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poésie
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Vol
Onde d'opprobre grondante
Noir du monde qui s'élève
Et gagne
Autres continents
Un condor aux yeux de gardien monte haut
Et seul
Il crie des mots-tempêtes au delà des rumeurs
Les vents
Leur haleine froide porte au loin le chant des âges d'avant
Quand plumes et sang avaient la grandeur de la faim
Désir d'être
Vivant
Brut
Les vents
Souffle rare des cimes qui absolvent
Effroi des vertiges à dompter encore
Au sol grondent les cohortes de l'ordre
Des fourmis s'enterrent sous des replis de terres exsangues
Vents !
Ô vents mes frères
Rappelez-vous la beauté dure des steppes
Vos galops enturbannés de poudre blanche sur les plaines de l'hiver
Vents ô mes frères
Souvenez-vous des âges sans frontière
Des nappes d'hommes en sombre manipulent de jolis oriflammes colorés
Leur cœur est noir
Et mort
Et du bout de leurs mains gantées d'ivoire
Ils orchestrent la gangrène des ignorances
Méthodiques, ils sont les semeurs d'opprobre
Vents
Vents de feu et de glace
Détenteurs de toutes les tempêtes, soufflez !
Si à la fin mes ailes rompent dans l'envergure d'un désir trop vaste
Je veux au moins renouer avec l'effroi
Et le vertige
Et le silence après le cri
Froideur de gel et solitude
Mon rêve inentamé
Sans cesse recommencé
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Je fais ma valise pour nulle part...
Je fais ma valise pour nulle part
Y fera-t-il beau?
Foulard de soie pour les vents légers de l'été
Laine désirante pour la chaleur des corps transis…
Je pose ceci
Puis ceci puis cela
J'espère des mots tendres
Des climats aimants
Et ma valise est lourde d'espoirs sans parole
Voici que mes doigts durs s'emmêlent
Ils griffent la douceur
Tant de tissus !
Fera-t-il beau?
Cela sera
Je veux un été sans touffeur
Une fraîcheur sans gel
Je sais déjà tout des morsures de feu
Des brûlures de glaces
Qu'on n'avait pas prévues
Faire sa valise…
Est-ce loin ce lieu sans paysage encore
En terres de lendemains ?
Est-elle bien verte l'herbe où coucher mes songes ?
Voici mon sac
Léger
Bien léger, cette fois
C'est qu'il me faut marcher bien droite, vois-tu
Sur une voie parfois bien rude
Et dans ma besace pour demain
Je n'ai mis que ce que je n'ai pas encore
27 décembre 2003
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| Pesée
Après les mots viennent les comptes
Apothicaire
Je scrute dans l'arrière boutique encombrée de mon cœur
Le poids des noms et des verbes
C'est à la virgule près
Belles paroles
Envolées passionnées
Promesses dévergondées
Tout ce lyrisme…
Il me faut déposer toute mon âme dans l'autre plateau
Pour que s'équilibrent les mots
Toute mon âme…
C'est qu'elle est si discrète
Elle n'use les mots que pour les autres
N'en garde pas pour elle
Ou si peu
Toute mon âme dans la balance
Dentelle de silences et d'allusions
Diaphane
Quand l'emphase des sens l'épuise
Et l'aspire tout entière
Que reste-t-il ?
Mon âme vendue pour tous ces mots sans cervelle
N'est plus
Seul un petit démon murmurant demeure encore
Il ressemble à un chat
Pelotonné dans la cage vide de ma poitrine
Sa fourrure argentée a la couleur de l'hiver
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Si loin
Elle est si loin maintenant
Elle ne me voit ni ne m'entend
Je ne parle plus
Mots trop faibles devant le dérisoire
Ce que je pourrais dire
Elle le sait
Ce que je ne sais dire
Elle le sait
Ce que j'ignore
Elle le sait encore
Elle est si loin
Dans ses bagages
Il y a mon cœur qui bringuebale
Mais tout doucement
Où qu'elle aille
Je vole une part de ses silences
Clandestinement aimante
Cachée parmi les mots qui ne nous disent pas
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