Jibun Kakumei > Chapitre 11 : Bambou
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********************************first step********
Il remontait rapidement la longue pente qui menait au pensionnat. Pour un efois elle ne lui parut pas si dure à grimper. Ses jambes agissaient d'elles-mêmes, allant aussi vite que lorsqu'il marchait sur le plat. Il sentait ses muscles mis à contribution se tendre et durcir à chaque pas. Il soufflait régulièrement, plus par habitude que par volonté consciente. Il était préoccupé, ses sourcils étaient froncés depuis qu'il était sorti de cours et le haut de ses yeux commençait à lui faire mal. Il continua quand même sa progression, oubliant finalement ce qu'il ressentait et se concentrant sur son but. Une angoisse commençait à germer dans son ventre mais il la réprima sans pitié, il n'allait pas s'en faire pour si peu, il devait bien y avoir une explication. Il avait passé enr evue toutes les hypothèses possibles, se préparant à toutes les éventualités pour agir au mieux. Il était sûr de lui et avançait avec opiniatreté. Tel un coup de vent impérieux, il entra dans la salle commune et se dirigea sans attendre vers le couloir. Il remarqua à peine la fatigue que ses jambes ressentaient déjà à avoir été tant sollicitées d'un seul coup. Il stoppa net devant la chambre, perdant son air concentré, ne paraissant plus que préoccupé. Il frappa doucement et se pencha pour écouter les bruits qui pouvaient provenir de la pièce. Son attitude respectueuse et attentive contrastait avec sa marche presque militaire qu'il avait eue jusque là. Aucun bruit ne parvenait de l'autre côté de la porte, aussi l'entrouvrit-il, les scrupules qu'il avait eu la dernière fois qu'il avait agi de cette manière s'étant évanouis devant son inquiétude.
La pièce était plongée dans l'obscurité, les volets n'avaient pas été ouverts. Se laissant guider par le rai de lumière venant du couloir, il s'avança et se rapprocha du lit à pas lents et silencieux. Il distingait vaguement la forme du jeune garçon sous sa couette. Sa tête reposait de profil sur son oreiller. Il se pencha un peu plus près, quelque chose dans ce visage lui faisait penser que ça n'allait pas. Les cheveux de Miroku collaient à son front et la sueur perlait sur ses joues. Sa respiration semblait difficile et son sommeil n'était pas du tout serein. Sano se redressa d'un coup, réalisant la situation. Il était malade et pas qu'un peu. Fallait-il le réveiller sachant cela ? Il n'eût pas à se poser la question plus longtemps. La lumière venant du couloir s'étalait sur le visage du malade et le fit ouvrir les yeux. Il paraissait incroyablement fatigué et avait du mal à soulever ses paupières. Il fronça les sourcils et se tourna vers Sano qui s'était de nouveau approché de lui, posant une main apaisante sur son épaule.
"Sano ?! Qu'est-ce que..." Il avala péniblement sa salive, la bouche pâteuse.
"Qu'est-ce que vous faites ici ?" Etonné il essaya de se redresser dans son lit mais les mains solides de son ami l'en empêchèrent.
"Ne bouges pas.
- Qu'est-ce qui se passe ?"
Il faisait si sombre, ce devait être encore la nuit, se disait-il. Quelque chose de grave devait être arrivé pour que Sano fut dans sa chambre. Il sentit une barre s'installer dans son front et peser sur sa tête. Il observa mieux son ami qui était habillé de son uniforme, c'était étrange. Ses idées étaient confuses, il n'attendait plus qu'une explication.
"Tu n'es pas venu en cours ce matin, je suis rentré voir ce qui se passait."
Miroku écarquilla les yeux. Que lui était-il arrivé pour qu'il ne se réveille pas ? D'habitude il se levait avant même que son réveil ne sonne. Il tourna un regard incrédule vers son horloge. Il était midi passé déjà ! Il tenta de nouveau de se lever mais sentit aussitôt toutes ses forces l'abandonner et il retomba mollement sur son coussin avant que Sano n'ait pu l'empêcher de bouger. Il se sentit nauséeux.
"Qu'est-ce qui m'arrive ?" La détresse apparaissait dans ses yeux. Sano prit une voix calme et posée pour le rassurer.
"Je pense que tu as attrapé la grippe."
La grippe ? Elle était venue si vite ! Miroku n'était jamais tombé malade dans son sommeil, il avait toujours senti quand une maladie s'installait dans son corps. Cette sensation de se réveiller tout ankylosé, l'estomac retourné, était vraiment horrible.
"Mais..." Il aurait voulu protester et refuser d'être malade si seulement cela avait été si simple.
"Ne t'inquiète pas, le rassura Sano. Je vais chercher le doc tout de suite. En attendant tu restes ici et tu bouges pas d'accord ?" Ce n'était même pas une question mais un ordre et Miroku le comprit bien. Il hocha lentement la tête, qui lui parut bien lourde, puis la cala confortablement contre son oreiller. Il suivit des yeux Sano qui traversait sa chambre et allait entrouvrir les volets pour éclairer la pièce. Il prit soin de ne pas les ouvrir trop grands pour qu'ils ne blessent pas les yeux de son ami, fragilisés par la maladie. Il repassa devant le lit en lui faisant un petit sourire.
"Je reviens dans un instant." Puis il disparut derrière la porte qu'il referma.
Miroku n'arrivait pas à aligner deux idées à la suite. Il se sentait fautif d'être tombé malade et de donner du travail à Sano. Pourtant ce n'était pas sa faute. Il ne fallait pas qu'il réagisse comme avant. Il fallait qu'il accepte d'être aidé. De toutes manières il ne pouvait pas bouger d'un pouce, comme si ses muscles s'étaient bloqués pour l'empêcher de remuer. Il devait s'en remettre encore une fois à son ami. Etait-ce si terrible que ça ? Il lui avait déjà confié ses espoirs qu'il n'arrivait pas lui-même à croire alors une maladie c'était bien peu. Il devrait sûrement rattraper des cours. Alors qu'il se laissait doucement glisser vers le sommeil il pensa que cette fois-ci Sano ne pourrait pas l'aider. Ils avaient eu mathématiques ce matin.
Le doc avec lui, Sano ouvrit doucement la porte et rentra de nouveau dans la chambre. Miroku semblait s'être rendormit un peu plus calmement. Il s'était abandonné au sommeil, ses cheveux rejetés sur un côté, le profil enfoui dans l'oreiller.
Le jeune homme s'approcha du lit après avoir jeté un coup d'oeil au doc qui semblait le pousser à réveiller le malade. Il se pencha vers son ami et lui posa une main sur l'épaule et sur la joue, semblant se concentrer sur son visage. Le doc observa tout ce qui se passait avec étonnement. Il n'avait jamais vu de technique semblable pour réveiller quelqu'un. Il vit alors Sano murmurer une seul fois le nom de son ami ce qui suffit à le faire entrouvrir les yeux lentement. Tout s'était passé sans heurts, tout doucement. Au moins Miroku ne semblait pas traumatisé par son réveil mais au contraire, c'était comme s'il s'était levé tout seul. Il ressentait le poids apaisant des mains sur lui et se sentit beaucoup moins désorienté que la précedente fois. Même, il se sentit ragaillardi et mieux reposé. Avant qu'il n'ait pu esquisser le moindre geste pour se lever Sano lui parla.
"Le dos est là il va t'examiner." Puis il se releva et laissa sa place. Il alla s'appuyer au bureau en croisant les bras, attendant le verdict avec appréhension. Son ami était déjà si fragile ce n'était vraiment pas la peine d'en rajouter. Mais il ne pouvait pas s'en vouloir, la maladie arrivait toute seule. Et pourtant il avait toujours fait attention à ce que Miroku soit bien couvert. Bah, il n'y pouvait rien. Autant attendre et voir ce qu'il pourrait faire pour l'aider.
Finalement le doc se releva et soupira.
"Eh bien, te voilà avec une bonne grippe." Le garçon ne semblait pas étonné et continuait à l'observer, attendant de savoir ce qu'il devait faire.
"Je vais te donner des médicaments et tu vas me faire le plaisir de rester sagement au lit. Il faut que tu te reposes avant tout alors tu ne sors pas dehors, tu ne fais pas d'efforts et tu restes au chaud. Par contre il faudrait que tu manges... Oui !" fit-il impérieux, levant une main pour arrêter Miroku avant qu'il ne parle. "Même si tu es nauséeux et que tu n'as pas faim." Il se tourna alors vers Sano. "Il faudra que tu y veilles." Celui-ci hocha la tête, ce n'était pas la peine de le préciser, il comptait s'en occuper de toutes manières.
"Il faut que tu préserves tes forces pour combattre la maladie. Bon, je reviendrai te voir."
Il s'en alla après avoir laissé quelques médicaments à Sano directement. Il en ramènerait d'autres plus tard. De savoir que Miroku était surveillé le rassurait complètement. Encore une fois il délégait son travail à un élève, c'était frustrant. Et pourtant c'était la meilleure chose à faire, surtout en cette saison où tout le monde semblait tomber malade en même temps, faisant exprès de le surcharger de travail. Il n'y avait que Sano qui y échappait mais ça ne comptait plus du fait de sa blessure à la jambe ; c'était lui aussi un malade.
Resté seul avec son ami, Sano se rapprocha de lui, avançant la chaise de bureau près du lit.
"Est-ce que ça va ? Tu as besoin de quelque chose ?"
Miroku eut une dernière fois l'envie de cacher sa douleur et sa détresse puis il y renonça. Il avait besoin de l'aide de son ami et en contrepartie il se devait d'être sincère avec lui.
