Courriel:
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Je blogue
maintenant à cette adresse:
http://blogsimplement.blogspot.com/
Vous trouverez ici mes
exercices d'apprenti-bloggeur, du 9 juin 2006 au 15 avril 2007, date
d'entrée en opération de mon nouveau blogue.
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LE
BLOGUE DE
GAÉTAN BOUCHARD
ARTISTE MULTIDISCIPLINAIRE
Tuque
G.
Bouchard, Acrylique sur toile de format 60 X 30 cm., 2006
Le prix de mes toiles ? Quelle question.
Jackson Pollock a vendu ses jets de peinture pour des millions. Van Gogh
n'a vendu qu'une ou deux toiles dans sa vie, et encore les a-t-il vendues
à son frère Théo. Picasso payait ses repas en dessinant une colombe sur un
napperon de papier. Je prends note de tout ça dans le calcul de mes prix.
Parfois, pour un bon repas, vous pourriez posséder une de mes toiles. Pour
mes jets de peinture, je me contente de les entreposer pour le moment, me
réservant une fin de carrière heureuse à titre de peintre abstrait.
Généralement, pour être plus prosaïque, on peut acheter mes toiles pour
des montants qui vont de 50$ à 350$. Profitez-en: un jour elles
vaudront des millions de dollars. Vous ne serez plus capables d'en acheter
dès lors et vous regretterez amèrement d'avoir manqué une bonne occasion
de faire fortune, une fois dans votre vie, sur le talent d'un artiste
honnête qui barbouille pour un prix abordable, compte tenu du coût de la
peinture et des pinceaux.
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22 mars 2007
SPRINGTIME
Yes, my
dear friends, it's springtime. Sorry for writing in English. I've got so
many things to do by these times that I'm just losing my latin language.
Quebec's Election Day is coming soon. I don't know yet for whom I'm going
to vote. I've got a certain idea, but I just don't want to tell you right
now. Many things could happen until the vote. You can be sure, by the way,
that I won't vote for a political party who wants to flirt with racism or
ethnical bullshit. I'm for freedom, multiculturalism and tolerance. I
don't want to be involved with racists.
I'm moving saturday. I'm moving from the parish of Ste-Cécile to the
parish of St-Philippe. I'm still gonna stay in Trois-Rivieres, for many
reasons, like being close to my job. My Email will be the same. My
political thought might change during my moving. If a candidate wants to
give me a hand for bringing my oven and my refrigerator, I could vote for
him or her. That's a personal message. As soon as I will be in my new
home, I'm going to light up my computer for writing something new, in
French, on my blog.
NOTE:
I did not
learn my English at school. I've learned it by getting some shitty jobs
from coast to coast, everywhere in Canada. I'm pretty sure that I'm not
Joseph Conrad or Winston Churchill when I'm writing in English. In French,
I could write as well as Chateaubriand. In English, I've always got the
feeling that I express myself like a baby. Sorry about that! I'm sure you
can understand.
4 mars 2007
L'ANGOISSE DE LA PAGE BLANCHE
Il est des
jours où je n'ai rien à dire, rien à peindre, rien à chanter. Cela ne dure
jamais longtemps. Avant la fin du jour, j'aurai à tout le moins dit
quelque chose et sans aucun doute chanté. Cependant, comme il s'agit
d'alimenter un blogue, pour lequel j'évite de sombrer dans ma marotte, la
politique, il faut souvent que je me creuse les méninges pour présenter
quelques propos qui valent la peine d'occuper un peu d'espace mémoire dans
la «Matrice».
Cette introduction m'entraîne naturellement à entrer dans le vif du sujet.
Puisque je suis rusé comme un renard, je fais semblant de ne pas savoir
quoi écrire, tout simplement pour parler de l'angoisse de la page blanche,
une sensation qui ne m'est pas coutumière. Les pages ne demeurent jamais
blanches longtemps devant mes mains. Je les barbouille aussitôt de dessins
et de digressions plus ou moins en prose.
Cela fait des années que je barbouille du papier, jour après jour, et
comme mon déménagement approche, je me sens confronté une fois de plus à
faire des choix parmi toute ma paperasse accumulée. Certains poèmes et
d'autres ébauches d'essais philosophiques prendront bientôt le chemin du
recyclage. (Avis aux poètes et écrivains en manque d'inspiration, les
éboueurs passent le lundi soir dans mon quartier!)
Je vais sacrifier ce qui sonne faux, bien sûr. Je vais garder quelques
perles. Je suis comme ça: un producteur d'art qui accumule les brouillons
avant de livrer la moindre phrase ou le moindre dessin au public. Un
comportement un peu compulsif qui joue plutôt avec l'angoisse de la page
noire, de la page remplie d'écriture automatique et de dessins quasi
psychanalytiques.
J'ai dû écrire plus de 50 000 pages au cours de ma vie et probablement
dessiner tout autant. Beaucoup de mes oeuvres sont éparpillées un peu
partout, sans que je ne puisse les localiser. J'ai déjà produit une bédé
de 16 pages, par exemple, dans ma période de militantisme pour le
Regroupement autonome des jeunes (RAJ) en 1990. J'ai perdu toutes les
planches et je n'ai jamais vu la bédé une fois imprimée. J'ai quitté la
politique active à la même époque pour mieux me consacrer à la baise
active.
J'ai aussi perdu la trace de bon nombre de mes textes qui ont été publiés
dans les grands quotidiens nationaux du Québec: Le Devoir, La
Presse, Le Soleil, Le Nouvelliste, etc.
Je vivais à 400 miles à l'heure. Je n'avais pas le temps de dresser mes
archives. Cependant, il faudrait bien que je m'y mette un jour. J'ai dû
publier plus de 300 lettres traitant d'à peu près tous les sujets. Je
pourrais réunir ça, un jour, et publier le tout dans une quelconque
collection d'épistoliers autonomes, membres d'aucun parti, ce qui me porte
à croire que cela ne sera jamais publié.
J'aurai 38 ans cette semaine. Eh oui, je suis un poisson. Pour ma fête, je
compte bien jouer de la guitare, même si j'en joue à tous les jours. Je
dis ça pour rien dire, pour mieux combattre l'angoisse de l'écran blanc...
