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L'histoire
de Giorec :
Texte traduit par Claude Rieu aidée des professeurs de latin du
Lycée Claude Fauriel, dont j’ai malheureusement oublié
les noms. Ils ont fait appel à des spécialistes au Puy et
à
Paris pour les difficultés de ce texte dues au fait qu’il
s’agissait d’un latin spécial pour les actes notariaux. De plus,
lorsqu’un mot latin était ignoré, l’habitude
voulait qu’on utilise le mot de la langue locale de l’époque
auquel on donnait une forme latine.
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Compositio
inter nos & domum de Clavata super parrochiatu ed decimus
CLXIX
20 octobre 1273
Dans cartulaire de Saint Sauveur en Rue
dépendant de l’abbaye de la Chaise-Dieu
1062-1401
Edité par Champin Feugerolles
et
Guide
Archives deSaint-Etienne
Cote Chaleyer 3324
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Entente entre
nous et la maison de Clavas au sujet des paroissiens et des dîmes
CLXIX
20 octobre 1273
Dans cartulaire de
Saint Sauveur en Rue
dépendant de l’abbaye de la Chaise-Dieu
1062-1401
Edité
par Champin Feugerolles et
Guide
Archives de Saint-Etienne
Cote Chaleyer 3324 |
| Notum sit
omnibus tam praesentibus quam futuris quod cum quoestio verteretur
inter Artaldum de Mastra, priorem Sancti Salvatoris, & capellanum
suum de Rivotorto, ex una parte, & dominam Albonam, abbatissam,
& capellanum & conventum de Clavata, ex altera, |
Qu’il soit
connu de tous, aussi bien contemporains que gens
des temps futurs que, alors qu’un différent s’était
élevé entre Artauld de la Mastre, prieur de Saint Sauveur
et son chapelain de Riotord, d’une part et, dame Albone, son abbaye,
son chapelain et le couvent de Clavas, d’autre part, |
| - super eo
quod dicta abbatissa & capellanus suus de Calvata habitatores
laicos & mercenarios in territorio de Clavata, sen familiares,
donatos seu oblatos ipsius domus, qui non gestant habitum conversorum,
in ecclesia sua de Clavata recipiebant ad divina in praecipuis anni
festivitatibus & ad ecclesiastica sacramenta, cum antiquo
consuevissent venire ad ecclesiam Rivitorti ; |
- attendu,
entre autres, que ladite abbesse et son chapelain
de Clavas recevaient des habitants laïcs et des salariés du
territoire de Clavas, qu’ils soient domestiques, donnés ou
oblats de cette maison ne portant pas l’habit de convers dans leur
église de Clavas, pour les offices divins pour les principales
fêtes de l’année et pour les sacrements de
l’église, alors que ceux-ci, de toute antiquité,
étaient habitués à venir à l’église
de Riotord ; |
| - &
quia
quesdam parrochianos dictae ecclesia Rivitorti sepelierant, qui apud
eos non elegerant sepeleri ; |
- qu’ils
avaient enterré certains paroissiens de
ladite église de Riotord qui n’avaient pas choisi d’être
enterrés chez eux ; |
| - &
quia
in grangiis de Mazalis, & de Ermeto, & de Gevreto (ou
Giureto ?) & de Cercenacio oschias indecimales ampliabant
& terras decimales restringebant in pr ejudicium dicti prioris &
capellani ipsius, & quia de mercenchatis & yssartis
mercenariorum familiarum fuarum in dictis grangiis decimas & avenae
suae in terra decimali crescentis dicto priori & capellano indebite
solvere denegabant ; |
- qu’ils
avaient entassé dans les granges des Mazaux,
de l’Hermet, de Giorec, de Sarcenas des marchandises qui n’avaient pas
payé la dîme, qu’ils restreignaient ces terres
dîmables au préjudice dudit prieur et de son
chapelain ; qu’ils refusaient audit prieur et au chapelain
créancier de payer la dîme sur les terrains
cultivés et les essarts de leurs valets ou de leurs
salariés affectés audites granges, et les taxes sur les
récoltes des terres dîmables ; |
| - &
super
eo quod dictus prior patebat canonicam portionem terrae & curtilis
de Rachinieu, quoe omnia Philippus de Laval, domicellus, vavassor
d’Argentau, parrochianus dicti prioris, ad sepulturam dicto monasterio
de Clavata dicitur reliquisse & apud eos eligerat sepeleri, cum
omnes nobiles & vavassores dicti castrin d’Argentau ab antiquo in
cemeterio Sancti Salvatoris consueverint sepeleri. |
- qu’en
plus que ledit prieur reclame la portion canonique