"Je..." Il déglutit péniblement et continua sa phrase sous le regard encourageant de Sano.
"Je voudrais bien un peu d'eau s'il-vous-plaît." Cette formule de politesse fit sourire Sano. On aurait dit un petit garçon perdu qui parlait à une grande personne avec les bonnes manières que lui avaient inculquées ses parents.
"Je vais aller te chercher ça." Il se leva prestement et sortit de la chambre.
Sano avait paru réjoui de son attitude. Etait-ce parce qu'il n'avait pas rejeté son aide et avait émis une requête de lui-même ? En tous les cas il était content de ne pas embêter encore plus son ami avec ses états d'âme. Il se sentait mieux, il n'avait plus besoin de se cacher derrière sa timidité et son humilité. Il était déjà assez fatigué, il ne voulait rien d'autre que guérir et tant pis s'il se montrait faible ou peureux, son ami le connaissait et il n'avait pas peur d'être lui-même devant lui. Les yeux mi-clos il se sentit serein malgré la douleur qui enserrait sa tête. Il se laissa flotter dans la somnolence, l'esprit reposé, toutes ses barrières abaissées. Il n'avait plus besoin de se protéger.
Le bruit de la porte s'ouvrant le tira de ses rêveries. Il ne savait pas combien de temps s'était écoulé mais ce devait être assez long pour que Sano ait pu lui préparer un plateau repas aussi bien garni. Il pensait ne rien pouvoir avaler et pourtant la vision de tous ces mets colorés lui fit monter l'eau à la bouche. Il tenta en vain de se redresser sur son séant mais ses bras tremblants ne soutinrent pas plus longtemps son poids et il retomba de nouveau dans son lit, essoufflé comme aprèsa voir couru un cent mètres.
Sano vint en un clin d'oeil à ses côtés, le souleva aussi facilement que s'il n'était qu'une petite poupée de chiffons toute légère. Il le retenait d'un bras solide alors qu'il arrangeait le coussin contre le mur. Puis il le remonta vers la tête du lit, l'asseyant bien droit et le calant contre le coussin. Hébété, Miroku s'était complètement laissé faire, impressionné par la force et l'assurance de son ami. Il ne pensait pas avoir besoin d'autant de soutien et pourtant il se sentit comblé et calme malgré la fièvre qui s'était emparée de lui. Sano ajusta la couette puis se retourna et attrapa le plateau qu'il posa devant le malade. Son geste franc ne permettait aucun doute. Il lui ordonnait de manger et il resterait à l'observer jusqu'à ce qu'il commence son repas. Miroku était à des lieues de vouloir protester, la douce atmosphère qu'il ressentait dans sa chambre depuis que son ami y était le berçait doucement et il se laissait faire avec soulagement.
Il lui était permis de lâcher prise, de ne plus se retenir. Sano était là pour veiller à ce qu'il aille bien, il suffisait de lui obéir et tout irait mieux.
Malgré sa maladie, le jeune garçon sembla serein tout d'un coup. Son visage avait rarement été aussi détendu, même dans son sommeil. Il mangeait lentement, restant concentré sur ses mouvements qui échappaient à con contrôle quelques fois. Il ne se sentait nullement gêné par l'observation attentive de son ami. Au contraire, il fit des efforts pour continuer à manger sachant que cela le rassurerait. Une fois rassasié, il se sentit fatigué mais en même temps une douce chaleur remplie d'énergie l'enveloppa. Sa tête lui parut moins lourde et ses idées s'éclaircirent.
"Merci."
C'était sorti tout seul pour une fois. Sano qui venait de retirer le plateau et s'apprêtait à sortir se retourna. Il n'était pas sûr d'avoir bien entendu. Il regarda le visage un peu baissé de son ami qui restait calme. Il hocha la tête, signifiant qu'il avait compris et sortit.
Ce simple mot était tellement différent de ce que disait Miroku d'habitude. Sa voix était si petite quand il parlait, on le sentait hésitant et peureux. Mais la voix qu'il venait d'entendre était différente. Elle l'avait impressionné. Qu'elle puisse sortir d'un petit corps malade était incroyable. Il s'arrêta un instant dans le couloir, réfléchissant à une description correcte de ce qu'il avait ressenti. Cette voix était forte et sûre, inflexible et sereine. Elle était sortie d'elle-même et semblait avoir sa volonté propre. Où Miroku l'avait-il cachée pendant tout ce temps ? Quel charisme il pourrait irradier si seulement il parlait avec cette voix !
Sano était un peu tremblant. Il n'aurait jamais imaginé que son ami puisse recéler une telle force. Quel effet cela aurait-il sur lui quand Miroku lui parlerait tout le temps de cette voix ? Il eut soudainement envie de l'entendre tout de suite, il voulait voir ce Miroku sûr de lui. Il voulait être étonné par lui et l'admirer. S'il pouvait connaître toutes les facettes de sa personnalité, en découvrir plus sur lui et le connaître mieux il en serait tellement heureux. Tant de choses pouvaient arriver et si le garçon lui réservait d'autres surprises comme celle-là il n'était pas prêt de se lasser de sa compagnie. Encore secoué par ses émotions il reprit le chemin de la cuisine, essayant de calmer son excitation. Il devait se montrer patient avec son ami, ce n'était pas en le pressant qu'il arriverait à quoi que ce soit. Il rangea rapidement les affaires, engloutissant un sandwich au passage avant de retourner dans la chambre. Miroku s'était laissé glisser dans son lit et la force qu'il avait ressentie si peu de temps avant s'était déjà envolée, le laissant sombrer dans les brumes de la demi consciences alors que tout son corps semblait se rebeller et exprimer sa douleur d'un seul coup. Il paraissait avoir rapetissé, perdu dans son grand lit. Sano s'approcha de nouveau et l'aida à prendre ses médicaments, l'observant à la dérobée, tentant de déceler le moindre petit signe de changement dans son attitude, espérant retrouver cette impression forte qui lui avait fait ressentir un tel respect à son égard. Mais c'était le même garçon timide et fragile que d'habitude qui le regardait avec étonnement. Il avait sûrement dû l'observer trop attentivement, cela devait lui sembler étrange. Il se releva rapidement mais à contre coeur.
"Je vais retourner en cours. Ca ira ?
- Oh oui, ne vous en faites pas.
- Je te laisse ça au cas où tu aurais mal à la tête." Il déposa une boîte de médicaments sur sa table de chevet, à côté de son verre d'eau.
"Ah oui, merci." Sa voix était vraiment redevenue comme avant, si hésitante.
"Tâche de te reposer bien sagement ok ?" Il prit un air faussement menaçant pour s'assurer que le garçon ne ferait pas de bêtises. Celui-ci se fit encore plus petit qu'il ne l'était et hocha la tête.
"Bon alors j'y vais, à plus !"
La porte se regerma et le silence retomba dans la chambre. Miroku ne voulait pas donner du travail à Sano à cause de sa maladie aussi avait-il attendu le moment de son départ avec une certaine impatience. Mais maintenant qu'il se retrouvait seul il aurait préféré lui avoir demandé de rester même si cela l'avait fait paraître capricieux. Il s'en voulu de n'avoir pas osé le retenir mais en même temps il n'avait pas le droit de perturber ses études pour une simple grippe. De plus, le doc avait dit qu'il repasserait, il n'était pas abandonné. Cependant une légère appréhension s'insinuait en lui, il ne se sentait pas de taille à se battre contre toutes les douleurs qui avaient étreint son corps et reviendraient sûrement tôt ou tard, quand l'effet des médicaments aurait disparu. Malgré ces pensées, le repas l'ayant bien rassasié, il se sentit trop engourdi pour penser à tous ses malheurs. Il se tourna sur le côté, s'emmitoufflant de nouveau dans sa couette, enfonçant avec délice sa tête dans son oreiller. Il eut l'impression d'avoir repoussé les assauts de la fièvre rien que par ce geste. Il ferma les yeux et se détendit complètement. Pour une fois il ne s'était inquiété de rien, il s'était laissé faire et tout lui avait paru bien plus simple.
Sano était là pour l'aider il n'avait rien à craindre. Et il serait là pour lui à son tour quand son ami en aurait besoin, il ne manquerait pas de lui rendre la pareille de quelque manière que ce soit.
Il se laissa entraîner dans un sommeil profond et réparateur qui arriva sans prévenir.
********************************second step********
Il était bien plus attentif en cours maintenant. Il avait suffit qu'il décide de prendre les cours pour Miroku pour qu'il s'intéressa vraiment à ce qu'il entendait. Le matin même, prévoyant que quelque chose était arrivé à son ami il avait été des plus attentifs en cours de maths, chose presqu'impossible d'habitude. Ce n'était pas vraiment qu'il se rebellait. C'était juste que ça l'ennuyait. De toutes manières ce qui marchait le mieux avec lui pour comprendre c'était la mise en application directe des théorèmes, son intuition faisait le reste. Quand il rentrait au pensionnat, il faisait le plus d'exercises possibles, retenant pas coeur la façon de traiter chaque situation. C'était de cette façon qu'il avait relevé ses notes et arrivait à résoudre les problèmes en cours. Il avait réussi à clouer le bec du prof en résolvant un problème difficile dès lors qu'on ne savait pas comment utiliser les théorèmes. Depuis il avait une paix royale en cours, ce qui lui convenait parfaitement. Il était juste déçu que Miroku n'ait pas été là pour le voir, au moins il aurait arrêté de s'inquiéter autant pour lui.