25 février 2007
CHANGEMENT
Tout est au
changement à notre époque. Les uns comme les autres s'en réclament. Tout
le monde est d'accord: ça prend du changement. Cependant, les objectifs et
les moyens pour y arriver diffèrent tellement que l'on se demande si
n'était pas plutôt un mot fourre-tout qui ne désignerait que le refus bien
humain de la sécurité, voire le besoin presque métaphysique d'aller vers
l'inconnu et l'aventure, quoi qu'il en coûte.
Je dis ça
pour rien. C'est comme si je m'échauffais à pratiquer mon doigté sur mon
clavier. Le fait demeure que je suis en pleine mutation. Il y a du
changement dans l'air. D'abord, le printemps s'en vient. Ensuite, je
déménage mes pénates et mes tableaux le 1er avril prochain. Je demeurerai
encore à Trois-Rivières, cette ville sublime que j'ai appris à aimer tout
aussi bien qu'à détester, selon mes humeurs. Je suis né dans le delta du
Saint-Maurice et je m'y sens encore rattaché, comme un cajun dans son
bayou. J'y suis bien pour gratter ma guitare et faire de la peinture.
C'est donc dire que Trois-Rivières est une ville où il m'est possible
d'être heureux, ce qui n'est pas rien dans un monde en perpétuel...
changement!
Je me sens
en pleine forme physique et psychique. Il m'en faudra pour déplacer le
réfrigérateur.
On s'en
reparle.
11 février 2007
MAUDIT CRAYON FEUTRE !
J'ai
beaucoup trop écrit ces derniers temps pour alimenter ce blogue. Il arrive
qu'il y ait des décalages de quelques semaines tout simplement parce que
je ne veux pas faire mourir ce blogue. J'y vais au compte-gouttes et cela
me réussit fort bien puisque la plupart des blogues meurent au bout de
trois mois. J'entretiens ce site depuis un bon moment et j'y reviens tout
simplement pour me faire plaisir. Cela me permet, entre autres, de
récapituler sur ce que j'ai fait en cours de route.
Au chapitre des arts visuels, j'ai pris tout mon temps pour me tromper à
peindre une toile en utilisant une technique de mon cru qui n'était rien
d'autre qu'une technique à la con. J'ai fait un dessin grossier au crayon
feutre sur une toile vierge et je me suis mis à peindre par-dessus pour
donner un peu plus de densité et de couleur. Le problème, c'est que
l'encre se fond à l'acrylique en séchant et confère une teinte bleutée à
mes contours. J'ai donc dû exploiter ces bleus pour recycler ce qui
s'apparentait à une grave erreur.
Le tableau intitulé «Le boucher et ses deux stagiaires maigrelets», à
votre droite, est particulièrement affecté par le crayon feutre. Il en va
de même pour «Le parfum», un peu plus bas. Je suis donc prêt à les laisser
aller pour une bouchée de pain, voire un peu moins. Si vous êtes
audacieux, c'est donc le temps de me faire une offre. J'embarquerai ça
dans mes dépenses pour la promotion de mes produits. Merci beaucoup!
14 janvier 2007
LE COÛT DE L'ART
Il est
dommage que les questions d'argent interviennent dans tout et même dans
l'art. À l'origine, l'art avait surtout une fonction magique au sein de la
communauté. L'artiste ne signait pas ses œuvres. Son ego importait peu. Il
ne se mettait pas constamment à l'avant-scène pour laisser ses œuvres en
arrière-scène. De nos jours, la signature - ou la marque de commerce ! -
importe plus que l'œuvre en tant que telle. On s'émerveillera d'être
devant un Van Gogh parce que Van Gogh ça vaut des millions. Ses coups de
pinceau japonisants et ses couleurs éclatantes sont pour moi plus
importants que le prix associé à ses toiles. Ce n'est pas le coût de l'art
que je cultive, mais bel et bien le goût de l'art...
Quand je
vois des artistes mener des campagnes pour obtenir plus de fric des
gouvernements ou lorsque je les vois déchirer leur chemise contre le
piratage sur l'Internet, je ne peux m'empêcher de rire. Je décroche. Je
sais bien que l'artiste doit manger. Cependant, il me semble que
l'artiste, s'il est sincère, a été largement payé par ces talents que la
vie lui a donné pour transformer son quotidien. Sa vie ne peut pas être
triste, fade et inconsistante s'il sait peindre, chanter, écrire, sculpter
et danser. L'éternité qu'il goûte en pratiquant une activité artistique
vaut 1 000 subventions bien grasses. Le vrai salaire de l'artiste, c'est
l'état d'âme qu'il atteint en produisant une œuvre. Tout le reste n'est
que commerce et abracadabras de la vie quotidienne pour mettre un peu de
beurre ou de miel sur son pain. À ce titre, je ne vaux pas mieux que les
autres artistes. J'ai constaté, en effet, que j'avais faim une fois que
j'avais terminé un tableau. Une fois que le tableau est terminé, il reste
la vie quotidienne. L'éternité s'est dissipée et il faut trouver des tas
d'astuces pour remplir le frigo et payer ses comptes. Je regarde alors mes
toiles, mes chères toiles que je voudrais garder toute ma vie contre mon
cœur, et je me nourris de pensées infidèles envers mon art. Je suis prêt à
les sacrifier pour un quignon de pain, une bouteille de vin et un bon
fromage. Je les vends, elles me quittent sans me saluer et ne me
reviennent jamais. Elles vivront ailleurs, peut-être longtemps, peut-être
brièvement. Certaines pourraient finir au musée. D'autres pourraient finir
dans un marché aux puces ou, pire encore, dans un dépotoir. Libre à
l'acheteur de faire ce qu'il en veut et de se foutre éperdument du temps
et des techniques que l'artiste a utilisé pour produire l'œuvre en
question. Le coût de l'art, en ce sens, est toujours élevé au plan
existentiel...
7 janvier 2007
QUEL EST LE BUT DE L'ART ?
Le but de
l'art, c'est exactement le but que l'on veut atteindre. Si notre but c'est
de servir une cause, eh bien le but de l'art est de servir une cause. Si,
au contraire, notre but consiste à ne servir rien ni personne, eh bien le
but de l'art ne sera pas servile. En ce qui me concerne, je déteste l'art
qui prétend servir une cause ou une personne. L'art sans but précis, l'art
qui provient des arcanes de l'âme humaine, cet art-là seul peut
m'intéresser. Car seul cet art est vrai. L'art faux se caractérise par la
surabondance des discours autour de la démarche de l'artiste et de ses
allégeances idéologiques. Le but de l'art, c'est comme le but de l'amour.
