*******************************************first step****
Jibun Kakumei > Chapitre 5 : Rencontres
<-- Chapitre précédent..Chapitre suivant -->
Encore une fois et malgré toutes ses précautions, Sano était en retard pour son travail. Pourtant il s'était précipité à la fin de ses cours pour aller aider l'entraîneur à installer tout l'équipement en vue de l'entraînement, Tezuka étant occupé par un examen d'entrée à une grande école privée. Mais il semblait que sa blessure à la jambe le ralentissait plus qu'il ne le pensait. Il avait peur de tomber dans les pommes à chaque fois qu'il restait debout trop longtemps. Ce moralisateur de docteur lui avait bien recommandé de ne pas se forcer mais il ne pouvait se rettenir, surtout quand il devait aider les autres. Il n'y avait que lorsque Miroku apparaissait comme un diable de sa boîte et lui disait d'aller se reposer qu'il s'arrêtait un peu. Le doc avait eu une illumination quand il avait dit que Miroku aiderait son sempai. Mais Sano n'aimait pas inquiéter les gens autour de lui et surtout pas son jeune ami. Alors quand il se sentait fléchir il s'éclipsait discrètement. Pour l'instant personne ne se doutait de rien et c'était tant mieux comme ça.
Il se retrouvait donc sur la route menant au centre ville, clopinant le plus vite que lui permettait sa jambe malade. Elle ne le lançait pas encore mais il ne préférait pas penser à la douleur qu'il allait certainement ressentir le soir en récompense de son inconscience.
Il se rappelait la première fois qu'il avait trouvé le magasin où il travaillait. Il venait juste d'apprendre les difficultés dans lesquelles le club se trouvait. A peine remis de sa blessure, il s'était sentit tellement responsable de tous ces problèmes, qu'il avait tout de suite décidé de travailler pour renflouer les caisses du club. Il avait essayé en vain de prévenir Miroku pour ne pas qu'il intègre l'équipe mais il fallait croire que son pouvoir de persuasion était nul. Il était partit, anxieux, à la pêche au petit boulot, espérant trouver quelque chose le plus rapidement, même si ça devait fatiguer sa jambe.
Il avait erré dans le quartier commerçant le plus proche, entrant dans toutes les boutiques possibles. Il s'était arrêté devant la vitrine d'un bijoutier et y avait découvert un collier fin et simple qui lui avait tout de suite fait penser à Miroku. C'avait été bizarre pour lui de penser à ça aussi soudainement. Il s'était alors demandé quand pouvait bien être l'anniversaire de son ami. Il s'était promit alors de le chercher dès qu'il rentrerait au pensionnat. Il pensait le trouver sur le registre du club de foot.
Un bruit fracassant avait alors attiré toute son attention. Il s'était tourné pour voir deux énormes bidons tomber d'un chariot et se diriger vers lui. Il les avait arrêtés du pied et prestement soulevés, comme s'ils avaient été vides, un dans chaque main, et il s'était dirigé vers un homme dans la cinquantaine, énergique, vêtu d'un tablier. Celui-ci l'avait regardé approcher, les yeux écarquillés.
"Eh ben mon gars ! C'est pas tous les jours que j'vois un jeune homme soulever ces poids aussi facilement ! T'as des muscles en acier ?
- Ah ? Non, c'est pas si lourd que ça..."
Il les déposa près du chariot sans sembler fatigué pour deux sous et s'apprêtait à repartir lorsque l'homme l'interpella.
"Dis donc ! Ca s'rait pas toi le jeune qui fait toutes les boutiques du quartier pour trouver du boulot ?
- Ah ben oui c'est moi. Les nouvelles vont vite...
- Le quartier est petit... Ca te dirait pas de travailler chez moi ? Si t'as pas peur du gros travail et de porter des poids lourds, fit-il en désignant les bidons par terre, ça pourrait t'intéresser...
- Tout m'intéresse ! C'est quoi votre boutique ?
- Un café, juste là..., fit-il en montrant du doigt l'enseigne colorée d'un petit café symathique où Sano était venu quelques fois avec les gars du pensionnat. Je te prends à l'essai cette semaine pis si ça marche tu pourras rester."
Le patron lui avait tout de suite plu. Il était franc et direct, il disait vraiment ce qu'il pensait, il n'y avait pas la place pour des sous-entendus et encore moinspour des quiproquos. Il avait tout de suite accepté sa proposition avec reconnaissance. Il lui avait fait visiter le café et montré les coulisses avec tout ce qu'il aurait à faire. Il ne chômerait pas ça c'était sûr. Mais le bon caractère du patron lui avait fait penser qu'il se sentirait à l'aise dans ce travail et que s'il avait un problème il pourrait toujours demander de l'aide.
Sano eut un petit sourire alors qu'il se remémorait cette journée. Le patron était devenu une aide précieuse avec le temps et il conseillait judicieusement son employé autant dans son travail chez lui qu'à propos du club de foot.
Ca se trouvait pas tous les jours des employeurs aussi attentifs à la vie de leurs employés. Quoiqu'à part Sano, il n'y avait qu'un des fils du patron qui aidait à tenir le café. Ils n'avaient pas besoin de plus de personnel, la clientèle étant peu nombreuse mais fidèle.
Il se pressa autant qu'il put mais apparemment le café n'était pas encore ouvert. Sano entra en essayant de récupérer son souffle.
L'intérieur était calme, rien n'était encore prêt. Il fut accueillit par un tonitruant "bonjour" de son patron qui semblait aussi en retard que lui.