A l'interclasse il abandonna ses cours en retard et partit à la recherche de la classe 3A. Il ne s'y était jamais rendu mais les bâtiments étaient organisés de façon assez logique aussi ne se perdit-il pas. Arrivé devant la porte il accosta deux filles qui discutaient ou plutôt qui piaillaient. Il ne s'occupa pas de leurs regards admirateurs et posa sa question.
"Est-ce que vous pouvez appeler Mizouchi s'il-vous-plaît ?" Elles acquiescèrent rapidement, riant bêtement en rentrant dans la classe, encore émues par leur rencontre.
Blasé il fit une grimace et s'appuyant contre mur attendit que Saya arrive. Il n'avait pas hésité et avait décidé de la prévenir de ce qui arrivait à Miroku, elle était sa meilleure amie, elle n'aurait pas aimé être délaissée. C'était aussi à cause du lien qui les attachait, cette entente mutuelle pour protéger Miroku. Elle faisait partie de l'équipe et se devait d'être au courant de tout.
Elle arriva tranquillement mais quand elle se rendit compte que c'était Sano qui l'attendait elle ouvrit grand les yeux et sentit aussitôt ses joues s'enflammer, puis elle fronça les sourcils, sentant que ce n'était pas pour rien qu'il était là, lui qui ne sortait d'habitude jamais entre les cours. Il aborda tout de suite le sujet important sans faire de détours et elle lui en fut reconnaissante.
"Je suis rentré au pensionnat à midi et j'y ai trouvé Miroku malade dans son lit. T'inquiète pas c'est juste une grippe. Le doc est déjà passé le voir, il sera vite sur pied.
- Ah c'est pas de chance... Il prend ça comment ?
- Ben en fait je sais pas si c'est à cause de la fièvre mais il était beaucoup plus à l'aise. Il chipotait moins. Bon faut dire qu'avec la fatigue il a pas dit grand chose et il se laissait faire mais..." Son regard se fit songeur. "Peut-être c'est rien mais il a eu un instant de complète assurance qui m'a impressionné. Je sais pas comment il était avant alors peut-être c'est normal..." Saya n'en revenait pas.
"De l'assurance ? Comment ça ?"
Sano chercha ses mots un instant, se rappelant l'impression que ça lui avait fait.
"Il a juste dit un mot mais sa voix semblait si sûre et son visage si concentré... ça m'a marqué. Il semblait plus grand et plus solide... Mais ça n'a pas duré longtemps...
- Si ce que tu dis est vrai alors tu as fait des miracles avec lui. Je ne m'en rappelle pas bien, je ne l'avais vu qu'une fois avant l'accident mais c'est vrai qu'il était... Ah ! Comment l'expliquer... Il semblait si sûr de lui, il regardait le monde avec un oeil dur, comme s'il voulait tout voir en même temps. Ca m'avait fait une forte impression. J'imagine ce que tu as du ressentir alors. Je ne m'attendais pas à ça. Du moins pas aussi vite."
Ils restèrent un moment plongés dans leurs pensées, cette nouvelle avait distrait Saya de son attention pour Sano. Elle était soudain impatiente de voir Miroku changer.
"Je t'avais dit que je te tiendrai au courant... Alors voilà, pour Noël il a accepté de venir chez moi..."
Elle en resta un moment sans voix. Décidément tout allait vite d'un seul coup.
"C'est vrai ? Mais c'est génial ! Ah ! Je n'ai même pas eu le temps d'essayer de le convaincre, tu as été rapide.
- Moui on peut voir ça comme ça."
Il lui cachait quelque chose. Et pourtant ils étaient censés parler de tout.
"Tu demanderas à Miroku ok ?"
Il avait senti ce qu'elle pensait. Alors il ne voulait pas révéler quoi que ce soit sur son ami, il le laissait décider seul s'il voulait ou non le lui dire. Elle fit taire toutes ses questions, admirant l'attitude de Sano. Elle hocha simplement la tête.
"Bon ben j'vais retourner en classe...
- Ah, merci d'être venu m'avertir... Je passerai voir Miroku au pensionnat après les cours.
- Ok... Ah, au fait...
- Oui ?
- Ca te va bien cette coupe de cheveux."
Elle porte la main à ses cheveux courts, laissant son regard se fixer sur le dos de Sano qui s'éloignait tranquillement. Elle ne pensait pas qu'il aurait remarqué ça. Elle devenait rouge comme une pivoine. Les deux filles qui étaient venues la chercher se moquèrent gentiment d'elle et se montrèrent jalouses de l'attention que lui portait le jeune homme. Elles rentrèrent en classe alors que la sonnerie retentissait, Saya se trouvait encore perdue dans ses pensées qui revenaient sans cesse sur la même personne. Une simple entrevue comme celle-ci qui durait quelques minutes seulement la mettait dans tous ses états. Quelle chance elle avait que Miroku soit l'ami de Sano. Grâce à ça elle avait pu le rencontrer. Finalement ça n'avait pas que des mauvais côtés de se retrouver en seconde place.
********************************third step********
Ca faisait un petit moment déjà qu'il patientait du mieux qu'il pouvait dans le froid, debout devant la grille. Il avait enfoncé ses mains dans les poches de son blouson mais elles s'étaient tout de même engourdies. Il pesta contre le temps qui devenait de plus en plus hivernal. Ca ne lui facilitait pas l'attente. Il était excédé, il s'était fait rabrouer comme il fallait et en ressentait encore de la rancoeur. Elle n'avait pas besoin de s'acharner sur lui, il n'était pas bête, il comprenait ce qu'il devait faire. Elle était de plus en plus souvent irritée et de mauvaise humeur, lui parler revenait à jouer avec le feu. Il pensait s'y être habitué mais ces derniers temps il semblait se détacher de toute cette histoire malgré lui. Il s'était vraiment demandé si c'était bien utile, si cela servirait à quelque chose. En fait depuis que cette fille lui avait parlé, il n'arrivait plus à penser clairement, tout s'était brouillé dans sa tête. Ses résolutions s'étaient émiettées et tout ce qu'il avait cru juste de faire lui semblait mauvais. Il s'était mis à douter et elle n'avait pas apprécié qu'il ait des états d'âme. Lui qui avait besoin de réponses claires et de tmeps pour digérer ce qu'il venait de réaliser, il ne lui était rien accordé. Elle avait balayé toutes ses questions, ses doutes d'un geste brusque de sa main et l'ignorant complètement, ne le regardant même pas, elle lui avait dit ce qu'elle voulait qu'il fasse. Mais toute cette comédie le fatigait, il y avait cru pendant longtemps mais elle s'était construit un monde et ne réalisait pas qu'il n'était rien face au modnre réel. Il avait cru que ces règles s'appliquaient partout, que tout le modne exigerait toujours quelque chose de lui. Mais cette fille... Elle lui avait dit des choses auxquelles il ne s'était vraiment pas attendu. Il voulait croire à l'espoir qu'elle avait mis en lui d'arranger les choses. Mais il ne pouvait pas oublier d'un coup tout ce qu'il avait pensé être vrai pendant plus de deux ans. Il était tiraillé entre ces deux conceptions et ne savait laquelle il devait choisir. Il pensait qu'il devait suivre celle qui était la plus raisonnable et ne lui attirerait pas d'ennuis mais son esprit se révulsait à cette idée. Il voulait s'en échapper et changer complètement, se jeter en avant même si cela comprenait des risques. Il se ferait rejeter. Il ne savait pas s'il était prêt encore. Il hésitait, se donnant encore du temps. Il fallait qu'il observe Miroku de ses propres yeux, en oubliant tout ce qu'il avait appris, il ne devait voir que ce que ses yeux percevaient. Il était faible et continuerait à obéir à ce qu'elle lui imposait. Il ne pouvait pas la laisser d'un seul coup, pas encore. Elle avait beosin de lui malgré tout, elle s'était toujours tournée vers lui quand elle avait eu besoin d'aide. Et lui avait besoin de sa considération même s'il se sentait traité comme un moins que rien. Il avait encore besoin d'un endroit où aller.
Il se redressa lorsque les premiers élèves quittèrent le lycée. Une tête familière s'approchait qu'il ne désirait pas voir pour l'instant. Il avait assez fait pour l'instant. Il regarda le jeune homme qui s'éloignait d'un pas pressé, un air soucieux sur le visage. Comment avait-il pu se mesurer à lui ? Il paraissait si puissant et agile, personne ne devait s'y frotter. Alors pourquoi ne s'était-il pas défendu la dernière fois ? Ca ne servait à rien d'aller le voir de toutes manières. Ca l'agaçait d'avoir été battu la première fois qu'ils s'étaient vus et de ne pas pouvoir se venger dans une bonne bataille. Forcément si l'autre ne voulait pas se battre et restait mou comme un chiffon, il ne pouvait pas y arriver. Et pourtant il semblait si fort, il aurait bien aimé le défier. Il gâchait son talent à jouer les perdants dès le départ. Cette attitude l'insupportait. De toutes manières, il n'était pas venu là pour lui. Il se rappuya contre le mur et attendit du mieux qu'il put que tous les élèves sortent. C'était étonnant, maitnenant qu'il y repensait, Miroku aurait du se trouver avec son garde du corps, ça semblait logique et pourtant... Peut-être préférait-il l'autre ? Peu lui importait, du moment qu'il le voyait il ferait ce qu'on lui avait ordonné de faire. Il y répugnait et se sentit acculé, dégoûté de lui-même.