Si votre but c'est de vous soulager les organes génitaux, eh bien l'amour
ne sera rien d'autre qu'un exercice de gymnastique. Si l'amour est pour
vous un dialogue unique entre deux âmes, le corps étant l'outil de
communication, eh bien votre but sera tout autre et vos moyens
s'adapteront au but que vous recherchez. En ce qui me concerne, l'art,
l'amour et la sexualité sont faits pour rêver, pour sublimer la réalité et
lui donner de la valeur ajoutée. Je ne veux rien prouver en art: je veux
seulement laisser passer ces messages inconscients que ma logique ignore.
Je veux seulement être léger comme l'air, libre et désinvolte quand je
pratique un art, que ce soit la peinture, l'écriture ou la musique. Ce que
je cherche, en art, c'est ce que je n'arrive pas à trouver dans la prière.
En fait, l'art est la seule prière que je connaisse. Bon, assez parler
d'art! Je vais aller peindre quelques tableaux au lieu de bavarder sur mon
blogue !
1er janvier 2007
BONNE ANNÉE !
Je vous
souhaite une bonne et heureuse année 2007, même s'il est possible que le
destin en décide autrement. L'un recevra des fleurs et l'autre recevra une
brique sur la tête, sans qu'il ne soit question de mérite ou de talent. La
vie est tout aussi belle qu'elle peut être cruelle. Si le destin vous
épargne, réjouissez-vous. Si le destin vous écorche, soyez forts, surtout
si votre défaite ne fait plus aucun doute.
31 décembre 2006
BILAN DE L'ANNÉE
J'ai peint
plus de 150 toiles au cours de la dernière année. J'ai commencé à peindre
en octobre 2005. J'ai eu la piqûre pour les couleurs, lesquelles je
n'osais pas utiliser par une forme plus ou moins avouée de pudeur
chromatique relative à mes perceptions visuelles de daltonien. Cet
handicap me porte naturellement vers les couleurs vives. Les couleurs que
je ne puis nommer sont employées fortuitement dans mes tableaux.
Cette nouvelle passion pour la peinture a cependant chassé momentanément
d'autres passions artistiques, pour lesquelles je me promets plus de temps
en 2007. La musique et la littérature reviendront donc en force pour
exorciser mon quotidien et sublimer ma vie. Je prévois, depuis trop
longtemps, de produire un CD de mes meilleures chansons. Ça se fera cette
année, même si cela ne devait se faire qu'en décembre 2007.
L'Internet bouleverse nos vies. Quand l'imprimerie a été réinventée en
Europe, au XVe siècle, j'imagine que l'industrie du papyrus et du
parchemin a dû en prendre un sacré coup. C'est la même chose qui se
produit de nos jours avec l'industrie culturelle traditionnelle: maisons
de disque, maisons d'édition, stations de télévision, journaux, revues,
etc. Tout est chamboulé par l'Internet et ce n'est pas pour rien que le
magazine Times vous a choisi, vous les internautes, pour le titre de
personnalité de l'année. De grands changements se produiront au cours de
l'année dans le domaine des arts et des communications. Internet est
devenu notre matrice planétaire, notre vortex, notre cerveau commun. Tout
y est et c'est là que tout doit être ajouté, consulté, appris, vendu,
acheté... Cracher sur l'Internet en prenant de grands airs est
contre-productif en plus d'être stupide. C'est renier la réalité et et
s'enfermer dans le passé. Les types qui s'opposent au piratage des
produits culturels sur l'Internet me font penser aux petits copistes
médiévaux qui auraient souhaité détruire ces machines de Gutenberg qui
rendaient leur travail tout à fait inutile et fastidieux. Le monde a
changé et les manières de faire de l'argent aussi. Les artistes devront
trouvé d'autres moyens pour vivre de leur art. Ils devront apprendre à
maîtriser le commerce sur l'Internet. Au lieu d'investir 300 000$ pour
produire un album musical, ils feront mieux d'investir dans le savoir
informatique qui permet de produire un album pour 300$, avec vidéoclips en
prime sur Youtube...
24 décembre 2006
PEUPLE DEBOUT !
J'ai
toujours été fasciné par la chanson de Noël «Minuit
Chrétiens». L'auteur de la mélodie, Adolphe Adam, l'appelait sa
«Marseillaise religieuse». Elle a évidemment un petit côté martial. Ça
tonne. Ça se crie à pleins poumons les paroles du «Minuit Chrétiens».
L'église trouvait quelque chose de païen à cette chanson de Placide
Cappeau. Plusieurs curés auraient souhaité qu'on ne la chante pas dans les
temples. La rue s'en était emparée et les ouvriers la chantaient comme une
promesse de justice et de fraternité humaine. D'aucuns reprochent à son
refrain d'inciter le peuple à demeurer à genoux. C'est qu'ils ne sont
jamais allés jusqu'au bout de la chanson. Dans le dernier refrain, il est
clairement écrit: «Peuple,
debout ! chante ta délivrance / Noël ! Noël ! chantons le Rédempteur ! /
Noël ! Noël ! chantons le Rédempteur !» Ça me permet de ne pas avoir de
mauvaise conscience quand je chante cette hymne à Noël. C'est un
formidable pied de nez à tous ceux qui souhaiteraient que le peuple
demeure à genoux.
23 décembre 2006
OH! QUAND J'ENTENDS PLEUVOIR NOËL!
Il pleut
dehors, à deux jours de Noël. Noël blanc, ce ne sera pas pour cette année.
J'ai peint trois petits tableaux: Emmy, Le parfum et Les trois bouchers.
Ma technique s'améliore. Il y a encore place à l'amélioration. Je cherche
cet état de grâce, le coup de pinceau parfait, et je me dis aussi que...
je devrais cesser de peindre au pinceau! Léonard De Vinci peignait
probablement avec ses doigts ou avec une petite éponge. Il n'y a pas une
seule trace de coup de pinceau sur La Joconde. J'ai entendu ça dans
un reportage intitulé Au coeur de la Joconde, diffusé dans le cadre de
l'émission
Découvertes de la SRC.
9 décembre 2006
ÇA FINIT SUR UNE CITATION DE PRÉVERT...
