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(2004)

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Vagues encore


Vagues, vagues encore, sur la blessure d'un mur aux briques flétries
Le sable rougit de sang-poussière versé par des pores d'argile 

Vagues, l'élan des mers contre l'élan des terres
Au sommet, le regard des lunes paisibles

Vagues, mouvements à la rencontre de l'immobile digue
Érigée hors de la vie
Vagues sans repos contre l'arrêtoir de la peur
Et le temps et le cœur cognent aux portes des hommes mendiants

Le heurtoir des consciences s'ébranle

Vagues, vagues encore qu'épouse la nage
Jusqu'à l'épuisement, la mort
Lit d'eau sans devenir
Où des baldaquins en basalte couvent l'infini

Vagues, vagues sans fin
Appel de vie dans le grondement de chaque regard
Sous l'œil de lunes immuables


12 mars 2004

Tassili du Hoggar

 

Matisse

Danse de l'attente

L'eau poussière éclabousse les yeux
Une lumière pleure ses couleurs
Il pleut des transparences à l'infini

Le vent scande la danse des arbres
Voix d'aventure
Duo de chênes interrompu
Par le chant de la soif

J'endure l'attente
J'écoute le désir
Puis je m'étends entre les corps dissous
Il pleut

Me suis-je tant efforcée déjà qu'il me faille renoncer ?
Les couleurs m'invitent
Elles sont le temps
Elles sont l'incertain de chaque jour
Quand vient la nuit, à chaque fois
Drap d'eau

Dans la solitude de l'impatience naît le silence neuf
L'inconnu

Le dévisager
Le dévisager alors qu'autour
Les sternes jettent en pâture aux ciels 
Des hurlements vivants

J'apprends la langue de l'invisible
J'apprivoise le renard
Et me voici
Encore

Les couleurs m'invitent à travers les mailles du silence
Et portent les clameurs de l'univers


8 mars 2004 

 

 


Et l'une et l'autre

Nous sommes couchées
Les draps sont l'ombre et la lumière

Nous sommes seules
Et l'une 
Et l'autre
Seules ensemble

Nous sommes loin
De l'une
De l'autre
Mais proches aussi
Car loin ensemble
De tout

Nous sommes
L'ombre est le drap
Le regard est lumière
Et, couchées
Nous pouvons voir la marche
Les pas à accomplir
L'avancée verticale entre maintenant
Et tout ce qu'on ignore encore

Nous sommes

Absentes dans les abîmes de la solitude
Mais là encore
Nous sommes sur ce chemin si particulier
Où les traces se mêlent
Signatures des passantes
Sillages d'ombre
Confondus de lumière


15 février 2004 

Tassili du Hoggar


L. Zhour

Où mes pas me mènent...

Où mes pas me mènent
Il n'y a ni herbe ni ombre
Rien

Une saveur surgit
Danse d'une geisha sauvage
Mi fleur
Mi nuit
Rien
Un souffle

Où mes pas me mènent
Est un lieu pauvre
Pur silence
Ce creux connu
Méconnu
De l'explosions du rire

Je vais
Sur ma tête, un chapeau de brise marine convoque les horizons
À grands cris de ciels gris
Voyez!
Voyez où vont nos pas !
Venez déposer à nos pieds les prétentions
Mais sans un mot
Sans un bruit
Chut

Les cimes s'estompent
Les océans se retirent
Nulle herbe
Nulle ombre maintenant

Une géométrie d'absence accueille chaque mouvement
J'oscille dans l'amplitude du désir nu
Je suis sa sœur
Sa peur
Nue aussi

Où mes pas me mènent
Nous sommes trois
Une nacelle aux accents de marée
Ballote nos liens, nos rencontres
Désirs d'herbes tendres où laisser frémir le corps
Peurs d'ombres grondantes débusquées dans l'émoi
Et ces pas
Tout petits
Tout grands
Vers où je ne suis pas

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