Il avait accepté ce qu'il devait faire mais ça ne l'empêchait pas de se sentir mal et de trouver ça parfaitement inutile et ridicule. Il soupira un grand coup, reprenant son observation. Il aurait pu être ailleurs et faire tout autre chose de bien plus passionnant. Mais il n'avait pas le courage d'abandonner tout de suite, il s'accordait un peu de temps. Au moins ferait-il cela pour elle. Elle ne pourrait pas dire qu'ila vait désobéi ou mal fait les choses. Enfin il l'espérait. Elle trouverait sûrement un autre moyen de le culpabiliser, de le forcer à y retourner et lui obéir. Sa mine se fit sombre alors qu'il pensait à l'entrevue qu'il aurait de toutes façons avec elle. Malgré son désir d'abandonner toute cette histoire il avait vécu trop longtemps près d'eux et ne pourrait pas la quitter aussi vite. Il se sentait obligé d elui aprler et cela ne dépendait pas du pouvoir qu'elle avait sur lui mais de son propre attachement à la jeune fille. Il releva la tête, se rendant compte qu'il avait délaissé son observation pendant un moment et que plein de monde était sorti, passant devant lui sans qu'il les vit.
Il s'avança d'un pas et à ce moment-là il se retrouva face à la fille qui avait distillé le doute en lui. Il resta muet pendant un instant, la regardant bêtement. Il n'aurait pas pensé que la revoir lui ferait un tel effet. C'était comme s'il s'était souvenu d'un rêve pendant tout ce temps et qu'il reprenait forme sous ses yeux. Tout ce qu'il avait vécu était vrai, il n'avait pas imaginé cette rédemption, ce moment de repos qu'il avait savouré au mieux. Il en oublia presque pourquoi il se trouvait là. Ils ne firent que se regarder pendant un moment puis le regard de Saya se fit dur alors qu'elle se rappelait le traitement qu'il avait fait subir à Sano. Cela le ramena d'un coup à la réalité et il se recomposa un visage narquois, depuis longtemps maîtrisé. C'était son va-tout pour réussir ce qu'ila vait à faire, il ne pouvait pas faire sans. Ca le détachait de ce qu'il voulait vraiment faire, de ce qu'il était. Maintenant qu'il s'en était rendu compte c'était d'autant plus difficile de continuer.
"Qu'est-ce que tu fais là ?" Son ton glacial s'abattit sur lui, l'attristant alors qu'il s'y était pourtant préparé.
"Je me ballade" son effronterie allait l'agacer il pouvait le sentir.
"En attendant devant ce lycée en particulier justement ?"
Sa répartie était vive, il avait peur de ne pas arriver à la suivre, il était déjà las alors qu'il venait à peine d'entamer la conversation. Il aurait tellement voulu pouvoir lui parler normalement, discuter gentiment comme ils l'avaient fait la dernière fois. Il luttait contre son envie de se libérer et se forçait à paraître hautain.
"J'aime bien le coin c'est tout."
Il ne paraissait pas sûr de lui malgré ses efforts et elle sembla le remarquer car elle pencha la tête de côté et le regarda attentivement. Il n'arrivait pas à lui imposer un regard méchant, ses yeux étaient si fascinants, il ne put bientôt que se perdre en eux, son visage se détendant complètement et devenant pensif.
"Si tu n'es pas encore en train de te battre avec Sano" Elle appuya sur la fin de sa phrase, lui jetant ces mots avec mépris. "C'est que tu voulais t'en prendre à Miroku."
Elle fronça les sourcils, sentant sa colère monter en elle. Il n'avait pas le droit de toucher à son meilleur ami, c'était déloyal. Elle fut ravie qu'il soit resté dans sa chambre pour la première fois de la journée. Elle sourit dédaigneusement.
"Eh bien c'est raté pour cette fois, il n'est pas venu en cours, tu ne le verras pas."
Malgré son sérieux il ne put cacher sa déception mais ce qui sauta aux yeux de la jeune fille fut l'espèce de soulagement qu'elle ressentit en lui. Elle devait se tromper et pourtant les signes qu'elle voyait ne trompaient pas. Ses épaules s'étaient détendues d'un coup et ses traits de visage s'étaient adoucis. C'était comme ça qu'elle l'avait vu durant le match. Elle ne l'avait pas imaginé alors, il était vraiment obligé de faire tout ça. Pour mettre fin à ces problèmes peut-être la meilleure solution n'était pas de s'emporter. Bien sûr elle lui en voulait terriblement d'avoir frappé Sano et menacé Miroku mais de toutes façons elle ne pouvait pas se venger avec ses poings. Sa seule arme était la parole et d'après son expérience elle était bien plus efficace que de vaines actions si on savait s'y prendre. Avant qu'il ne se reprenne tout à fait elle devait s'en occuper.
"Tu n'en as pas assez ?"
Il la regarda, étonné. Il était en train de préparer une réplique cinglante mais il oublia tout au même instant. Elle s'approcha de lui, le regardant intensément, passant à travers ses protections et lui parlant directement.
"Après Miroku tu t'en es pris à Sano. N'en as-tu pas assez de faire tant de mal ? Ils ne font rien pour mériter un tel traitement, en plus ils ne veulent même pas te reprocher quoi que ce soit. A quoi cela te sert-il de continuer ? Arrêtes-toi dès maintenant. Il est encore temps de recommencer à zéro."
Elle n'était plus qu'à un pas de lui. Elle lui prit le bras alors qu'il ne s'y attendait pas.
"Il est temps que tu te reposes et que tu cesses cette comédie !"
Il pouvait sentir son emprise sur lui renforcée par le contact de sa main. Elle lui ressemblait par sa façon de vouloir le changer. Il voulut croire qu'elle l'étouffait autant, il voulut se mettre en colère et s'éloigner d'elle pour reprendre sa respiration. Mais il se trompait, elle ne voulait pas le limiter et lui imposer quoi que ce soit. Elle continuait comme la dernière fois à lui parler pour réveiller complètemente ce qui sommeillait encore en lui. Elle lui ouvrait la voie, soulevait le poids de ses épaules et le poussait gentiment à prendre sa décision. Il ouvrit la bouche, prêt à tout accepter, à franchir le pas si difficile pour changer. Mais il douta au dernier moment, son visage sérieux apparaissant dans son esprit lui demandant doucement de ne pas faire ça, de ne pas l'abandonner, qu'elle en serait trop triste. Ce visage lui sourirait alors qu'il ne l'avait plus vu aussi détendu depuis longtemps. Se pouvait-il qu'il soit capable en lui obéissant de le lui rendre, de la faire redevenir aussi douce et belle qu'avant ? Il ne pourrait pas le savoir s'il abandonnait maintenant. Sa résolution prise, il se sentit plus dur et se débarassa de la main de Saya comme si ce n'était qu'un insecte venant le titiller.
"Ce ne sont pas tes affaires alors arrête de faire ta maline."
Il voulait l'empêcher de jamais recommencer et se conforter dans son idée. Il retrouva ses réflexes brusques et son caractère irritable.
"Si Miroku n'est pas avec toi, tu ne me sers à rien."
Il tourna les talons après l'avoir fusillée du regard, reprenant le chemin de la gare avec nonchalance et assurance, la laissant complètement tétanisée. Bien sûr elle ne pouvait pas changer les choses si rapidement mais elle avait cru un instant y parvenir quand elle avait vu ses yeux s'adoucir. Pourtant quelque chose l'avait retenu et elle s'en sentait jalouse. Qu'est-ce qui pouvait être plus fort que sa volonté de l'aider ? S'occuper d elui était un challenge beaucoup plus intéressant que de le rabrouer. Mais il ne s'arrêterait sûrment pas là, il lui fallait en parler à Sano.
********************************fourth step********
Il se rappuya contre la banquette, soupirant. Il était enfin tranquille. Il n'avait pas arrêté de parler et il n'y était pas habitué. Il finit son café et se dirigea vers le téléphone avant d'oublier complètement ce qu'il devait faire. Il avait du mal à contenir toutes les nouvelles qu'on venait de lui rentrer dans la tête, elles n'arrêtaient pas de l'interpeller, ne lui laissant aucun répis. Il arrivait à peine à se concentrer sur l'une d'elle qu'une autre s'imposait qu'il ne pouvait ignorer. Il souleva le combiné, songeant aux problèmes qui allaient sûrement arriver si cet imbécile de Kotaro continuait à faire son malin. Saya avait été si remonté contre lui et maintenant elle semblait le prendre en pitié, ça n'allait pas arranger les choses. Du moment qu'il ne le croisait pas ça ne le gênait pas. Mais il ne fallait surtout pas qu'il cherche des ennuis à Miroku, là il n'aurait aucune excuse. Sano aurait bien aimé qu'il s'y essaie, ça lui aurait donné une excuse pour faire disparaître cet air supérieut de son visage.
Il composa le numéro de tête, se demandant ce qui allait encore bien pouvoir se passer avant la fin de l'année. Il s'était tellement occupé de problèmes rcents qu'il avait fait l'impasse sur ce qu'il avait l'intention de faire après le lycée. Ce Jun lui avait presque donné envie de le suivre tout de suite. Il lui avait décrit le monde du football de manière si passionnée qu'il se serait bien laissé tenter pour voir ça de ses propres yeux. Parler avec lui revenait à se faire embarquer dans ses récits, oubliant le café qui refroidissait, oubliant l'agitation autour et l'heure qui passait. Cela l'avait énormément intéressé, il s'était dit que c'était exactement ce qu'il attendait, c'était ce qu'il voulait faire. Il avait encore le temps d'y réfléchir et de se renseigner mais il sentait qu'il cèderait facilement. Et puis il avait déjà prévu de revoir ce Jun, d'après les allusions de l'entraîneur ce n'était pas n'importe qui mais il n'avait pas eu le temps de lui poser la questions, entraîné qu'il l'était dans ses récits.