Aujourd'hui, je me remets à la peinture. J'ai laissé mes toiles en jachère
au cours des derniers jours. Il faut parfois que je les laisse se reposer
un peu avant d'y semer les fruits de mon imagination.
Au fil du temps, je me rends bien compte que j'ai subi l'influence du
dessinateur Fred, l'auteur de la série Philémon. Mes personnages sont
souvent boursoufflés et mes traits sont mi-expressionnistes,
mi-surréalistes. À vrai dire, je ne peins pas pour satisfaire aux
exigences d'une quelconque idéologie artistique. Je ne suis pas artiste à
ne pas m'amuser. Tout ce que je fais en art va naturellement vers la
satisfaction personnelle d'un besoin de rêver, de sublimer la vie, voire
de la transcender. Ce qu'il y a de plus important dans l'art, pour moi, ce
n'est pas tant le produit final que l'état de conscience qu'il m'est
possible d'atteindre en peignant, en jouant d'un instrument de musique ou,
plus prosaïquement, en écrivant.
De tous les arts, l'écriture est le plus ingrat de tous. D'abord,
l'écriture titille à peine les sens. C'est un passe-temps qui s'apparente
à une punition. J'en retire généralement une grande lassitude, comme si
j'avais rempli un rapport d'impôt. La poésie et la chanson sont cependant
des domaines de l'écriture où, l'espace d'un moment furtif, l'on peut
parfois avoir la sensation d'être ailleurs.
En frais de poésie, je suis plongé depuis quelques jours déjà dans
«Spectacle», un recueil du poète Jacques Prévert. Peu de poètes
réussissent à saisir complètement mon attention. La poésie est
généralement lourde, mélancolique, tragique et sérieuse: des épithètes qui
me font fuir à 10 000 lieues chaque fois que je les entends... Prévert est
léger, imprévisible, drôle et philosophique.
«Aujourd'hui, seule la conscience
malheureuse a le droit de cité, le droit de se citer, le droit de cécité.
Conscience heureuse: pas question!
Il s'agit pour ces Messieurs de
questionner, de juger, d'instrumenter. Tout intellectuel digne de ce nom
est nommé Juge d'Instruction.
La conscience d'aujourd'hui c'est la science des cons instruits.»
(Prévert, Spectacle, Gallimard, Coll. Le livre de poche, 1949,
p.217)
Bien dit,
monsieur Prévert... J'ai rencontré bien plus de cons à l'université que
n'importe où ailleurs dans la vraie vie.
25 novembre 2006
RIEN DE SPÉCIAL
Rien de
spécial. Je produis à un rythme régulier, bien pépère. Je termine trois
toiles en ce moment, dont une vieille qui marche aux côtés de sa vieille
bicyclette dans un quelconque environnement manufacturier, comme celui que
j'ai connu dans ma jeunesse, à vivre près de l'usine de textile Wabasso.
La neige était picotée en noir certains matins. L'usine crachait un peu de
suie pendant la nuit. On évitait de manger de la neige, voilà tout. Et la
vie s'écoulait, dans une atmosphère bon enfant, malgré tout. Il y avait
des commerces dans tout le quartier: des restaurants, une buanderie, une
boulangerie, une pâtisserie, des dépanneurs, une cordonnerie, des salons
de barbier, aujourd'hui convertis en entrepôts ou bien en logements
miteux. Quand le Super C est arrivé dans Notre-Dame-des-Sept-Allégresses,
le quartier s'est converti en royaume du bingo, du vidéo-poker, de la
brocante et du marché aux puces, signe évident de prospérité économique...
De nos jours, on se croirait comme dans le film Mad Max, où des
rescapés du futur survivent tout enguenillés dans un monde
transformé en «méga-cour à scrap».
11 novembre 2006
MODIFICATIONS SUR MON SITE
J'ai ajouté
plusieurs nouvelles toiles dans ma section
galerie d'art. Allez-y voir!
29 octobre 2006
MUSIQUE
J'ai joué
de l'accordéon hier après-midi. J'ai pianoté des mélodies qui couinaient
sur le soufflet de ma forge d'artisan accordéoniste. Je ne connais que
trois accords, tout ce qu'il faut pour les rigodons, tangos, airs de
reggae ou valses musette. Il pleuvait à fendre l'âme et, manifestement,
j'étais joyeux. J'ai joué des airs loufoques, des polkas endiablées
entrecoupées de bonnes gorgées de café. Puis j'ai élevé le niveau de
difficulté. J'ai mis mon support à harmonica autour du cou et j'y suis
allé d'un blues tout en m'accompagnant à l'accordéon. Enfin, je me suis
mis à chanter:
J'ai vécu tout près d'l'usine Wabasso
Quand j'étais un flo
J'fréquentais l'école St-Jean-d'Bosco
Près d'la Wabasso
Pour
connaître la suite de la chanson, je vous invite à visiter ma section
musique. Tiens, je
fais de l'autopromotion ce matin!
28 octobre 2006
PEINTURE SUR BOIS
Je viens
tout juste de terminer une série de peintures sur bois. Le bois permet
plus d'effets de couleurs que la toile. Le pinceau glisse mieux sur le
bois, qui plus est, et rien ne semble arrêter le mouvement: c'est plus
fluide, plus rond, plus primal. Avec la toile, je dois faire 10 fois plus
de retouches qu'avec le bois. J'imagine qu'il doit aussi y avoir des
inconvénients à utiliser le bois comme support pour la peinture à
l'acrylique. Je n'en sais rien pour le moment. Je vais me renseigner.
Je prépare une nouvelle exposition. Je ne sais pas où encore. Je fais des
démarches, tranquillement, sans trop me presser. Après tout, c'est bien ce
qui m'intéresse le moins dans la peinture: une exposition me fait trop
penser à des funérailles... C'est comme si je devais me séparer à jamais
d'un être cher - en l'occurrence d'une toile pas trop chère...
Comprendra-t-on la somme d'efforts et de questionnements que j'ai pu
mettre dans tel ou tel trait, dans telle ou telle ombre, dans le
chatoiement d'un visage, dans la lueur d'une flamme, dans la translucidité
d'une goutte d'eau? Il se peut très bien que non. Cette toile qui m'aura
coûté tant d'efforts finira peut-être dans un garage ou un marché aux
puces, toute tâchée d'huile et de cambouis. Heureusement qu'il me restera
alors l'essentiel: le plaisir de peindre, la joie que l'on peut goûter
tout en créant, joie qui s'apparente à la prière, au recueillement.