"Tu peux préparer la salle ? Je viens juste de recevoir la nouvelle machine à expresso. L'autre nous avait laché ce matin. Encore heureux qu'il y ait un magasin fournisseur pas trop loin. Il faut dire que l'expresso a beaucoup de succès, on ne pourrait pas s'en passer. Aujourd'hui tu seras seul, mon garnement est partit en stage pour une semaine dans je ne sais quelle usine qui paraît merveilleuse d'après ce qu'il en raconte."
Il le laissa déballer son flot de paroles alors qu'il revêtait le tablier du café et commença à descendre les chaises des tables. Ce n'était pas tous les jours qu'il devait faire une ouverture si tard dans l'après-midi. C'était bien la première fois que le café fermait en pleine journée. Mais le patron était tout seul à élever son fils et il avai certainement dû l'accompagner personnellement.
Il releva le store et tourna le panneau du côté "ouvert" quand tout fut prêt, puis il attendit dans le coin près du bar que son patron finisse son monologue.
Mais avant cela, un client entrait déjà, un grand mec costaud au visage sérieux, les cheveux décolorés, qui s'installa à une table près de la vitre.
"Vous voulez quoi ?
- Hum, un café et aussi un petit renseignement si possible.", ajouta-t-il d'un air malicieux, intriguant Sano.
*******************************************second step****
Miroku avait vu son sempai s'éclipser rapidement après la fin des cours, comme il le faisait depuis quelques temps. Ils ne rentraient plus ensemble au pensionnat. C'était étrange. Il savait bien qu'avec son entraînement il devait se dépêcher mais il pouvait quand même accorder un peu de temps à son ami. Mais celui-ci semblait fuir dès que la sonnerie de fin de cours retentissait.
Miroku se leva lentement, la mine dépitée et rassembla ses affaires.
Quelques gars qui avaient remarqué le départ précipité de Sano s'embarquèrent dans des conjectures sur ce qui rendait le jeune homme si pressé. Apparemment cela allait devenir le nouveau sujet de discussion au pensionnat. Ils se tournèrent alors vers Miroku pour lui soutirer des renseignements vu que c'était lui qui passait le plus de temps avec Sano. Mais ils furent déçus d'apprendre que même lui ne savait rien. Ils s'en allèrent alors tous ensemble, faisant la liste d'activités qui pouvaient bien occuper Sano. Miroku traînait la patte en arrière, ses méninges tournant à plein régime, se demandant bien pourquoi son sempai ne lui faisait pas assez confiance pour tout lui raconter. Il ne voulait pas l'interroger là-dessus et le forcer.
Il se sentait un peu délaissé tout d'un coup. D'habitude toute sa journée était réglée sur celle de son ami ; et maintenant il devait se débrouiller tout seul. Il essayait de se raccrocher au groupe de sa classe, les suivant l'air hébété.
Son point de référence était devenu instable et il ne pouvait plus s'y raccrocher autant qu'avant. Pourtant il voyait bien que son ami faisait des efforts pour lui parler et passer le peu de temps libre qu'il avait avec lui. Mais ça ne durait pas longtemps, juste le temps des interclasses et quelques fois durant les repas. Il savait que s'occuper du club de foot lui demandait pas mal de temps mais dernièrement ça avait empiré. Même le soir au pensionnat Sano n'était plus qu'un fantôme. Il ne rentrait même plus pour manger. On ne le voyait que le matin au petit déjeuner avant qu'il ne s'éclipse.
Miroku suivait son groupe le long des couloirs, perdu dans ses pensées. Il n'entendait plus irne de ce qui se passait autour. Ils descendirent les escaliers dans un énorme brouahah mais c'est seulement la voix légère et douce qui venait de sa droite qui le tira de ses rêves. Il se laissa distancer et se tourna alors vers Saya, clignant difficilement des yeux, se forçant à sortir de sa torpeur.
"Eh bien on dirait que tu es à des lieues d'ici Miroku !" dit-elle en un merveilleux sourire. Tous les problèmes qui pesaient sur son coeur s'envolèrent d'un coup devant la bonne humeur de son amie.
"Ah euh oui, j'étais perdu dans mes pensées. Tu vas bien ?
- On n'peut mieux ! Surtout quand je vois mon ami préféré qui s'épanouit aussi bien ! Ca se passe bien avec ta classe on dirait...
- Oh oui, ils sont tous très gentils."
Une voix forte venant de l'entrée du lycée les interrompit.
"Eh !! Miroku !! Tu traînes !!
- Partez sans moi !
- Eh les gars y'a Miroku qui drague !
- Quoi ? Ah ouais il est avec une fille !
- Ah ben c'est un rapide dis donc !
- Allez, laissons-le tranquille...
- T'as intérêt à assurer hein !"
Les joues de Miroku étaient en feu alors que Saya faisait un petit signe d'au revoir au groupe bruyant qui reprenait sa route.
"Ils sont marrants. Ca m'étonne pas que tu soies bien là-bas. Bien que j'aurai souhaité que ça soit moi qui t'aide le plus. Mais c'est aussi bien comme ça."
Elle affichait un joli sourire sincère mais Miroku comprit qu'elle était triste de ne pas avoir été davantage impliquée dans sa vie.
"Saya... Tu...
- Non, dis rien, c'est pas grave. Marchons veux-tu ?
- D'accord..."
Ils marchèrent en silence quelques temps, appréciant le beau temps malgré la fraîcheur de la fin du jour. Miroku se triturait les méninges pour trouver quelque chose à dire lorsqu'il se rappela qu'il devait mettre Saya au courant. Les mots lui vinrent alors très facilement. S'il avait préparé son discours, il n'aurait jamais pu le dire. Il valait mieux dire les choses comme elles venaient, tout simplement.
