa jambe soupirer de soulagement. Il s'était occupé de toutes les formalités de fin de match, il ne comprenait pas pourquoi l'entraîneur voulait le voir maintenant. Peut-être avait-il besoin de son aide ou peut-être voulait-il le sermonner et lui rappeler de se reposer le plus possible.
Il avait hâte de rentrer au pensionnat pour pouvoir célébrer cette belle victoire avec tous ses collègues. En plus il aurait à préparer un repas immense pour toutes ces bouches affamées après un tel effort. Ca lui semblait tellement évident que l'équipe gagne maintenant qu'ils avaient intégré un nouvel élément si doué. Il était un peu jaloux. Non seulement il était remplacé mais encore par meilleur que lui. Il aurait tellement voulu jouer avec ses amis, tester le génie de Miroku et savourer pleinement cette victoire. Mais en même temps il avait eu réellement l'impression de participer entièrement au match rien qu'en coatchant l'équipe.
C'était la première fois qu'il restait tout le temps assis sur le banc à jouer les conseillers de fortune. D'habitude il restait assez détaché et ne faisait qu'attendre son tour. Mais cette fois-ci il s'était sentit obligé de pousser ses coéquipiers à gagner en leur criant des encouragements et des conseils. Il savait que le travail d'entraîneur était important mais il n'avait jamais vraiment prêté l'oreille à ce qu'il disait quand il ne jouait pas. De passer du rang de premier attaquant de l'équipe à celui d'aide à l'entraîneur lui donnait comme un coup de vieux assez difficile à digérer. Et pourtant c'était aussi une manière de monter en grade, d'avoir des responsabilités, de prendre des décisions auxquelles les joueurs devaient se conformer. Ca n'était pas si mal que ça finalement. Il arriva devant le local miteux du club, les petites fenêtres hautes avaient été remplacées par des morceaux de bois trouvés dans un débarras, faute d'avoir été réparées. Il n'imaginait même pas le froid qu'il y ferait pendant l'hiver. Depuis qu'il était arrivé à ce lycée et jouait dans l'équipe, c'était la même chose mais avant il ne passait pas tant de temps à discuter avec l'entraîneur et à s'occuper de toute la paperasse. Il regrettait presque ces quelques années insouciantes où il passait en coup de vent dans le local, ne remarquant même pas que la différence de température entre l'intérieur et l'extérieur était quasi nulle. Maintenant qu'il savait ce qui l'attendait il imaginait presque qu'il ferait plus froid dedans malgré tout.
L'entraîneur semblait avoir trouvé une technique imparable et passait son temps avec les joueurs, restant le plus longtemps possible dans les vestiaires pour profiter de la chaleur venant des douches. Sano avait toujours trouvé ça très louche mais finalement comme tous les joueurs il avait pris cette attitude pour une fantaisie. Personne ne pensant que cela était peut-être un moyen de rester plus proche des joueurs et de favoriser la cohésion de l'équipe tout en permettant à l'entraîneur de cerner les caractères de tous ces garçons pour mieux les répartir sur le terrain et les faire s'entraîner.
Sano se conseilla de penser à prendre des pulls chauds pour ses prochains séjours dans le local vu que l'hiver était presque installé et qu'il doutait sérieusement de l'étenchéité des murs minces de la petite bâtisse. La bise soufflait insidieuse partout où elle pouvait s'infiltrer pendant cette période de l'année.
Ah il aurait préféré se trouver dans un décor paradisiaque digne d'une bonne publicité pour agence de voyage. Okinawa ! Peu lui importeraient les serpents venimeux et les animaux inconnus qu'on préférait voir en image dans les livres sur la faune ou dans les documentaires animaliers. Rien qu'à voir la plage de sable fin, l'eau limpide et pure, les palmiers doucement agités par le vent qui claquaient leurs feuilles les unes contre les autres, applaudissant le soleil immense dans le ciel vide, qui chauffait tout ce qui était à ses pieds, sans s'inquiéter de brûler au troisième degré les imbéciles qui ne faisaient pas attention, il se sentit réchauffé et apaisé.

Il fut durement ramené à la réalité par un courant d'air frais qui s'immisça sous son t-shirt, provoquant une montée de chair de poule le long de son dos et le faisant éternuer. Les choses sérieuses commençaient, il n'éternuait jamais d'habitude, le vent devait lui chercher des crosses.
Il frappa à la porte puis rentra sans attendre de réponse. Cela n'était pas nécessaire et d'ailleurs il ne frappait que par réflexe, l'entraîneur ne s'encombrait pas de formalités de ce genre.
Il se trouvait en train de reclasser les dossiers des joueurs, chose qu'il n'avait plus faite depuis le début de l'année. Il avait bien assez à faire avec son travail et la pression de la direction de l'école. Il leva à peine un oeil pour voir qui venait se perdre là. Il fut soulagé de voir un Sano confiant et sûr de lui entrer dans la pièce.