15 octobre 2006
ABC
Je n'ai
presque rien écrit depuis deux mois. La fin de l'été, le début de
l'automne ou bien je ne sais trop me laisse coi. Je n'ai pas de mots pour
exprimer l'indicible et tout ce qui se dit et se crie autour de moi me
semble irréel, comme si la folie s'était emparée de toutes les langues, de
toutes les têtes. On ne pense plus: on milite. Que l'on soit pour l'un ou
pour l'autre, le pire est encore d'être pour ni l'un, ni l'autre; d'être
incompris et suspect pour tout un chacun. Suspecté d'être ennemi à la
cause A, B ou C. Suspecté d'être payé par les services de renseignements
de A, B ou C pour avoir émis un commentaire ou une opinion, sans aucune
mauvaise foi ou animosité.
Heureusement qu'il y a l'art. Quand je me sens saturé
d'information-spectacle, ce qui est un phénomène presque récurrent, je me
nettoie de toutes les bêtises que j'ai entendues en barbouillant des
toiles ou des planches de bois, en grattant ma guitare, en jouant de
l'harmonica, de l'accordéon, du clavier ou du gazou. L'art est plus fort
que tout. C'est le bonheur ultime, tout de suite, sans attendre. C'est mon
île déserte, mon lieu de recueillement, mon exil intérieur. C'est mon
havre de paix et d'émerveillement.
8 septembre 2006
SÉRÉNITÉ
Les gens
heureux ont probablement ceci en commun: ils n'ont pas de recettes pour le
bonheur. Les recettes pour le bonheur sont généralement destinés aux gens
malheureux qui, souvent, n'en demeureront pas moins malheureux, même après
une lecture insipide mal assimilé.
On dit des
gens heureux qu'ils n'ont pas d'histoire et, partout sur la planète, en
voilà des millions qui récitent comme des ânes leurs leçons obsolètes ou
leurs idées reçues sur l'histoire. Dans un siècle où la science a brisé
tous les fantasmes anthropomorphes afin de mieux comprendre le monde qui
nous entoure, il est curieux de constater la répétition de certains
comportements humains qu'on aurait cru pouvoir surpasser avec un tout
petit peu de raison. Les gens malheureux ont cent histoires . Sans
chercher à manquer de respect envers leur malheur, ces histoires ne sont
pas toujours corroborées par des faits. Elles sont déformées pour servir
la politique, souvent, parce que l'histoire est d'abord et avant tout
écrite par des fonctionnaires de l'État et enseignée ensuite par d'autres
fonctionnaires de l'État aux enfants qui doivent gober toutes ces
histoires sans sourciller, des histoires à dormir debout, des histoires où
les morts reviennent toujours hanter les vivants, à tous les jours, sous
la forme de prises d'otages, d'attentats terroristes, de conflits armés,
bref de guerre. Les gens heureux sont sans histoire. On a jamais si bien
dit.
25 août 2006
RÊVER
L'art sert
d'abord et avant tout à rêver, à fuir cette réalité trop contingente, à se
détacher complètement des obligations de la vie courante. L'art est une
drogue puissante: même à jeun l'art nous donne le vertige. Quand on
pratique un art, c'est le moment présent qui importe. Tout le reste n'est
que commerce et courbettes, pour s'excuser à la face du monde d'être un
rêveur. Quand je joue de la musique ou que je peins, seul dans mon
arrière-cuisine, j'ai la sensation de ne plus appartenir à l'espace et au
temps. Quand je me commets devant un public, je perds un peu de cette
sensation pour mieux me concentrer sur les gens. Je ne suis pas méprisant,
cher public, je suis dans la lune...
19 août 2006
C'EST LA RENTRÉE CULTURELLE
Ça
recommence: l'école, le travail et le commerce. Il faut rouvrir boutique,
tenir nos livres, faire ses comptes et recommencer le cycle des saisons.
C'est le temps des récoltes. C'est le temps des honneurs. C'est aussi le
temps des subventions. Le temps de vivre. Le tant pis pour eux. Le tant
qu'à y être et le quant à soi...
Je délire. Le samedi matin, aux commandes de mon ordinateur personnel, je
me détends en faisant des mises à jour sur mon site Internet.
Je présente
trois nouvelles toiles dans ma section Galerie d'art
.
J'ai peint un Napoléon rouge, inspiré d'une œuvre célèbre du baron Gros,
sous-merde du peintre David, lui-même lèche-bottes de l'Empereur. Il y a
tout plein de menus détails sur cette toile: un nuage symbolique, un curé
en furie, trois assassins en rouge, Napoléon rouge qui tend la main vers
une lune effleurant la surface des eaux.
J'ai aussi peint un tromboniste avec des chaises en fer forgé tout
entortillées. Après-coup, j'ai l'impression d'avoir été inspiré par le
bédéiste Fred, l'auteur de Philémon, l'une des séries les plus poétiques
qui soient dans le monde de la BD.
Finalement, j'ai barbouillé un grand chef à deux plumes tenant un oiseau
blanc sur son index. Il surplombe son tipi. Il y a des fleurs, de l'eau,
des nuages. C'est très kitsch. Cependant, je me suis fait plaisir.
Les thèmes les plus simples sont une véritable détente. Je n'ai pas
souffert un seul instant en peignant cette toile. Je n'ai pas pu prendre
pour mon compte le mythe de l'artiste qui sue sang et eau pendant
l'exécution de son chef d'œuvre.
Donc, ce
n'est probablement pas un chef d'œuvre et vous pouvez encore l'acheter
pour un prix raisonnable avant qu'un autre ne veuille me l'échanger pour
un trombone rouge.
Il y a aussi du nouveau dans la section poésie.
Allez y jeter un coup d'œil si cela vous chante.
6 août 2006
LES VACANCES C'EST LES VACANCES
Je suis en
vacances. Je vais dix fois moins vite que d'habitude pour boire mon café
ou pour peindre des toiles. J'ai peint un seul tableau cette semaine, en
prenant tout mon temps. Le résultat me satisfait: j'ai encore appris
quelque chose. C'est ce que j'aime de l'art: je ne cesse jamais
d'apprendre. La vie semble parfois avoir plus de limites que l'art. Tout
est possible en art, rien n'a jamais été fait, tout est à revoir, tout est
un éternel recommencement avec des yeux neufs et des terres vierges. La
vie, au contraire, est balisée de frontières. Nous ne sommes libres que
devant un nuage blanc ou bien une page blanche.