"Oh ! Ce samedi on a un match avec l'équipe, si tu veux venir nous voir ? Quoique je ne sais pas si ça te plaira...
- Ah ben je suis pas particulièrement fan de football mais si tu joues c'est sûr que je viendrai ! C'est ton premier vrai match avec eux en plus !
- Oui c'est vrai. En fait on reçoit encore une équipe donc on bouge pas. Ca sera plus difficile quand on devra se déplacer.
- Oh vous ferez des voyages dans la région, ça sera super ! J'aimerai bien visiter d'autres coins moi aussi.
- Je pense que tu pourrais venir aussi si tu veux.
- Vrai ? Mais y'aura la place ? Pis d'autres supporters doivent déjà y aller non ?
- En fait je ne sais pas du tout comment ça se passera. Mais pour l'instant les seuls supporters qu'on a eu étaient les filles du collège d'à côté et c'était juste pour se divertir. Sinon nos vrais supporters ce sont l'entraîneur et Sano.
- Oh dis, il sera là aussi Sano ce week-end ?
- Oui je pense.
- Ah ! Depuis le temps que j'en entends parler je vais enfin le voir !
- Tu vas voir, il est très gentil.
- C'est ce que tu arrêtes pas de me répéter mais moi je veux le voir par moi-même. Je veux profiter moi aussi de sa compagnie qui a l'air de faire des merveilles sur le mora de mon meilleur ami." Elle fit un clin d'oeil malicieux et ébouriffa les cheveux de Miroku en un geste qui rappela tout de suite au garçon son sempai. Il sourit à l'idée que ses deux meilleurs amis se ressemblaient vraiment plus qu'il n'y pensait.
*******************************************third step****
"Un renseignement ?
- Oui en fait je ne suis pas d'ici. Je cherche le lycée Seigaku où se trouve un de mes anciens camarades de classe. On m'a juste dit que c'était à proximité de ce quartier commerçant. Peut-être pourrais-tu m'aider ?
- Ah ben j'pense bien oui. Je suis au lycée Seigaku moi-même.
- Vrai ? Ah je suis sauvé alors !
- Attends que je t'apporte un café et après je t'explique où c'est.
- Ok. Merci."
Un petit sourire satisfait s'installa sur le visage du jeune homme blond qui contempla d'un oeil neuf ce qu'il voyait de la ville. C'était ici qu'il était venu se perdre. Un chouette coin cela dit. L'équipe du lycée avait bonne réputation mais elle n'avait gagné aucun match jusqu'à il y avait quinze jours. Pour lui il n'y avait qu'une explication possible, un nouveau joueur avait dû intégrer l'équipe et faire des miracles. S'il supposait juste il allait sûrement retrouver une connaissance du passé. Il pensait ne plus avoir à le revoir mais dernièrement toute cette histoire était revenue sur la table et il avait éprouvé le besoin de régler ça face à face. Il ne savait pas encore ce qu'il allait faire. Le plus important était de retrouver la personne concernée. Après il aviserait avec son "ami".
"Voilà votre café.
- Ah merci. Au fait je me présente. Takaiwa Kotaro. Je viens du lycée Minowa.
- Hiroyuki Sano. Ravi de te rencontrer.
- Moi de même. Alors tu pourrais m'indiquer où se trouve ton lycée ?
- Ouais pas de problème je te fais un plan si tu veux.
- C'est sympa ! Ah ! Vous avez une équipe de foot aussi c'est ça ?
- Moui c'est ça. T'es bien au courant dis moi !
- Ben en fait mon ami fait du foot alors il doit sûrement jouer dans l'équipe.
- Ah, je dois le connaître alors, j'en fais partie aussi. C'est quoi son nom ?
- Uchiwa...
- Uchiwa Miroku ?
- Ah, tu le connais alors ?
- Oui, oui. Ben tiens en ce moment ils doivent être à l'entraînement. Tu vois là c'est juste à côté de cet immeuble, c'est un collège.
- Ah alors il fait bien partie de l'équipe.
- Oui. Enfin c'est-à-dire qu'on n'a pas beaucoup de joueurs en ce moment et au dernier match je me suis blessé alors il s'est proposé pour me remplacer.
- Lui ? Il s'est proposé ?
- Ouais. Et depuis il est resté dans l'équipe. Faut dire il est doué, on a de la chance de l'avoir avec nous.
- Oui c'est vrai qu'il est épatant comme attaquant.
- Voilà ton plan.
- Merci !
- Dis-moi... tu as déjà joué avec lui ? On dirait que tu connais bien son jeu.
- Oui j'étais dans son équipe au collège... j'étais attaquant aussi... mais à un autre niveau. Personne ne pouvait égaler Miroku... à part son ami d'enfance."
Sano leva un sourcil. Son ami d'enfance. Ca devait être cet Hosei. Ce décoloré avait dû assister à l'accident... Il se sentit très mal à l'aise de parler de ça avec un parfait inconnu. Il se demandait pourquoi il était venu jusqu'ici. Qu'est-ce qu'il voulait à Miroku ? Quelque chose le gênait chez ce garçon mais il ne savait pas quoi. Tout d'un coup il rechignait à lui parler. Il se leva bien vite prétextant qu'il devait travailler, ce qui parut convenir au décoloré. Des clients bienvenus arrivèrent. Alors que Sano s'en occupait, Kotaro l'observa, soupçonneux. Il n'avait pas parlé longtemps avec ce garçon mais apparemment il connaissait bien mieux Miroku qu'il n'y paraissait. Ce petit périple au lycée Seigaku allait être bien plus intéressant qu'il ne le pensait.