"Ah ! Te voilà !" Il fit une pile approximative des dossiers qu'il était en train de consulter et la posa distraitement en bout de bureau, loin de ses yeux fatigués.

"Hiroto m'a averti. Qu'est-ce qui se passe ?
- Oh rien de grave, ne t'inquiète pas. Tiens, assieds-toi." C'était bien la première fois que l'entraîneur lui demandait ça. Néanmoins il obéit, sentant que la discussion allait être relativement sérieuse. L'entraîneur se leva de sa chaise et vint s'appuyer contre le bureau, se rapprochant de Sano.

"Voilà. Tout à l'heure j'ai reçu la visite d'un recruteur...
- Quoi, déjà ?
- Oui, il est en avance mais apparemment un joueur lui a tapé dans l'oeil.
- Mmm il a vu Miroku c'est ça ? C'est rapide mais pas étonnant.
- Entre autres oui mais il n'a pas demandé après Miroku même s'il a apprécié son jeu...
- Ben alors il est venu pour qui ?"

L'incrédulité du jeune homme le fit sourire. A force de trop donner on s'oubliait soi-même.

"Pour toi Sano, pour toi." Devant son air ébahi il lui expliqua sont entrevue avec Jun.

"Il ne pensait pas trouver un joueur de si bon niveau chez nous comme Miroku mais ce qui l'a le plus frappé c'est ton attitude avec les joueurs.
- Mais attendez là ! J'ai même pas joué, qu'est-ce qu'il peut en savoir ?
- Ce n'est pas ton jeu mais ta façon de coatcher l'équipe qu'il a apprécié.
- Hein ?! Mais j'ai rien fait !
- Ne crois pas ça. Je savais bien que t'étais assez perspicace avec tes coéquipiers mais tu n'avais jamais eu l'occasion de ne faire que du coatching. Je dois dire que je n'ai rien fait du match. Tu as réussi à mener les joueurs à toi tout seul, établissant des tactiques rapidement et les faisant bouger sur le terrain comme il fallait. D'ailleurs ce n'est pas pour rien que Miroku a si bien joué. C'est que les conditions de jeu étaient vraiment idéales. Tu préparais le terrain pour qu'ils marquent. T'as réussi à contrer toutes les attaques adverses en lisant impeccablement leur jeu. Sérieusement, c'était du grand art. Les gars te suivent Sano, même si tu ne joues plus t'as une grand influence sur eux. Avec moi ils n'auraient rien écouté de ce que je leur aurai dit, ça aurait été pareil que les autres fois...
- Entraîneur il faut pas...
- Ah ! Dis rien ça vaut mieux ! Bref ce Takamori pense que tu as les qualités requises pour faire un très bon entraîneur." Il prit un petit carton blanc sur le bureau, le contempla un instant puis le tendit à Sano.

"Voilà ses coordonnées. Même si tu ne te destine pas à devenir un entraîneur il a dit qu'il aimerait quand même te parler, apparemment tu l'intrigues."

Sano ne savait pas quoi dire. Il prit le carton, y lu des mots mais tout semblait tourner si vite dans sa tête qu'il ne comprit rien à ce qu'il déchiffra.

"Ca c'est la meilleure. C'est que quand je joue pas qu'il m'arrive un truc comme ça."

Il se sentait flatté par l'intérêt de ce type mais en même temps ce n'était qu'une seule personne et il ne le connaissait pas, ça n'était pas vraiment une référence pour savoir s'il était vraiment bon au coaching. Mais le rencontrer ne pouvait pas lui faire de mal.

"Bon bah, je l'appellerai alors.
- Oui ça serait bien. Ne néglige aucune auportunité quand elle s'offre à toi, Sano. Et puis... Il pourrait t'apprendre quelques petits trucs..."

Ce ton mystérieux intrigua Sano et lui donna encore plus envie de rencontrer cet homme qui s'intéressait tant à lui.

*******************************************sixth step****

Rester un samedi à cause d'un match de foot ne lui plaisait pas du tout mais malheureusement il était obligé de se plier à la règle. Il était bien payé pour ça. Mais les joueurs semblaient vraiment incapables de jouer sans récolter des blessures. Il se demandait parfoit s'ils ne faisaient pas exprès pour avoir l'air de caïds auprès des filles à l'école. Il soupira, finisaant un bandage et se dirigea vers le dernier joueur à rafistoler, en l'occurence c'était Tezuka. Au moins avec lui il était sûr que sa blessure n'était pas voulue. Il n'y avait pas plus sérieux que lui.
Alors que les derniers joueurs finissaient de se changer, la rumeur se répandit. Le doc resta concentré sur le bras de son patient qui avait reçu un mauvais coup. Les papotages des mecs allaient aussi vite que ceux des filles, tôt ou tard ils parviendraient à ses oreilles. Surtout que le joueur dont il s'occupait aimait être au courant de tout ce qui se passait dans son équipe.

