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Conférences
 

Production d’un étudiant de 4ème année de licence, Hmaimi Mabrouk lors de la conférence intitulée Autour de la littérature animée par l’enseignante Samia RAÏSSI. Cette conférence a regroupé le Professeur Christian Belin, le Dr Foudil Dahou et le Dr Rachid RAÏSSI et d’autres enseignants de français et d’anglais ainsi que de nombreux étudiants des deux spécialités. Les étudiants de la 2ème année, qui ont exposé l’enfermement de la littérature, l’écriture du corps et celle du sacré, ont emporté l’adhésion du public et provoqué des réactions vives et fructifiantes au niveau des enseignants. La conférence a duré deux heures, pleines.

Le texte maghrébin entre «  écriture » et « lecture ».

Des l’abord, on peut sans doute et tout assurément adopter une conception universelle de la littérature à l’encontre de celle des nationalistes staliniens, un universalisme qui reconnaît à tout un chacun le droit d’exister, tout en gardant ses particularités psychologiques, sociologiques et ses héritages historiques, et lui permet de coexister avec d’autre, en ayant le même degrés du respect qui ne peut qu’être mutuel. Alors, la littérature maghrébine d’expression française a le droit, comment ses homologues : la française, la chinoise et l’américain, d’avoir socialement (et à l’échelle cosmopolite) la reconnaissance des le moment ou elle a, historiquement et effectivement, connu la naissance, et par voie de conséquence elle mérite toute tentative d’écriture, de lecture et de critique. Elle les mérite tant par plaisir que professionnellement. D’où vient la présente intervention qui est et qui restera autour de la littérature maghrébin, un « autour » qui ne peut pas nous donner la possibilité de faire un cercle limitant et / ou délimitant l’espace littéraire maghrébin mais qui nous offre le don d’être au prés, prés a coté de cette littérature car elle ne cesse d’être problématique par rapport à son écriture et selon ses lectures.

Sachant que la langue n’est que l’association indissociable d’un idiome (une composante purement linguistique) et d’une culture (un espace vaste qui comprend les traditions d’une société, ses modes de vie, ses tabous, sa religion, ses dogmes, son histoire et d’autres composantes extralinguistiques) , on peut déduire que la littérature maghrébine d’expression française provoque dans un premiers temps, une problématique d’écriture : on est devant un écrivain maghrébin , sujet ou objet d’interrogation de l’ordre de : il est vraiment maghrébin ? Est il purement algérien ? Kateb est-il nationaliste ? Mammeri produit-il une écriture originale ? Camus respecte-t-il sa société et son histoire ? Boudjedra joue-t-il un rôle de légitimation du pouvoir ? Ne fait-il pas partie de ses A I E ? DIB est –il engagé ? Si oui, quel est son degré d’engagement ? Amrouche est-il harki ? Etc.

C’est un ensemble d’interrogations qui s’articule atour de la polémique : conscience individuelle / conscience collective. Un deuxième ensemble peut être, parallèlement, soulevé, et ce, concernant le choix même de la langue : pour quoi la langue française ? Pourquoi non l’arabe ? Les francophones sont ils originaux dans leurs écrits ? Peuvent ils vider la langue française de son aspect culturel. Pouvant il la recharger par un aspect culturel maghrébin, autrement dit, peuvent ils véhiculer leurs traditions par le biais d’une langue étrangère ? L’étrangeté est, elle, d’ordre linguistique ou d’ordre symbolique représentatif ? Un maghrébin francophone est il un francophile.

Maghrébin ? Mais de l’autre coté, l’écrivain arabisé ou arabophone (on ne le sait pas) est il privilégié par rapport au francophone pour la simple raison qu’il a choisi l’arabe ? Boudjedra, n’a-t-il pas commencé ses premières expériences d’écriture en arabe ? Le roman, La mise à nu, n’a-t-il pas été écrit en arabe ?


Melle AZMAN Kella

Intervention lors de la conférence organisée par Madame S. RAISSI et intitulée

AUTOUR DE LA LITTÉRATURE.