*******************************************fourth step****
Après avoir quitté Saya, Miroku avait dû courir pour arriver à l'heure à l'entraînement. C'était une belle journée et malgré les quelques soucis qui encombraient son esprit, son moral était au beau fixe. Parler avec sa meilleure amie avait toujours eu des effets bénéfiques sur son état d'esprit. Son coeur était soudain plus léger et tout ce qui l'entourait semblait lui sourire. Remonté à bloc, il décida de laisser Sano vivre sa vie et d'attendre qu'il lui parle lui même de ses problèmes, si tant était qu'il en eusse. Il se hâta sur le terrain après s'être changé dans les vestiaires lumineux et vides où régnait une atmosphère paisible, comme si le temps était suspendu, une parenthèse, comme en attente d'activité.
Le moral aidant, il fit une séance d'entraînement remarquable, épatant tous ses coéquipiers. Son bon jeu exalta toute l'équipe qui redoubla d'efforts et d'attention dans les exercices. L'entraîneur n'avait pas vu ça depuis des lustres et il en était émerveillé. Puisque ses troupes étaient en forme, il allait leur donner de quoi les occuper. Et ils en bavèrent, mais ils continuaient sans cesse à faire de leur mieux. Leurs cris d'encouragement et leurs rires résonaient dans le jour froid et limpide, allant jusqu'à amuser les oiseaux qui se mettaient aussi de la partie, de leur pépiements et autres gazouillements joyeux.
Le regard froid du jeune homme observait les joueurs s'activer sur le terrain depuis les gradins. Personne d'autre que lui n'était venu les observer. Si on exceptait les quelques jolies demoiselles qui se pavanaient et prenaient l'air à la fenêtre de leur classe. Le collège était vraiment proche, ce Sano lui avait bien indiqué l'endroit, il l'avait trouvé du premier coup. Ce garçon savait-il ce qui s'était passé avec Miroku ? Cela allait peut-être devenir gênant de l'avoir à proximité s'il voulait mener à bien son plan. Pour cela il fallait qu'il parle à son ancien coéquipier, et seul à seul si possible.
La colère qu'il contenait en lui s'enfla à la pensée de cette proche rencontre.
Il respira profondément en desserrant lentement ses poings crispés. Le jour déclinait et les joueurs commençaient à rentrer au vestiaire. C'était maintenant qu'il devait agir. Ca devait être bref mais inquiétant. Tout ce qu'il aimait. Il repéra la silhouette petite et frêle qui s'écartait du groupe pour ramasser un plot et s'avança d'un pas sûr et arrogant vers elle.
"Ca faisait longtemps."
Miroku releva la tête rapidement, surpris d'entendre une voix alors qu'aucun bruit de pas ne l'avait précédée. Dans la pénombre qui s'installait soudain, il n'aperçut qu'une ombre qui se détachait du ciel à peine plus clair. Son visage reflétait sa perplexité et alors qu'il allait demander qui était la personne, un mouvement, une attitude, un je ne sais quoi dans la façon de se tenir de l'inconnu lui sembla soudain très familier. Il resta muet pendant ce qui lui sembla une éternité puis une image lumineuse lui revint à l'esprit.
Un grand gaillard s'activant sur un terrain éclairé, se démarquant comme il pouvait et lui faisant signe de lui passer le ballon.
"Kotaro".
Son partenaire en attaque, celui avec qui il avait mis au point des stratégies défiant toute concurrence, celui qui pouvait rattraper n'importe quel ballon.
Son sang se figea alors. Le revoir après tout ce temps était étrange, surtout juste après qu'il se soit remémoré cette époque. C'était comme si son esprit avait su qu'il devrait se confronter de nouveau à ses anciens coéquipiers.
"Lui-même ! J'vois que t'as repris le football malgré tout.
- Je..."
Toute la culpabilité qu'il avait ressentie depuis deux ans s'abattit sur lui implacablement ; il ne savait plus ni quoi dire, ni quoi faire. Il était tétanisé et rougissait de honte.
"J'ai hâte de te voir jouer. Vous avez un match de prévu bientôt ?"
Le cerveau de Miroku était soudain séparé en deux. Toutes ses pensées étaient occupées à se demander pourquoi Kotaro était là alors que par réflexe il répondait à toutes ses questions.
"On a un match s... samedi à 15 heures ici...
- Bien alors je peux venir ?
- O... Oui bien sûr.
- Tant mieux, ça me rapellera de "bons" souvenirs... Car "moi" je n'ai pas oublié..."
L'accent porté sur ces mots attaqua Miroku de plein fouet.
Il restait debout uniquement par réflexe, tout ce qu'il voyait devant lui c'était le vide, le néant et les ténèbres. Il ne pouvait s'enfuir, il ne pouvait qu'attendre que ça passe en essayant de ne pas flancher.
Un sourire satisfait et terrifiant n'avait pas quitté Kotaro depuis le début. Ce petit jeu lui plaisait fort bien, surtout que la chose frêle et menue qui se tenait devant lui réagissait exactement comme il l'avait prévu. La culpabilité pouvait s'imposer toute seule et s'acharner sur les gens, il suffisait de savoir comment la déclencher. Ou ici comment la rappeler du passé.
Il n'en tirait aucune fierté personnelle mais la suite des évènements s'annonçait pimentée maintenant qu'il s'était imposé de nouveau à Miroku. Il en était content, d'autres personnes comptaient sur lui et il ne voulait surtout pas les décevoir.