Une voix âgée dans le combiné le tira de ses réflexions.
"Allo grand-père ?"
Dire ce mot le faisait sourire à chaque fois. Son grand-père n'aimait pas qu'on lui rappelle son âge, ou du moins faisait-il semblant d'en être offusqué. Il était parfaitement conscient qu'il était au crépuscule de sa vie mais il tirait une certaine satisfaction à culpabiliser les gens qui le lui rappelaient.
"Ah ! Pas question que mon petit-fils me traite de vieux ! Tu es déjà sénile que tu as oublié mon prénom ?!
- D'accord, d'accord, Aoki.
- Ah c'est mieux ! Alors, que deviens-tu ?"
S'il fallait tout lui dire ça pourrait prendre plusieures heures. En fait il s'était vraiment passé énormément de choses depuis la rentrée. C'était bien la première année que ça lui arrivait. Forcément en s'occupant de Miroku il avait plus de risques que quelque chose se passe. C'était un véritable travail et ça tous les jours. Au moins il ne s'ennuyait pas, il était plutôt débordé mais ça ne lui déplaisait pas. Il préférait nettement s'agiter toute la journée plutôt que de rester prostré dans un coin.
"Bah ça va plutôt pas mal.
- Vrai ? Et ta blessure ?
- Ca s'arrange. D'ici un mois j'pourrais reprendre l'entraînement.
- Ahah, ça doit te manquer hein !
- C'est sûr, ça me démange" Et cela dans les deux sens du terme, se dit-il en souriant.
"Bon alors tu dois appeler pour quelque chose de spécial vu l'heure." Quelle perspicacité, au moins Sano n'avait pas besoin d'en rajouter avec son grand-père, il devinait toujours tout.
"Oui c'est au sujet des vacances de Noël.
- Hein ? Ah c'est vrai que c'est bientôt... Tu as prévu quelque chose ?"
Malgré lui Sano sentait que son grand-père redoutait sa réponse. Il devait croire que son petit-fils ne viendrait pas le voir. En même temps il détestait l'obliger à quoi que ce soit, il était hésitant, ne voulant pas trop en rajouter.
"En fait j'ai invité un copain de classe finalement.
- Ah oui, tu m'avais dit. Alors, ça y'est ? T'as réussi à le convaincre ?"
Si ça c'était pas du soulagement ! Sano appréciait de pouvoir raconter cette histoire à quelqu'un. Il était fier de ce qu'il avait accompli et se sentait rassuré que quelqu'un lui confirm qu'il avait fait une bonne action.
"Oui ça y'est, ça a été plus facile que ce que je pensais.
- Bon c'est parfait ça, j'ai hâte de voir ce petit... Miroku c'est ça ?
- Oui c'est ça, tu as une bonne mémoire malgré ton grand âge...
- Ne te moque pas de moi ! Bon vous viendriez pour toutes les vacances ?
- Oui, on n'a rien d'autre de prévu.
- C'est Tsubaki qui va être contente.
- Ah, elle rentre aussi ?
- Oui mais elle revient tous les week-ends puisqu'elle étudie pas loin.
- D'accord..."
Des souvenirs lointains lui revenaient à l'esprit à l'évocation de ce prénom. Une nostalgie d'un temps révolu où il avait passé des après-midi dans la campagne entouré de sa famille et des voisins, prenant leur temps autour d'un pique-nique. Il avait couru comme jamais, dévalant des pentes herbues sans se soucier du danger, ce petit rie le poursuivant partout où il allait. Il se rappelait encore du vent qui balançait les herbes dans tous les sens et le soleil qui tentait de le distraire par ses jeux entre les feuilles des grands arbres.
Tout redevint noir et il rouvrit les yeux, contemplant le mur vide du café.
"Je te dirai quand on arrivera exactement...
- Pas de problème. Pense seulement à lui dire de se couvrir, le temps est bien plus froid que chez vous. Il y a déjà de la neige sur les sommets et il y en eu dans la vallée à côté.
- Ils ont pas commencé à faire de la luge encore ?
- Non mais ce sera pour bientôt. Avec les fêtes de fin d'année vous aurez de quoi vous occuper.
- Oui ça sera sympa.
- Sano..." Son ton était beaucoup plus sérieux d'un seul coup. Il eut peur d'une mauvaise nouvelle.
"Oui ?
- Prends soin de toi ok ? J'imagine que tu dois donner de ta personne pour les autres comme d'habitude mais il faut que tu penses à toi aussi... Je sais ce que tu vas me dire mais c'est pas la peine, je voulais juste te le rappeler.
- ... Merci. Ca va bien t'inquiète pas et puis... Maintenant j'ai des amis qui s'occupent de moi."
Il baissa la tête, sentant son coeur se gonfler d'orgueil. Il n'avait pas connu de gens comme Miroku et Saya avant, il n'avait jamais ressenti un tel attachement pour des amis.
"Bon alors je suis rassuré. Profites-en bien d'accord ?
- T'inquiète pas pour ça. Et toi reposes-toi aussi. Que je n'aprenne pas de la voisine que tu as fait le fou tout le temps.
- Ahah ! Tu es dur ! N'écoute jamais cette commère. Je suis en forme, il faut que j'en profite.
- Oui et après tu ne pourras plus bouger tes os rouillés, je te connais.
- Ah c'est dur d'être sermonné par un petit jeune. Bon allez, tu dois avoir mieux à faire qu'écouter mes bêtises. Je vous attends pour Noël alors.
- D'accord, à bientôt."
Il raccrocha, heureux et nostalgique. Il appréciait que son grand-père s'intéresse à lui plutôt qu'à ses résultats à l'école. Il s'était toujours inquiété de son moral avant tout. S'il vivait bien et se sentait bien alors le reste avait peu d'importance. Ils ne s'accordaient qu'un petit moment très intime durant leurs conversations où ils déversaient à coeur ouvert ce qu'ils ressentaient. Ils étaient habitués à le faire, ainsi ils savaient vraiment comment se portait l'autre sans toutefois s'apesantir sur le sujet.
Cela lui avait fait un bien fou de lui parler, même si la conversation n'avait pas duré longtemps. Il s'était rappelé son village, les montagnes autour et ce petit air frais si particulier. C'était un petit havre de paix où il serait heureux de retourner. Y amener Miroku lui semblait à la fois étrange et évident. Personne n'y était jamais allé, c'était son berceau, là où il redevenait le petit garçon du haut de la rue que tout le monde connaissait. Il sentait qu'il s'en était beaucoup éloigné, qu'il avait grandti et qu'il regardait l'enfant qu'il avait été avec plus de clémence et un soupçon de jalousie. L'insouciance dans laquelle il avait vécu était un véritable trésor qu'il ne retrouverait jamais plus. Mais ce qu'il avait acquis était trop important, il se sentait vraiment complet maintenant. Il était devenu l'homme qu'il voulait être et ça peu de gens pouvaient s'en targuer.
********************************fifth step********
"Ah Kotaro, ça faisait longtemps, viens entre..."
Il avança à la suite du garçon qui se déplaçait avec dextérité dans sa chaise roulante. Ils s'installèrent dans le salon et on leur amena du thé. Hosei regarda son ami avec compassion. Il ne savait pas bien ce qu'il venait faire à chaque fois avec sa soeur mais il semblait bien fatigué. Il connaissait le caractère strict et intraitable de Yasumi, surtout depuis son accident.
"Tu es venu voir ma soeur je suppose ?
- Oui.."
Kotaro baissait la tête. Il se sentait toujours un peu honteux devant son ami. Il ne pouvait pas l'aider à surmonter son handicap, c'était impossible. Et il ne pouvait pas parler de ses plans avec Yasumi, il n'était même pas au courant. De nouveau il se trouvait tiraillé entre deux personnes, ne pouvant rien faire d'autre qu'attendre. Il était lâche et s'en maudissait.
"Est-ce que ça va ?"
La sollicitude de Hosei était encore pire. Lui était pur et lui rappelait combien il était sâle.
"Oui ne t'inquiète pas. Je suis juste un peu... fatigué." Las d'avoir tant de choses à cacher plutôt. Et si c'était le moment de changer ? D'habitude Yasumi le surveillait toujours quand il parlait avec son frère mais pour une fois il était seul avec lui. Au moins s'il ne disait pas tout pouvait-il mettre Hosei un tant soit peu au courant de la situation.
"En fait..." Il posa sa tasse et se redressa dans son fauteuil, croisant les mains et les observant attentivement alors qu'il cherchait ses mots.
"J'ai revu Miroku..." Il releva la tête pour observer son ami. Il était des plus étonné, le fixant sans cligner des paupières.