16 juillet 2006
C'EST MANIFESTE...
J'ai passé
la semaine à lire et à regarder les productions des artistes stuckistes.
Ils se sont faits connaître à la fin des années '90 en multipliant les
actions médiatiques contre l'équivalent du Musée des Beaux Arts du Canada,
la Tate's Gallery. Ils ont, en
outre, révélé quelques scandales financiers reliés au monde des arts. Ils
ont démontré qu'il existait du copinage dans l'octroi des fonds publics
destinés à l'achat d'oeuvres d'art. Des administrateurs de fonds publics
se transforment en artistes - ou vice versa - pour se récompenser
eux-mêmes, pour se décerner des titres et des livres sterling. On voit ça
ici, au Québec et au Canada. Cependant, les stuckistes ont décidé de
passer à l'action, de dénoncer devant les médias ces manières de faire.
Ils ont donc produit des manifestes artistiques, en plus de manifester
devant les musées, les galeries d'art ou le parlement. Quatre ou cinq ans
plus tard, les stuckistes faisaient leur entrée... dans les musées !
Ont-ils été récupérés par le système ? Bien sûr. Il le fallait bien pour
que Monsieur Tartampion et Madame Unetelle ne soient plus constamment sous
les feux de l'actualité pour fraude artistique. Le musée ou les
subventions, ça calme son artiste, ça le rend raisonnable. Et puis, il
faut bien vivre... Et puis, c'était sans doute le but visé par la
contestation du départ, fusse-t-il un but non-avoué par le groupe. Les
stuckistes, grosso modo, s'opposent à l'art conceptuel et postmoderne. Ils
se réclament d'un art vivant, figuratif, évocateur. Ils se réclament du «remodernisme»,
j'oserais dire du «réenchantement du monde» pour reprendre les termes
d'Ilya Prigogine.
11 juillet 2006
STUCKISM
Je vais
souvent fureter du côté de l'encyclopédie
Wikipédia, tant en français qu'en
anglais. Il y a plus d'articles en anglais. Ce qui, en soi, constitue une
bonne raison de préférer
Wikipedia dans sa version originale.
Cependant, ce n'est pas le but de mon propos. En fait, je me promenais sur
le portail consacré aux arts, en anglais, et je suis tombé sur cet article
à propos du
stuckisme. Les
œuvres de ces artistes m'intéressent vraiment. Ces punks victoriens
britanniques qui méprisent l'art ennuyant ont quelque chose comme du
talent. Allez voir le mot stuckism dans Wikipedia si vous ne l'avez pas
déjà fait.
9 juillet 2006
MARCO PATATES ET LES DANSEUSES
J'ai ajouté
deux nouvelles reproductions de mes toiles sur ce site, dans la section
galerie d'art. J'ai peint «Marco patates» et «Les danseuses» avec le
sourire aux lèvres, comme toujours. C'est fou ce que la peinture me rend
joyeux. C'est la même chose pour l'écriture. J'écris, je peins, je crée
tout en sifflant, comme le fait le savetier dans la fable de La Fontaine.
Je suis comme ça. La tristesse ne me revient pas, même en art. On n'a
qu'une vie à vivre. Je veux pas la perdre en jouant à Jérémie, «Ah!
Misère! Ah! Malheur!», vous savez le Jérémie des dessins animés, le hyène
triste qui accompagnait Touché la Tortue ou bien Pollux, je ne sais plus
trop. «Ah! Misère! Ah! Malheur!»: il y en a qui sont comme ça, tous les
jours, et qui n'ont même pas perdu l'usage de leurs deux jambes. Je
compatis aux malheurs et aux misères d'autrui. Cependant, je ne veux pas
être entraîné par le fond par les naufragés psychiques s'accrochant à tout
ce qu'ils voient pour leur sucer l'âme jusqu'à ce qu'elle ne soit plus
qu'obscurité et mélodrame. Ah! Bonheur! Ah! Joie!
8 juillet 2006
MES CHANSONS EN FORMAT MP3
Elles s'en
viennent, mes chansons en format MP3. Ce n'est qu'une question de temps.
J'aimerais bien vous faire entendre mes nouvelles, comme si je n'étais
jamais satisfait de mon passé. Je suis comme ça. Je prépare une exposition
en ce moment. Je fais le tri parmi mes œuvres et j'hésite à joindre celles
que j'ai peintes en novembre à celles que j'ai peintes en mars. Les thèmes
sont à peu près les mêmes, de l'humour débonnaire, des décors de bandes
dessinées et tout le reste. Cependant, je sais que j'ai appris quelque
chose entre ces deux périodes, que ma technique a évolué du point A au
point B. Si je sors du matériel de novembre, j'ai l'impression de servir
mon passé plus que mon avenir... C'est con et pourtant c'est bien ce que
je ressens, ce matin, alors que je dois sélectionner les œuvres qui seront
exposées dans un restaurant de Magog prochainement.
7 juillet 2006
MA
VISION DE L'ART
Il semble
qu'un artiste doit nécessairement avoir une «vision de l'art». Sur les
chantiers de construction, si tu n'as pas de cartes, tu n'es pas autorisé
à clouer un clou, quand bien même tu aurais clouer de quoi monter une tour
Eiffel grandeur nature. Pour la vision de l'art c'est pareil. Si tu n'as
pas de vision de l'art tu ne peux pas recevoir un centime des fonds
publics de soutien aux artistes, quand bien même tu aurais peint deux fois
l'équivalent du Musée du Louvres. Remarquez que les fonds publics ne font
pas l'artiste... Mais sa vision de l'art le fera manger, surtout s'il a la
bonne vision de l'art, bref s'il a l'intelligence du perroquet et la ruse
du ver de terre.
6 juillet 2006
SPORADIQUEMENT
Vous aurez
sans doute remarqué que j'écris sporadiquement sur ce blogue, au gré de
mes humeurs. J'écris à tous les jours. Mais je ne veux pas confondre les
genres. Ce qui est à César revient à César et l'art pour l'art il n'y a
que ça de vrai. Mes lettres aux journaux et autres textes polémiques sont
volontairement écartés de ce blogue. Il n'y a rien de plus faux que l'art
au service d'une cause. Cela donne généralement un art fat, terne,
statique et froid: du réalisme socialiste au service de l'État par exemple, ou bien des formes
géométriques ultra-conformistes... L'art n'a pas à devenir une pute cheap
pour les malabars qui tiennent leur ressentiment pour de beaux sentiments.