Il tapota l'épaule du jeune garçon avec une fausse compassion et une pitié exagérée. C'était le dernier clou à enfoncer dans son esprit fragilisé. C'était ce qui donnait corps à ses sous-entendus, un lien au matériel, pour qu'il n'oublie surtout pas ce qui venait de se passer et qu'il ait peur de tout ce qui allait bientôt arriver. Maintenant il ne pourrait plus s'échapper.
Ces coups sur son épaule semblaient des décharges électriques qui l'immobilisaient totalement, ne lui laissant aucun moyen de s'en sortir. Il était comme enfermé dans une pièce sombre, seul, plus rien ne le séparait alors de ces souvenirs douloureux qui le tiraillaient, de cette peur immense qui cherchait à le dévorer, de ce désespoir qui l'étouffait et lui cachait jamais tous les bons moments et les belles choses qui avaient semblé s'offrir à lui si merveilleusement il y avait à peine quelques heures.
Il n'entendit pas l'ombre s'éloigner et se fondre parmis toutes les ombres qui avaient envahit le paysage.
Il était seul, au milieu du terrain, ses pieds figés au sol. Une éternité était passée dans sa tête. Il ne voyait rien, n'entendait rien. Seule sa conscience malmenée et fatiguée se tordait de douleur.
Il cligna des yeux, angoissé et se demanda ce qu'il devait faire, où il devait aller, à qui parler. Le plot qu'il tenait dans les mains lui donna un début de réponse et il se dirigea lentement vers le local du club puis aux vestiaires.
Ceux-ci qui avaient semblé si joyeux à ses yeux n'étaient plus que mornes et vides. Malgré les lumières ils semblaient plus ténébreux que l'extérieur. La promesse de quelque fête était définitivement passée. Il n'y avait rien ici pour réconforter l'esprit perdu du jeune garçon.
Il s'assit machinalement et les larmes commencèrent à couler le long de ses joues sans qu'il s'en rendit compte.
*******************************************fifth step****
La nuit était bien avancée lorsque Sano rentra enfin au pensionnat. La côte qu'il venait de monter l'avait complètement fatigué. Une douleur sourde s'était installée dans sa jambe depuis qu'il servait au café et ne le lâchait plus depuis. Il avait grandement peiné sur le chemin du retour, s'arrêtant tous les 5 ou 6 mètres pour reprendre des forces et reposer son pied. Malgré ces précautions, une nouvelle douleur était apparue, plus vive et cinglante, comme un coup de couteau dans sa chair, à chaque fois qu'il posait le pied par terre.
Il avait désespéré de voir le bout de la pente, il avait perdu son souffle autant que son équilibre, il n'avait continué le chemin que par la seule volonté de son esprit. Il pouvait presque entendre ce que le doc aurait dit s'il l'avait vu comme ça, il l'aurait vertement réprimandé, et avec raison. Il savait que ce qu'il avait fait était inconscient et dangereux mais il n'avait pas voulu passer trop de temps à se traîner jusqu'à sa chambre. D'autant plus qu'il voulait parler à Miroku et même si le jeune garçon passait ses soirées à étudier jusqu'à très tard, il ne pouvait décemment pas débarquer en pleine nuit juste pour papoter. Mais sachant que le lendemain matin il partirait très tôt, il ne pourrait croiser personne au petit-déjeuner. Il ne savait pas trop pourquoi, mais le fait que ce jeune décoloré soit venu jusqu'ici n'augurait rien de bon. Son regard avait été trop étrange et rempli de mystères à son goût. Même s'il ne pouvait pas l'empêcher de rencontrer Miroku, au moins pouvait-il prévenir celui-ci, histoire qu'il se prépare psychologiquement et ne soit pas pris au dépourvu. Malgré la bonne humeur qu'il affichait, une simple image, une atmosphère pouvaient tout de suite le replonger dans des souvenirs désagréables. Il était si fragile, comme du verre très fin, le moindre choc pouvait fissurer son coeur ou émietter son esprit.
Les lumières douces qui émanaient des chambres l'accueillirent chaleureusement. Il poussa un profond soupir de soulagement alors qu'il se déchaussait le plus délicatement possible pour ne pas bouger encore plus son pied. La salle commune était vide mais d'après le fouillis qui y régnait la soirée avait dû être agitée. Cela fit sourire Sano. Ses camarades trouvaient toujours le moyen de célébrer quelque chose, c'était grâce à eux si l'atmosphère du pensionnat était si légère et agréable. On se sentait vraiment à l'aise, comme chez soi. Ils lui avaient laissé de quoi grignoter dans le frigo d'après le petit mot qui se trouvait sur la table de la cuisine.
Ca c'était vraiment sympa. Surtout que ce soir c'était Kosugi qui devait avoir fait la cuisine et bien qu'il fût peu délicat et ressembla à une armoire à glace qu'autre chose, il semblait que ses talents culinaires étaient vraiment exceptionnels.
Il commençait déjà à se délecter en pensée du petit plat qu'il allait savourer mais il se força à quitter la cuisine avant de succomber à la tentation. Il fallait qu'il parle à Miroku d'abord, ensuite il pourrait enfin se reposer. Claudiquant de plus en plus, il parcourut le couloir qui menait à la dernière chambre, s'appuyant aux murs au passage.