Dans notre module de Littérature maghrébine, on a constaté que la littérature est l’un des objets les plus étudiés, les plus définis et les plus classés. Tout ce travail finit par rendre la littérature encore plus incompréhensible. Si on se pose la question «qu’est que la littérature ? », grand nombre d’entre nous reprendront perplexe les définitions des encyclopédies et des dictionnaires tel que le Robert qui l'a définit comme : « Les œuvres écrites, dans la mesure où elles portent la marque des préoccupations esthétiques », d’autres reprendront avec peu de conviction les définitions des écrivains comme Michel Faucault qui l’a définit comme l’ensemble des œuvres écrites et orales composées dans le seul souci esthétique. Ainsi, nous sommes arrivés à la conclusion qui y’avait qu’une multitude de définitions qui enferment la littérature au lieu de l’expliquer. La littérature, aujourd’hui, est enfermée, privée de liberté, captive et otage de la définition ou des définitions qui s’accumulent et qui lui font perdre son authenticité et son éclat. La littérature maghrébine est enfermée plus que d’autres car, en plus du foisonnement définitoire et de l’image négative que certains ont d’elle et qui la métamorphosent en littérature bâtarde, violente et guerrière, quelques critiques et écrivains pensent que la littérature maghrébine censure le corps, c’est l’avis d’un de nos auteurs algériens, Rachid Boujedra, qui dit que la littérature maghrébine a privé le corps de son _expression car l’écriture algérienne est éphémère car elle a décidé d’être pudique. Selon cet auteur, le corps refoulé n’apparaît, dans le texte, que sous forme de fantasme et de pulsion. C’est pour ces raisons que Rachid Boudjedra dans ses œuvres, La répudiation et l’insolation et sous l’impulsion d’un esprit provocateur, décrit le corps d’une façon indécente et presque répugnante. En réalité la littérature maghrébine n’a jamais censuré le corps, il était et il est toujours présent dans le texte maghrébin car c’est grâce à lui qu’on peut accéder à l’imaginaire et au rêve. Le corps peut décrire et transmettre des sentiments, des émotions et des douleurs tout en restant décent et respecté. Le corps se dit à travers des mots muets. Le corps est presque sacré car grâce à lui on peut donner la vie. La littérature est aussi perçue comme violente, fiévreuse, écartelée en raison du détournement du sens du sacré dans les œuvres de certains auteurs qui rejettent leur culture et leur culte. C’est pour cette raison que les lecteurs étrangers, après lecture de certaines œuvres, ont une image négative du sacré c’est à dire l’image de ses patriarches violentes, polygames et débauchés alors qu’en réalité le sacré n’a jamais été une suite de désolations, de désastres et de chaos ; au contraire c’est un exercice de survie, un acte d’espérance pour accéder un jour à la lumière de l’espérance. La littérature maghrébine utilise le sacré pour décrire la clémence, le pardon et la Rédemption comme le dit Mohammed Dib dans son roman le sommeil d’Eve . Il ne s’agit pas de nier le péché et le châtiment mais de démontrer que peut exister le pardon, aussi la femme peut être considérée comme sacré car c’est l’ange gardien qui guide vers le droit chemin. En dernier la littérature maghrébine est devenue prisonnière de son histoire, enchaînée à son passé, menotté à ses souvenirs, elle n’est pas la seule ; beaucoup de littératures sont enfermées dans leur propre monde au lieu de s’ouvrir, de partager, de progresser grâce à l’évolution qui s’oppose à l’involution c’est à dire grâce à ce besoin narcissique de parler de soi, de son histoire et de sa culture qui peut conduire à chercher une pureté littéraire qui ne peut exister, c’est la régression totale car au lieu de réunir, elle séparera. La littérature doit s’ouvrir car le même n’est rien sans l’autre. Ainsi la littérature est enfermée par mille et une chose et pour les dépassés, on doit rénover la littérature qui sera ni limité ni emprisonné ni dompté. Une littérature qui suffira à elle-même, qu’on pourra ni décrire ni structurer ni étiqueter. Elle sera libre, on ne lui collera pas des définitions, car à quoi bon définir l’indéfinissable. enfin pour ne pas figer la littérature et pour sauvegarder son intensité et son authenticité on a choisi de «l’indéfinir ».