"Hé ! Qu'est-ce qui se passe ?!"

Hiroto déjà changé et prêt à partir vint lui apporter la nouvelle.

"On dirait que Sano a frappé un gars qui cherchait des ennuis à Miroku.
- Qui ça ?
- On sait pas, il fait pas partie de l'école."

Kachi qui passait par là, ayant vu toute la scène, ajouta des détails.

"En fait c'est un ancien coéquipier à Miroku, apparemment il l'apprécie plus trop. Semblerait que c'est pas la première fois qu'il vient ici.
- Mais qu'est-ce qu'il voulait à Miroku ?
- Sait pas, mais Sano était en rogne. Il a collé son poing dans le figure du mec. Ca l'a fait tomber par terre."

Le doc avait fini ses soins et engrangeait le plus d'infos possibles.

"Mais le gars a insisté. Même alors que Sano le menaçait il a continué à s'en prendre à Miroku. Heureusement qu'il est vite partit sinon il se serait reçu un autre pain dans la figure. Quand Sano est remonté, ça rigole pas.
- Où est Sano maintenant, demanda le doc.
- L'entraîneur voulait le voir, il doit être au local maintenant", répondit prestement Hiroto.

Alors que les bavardages continuaient bon train, le doc sortir rapidement des vestiaires. Et voilà ! Après la jambe, la main ! Ah il n'arrêterait pas de bosser avec Sano ! S'il y en avait un qu'il n'aimait pas voir se faire mal en ce moment c'était bien lui. Il était important pour le club, mais il faisait vraiment n'importe quoi en ce moment. C'était rare que le doc s'inquiète pour quelqu'un, très rare, et malgré son détachement un peu forcé, il s'était pris d'affection pour ce gosse. Il avait l'impression de le materner.
Il n'aimait pas s'inquiéter pour les autres, il essayait toujours d'avoir le moins d'attachement possible avec ses patients. Il savait que leurs histoires finissaient toujours par l'affecter et qu'en retour il n'y gagnait pas grand chose. Il s'était méfié de Sano car il arrivait à être plus détaché que lui. Il avait vu que ce n'était pas agréable d'être avec quelqu'un d'aussi peu affecté par les choses. Du moins c'est ce qu'il avait pensé alors et il avait un peu suivit de près ce garçon pour voir ce qu'il deviendrait. Il s'était aperçu de son erreur. Sano n'était nullement détaché et au contraire tous les soucis des autres et leurs histoires lui importaient. C'était un interlocuteur patient et attentif, toujours prêt à aider les autres. A son contact il avait changé. Et même s'il n'en montrait rien il écoutait beaucoup plus ce que lui disaient ses patients. Désormais il ne pouvait plus se mentir et jouer les indifférents. Même à son âge il avait appris une leçon donnée par un gosse même pas majeur. Il était attaché au garçon et son sort lui importait plus qu'il ne pouvait se l'avouer lui-même. Il avala les nombreux mètres qui le séparaient du local en un rien de temps et ouvrit la porte à la volée.
L'entraîneur leva un sourcil à peine étonné, descendit de son perchoir, fit le tour du bureau et finit de ranger ses dossiers.
Sano s'était retourné, surpris, alors qu'il était dans ses pensées.

"On m'a appris ce qui s'est passé Sano et avant que je parte j'aimerai t'osculter."

L'entraîneur s'arrêta et posa un regard interrogateur sur le doc puis sur Sano. Celui-ci se leva, reprenant son air affable naturel.

"Oh c'est rien, pas d'quoi s'inquiéter.
- Porter un coup de poing n'a jamais fait de bien à qui que ce soit, ni à celui qui le reçoit, ni à celui qui le donne, finit-il en appuyant son regard sur Sano.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?, demanda l'entraîneur.
- Oh comme d'habitude notre éclopé a voulu jouer les braves en protégeant son ami, rien de bien neuf mais c'est encore moi qui vais devoir le rafistoler !
- Hum, Sano tu devrais faire plus attention à toi...
- C'est ce que je me tue à lui dire !
- Oui la prochaine fois utilise un ustensile histoire de pas utiliser tes poings."