Tout était silencieux et aucune lumière ne paraissait. Au risque de réveiller son jeune ami il frappa à la porte quand même. Il attendit un moment puis frappa de nouveau. Personne ne répondait. Il prit sur lui la responsabilité de ce qu'il s'apprêtait à faire, quelque chose qu'il ne se serait jamais permis dans d'autres circonstances, et entra dans la chambre enappelant doucement Miroku. S'il devait le réveiller, autant le faire doucement. Il s'approcha du lit en réitérant son appel mais il n'obtint toujours pas de réponse. Il ne distingua aucune forme allongée, le lit n'était même pas défait. Il se recula vers la porte et appuya sur l'interrupteur. La chambre s'éclaira vivement mais demeura vide. Comment se faisait-il que Miroku ne soit pas là ! Il ne faisait jamais rien pendant ses soirées à part réviser.
Peut-être avait-il un rendez-vous ? C'est vrai que ces derniers temps il ne le voyait plus beaucoup mais quand même, deux minutes étaient suffisantes pour le prévenir. Non, il l'aurait avertit s'il devait sortir. Il savait bien que Sano rentrait tard et passait quelques fois le voir avant d'aller se coucher.
Mais alors où pouvait-il être ? Aucun livre n'était ouvert sur son bureau, il n'avait rien laissé en plan donc il ne pouvait pas être parti juste pour quelques instants. Cela voudrait dire qu'il n'était pas rentré du tout...
Sano ressortit de la chambre, perplexe et remonta le couloir vers la cuisine, c'est alors que Kato sortit de la salle de bain, l'air ensomeillé. Il fut étonné de voir Sano ici aussi tard.
"Je cherche Miroku, il est pas dans sa chambre, tu sais peut-être où il est ?
- Ben... On l'a pas vu au repas... Mais comme à l'entraînement il est pas rentré aux vestiaires on s'est dis qu'il continuait sûrement à s'entraîner... Faut dire il a fait une sessions du tonnerre ce soir, l'entraîneur était aux anges et... Eh ! Sano ! Ben me laisse pas seul à parler aux murs !
*******************************************sixth step****
Un doute venait d'assaillir Sano. Il était resté à s'entraîner ? Pendant tout ce temps ? Il devait lui être arrivé quelque chose. Miroku ne resterait pas si longtemps sans se montrer, il ne pouvait pas inquiéter les autres.
Faisant fi de la douleur qui s'amplifiait dans sa jambe, il se précipita vers les vestiaires, frissonnant dans l'air froid de la nuit.
Tout était éteint et calme. Il essaya néanmoins d'ouvrir la porte et constata avec étonnement qu'elle était ouverte. Mais s'il y avait encore quelqu'un à l'intérieur, pourquoi restait-il dans le noir ?
Il lança un appel qui retomba aussitôt dans le vide et le silence de la pièce. Il se décida à allumer, trouva l'interrupteur et après s'être habitué au changement de luminosité, il parcourut les vestiaires, s'appuyant aux casiers qui séparaient de petits espaces occupés par des bancs. Il commençait à trouver cela inutile. Il ne trouverait rien ici.
Puis un mouvement dans le fond de l'avant-dernier espace attira son regard. Miroku semblait endormi, appuyé contre le mur, tenant dans ses mains détendues, un plot d'entraînement. Ce spectacle si inhabituel décrocha un sourire bienveillant et un peu moqueur à Sano. La lumière semblait perturber le sommeil du jeune garçon qui fronçait les sourcils, essayant de lutter contre un réveil qui semblait inévitable.
Rassuré, il poussa un soupir puis s'approcha du dormeur pour le réveiller le plus doucement possible. Quoiqu'un bon coup de clairon aurait été bien plus efficace et radical pour cela. Cette idée le tenta bien un instant mais il la garda pour un autre moment et une autre personne. Malgré l'apaisement que devait procurer le sommeil, le visage de Miroku ne reflétait aucun bien-être ni aucune détente, il semblait que son sommeil était bien plus péniple que sa vie éveillée.
Il s'assit à côté de lui, posa une main sur son épaule et lui parla doucement.
"Eh... Miroku... Faut te réveiller..."
C'est alors qu'il observait son visage pour voir un signe de réveil, qu'il remarqua les stries verticales qui s'étendaient sous ses yeux.
C'étaient... Des larmes avaient coulé ? Miroku avait pleuré ? Alors il n'était pas resté ici pour s'entraîner ni pour se reposer... Pourquoi... Pourquoi avait-il pleuré ? Il semblait tellement en forme ces jours-ci.
Anxieux, Sano essaya de nouveau de le réveiller et cette fois-ci y parvint.
Miroku leva des yeux rougis et perdus vers lui, clignant autant qu'il pouvait devant la forte lumière, essayant de se réveiller.
"S... Sempai ? Qu'est-ce que vous faites ici ? Et... Oh..."
Il remarqua alors qu'il se trouvait non pas dans sa chambre mais toujours dans les vestiaires et, qui plus est, avec un plot dans les mains.
C'était bien la première fois que quelque chose d'aussi étrange lui arrivait.
"Ca va ?"
Il sentit la main rassurante de Sano sur son épaule mais la pointe de doute qui perçait dans sa voix l'intrigua. Il observa mieux son visage et constata que le jeune homme semblait bien inquiet à son sujet. Il se demandait bien pourquoi.
Puis toute son entrevue avec Kotaro lui revint en mémoire et pendant un instant il eu le regard perdu dans le vide, ses traits qui étaient si reposés à son réveil redevenaient soucieux.
"Miroku ?"
La voix le fit sortir de sa torpeur. Il se recomposa un visage tranquille, repoussant ses pensées négatives dans le fond de sa tête et acquiesça.
Sano n'aimait pas ça. Il voyait bien que le garçon avait des soucis mais il se forçait à les lui cacher, et ça il ne pouvait pas le laisser passer. Plus maintenant qu'il se sentait responsable de lui.
"Qu'est-ce qui c'est passé ?