L'art est une autre réalité, un royaume qui n'est pas de ce monde et qui
ne doit jamais lui obéir pour préserver les frontières du rêve.
2 juillet 2006
À PROPOS DE TOUT ET DE RIEN
C'est l'été
et l'existence est douce. Tiens, je traduis presque Gershwin au mot à mot:
Summertime and the living is easy...
Rien de plus kitsch que la vraie vie, somme toute. Tout ce qui est simple
est vrai. Dès qu'il faut fournir une montagne d'explications pour
justifier un point de vue ou une œuvre d'art, eh bien je m'enfuis.
Je songe à me payer un site Internet pour pouvoir mettre en ligne de
meilleures reproductions numériques de mes tableaux. Avec Geocities, je
suis limité. Je n'ai qu'à regarder l'Inuit sur cette page, en haut à
droite, pour voir les pixels s'organiser en petits carrés qui déforment
l'image. Si j'augmente ma résolution, je ne peux plus les exporter sur ce
site compte tenu de l'espace et de la capacité de transfert des données
qui me sont alloué. (Alloué s'écrit pas de s, à cause de cette putain de
règle de l'accord du verbe être à la forme pronominale... Le participe
passé, dans ce contexte, s'accorde avec le complément d'objet direct,
comme si c'était l'auxiliaire avoir qui lui était associé. Il faut donc
poser la question: sont alloué qui ou quoi? Pas de réponse. Sont alloué à
qui? À moi, représenté par le pronom possessif «me». Des putains de
conneries me sont alloué ne prend pas de s pour alloué. Retenez ça pour
vos devoirs de français. C'est une des règles les plus absurdes de notre
langue qui, si ce n'était que de moi, gagnerait à être écrite au son,
comme l'espagnol, l'italien ou le russe, voire d'être transcrite en
pictogrammes, comme pour le mandarin.)
Je parle vraiment à propos de tout et de rien ce matin. Je ferais mieux de
retourner à mes pinceaux et de fermer cet ordinateur.
26 juin 2006
LUNDI MATIN, REPOS...
Je suis en
congé aujourd'hui. Je vais en profiter pour lire, gratter ma guitare,
étirer mon accordéon, souffler dans mes harmonicas, écrire, peindre des
toiles, sortir les vidanges, laver la vaisselle, faire à manger, boire de
l'eau... Ouais, je ne crois pas que ce soit une bonne idée de raconter mon
futur en détail. Tiens, et si je ne faisais rien de tout ça? Un pied de
nez au destin. Je vais escalader une montagne, faire un tour d'hydravion,
me baigner au Pole Nord, manger des figues fraîches et des fromages fins.
Je vais danser le twist et le mambo. Je vais traverser le fleuve
St-Laurent à la nage... Zut! Je me sens fatigué rien que d'y penser. Je
ferais peut-être mieux de déjeuner. Pourquoi met-on un foutu accent
circonflexe sur jeûner si nous n'en mettons pas sur déjeuner,
hein? Je vous le demande. C'est le même suffixe. Le français fait chier.
J'ai encore été obligé d'ouvrir mon dictionnaire, pris de doute pour un
foutu mot simple comme bonjour.
Bon, assez
avec ces digressions.
Je m'en
vais me faire cuire un oeuf. Asta la proxima.
25 juin 2006
JE SUIS À L'ÉCOUTE DE RADIO-CANADA
J'écoute
Espace Musique à Radio-Canada. C'est le seul poste de radio que je sois
capable d'écouter pendant plus d'une heure sans devenir irrité. La
programmation s'est beaucoup améliorée au cours des dernières années. Il y
a moins d'opéra, un genre que j'aime avec parcimonie. Il y a plus de
variété dans le contenu musical: reggae, jazz, blues, musique alternative,
trance, cool, chill, whatever... En ce moment, Espace Musique fait
tourner:
Titre: SEI TU AMOR Album: NATALIE CHOQUETTE: AETERNA ROMANTICA Interprète(s): NATALIE CHOQUETTE, ERIC LAGACE, NATALIE CHOQUETTE Compositeurs: PIETRO MASCAGNI, NATALIE CHOQUETTE Étiquette: ISBA, ISBCD - 5109 Pratique, le site d'Espace Musique. Je sais maintenant pourquoi ça vaudrait la peine que j'achète l'album Aeterna Romantica. 21 juin 2006 JOURNÉE NATIONALE DES AUTOCHTONES En cette «Journée nationale des Autochtones» j'affirme les vertus de mon métissage normand-allemand-espagnol-français-huron-inuit-africain-tibétain-mongol-russe. Je suis fier d'être d'une race impure, d'être un mélange de toute une horde de primates épilés qui se sont reproduits des jungles de Madagascar jusqu'aux confins de la mer Arctique. Mes ancêtres, grands fornicateurs, ont pris soin de transmettre leurs gênes sans gêne, peaux blanches, peaux rouges et peaux noires entrelacées. (Tiens, je vais dessiner ça...) 18 juin 2006 MES PEINTRES PRÉFÉRÉS Quel est le plus grand peintre de tous les temps? C'est une question creuse qui n'attire pas toujours la même réponse selon mes humeurs du moment. Certains jours, je serais porté à dire que c'est le pauvre type qui a barbouillé les grottes de Lascaux sans apposer sa signature. D'autres jours, j'opterais pour Salvador Dali ou Jérôme Bosch, voire Caspar David Friedrich pour des raisons purement subjectives. J'aime les toiles de Friedrich pour leur côté interactif. (Vous pouvez même les voir ici...) Bien sûr, j'aime aussi le Caravage et De La Tour, pour la façon qu'ils ont de représenter la lumière émanant d'une simple chandelle, ou bien Raphaël pour ses draperies, et Otto Dix pour ses dessins grossiers et vulgaires... J'aime même Francis Bacon, le peintre pas le philosophe, et son art figuratif abstrait. Je suis même capable de trouver quelque chose d'intéressant chez Picasso et Klee. La seule chose que je ne supporte pas, au fond, c'est la paresse que certains artistes veulent faire passer pour de l'inspiration ou du talent. Les abracadadras de Mondrian me laissent de glace. Pour ce qui est des peintres québécois, j'aime bien Tex Lecor. D'aucuns le méprisent parce que le figuratif ça ne fait pas sérieux dans certains milieux: voyons, Dieu et l'Art n'existent plus... «Tout a été fait en art», prétendent ceux qui ne savent pas dessiner