Le doc et Sano se regardèrent perplexes, l'entraîneur ayant finit de ranger ses affaires, prit son sac, donna les clés à Sano et sortit du local.

"J'vais profiter de mon week-end, vous devriez en faire autant."

Il referma la porte, les laissant bouche bée encore sous le choc.
Le doc se reprit le premier : "Allez ! A l'infirmerie maintenant !"
Sano fourra la carte dans sa poche, souriant de l'attitude de ces deux hommes. L'entraîneur le surprendrait toujours. On ne penserait pas à le voir, un homme dans la force de l'âge, le visage plein de rides, qu'il pourrait faire de l'humour aussi bizarre. Et pourtant ses yeux brillaient toujours, marquant sa jeunesse d'esprit. Et le doc... Une vraie mère poule maintenant.
Dire qu'au début il lui avait semblé si antipathique. Il traîna un peu la patte derrière lui, le suivant le long du couloir menant à l'infirmerie, espérant ne pas être trop en retard pour préparer le repas du soir.

*******************************************final step****

Le doc fut agréablement surpris de voir que la blessure de Sano était bien entretenue, il le félicita de ses soins, se doutant bien que quelqu'un l'avait aidé. Ce quelqu'un était d'ailleurs sûrement Miroku, il ne voyait vraiment pas quelqu'un d'autre s'embêter à s'occuper de ce gars. Il ne laissait personne s'occuper de lui ou s'inquiéter pour lui d'habitude. Il se félicita de cette heureuse amitié qui ne pouvait que leur être bénéfique à tous les deux. La main n'avait pas beaucoup souffert malgré ses appréhensions et un peu de repos suffirait à la soigner. Elle avait néanmoins bien gonflé et y toucher lui faisait pariculièrement mal, ce qui n'était pas pratique étant donné qu'il était droitier.
Le doc ne demanda rien sur les circonstances de la blessure à la main de Sano. Il se doutait que le garçon avait ses raisons et qu'il avait sûrement agit pour le mieux, pour protéger son ami d'après ce qu'il avait entendu. Sano sentait que le doc se retenait de lui poser trois tonnes de questions comme il le faisait d'habitude. Il lui en fut reconnaissant car il ne voulait pas avoir à donner d'explications sur ce qu'il avait fait ni à lui ni à personne.

"Te voilà rafistolé de partour, tu vas pouvoir aller t'amuser maintenant. Fais pas trop d'efforts quand même d'accord ?
- Ok ok, je f'rai gaffe."

Sano sortit rapidement de l'infirmerie, trop heureux de ne pas s'être fait engueuler pour sa blessure, espérant ne pas arriver trop tard en cuisine.
Le doc soupira, à chaque fois c'était la même chose. Les patients avaient beau dire qu'ils feraient attention à leurs blessures ils ne s'y tenaient jamais. La porte se rouvrit d'un coup, révélant un Sano qui essayait vainement de cacher qu'il était essouflé.

"Eh doc ! Merci d'être resté aujourd'hui pour vous occuper des gars et puis de ma blessure ! Bon week-end !" Et il repartit aussitôt, sans attendre de réponse.
Le doc sourit. C'était pour ça qu'il était si attaché à ce gosse. Il était tellement reconnaissant avec ceux qui l'aidaient. A sa manière, il n'oubliait jamais personne. Il rangea sa trousse puis ferma l'infirmerie, se sentant apaisé et contente de lui-même. Il allait pouvoir rentrer tranquillement chez lui et profiter de sa soirée avec sa femme et son tout jeune fils. Il aimerait être présent pour lui autant que Sano l'était pour ses amis. Avoir pour modèle un garçon qui était encore au lycée c'était vraiment une belle leçon d'humilité. Mais cela ne lui apportait que des bonnes choses alors il pouvait étouffer son semblant de fierté d'adulte sans remords. Il regarda une dernière fois le pensionnat avant de s'en aller.
Les premiers éclats de rires et les bruits de fête commencèrent alors à retentir, une belle soirée s'annonçait. Ces jeunes étaient toujours partants pour s'amuser. Il eût une petite pointe de jalousie, souhaitant pendant deux secondes avoir leur âge et leur insouciance. Mais finalement il préférait rester tel qu'il était. A chaque âge son lot de peines et de soucis, à chaque âge son bonheur particulier.
Son rêve d'avoir une famille s'était réalisé, il n'abandonnerait ça pour rien au monde. Les yeux de son enfant le lui disaient, il était quelqu'un d'important qui avait un miracle chez lui. Il pressa le pas, souhaitant rentrer le plus vite possible chez lui, oubliant la bise fraîche qui continuait à souffler, amenant avec elle al fin de la journée.

*************************************************the end****************



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