- Je... J'ai dû m'endormir après l'entraînement, je pense que j'étais bien fatigué et je..
- Je parle pas de ça Miroku...
- Hein ?"
Le regard concerné et perçant que lui jetait Sano lui fit comprendre qu'il ne pourrait pas s'en tirer aussi facilement avec une explication évasive.
Décidément son sempai ne le laisserai pas lui cacher des choses. Enfin c'était surtout de sa faute, il inquiétait son ami malgré toutes ses précautions. Ce n'était que justice s'il devait tout lui dire.
Il se sentait honteux de donner autant de soucis à Sano mais en même temps il comprenait qu'il nepourrait pas s'en sortir seul et qu'il avait besoin d'un ami sur qui se reposer.
Et Sano était si attentif, si prévenant avec lui. Il se sentait vraiment en confiance. Il ne fallait pas qu'il pense qu'il pouvait l'embêter avec ses problèmes. Il savait maintenant que ça le gênerait encore plus de ne pas être au courant.
"Est-ce qu'on pourrait rentrer au pensionnat pour en parler ?"
D'après la mine abattue du jeune garçon, Sano savait qu'il obtiendrait les réponses à toutes ses questions. Il sourit d'un air encourageant et frotta la tête de Miroku comme à son habitude, content de voir un sourire timide se dessiner alors sur ses lèvres.
*******************************************final step****
Il essaya de se lever mais la douleur qu'il avait momentanément oubliée se rappelait maintenant à son bon souvenir. Il s'appuya aux casiers proches, essayant de soulager sa jambe du poids de son corps. Alors qu'il commençait à grommeler, mécontent de lui-même, Miroku vint à son côté et soutint une partie du poids, passant un bras de Sano autour de ses épaules. Le doc lui avait bien dit que son sempai voudrait s'en sortir seul même si pour cela il devait beaucoup souffrir. Il ne pouvait pas voir son ami comme ça devant lui sans rien faire. D'un coup plus rien n'importait plus que de l'aider. Son esprit était clair, la seul pensée d'aider Sano l'occupait.
Celui-ci essaya vainement de refuser son aide, et de marcher seul mais apparemment Miroku ne l'entendait pas de cette oreille.
Il fut frappé de voir à quel point le caractère du jeune garçon avait changé d'un seul coup. Maintenant c'était lui qui l'aidait, c'était lui le plus fort physiquement alors qu'il semblait si frêle. Les rôles étaient inversés, c'était vraiment difficile pour Sano de se laisser aider.
En ce moment ils avaient besoin l'un de l'autre pour pouvoir avancer. L'un avait la force physique et l'autre la force morale et à eux deux ils devenaient plus forts encore.
Sano se laissa aller et montra sa vraie douleur à son ami qui se doutait bien qu'elle existait depuis toujours mais qu'il l'avait cachée jusqu'alors pour ne pas l'inquiéter. Qu'il partagea cela maintenant montrait à quel point il lui faisait confiance et cela lui fit énormément plaisir, il sentit son courage revenir et s'appliqua à la tache. Il s'y prit tellement bien que Sano semblait marcher sur du coton et ne ressentait que faiblement sa blessure.
Ils arrivèrent plus vite qu'ils ne pensaient au pensionnat. En passant par la salle commune Sano leur fit faire un détour par la cuisine histoire de se réchauffer le repas, vu que Miroku non plus n'avait pas mangé. Ils reprirent leur progression vers la chambre de Sano, chargés de deux plats remplis de nourriture. Après avoir installé le blessé sur son lit Miroku se retrouva hésitant, ne sachant s'il devait rester ou partir maintenant. Pendant ce court instant il n'avait plus eu qu'une idée en tête, celle d'aider son sempai mais maintenant qu'ils étaient arrivés il se sentait comme de trop et ne voulait plus le déranger ; mais en même temps il lui avait dit qu'il lui raconterait tout ce qui s'était passé. Il ne savait plus quoi faire et se sentait devenir plus petit, n'osant pas parler.
"Ben qu'est-ce que tu fais à rester debout ? Assieds-toi et manges !"
La voix autoritaire et chaleureuse de Sano le sortit de son hésitation et il acquiesca, s'asseyant devant les plats. Il ne voulait plus penser à rien et toute chose qui lui serait donnée à faire pour le distraire serait la bienvenue. Il entama son repas alors que Sano essayait vainement de changer son pansement tout seul. Il l'observa deux secondes et le voyant s'empêtrer dans son affaire, il lâcha tout de suite ses baguettes, attrapa les différents produits que le doc avait laissé sur l'étagère et les apporta au blessé. Mais quand il vit les dégâts que celui-ci faisait en voulant aller trop vite, il lui intima de rester calme alors qu'il s'en occuperait. Sano était vraiment vaincu, il ne pouvait que se laisser faire, heureux malgré tout que quelqu'un soit aux petits soins avec lui pour une fois.
Son ami s'occupait de sa blessure d'unemain experte ce qui l'étonna encore plus. Dire qu'avant il semblait si dégout rien que par la vue de son pied âbimé. C'est avec une grande dextérité que Miroku finit le nouveau pansement qui semblait même mieux réussit que celui que le doc faisait.
"Ouah ! Faudrait que j'arrive à faire ça ! Comment ça se fait que tu soignes aussi bien ?
- Je suis habitué aux blessures comme ça. Dans mon ancien club on n'avait pas de docteur pendant un temps alors je m'occupais des blessés."