"Il va au lycée du haut de la ville, il habite au pensionnat et..." Il prit son courage et se lança : "il a recommencé à jouer au foot." Il attendit pour voir s'il devait continuer. Plein d'images étaient revenues à Hosei à l'évocation de ce nom. Un garçon plein de vitalité qui avait été son rival autant que son ami. Ils n'avaient pas arrêté de jouer ensemble. C'était lui le responsable de son état. Il était en colère contre lui, lui en voulait beaucoup mais en même temps il ressentait de la nostalgie. Et puis le temps avait passé, il voyait ça avec beaucoup plus de recul désormais. Il était si près et il ne le savait pas. Peut-être pourrait-il aller le voir ? Une telle hardiesse de sa part l'étonna. Il n'aurait jamais pensé vouloir autant le retrouver et cela juste pour voir ce qu'il était devenu. Il l'avait rejeté à l'époque où il s'était retrouvé à l'hôpital, ayant déjà du mal à voir de la famille. Il avait eu honte de son état et ne voulait pas qu'on le vit si faible. Il réalisa à quel point son attitude avait été méchante. Son ami était souvent revenu pour tenter de le voir mais sa soeur l'avait rabroué à chaque fois. Il regrettait amèrement de l'avoir quitté ainsi alors qu'ils avaient été les meilleurs amis du monde. Il s'était engagé en toute conscience dans leur duel durant le match et cela aurait très bien pu être Miroku qui ce serait blessé à sa place. Qu'aurait-il fait si son ami l'avait rejeté aussi durement ? Mais non, ça ne serait jamais arrivé. Il était trop gentil pour pouvoir faire ça. La culpabilité étreignit son coeur sans ménagement alors qu'il se tournait de nouveau vers Kotaro.
"Tu lui as parlé ?"
Il y avait tant d'attente contenue dans ces paroles, il en fut étonné.
"Euh oui..." D'une certaine manière seulement, ce n'avaient pas été de vraies discussions. Mais ça il ne pouvait pas le lui dire, au risque de subir une sévère réprimande.
"Que dit-il ? Est-ce qu'il t'a parlé de moi ?" Il savait combien cette question était egoïste et pourtant il n'avait pu s'empêcher de la poser.
Voilà qui était une question épineuse. Kotaro devait faire attention à ce qu'il répondrait.
"Il... Il ne t'a pas oublié. Et..." Il réalisa cette idée en la disant : "il s'en veut toujours de ce qu'il t'a fait." Au bout de deux ans il semblait ausis traumatisé que le jour même de l'accident, comment avait-il pu en rajouter en le culpabilisant encore plus sans aucun état d'âme. Comment Miroku arrivait-il à supporter ça ? Et comment lui, Kotaro, arrivait-il à supporter ce qu'il avait fait ? Il voulut d'un seul coup tout arranger.
"Je voulais le voir aujourd'hui mais il était malade, je l'attendais devant son lycée mais je n'y ai vu que son amie.
- Tu allais le voir pour quoi ?" D'une certaine manière, Hosei fut content d'apprendre que son meilleur ami d'enfance n'était pas tout seul. S'il culpabilisait toujours, ça ne devait pas être facile pour lui de rejouer au foot.
"C'est... enfin... c'est ta soeur qui m'y a envoyé...
- Ah bon ? Mais pourquoi ne m'a-t-elle pas dit qu'il était ici ? Et pourquoi t'y avoir envoyé toi ?
- En fait elle garde encore de la rancune pour lui, je ne voulais pas le faire mais je me suis laissé embarquer et..."
Il reçut une gifle qui claqua et résonna dans la pièce. Eberlué, il se tint la joue qui commençait à rougir et se tourna vers la jeune fille qui était entrée sans faire de bruit et l'avait pris par surprise.
"Alors ce n'est pas suffisant d'échouer dans ta mission il faut aussi que tu rompes notre secret en parlant de ça avec mon frère ! Tu es pitoyable. J'aurai pensé te voir plus efficace que ça Kotaro, tu me déçois."
Son ton cinglant jeta un froid dans la pièce. Elle était impressionnante, si sûre d'elle et sérieuse. Ses longs cheveux noirs encadraient un visage d'une beauté étrange qui était malheureusement gâtée par ses rictus de colère. Son frère parla alors dans son dos et elle se tourna vers lui, impériale.
"Alors tu le savais depuis longtemps et tu ne m'as rien dit ? Que fais-tu à Miroku ? Pourquoi y envois-tu Kotaro ? Réponds-moi !"
Elle prit un air aimable que seuls trahissaient ses yeux perçants.
"Tu n'as pas à t'en faire Hosei, je m'occupe de tout. Je voulais être sûre que c'était bien lui avant de t'en parler, c'est pour ça que j'ai demandé l'aide de Kotaro. C'est aussi simple que ça."
Elle le gratifia d'un petit sourire mais son frère était trop habitué à ses réactions. Elle lui cachait quelque chose et ce n'était pas particulièrement sympathique.
"Dis-moi réellement ce que tu prépares" lui demanda-t-il, prenant un air sérieux et un peu menaçant pour la forcer à répondre mais cela n'eut aucun effet sur elle. Elle restait impassible et gardait son sourire figé sur ses lèvres.
Kotaro sentit qu'il ne pourrait plus supporter cette pression, il en avait assez de nager dans les mensonges et la cruauté facile. Il prit la parole d'une voix bien plus assurée qu'il ne s'y attendait.
"Elle veut rendre la vie impossible à Miroku pour le mal qu'il t'a fait il y a deux ans. Même à l'époque c'est elle qui le rejetait continuellement, tu n'as pas idée à quel point il a changé.
- Kotaro ça suffit, tais-toi !
- Miroku se sent toujours coupable de ce qu'il t'as fait et ça le rend malade, c'est un exploit qu'il soit sur un terrain de foot. Il est... comment dire... Avant il était si fort et courageux, maintenant c'est tout l'opposé. Il est faible et timide, il aurait peur de sa propre ombre.
- Comment ?" Hosei n'en croyait pas ses oreilles. Lui si fort et sûr de lui, si nonchalant serait devenu si peureux à cause de l'accident ? Il n'en revenait pas !
Yasumi fusilla Kotaro du regard, lui intimant le silence. Mais Kotaro avait déjà tout dit, d'après ce qu'il lisait dans les yeux de Hosei c'était suffisant. Il avait fait ce qu'il avait pu mais il savait que Yasumi ne le laisserait pas s'en tirer à si bon compte.
"Tout ce que tu as trouvé à faire c'était de lui empoisonner encore plus la vie. Yasumi ! Il est notre meilleur ami d'enfance, tu n'as pas le droit de lui faire ça !
- Mais regarde ce qu'il t'a fait ! Il a brisé ta vie en même temps que tes jambes !
- C'était un accident ! Quand finiras-tu par le réaliser ?
- Comment peux-tu dire ça !" Les larmes lui montaient aux yeux. "Tu vois où tu es par sa faute ?"
Il la regarda d'un air adouci, après tout elle ne faisait que s'inquiéter pour lui.
"J'ai appris à reconnaître l'évidence, il serait temps que tu le fasses aussi. Miroku n'est pas responsable. Il ne voulait pas ça et tu le sais bien."
Elle sembla lutter un moment en elle-même, serrant nerveusement les poings essayant de contenir au mieux sa colère.
"Ca m'est bien égal ce que tu peux me dire. Il est coupable et c'est tout, je ne le laisserai pas s'en tirer comme ça !" Elle se détourna et attrapa Kotaro par le bras, faisant mine de le tirer à sa suite mais il ne bougea pas. L'air furibond elle le regarda mieux, sentant qu'il s'apprêtait à la trahir après tout ce temps.
"Qu'est-ce que tu as ? Ne me dis pas que toi aussi tu crois à ces balivernes ! Toi le premier à être retourné le voir rien que pour lui rappeler que l'on était ici ! Tu n'as pas le droit de m'abandonner maintenant !" Elle devenait hystérique mais de moins en moins dangereuse.
"Tu te trompes sur Miroku et je ne peux pas continuer comme ça. C'est fini Yasumi, il est temps de passer à autre chose." Les paroles de Saya lui revenaient à l'esprit, devenant évidentes.
"Passer à autre chose ? Tu me fais bien rire !" Ils semblaient s'être ligués contre elle. Ne voyaient-ils pas qu'il leur fallait réagir ? Ils étaient si mous mais le pire était qu'ils ne la comprenaient pas alors qu'elle se démenait pour eux. Tout cela la dégoutait, elle n'en supporta pas d'avantage.
"Vous me décevez beaucoup. Libre à vous de rester dans votre coin à ne rien faire mais vous ne m'arrêterez pas." Elle se tourna vers Kotaro : "Inutile de revenir me voir." Puis elle quitta la pièce, exaspérée et s'enferma dans sa chambre.
Ils restèrent un instant silencieux, se regardant sans rien dire.
Cette décision lui brisait le coeur, il avait été tellement attaché à elle et s'était plié en quatre sans rien recevoir en retour. Il comprenait maintenant qu'il avait été aveugle et qu'elle s'était servi de lui mais ça ne changeait rien à sa tristesse.
"Kotaro, je suis désolé que ma soeur t'ai utilisé comme ça. Tu ne le méritais pas, tu as toujours été là pour nous et ton aide était précieuse.
- Ne t'en fais pas j'étais conscient de ce que je faisais et je suis aussi fautif que ta soeur dans cette histoire. Si je n'avais pas observé autant Miroku je n'aurai jamais réalisé l'erreur que je faisais.
- Va-t-il si mal que ça ?" Kotaro se sentait mal à l'aise après toute cette histoire mais finalement pouvoir parler à coeur ouvert de tout ça avec le calme Hosei n'était pas si mal pour se remettre de ses émotions.
"Eh bien, il est aidé de ses amis mais il est loin du charisme qu'il avait avant. Il fait plus pitié qu'autre chose en fait. C'était un crève-coeur d'aller le voir pour lui rappeler tout ce qui s'est passé il y a deux ans. Ca m'a agacé de le voir si faible mais finalement je ne sais rien de ce par quoi il est passé, je n'ai pas le droit de le juger. Chacun a déjà du mal avec ses problèmes, pas besoin de s'occuper de ceux des autres. J'ai déjà assez à faire avec les miens sans en rajouter à un garçon qui n'a rien fait." Tout était sorti tout seul directement de son coeur. Il comprit enfin ce qui lui importait vraiment à cet instant. Hosei observa ce changement en lui, admiratif. Kotaro avait un pouvoir d'adaptation et de changement infiniment plus rapide que tout le monde. Il avait déjà pris la décision de changer sa vision des choses rien qu'en venant ici.