ou peindre et qui trouvent utile de s'accrocher aux abstractions pour camoufler leur manque de talent sous un vernis d'élucubrations post-modernistes. J'aime aussi Jean Dallaire, notre vrai génie de la peinture, nettement plus vivant que Borduas et sa bande de faiseurs de croûtes colorées. Miyuki Tanobe, par ailleurs, a peint les Québécois mieux que n'importe quel peintre du pays n'a su le faire. Ses peintures sont vivantes, évocatrices. Quel est le pouvoir d'évocation qui se trouve derrière un carré noir sur fond blanc, derrière un dégueulis de couleurs, derrière un derrière d'artiste appliqué en estampe sur une toile? Le dandysme de ces milieux artistiques où l'art repose sur une «démarche» me fait plier en quatre. C'est l'histoire toujours répétée du conte Les habits neufs de l'Empereur, de Hans Christian Andersen. Il y a toujours des menteurs dans la cour de ceux qui ont du fric pour leur vendre des tissus aussi fins que le vent, tellement fins que seules les personnes de qualité et de bon goût peuvent voir. Et la vérité, face aux escrocs, sort toujours de la bouche des enfants: l'Empereur est nu, il ne porte pas de vêtements quoi qu'en disent ses couturiers; la toile est vide, il n'y a là aucune magie, aucun pouvoir d'évocation, quoi qu'en dise le dossier de presse de l'artiste. 11 juin 2006 LARD POUR LARD Je vais faire bouillir un jambon tout à l'heure. Je le fais bouillir à feu doux pendant trois ou quatre heures, avec 2 oignons et beaucoup d'ail. Vers la fin de la cuisson, j'ajoute parfois des pommes. Ça parfume et ça dégraisse. Je vais terminer deux toiles aujourd'hui. Sur l'une j'ai dessiné une femme-enfant qui cache ses seins. Sur l'autre, il y a un chauve qui tient un téléphone cellulaire, duquel sort des ondes représentées par des vagues et des points de jaune fluide et d'orangé. Il ne reste plus que quelques retouches avant de vernir le tout, de l'emballer et de l'étiqueter... Même l'art, malheureusement, est un commerce. Lard pour lard, je préfère encore l'art pour m'acheter du lard. On dira ce qu'on voudra, mais le jambon nourrit son homme mieux que la peinture. Quoique cela me fasse penser à une nouvelle de Marcel Aymé, La bonne peinture, histoire rigolote d'un peintre qui peint des toiles ont la faculté magique de nourrir celui qui les regarde. C'est un pur délice littéraire cette nouvelle, comme bien d'autres nouvelles de Marcel Aymé. Je pense au Passe-Muraille, l'histoire d'un commis de bureau anonyme et méprisé de ses supérieurs qui, un jour, se découvre la faculté de passer au travers des murs... Il en profite pour rendre son supérieur fou en passant sa tête au travers des murs tout en criant «Garou! Garou!». Je ne vous en dis pas plus. Je vendrais le punch. Pour ceux que ça intéresse, on a fait un film à partir d'un roman de Marcel Aymé, Uranus, mettant en vedette Gérard Depardieu. Pour ce qui est de l'auteur du film je suis mal foutu de vous le dire pour le moment. L'Internet est fermé et pour l'ouvrir je dois me rendre dans une chambre où dort une personne qui mérite du repos... Donc, je me contente d'écrire hors ligne sur FrontPage. Je vais tout envoyer ça vers le serveur de Geocities tantôt. D'ici deux mois je vous redirigerai vers un nouveau site où il me sera possible d'exporter des images de meilleure qualité. 10 juin 2006 L'ART POUR L'ART J'ai décidé de retrancher de mon site tous les textes politiques que j'ai pu écrire au cours de mes dernières années. Je ne renie aucun des textes que j'ai écrits. J'ai défendu tant bien que mal des valeurs qui me tiennent à coeur: la justice, l'équité et la liberté. Je ne saurais donc en avoir honte. Cependant, je ne veux pas tomber dans le piège de l'artiste qui sert une cause. Par ailleurs, j'ai la conviction intime que mon art est plus intéressant que tout ce que je pourrais dire sur les administrations publiques et les horaires de chemin de fer. Je m'en tiendrais donc à des considérations purement poétiques, pour me prouver à moi-même que la vie est beaucoup plus vaste que ces prêchi-prêcha sur la taxe de vente ou sur la guerre en Absurdistan. Je vais continuer à écrire des textes politiques, parce que je ne suis pas plus con qu'un autre. Je veux choisir le régime sous lequel je veux vivre. Je vais élever ma voix, encore, pour la tolérance, la charité, la justice et la liberté. Mais je ne ferai pas cela ici, sur mon blogue, parce que l'on ne verse pas tout son fumier sur les fleurs. Dorénavant, je pratiquerai donc l'art pour l'art. Je fais le marché de ne pas confondre le marché du lard avec le marché de l'art. Et cochon qui s'en dédit. 9 juin 2006 UN CHAT À DEUX QUEUES Hier matin, je me suis demandé si j'avais la berlue ou si quelqu'un avait mis quelque psychotrope dans mon café. Eh bien non, cela semblait bien réel, c'était bel et bien un chat à deux queues. Brun caramel avec un regard ahuri, l'animal n'avait rien de domestique et sa seconde queue lui conférait autant de caractère qu'une cicatrice sur le visage d'un criminel. C'était un chat de ruelle, visiblement, puisqu'il était fort sale.
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boucher et ses deux stagiaires maigrelets
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Bouchard, Acrylique sur toile de format 20 X 25 cm., 2007
(Collection privée)
Yves
est ivre
G.
Bouchard, Acrylique sur toile de format 20 X 25 cm., 2007
Vue de
dos
G.
Bouchard, Acrylique sur toile de format 20 X 25 cm., 2007
À la
mode de chez-nous
G.
Bouchard, Acrylique sur toile de format 20 X 25 cm., 2007
(Collection privée)
Le
parfum
G.
Bouchard, Acrylique sur toile de format 20 X 25 cm., 2007
(Collection privée)
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