La vue de la blessure lui remuait toujours l'estomac mais contrairement à ce que Sano pensait ce n'étais pas parce qu'elle était sérieuse et pas belle à voir mais juste parce que c'était Sano qui était blessé. Malgré toute sa détermination à ne plus repenser au passé, Miroku ne pouvait s'empêcher de revoir Hosei blessé à chaque fois qu'il voyait la blessure de Sano. Il avait tellement souhaité ne plus revoir cela, ne plus voir quelqu'un de blessé sans rien pouvoir faire. Maintenant il faisait tout ce qu'il pouvait pour réparer ça. Malgré toutes ces pensées bienveillantes la vraie raison qui le faisait s'occuper de Sano et s'inquiéter autant pour lui était tellement cachée dans son esprit que lui même ne la voyait pas. Même si une sorte de poids enserrait son coeur à chaque fois qu'il voyait Sano avoir mal il pensait que c'était par culpabilité qu'il s'en occupait.
"Incroyable... Au moins ce pansement tiendra plus longtemps que les autres, en plus il ne me gêne pas du tout.
- Oh mais je... Je pourrai m'en occuper si vous voulez...
- De ? Mon pansement ? Tu ferais ça ? Sérieux ?! Ca serait trop génial ! Ouah merci Miroku tu me sauves là...
- Je vous en prie..."
Peut-être cela allait suffisamment lui occuper l'esprit pour lui éviter de ressasser toujours les mêmes pensées.
Le visage de Sano repris son sérieux inquiet alors qu'il abordait le sujet épineux du jour.
"Est-ce que... Tu peux me raconter maintenant ce qui s'est passé cet après-midi ?"
Miroku, pris de cours, se rassis un peu mieux, ses traits redevenant soucieux, il respira un bon coup puis se lança.
"J'ai reçu la visite d'un ancien camarade de classe et aussi coéquipier de mon ancienne équipe de foot au collège. Kotaro...
- Kotaro ? Takaiwa Kotaro ?
- Oui c'est ça. Vous le connaissez ?
- Je m'en doutais qu'il ferait des siennes ce décoloré...
- Pardon ?
- Oh... En fait il est venu aujourd'hui au..."
Il se retint juste avant de divulguer son secret. Il raval ses mots et, nerveux devant le regard perplexe de Miroku, trouva une esquive à la dernière seconde.
"Je... Je l'ai croisé dans la rue en fait. Il cherchait le lycée et m'a dit qu'il y allait pour voir un ancien coéquipier, toi. J'ai eu le malheur de lui indiquer tout ce qu'il cherchait... Je lui ai même fait un plan ! C'est pas vrai ! Ah si j'avait su qu'il te causerait du soucis je ne l'aurai jamais aidé !
- Mais enfin sempai, vous ne pouviez pas savoir ce qui allait se passer, vous n'avez rien à vous reprocher."
Sano se pencha vers Miroku et le saisit par les épaules, captant son regard et ne le lâchant pas.
"Est-ce qu'il t'as fait du mal ? S'il t'as fait quoi que ce soit je m'occuperai de lui personnellement !"
Miroku restait bouche bée devant la véhémence des propos de Sano. Pourquoi... Comment se faisait-il qu'il pensa que Kotaro lui avait fait du mal ? Encore une fois il semblait que son sempai avait lu en lui comme dans un livre ouvert. C'était tellement dérangeant et rassurant à la fois.
"Non. Il... Enfin il est just venu me parler...
- Qu'est-ce qu'il t'as dit ?
- Il voulait juste savoir si je jouais encore au foot. Ah, il a demandé quand était notre prochain match...
- Quoi ? Alors il va revenir ?
- Je pense oui..."
Sano voyait bien à la mine fatiguée et tendue de son ami que la conversation avait beau eu être très platonique, le retour d'un de ses ex-coéquipiers l'avait bien plus remué que ce qu'il voulait montrer.
"La prochaine fois qu'il viendra je serai là aussi, comme ça je m'assurerai qu'il ne te fait aucun mal. M'inspires pas confiance ce type.
- Oh mais... Vous n'avez pas besoin de faire ça. Je... Enfin... Je..."
<
"T'inquiètes donc pas Miroku, je le fais parce que je le veux. Il ne te fera rien, je te le dis, j'y veillerai."
Il ne pouvait qu'acquiescer en baissant la tête.
Sano lui frotta de nouveau les cheveux en un gest qui devenait habituel pour tous les deux et vraiment rassurant pour Miroku.
Malgré tout ce qui s'était passsé durant cette journée, après avoir finit son repas, il partit se coucher le coeur plus léger qu'il n'aurait pensé. Seul Sano rumina ses pensées, se demandant ce qu'il pourrait bien faire quand il serait en face de ce décoloré. Mais sa blessure recommença à le lancer. Il s'était attendu à souffrir le martyre avec tout ce qu'il lui avait fait subir.
En plus des nombreuses marches qu'il faisait habituellement, il avait dû se presser plus que de coutûme pour parcourir les mêmes chemins plusieurs fois. Et cette pente... Oh comme il la revoyait s'étendre devant ses pieds, sans fin.
C'avait été un vrai calvaire. Alors qu'il pensait ne pas supporter la douleur, elle se calma rapidement et ne fut plus qu'un bruit de fond, présente mais inoffensive.
Il revit alors Miroku s'occuper de son pansement. Assurément, il avait bien fait son travail. Mais plus que cela c'était le soutien qu'il lui avait apporté qui l'avait le plus touché et apaisait à présent son esprit fatigué.
Pour la première fois depuis qu'il s'était blessé il s'endormit rapidement et profondément, le calme du repos envahissant enfin son corps, lui offrant un répis bien mérité.
****************************************the end********
<-- Chapitre précédent..Chapitre suivant -->