"Toute cette histoire n'a pas eu que de mauvaises conséquences finalement si elle te permet de te libérer.
- Oui c'est vrai..." Il se sentait si petit devant la patience de son ami, il ne l'avait pas beaucoup vu et s'en voulu, il aurait pu le conseiller bien plus tôt.
"J'aimerai le voir...
- Hein ?
- Miroku, j'aimerai lui parler." Son regard se perdit alors dans le vide. "Deux ans sans le voir j'ai eu le temps de repenser à toute cette histoire et de culpabiliser." Il redressa la tête et sourit aimablement. "J'aimerai pouvoir me réconcilier avec lui si c'était possible."
L'espoir d'arranger les choses renaissait en lui. Tous ces moments de douleur où il avait douté, priant pour revoir son meilleur ami avant de regretter leur séparation. Il avait vécu des instants magiques à l'époque où ils jouaient ensemble. Sortir du carquant familial et pouvoir se donner à fond parce qu'en face il y avait quelqu'un qui avait du répondant et qui voulait aller plus loin. Il lui avait donné envie de se surpasser, d'oublier les sermons de ses parents et de prendre plaisir à ce qu'il faisait, montrant à tout le monde qu'il était finalement doué pour quelque chose.
Il regarda Kotaro sortir de leur propriété, libre. Voilà une amitié qu'il avait malheureusement négligée alors qu'elle aurait pu tant lui apporter. Il aurait pu empêcher sa soeur de l'entraîner dans sa folie. Il lui faudrait être courageux pour l'affronter à son tour et essayer de la raisonner. Il y avait peu de chances qu'il y parvienne et il espérait que Miroku ne serait pas seul quand il la verrait. Dire qu'il pensait que son ami aurait besoin d'aide. Avant il n'aurait même pas imaginé ça. Rien ne pouvait ébranler la bonne humeur du garçon, il semblait manger la vie à pleines dents. Apprendre qu'il n'était plus que l'ombre de lui-même l'attristait énormément. Lui qui lui avait appris à ne jamais baisser les bras. Il ne pouvait le laisser subir ces épreuves sans rien faire, il lui devait au moins cela. Maintenant que Kotaro lui avait dit où il se trouvait il n'avait plus aucune excuse, il irait le voir bientôt, et espérait réparer le mal qu'avait fait sa soeur.
********************************last step********
Tout semblait s'arranger et ses vacances étaient assurées. Il se sentait ragaillardi. Malgré la visite qu'avait faite Kotaro à Saya, plus rien ne semblait pouvoir poser problème. Il rentra au pensionnat assez tard mais pour une fois cela ne lui fit aucun effet. Il se dirigea directement vers la chambre de son ami. Peut-être était-il endormi, pourtant Sano avait fait en sorte de se libérer un peu plus tôt de son travail pour avoir le temps de passer le voir. Il aperçut de la lumière qui passait sous la porte aussi il ne s'inquiéta pas de le réveiller lorsqu'il frappa à la porte. Il entra et vit Miroku bien assis dans son lit, couvert comme il fallait, ses cours étalés sur sa couette. Même malade on ne pouvait pas l'empêcher de traviller. Sano réalisa qu'avec sa maldie, il n'avait rien pu faire de la journée, même pas aller à l'entraînemenet. Il avait dû se sentir frustré de ne pouvoir se lever, l'ennui avait dû le tarauder pendant tout ce temps. Lui qui semblait si fragile lorsqu'il était seul, ç'avait dû être une réelle torture de rester seul dans sa chambre.
"Alors ça va mieux ?
- Oui... Le docteur est passé me voir, je ne mettrai pas longtemps à guérir.
- Tu ne t'es pas trop ennuyé ?
- En fait... J'ai beaucoup dormi. Kosugi m'a apporté à manger... Ah ! Il vous a laissé des restes aussi. Vous devez avoir faim, il est tard.
- Oui j'ai une faim de loup ! Mais toi t'arrives pas à te passer de tes cours ma parole !
- Oh et bien tant qu'à avoir du temps libre, autant bien l'utiliser... Vous... Je ne veux pas vour empêcher de vous reposez, ne vous occupez pas de moi..
- Hum ça c'est impossible je suis désolé." Il lui fit un petit sourire moqueur avant de se détourner. "Mais je vais chercher de quoi me remplir l'estomac qui crie famine. Je reviens."
Il referma la porte derrière lui, rassuré. Miroku semblait s'être bien remis et d'ailleurs il le sentait beaucoup plus à l'aise maintenant.
Il ramena les quelques restes du repas et s'installa sur une chaise près du lit pour pouvoir continuer avec son ami. Il s'arrêta un instant et reposa son assiette. Il avait observé attentivement le visage et les réactions du garçon mais il voulait vérifier ce qu'il y avait vu.
Il se leva et se pencha sur lui, posa une main sur son front et patienta un instant. Il l'avait coupé en pleine phrase et l'avait surpris mais il avait eu besoin de voir par lui-même l'état de son ami. Toute fièvre avait disparu et il semblait plus réactif et éveillé qu'avant. Il se sentit vraiment soulagé à cet instant. Finalement il y avait pensé toute la journée, se demandant comment ce garçon fragile allait se défendre contre la maladie. Mais l'assurance qu'il lui avait montrée laors n'était pas une invention de son esprit. Même s'il n'en voyait que le résultat cela prouvait la présence d'une volonté très forte dans ce petit être.
Miroku le regardait avec attention, il ne s'était pas attendu à son geste mais avait éprouvé une certaine satisfaction à se voir choyé ainsi. Et pouvoir passer du temps avec son ami lui était plus précieux que tout. Il ne se sentait pas coupable de le retenir, il n'y pensait pas ainsi. Il avait passé la journée tout seul à attendre son retour avec impatience. Maintenant il ne faisait qu'en profiter, sentant que Sano appréciait lui aussi de rester en sa compagnie. Il trouvait tellement amusant de le regarder engloutir son repas comme un enfant obnubilé par ce qui se trouvait dans son assiette.
"J'ai eu mon grand-père au téléphone" parvint à articuler Sano entre deux bouchées.
"Y'a déjà de la neige dans la vallée.
- De la neige ? Déjà !
- Oui et les gosses se préparent à faire de la luge.
- Vrai ?! Ca doit être super !
- Oh tu pourras en faire toi aussi...
- Ah ! J'aimerai beaucoup !
- Bah t'auras tout le temps d'en faire.
- J'ai vraiment hâte d'y être !
- Ca tombe bien mon grand-père a hâte de te voir.
- Ah ?... Ah bon ?
- Ben oui ! T'es la première personne que j'y emmène, il a envie de voir la tête de mes amis.
- Vous n'aviez jamais invité personne avant ?
- Ben non... J'ai eu que des copains de classe jusqu'à maintenant et ça me suffisait. Tu es le premier vrai ami que j'ai."
Il n'aurait pas cru cela possible. Quelqu'un d'aussi fort et généreux que Sano n'avait jamais eu de vraie amitié ? Il se sentit triste pour lui mais en même temps il ne put empêcher un sentimeent d'orgueil de naître en lui. De toutes manières et quoi qu'il pourrait se passer il serait toujours quelqu'un de spécial pour Sano, il serait son véritable premier ami. Il se sentit touché qu'il lui ait avoué ça, même s'il n'avait pas de raison de ne pas le dire.
"Ah par contre comme c'est près des montagnes il faudra que tu prennes de quoi te couvrir, l'hiver est rude là-bas.
- D'accord ! Ah ! Ca me rappelle... J'avais prévu de vous rendre votre pull, il est dans mon placard en haut à droite."
Il laissa Sano s'y rendre et le trouver.
"Ah cool j'aurais un peu plus chaud grâce à ça. Mais... T'as du nager dedans, non ?
- Oh mais il était bien douillet, ça ne me gênait pas au contraire.
- Ah tu devais ressembler à un pingouin habillé comme ça.
- Non même pas, c'était plutôt seyant..." fit-il en minaudant.
Ils se regardèrent un instant puis se mirent à rire ensemble. C'était la première fois que Miroku arrivait à prendre du recul et se moquer de lui-même. Sano trouva que rire avec lui faisait un bien fou. Il ne pensait pas que ça puisse arriver aussi vite. Tout était possible, il ne devait pas se limiter. Il se rassit à son chevet, tous les deux reprenant un peu leur sérieux. Il le regarda, semblant vouloir protéger ces instants en les gravant dans sa mémoire. Il ne ressentait pas le besoin de parler et ne faisait que l'observer. IL avait finit si rapidement sona ssiette qu'il n'avait plus d'excuse valable pour rester près de lui et pourtant il sentait qu'il devait rester pour ne pas couper l'élan de vitalité et de bonne humeur de son ami. Il voulait en profiter au maximum. La douce atmosphère tranquille qui les entourait l'apaisait. Il la savourait au mieux, espérant que Miroku en profitait aussi.
"De toutes manières un rien te va. Tu peux porter n'importe quoi et ça paraîtra être fait pour toi. Dire que j'ai du mal à trouver des habits à ma taille ! Ca me rend vert.
- Pourtant vous êtes toujours très bien habillé, je vois pas pourquoi vous dites ça.
- C'est que ça me donne du trvail sinon je ressemblerai à un sac à patates et c'est pas ce que je recherche.
- Je n'avais jamais pensé que c'était difficile pour vous de vous habiller, vous avez une bonne taille pourtant.
- Oui mais comme toujours je suis plus grand que la moyenne alors si des fringues me plaisent je sais qu'elles ne seront pas à ma taille. Enfin c'est difficile à trouver si je vais pas à la grande ville. C'est depuis que je suis petit, ça a toujours été un problème. J'avais pas du tout la taille de mon âge, ça effrayait les gens d'une certaine manière.
- Vous avez toujours été plus grand ?
- Oui je dépassais tout le monde d'une tête. Ma mère m'appelait "take" tellement je poussais vite. C'est devenu un peu mon second prénom.
- Bambou ? C'est bizarre.
- Ouais c'est ce que j'ai toujours pensé mais bon je trouvais ça plus drôle qu'autre chose."
Miroku était fasciné par la facilité avec laquelle il lui parlait de tout ça. Il avait tellement eu envie d'apprendre plus de choses sur lui et il en avait enfin l'opportunité. Il se sentait vaguement ensorcelé et entraîné au rythme lent de son récit.
"Enfant je n'arrêtai pas de bouger tout le temps, ma mère n'en revenait pas et préférait m'envoyer me dépenser en jouant dehors. On était tout un tas d'enfant à se retrouver et se construire tout plein d'aventures. On avait tout l'espace qu'on pouvait désirer et l'imagination pour le remplir. C'était vraiment une époque sympa.
- J'aurai bien aimé vous voir à cet âge-là." Il avait parlé à haute voix sans s'en rendre compte. Il était tellement passionné par ce qu'il entendait. Il pouvait presque voir Sano si jeune, courir en poursuivant ses camarades de jeu à travers le petit village paisible.
"Tu m'aurais trouvé stupide et avec un vrai caractère de cochon ça ne t'aurait pas plu.
- Je ne pense pas que j'aurai remarqué cela, tout comme vos amis ne devaient pas voir ça non plus."
Il ne s'attendait pas à cette réponse de la part de son ami. Retrouvait-il son assurance petit à petit ? En tous les cas ces mots le touchèrent mais il n'arrivait pas à se laisser aller et s'efforça de trouver autre chose à dire. Tout pour que ce regard appuyé de Miroku cesse de le considérer mieux qu'il ne le faisait lui même.
"En tous cas ça me fera bizarre d'y retourner. Ces dernières vacances j'étais resté au pensionnat. Ca fait un moment que je ne suis pas rentré.
- Pourquoi ?
- Je ne sais pas. Autant c'est quand même l'endroit où j'ai grandit et j'y suis attaché, autant il me rappelle de mauvais souvenirs que j'ai eu du mal à digérer."
Sa mine se fit sombre contre son gré pendant un instant et Miroku qui était attentif à tout ce qu'il exprimait s'en inquiéta.
"Qu'est-ce qui s'est passé ?" Il redoutait la réponse et se trouvait bien audacieux de lui demander ça mais il voulait vraiment savoir ce qui avait pu l'attrister. Tout ce qui pouvait nuire à Sano l'inquiétait et s'il savait ce que c'était il pourrait peut-être l'aider.
Le jeune homme croisa les mains et les observa, semblant chercher ses mots.
"Mes parents... C'est grand-père qui me gardait ce jour-là. Je suis rentré plus tard que prévu après avoir joué avec les copains et j'avais peur de me faire gronder. J'avais honte car j'étais fautif. Je suis rentré par la grand-rue et là j'ai vu un attroupement. Je me suis rapproché... Je n'ai pas tout compris au début mais ils parlaient d'un accident de voiture. J'avais peur et j'avais raison car c'étaient mes parents dont il s'agissait. Ils étaient allés à la grande ville pour voir des anciens amis et s'étaient fait surprendre par le mauvais temps. J'ai couru jusqu'à la maison, je voulais que Aoki me dise que je me trompais, que ce n'était pas vrai. Il était en larmes dans le salon et je n'ai pas supporté cette vision. Mon petit monde s'écroulait. J'ai couru sans plus savoir où je me trouvais, je suis tombé dans des ronces, c'est ce qui m'a finalement arrêté. J'ai passé la nuit dehors, caché malgré moi, endormi après avoir pleuré toutes mes larmes alors que tout le monde me cherchait dans le village. J'ai souvenir d'avoir fait les pires cauchemards de ma vie durant cette nuit-là. Je me révellais en sursaut pour ne voir que des ombres parmi les ténèbres. Je n'ai plus regardé la nature du même oeil depuis. C'est aussi pour ça que je préfère ne pas rentrer, ça me file le bourdon."
Miroku restait muet. Il n'aurait jamais pensé que son ami ait eu à subir ça. Et lui qui se plaignait d'un rien. Il aurait voulu dire une parole réconfortante mais toutes les platitudes l'agaçaient. Il ne savait pas quoi dire et se sentait pitoyable.
"Et voilà, j'ai plombé l'atmosphère, désolé... Faut pas que ça te turlupine quand tu seras là-bas, faudra que tu profites au mieux de la région."
Miroku qui avait baissé la tête la releva soudain et regarda son ami dans les yeux avec un regard triste et rempli de compassion.
"Sano je..." En deux mots tout son courage avait disparu et il rabaissa la tête, prenant une toute petite voix. "Je suis désolé... Je ne voulais pas vous faire revivre tout ça... Je.. Je ne sais pas quoi vous dire... Je ne sais pas quoi faire pour vous aider et soulager votre peine..."
Le jeune homme réalisa enfin dans quel état il avait mis son ami juste en lui racontant cet épisode douloureux de son passé. Il s'était laissé aller sans prendre en compte le caractère influençable et fragile de Miroku. Et maintenant celui-ci culpabilisait, ce n'était vraiment pas normal.
"Eh !" Se rappelant qu'avec lui le geste était plus important que la parole il s'assit sur le lit près de lui et attrapa ses épaules.
"Tu fais déjà beaucoup m'écoutant et en étant patient. Il ne faut pas que tu t'en fasses pour ça Miroku. Je n'ai pas besoin de compassion forcée ou d'autres mots vides de sens, tout ce qui m'importe c'est que tu soies avec moi. Si j'ai pu en parler c'est parce que tu étais là. Sinon je ne me serai jamais forcé à me souvenir de ça."
Le garçon releva timidement la tête, il ne semblait pas encore convaincu. c'était vraiment difficile et en même temps si simple de le rassurer.
"Tu sais que je dis toujours ce que je pense hein ?"
Un petit hochement de tête lui suffit comme réponse.
"Bon alors crois-moi quand je te dis que tu n'as pas besoin de te culpabiliser. Ta présence à elle seule me suffit." C'était évident pour lui désormais. Etre près de Miroku c'était être sûr et confiant, c'était pouvoir tout affronter sans fléchir, c'était être complet et ne craindre aucun jugement. Il était son soutien juste parce qu'il l'acceptait tel qu'il était.
Il attendit que son regard sérieux et pénétrant, plus que ses paroles, finissent par vraiment convaincre son ami. Il ne voulait absolument pas le laisser dans le doute.
Rassuré, il fit un petit sourire et ébouriffa les cheveux doux et blonds du garçon, mettant fin ainsi au passage tendu et faisant place à quelque chose de plus doux et léger.
"Allez, je vais te laisser mais pas question de ruminer là-dessus, ok ? Tu dois te reposer et guérir au plus vite comme ça je ne me ferai plus de soucis."
C'était mesquin comme tactique mais c'était la seule qu'il connaissait pour que son ami l'écoute vraiment et puis c'était la vérité. Pourtant il se dit qu'il ferait tout son possible pour ne pas l'utiliser. En tous les cas cela avait eu l'effet escompté car Miroku prit un air sérieux alors qu'il s'emmitoufflait sous sa couette prêt à chasser la maladie. Il l'aida et le borda en souriant. Il faisait vraiment perdu dans ce lit. Il semblait si petit et chétif.
"Dors bien."
Il s'arrêta près de l'entrée et éteignit la lumière. Alors qu'il refermait la porte il entendit la douce voix de Miroku s'élever depuis le lit.
"Bonne nuit !" Il ne put s'empêcher de lui répondre, lui assurant ainsi son attention et sa présence.
Malgré l'expérience éprouvante qu'il avait vécue en revivant tous ses souvenirs il se sentait l'esprit clair, frais et dispo. Ses jambes le démangeaient de plus en plus souvent et il ne pouvait s'empêcher de leur céder. Il mit sa tenue de sport, enfilant son sweat enfin récupéré. Ca allait tout de suite mieux avec la bonne taille.
Il fut surpris, il y avait l'odeur douce et discrète de Miroku dessus, c'était bizarre. Au moins il se sentirait accompagné partout. N'ayant plus peur ainsi équipé, il se lança sur le chemin menant à la forêt au sommet de la colline qui surplombait la ville. Il avait passé beaucoup de temps à courir sur les sentiers aménagés de cette forêt et les connaissait par coeur. Il avait besoin de remuer, même sa jambe blessée semblait le prier de courir.
Il se délecta de ce sentiment d'ivresse que lui procurait la course, le vent sifflant à ses oreilles, les étoiles seules témoins de ce qu'il faisait. Il observait les volutes de vapeur d'eau qu'il expirait à chaque foulée. Il se sentait plein de courage et appréciait ce moment d'intimité où seule la nature l'entourait. Il fut certain d'une chose, c'était qu'il dormirait comme un bébé cette nuit-là.
*******************************************the end****
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