de la terre et du courtil de Richinieu, toutes choses que Philippe de
Laval, damoiseau vavasseur de Bourg Argental, paroissien dudit prieur,
est dit avoir abandonné, pour sa sépulture, audit
monastére de Clavas, alors que les nobles et les vavasseurs
dudit château avaient coutume d’être enterrés dans
l’antique cimetiére de Saint Sauveur. |
| Tandem
post
multas altercationes, mediantibus amicis communibus, scilicet Guigone
de Pinu & Simeone de Lalauvesc, super his inter partes amicabilis
compositio intervenit, videlicet quod capellanus de Clavata, sen
monachus, habitatores laicos territorii de Clavata, vel grangiarum
suarum donatos sen oblatos, qui non
gestant habitum conversorum, vel alio signo sen habitu alio a viris
foecularibus non distinguntur, in ecclesia de Clavata non recipiant ad
ecclesiastica sacramenta, exceptis milieribus pedicellis, quae
inhaerent servitiis dominarum dictae domus, vel alicujus earum, quae
possint recipi in ecclesia de Clavata ad ecclesiastica sacramenta, ne
dictae dominae debito servitio defraudentur ; |
Enfin,
aprés beaucoup de discussions, avec les bons
offices proposés par des amis communs, comme Guigou du Pin et
Simon de La Louvesc, un accord amical est intervenu entre les diverses
parties, selon lequel le chapelain de Clavas, ou un moine, ne recevront
plus les habitants laïcs de Clavas ou les personnes données
ou oblates de leurs granges qui ne portent pas l’habit de convers ou
qui ne sont pas distinguées par un insigne ou un habit autre que
ceux des hommes du siécle, en vue des sacrements de
l’église ; exceptées les femmes attachées au
service de ladite maison, ou l’une d’entre elles qui pourraient
être reçues en l’église de Clavas, en vue de
sacrements, pour qu’elles ne soient pas enlevées du service de
ladite dame ; |
| nec
etiam
parrochianos dicti priorio vel capellani sui ad sepulturam, nisi sua
devotiones, sine fraude aliqua vel dolo, apud Clavatan eligerint
sepulturam ; |
de plus,
qu’elles n’acceptent plus, en vue de la
sépulture des paroissiens dudit prieur ou de son chapelain, sauf
les personnes qui leur sont vouées, sans aucune fraude ni dol,
pour être enterrées à Clavas ; |
| sed omnes
praedicti eant ad ecclesiam Rivitorti praecipuis anni festivitatibus
pro divinis audiendis & recipiendis ecclesiasticis sacramentis,
nisi horrore vel necessitate hyemis vel infirmitatis inevitabiles
remanerent, alio casu fortuito, nisi essent parrachiani vicinarum
ecclesiarum, ad quas pro eisdem sacramentis ricipiendis accederent in
festis praedictis. |
mais, que
tous ceux dont nous avons parlé plus haut
aillent à l’église de Riotord pour écouter les
sermons aux principales fêtes de
l’année et y demeurent
pour recevoir les sacrements, sauf s’ils sont dans
l’impossibilité par raison de tempête, de
difficultés de l’hiver ou d’infirmité ou d’autres
fortuits, sauf s’ils sont paroissiens des églises voisines vers
lesquelles ils iront pour recevoir les sacrements dans les
églises susdites. |
| Si autem
praedicti homines non irent ad ecclesiam Rivitorti in praedictis
festivitatibus, quod ecclesia de Clavata non debet tunc eos recipere ad
ecclesiastica sacramenta sen divina & si non
irent, ad compulsionem
ipsorum minime aliter dicta domus teneatur. |
Si
cependant, les susdits hommes ne vont pas à
l’église de Riotord pour les fêtes, alors que
l’église de Clavas n’a pas le droit, à ce moment de les
recevoir aux sacrements de l’Eglise et à la parole divine et,
s’ils n’y vont pas, que ladite maison de Clavas soit tenue à ne
pas les réunir du tout. |
| Item quod
metae profitae per Silvionem de Venasco & Folcandum, Vacanciae
capellanos, inter oschias de Mazalis & de Ermetto & terras
decimales in perpetum stabiles observentur. Et si de his controversia
sieret, ad eorum recordationem, vel si ipsi deficerent, ad arbitrium
bonobum vivorum, stari debeat de proedictis ; & quod de
mercenchatis & yssartis mercenariorum & familiarum dictarum
grangiarum ubicumque siant infra decimariam Rivitorti, & de avena
sua excrescente in terris decimalibus, dicto priori & capellano suo
grangiarii decimas solvere, vel solvi
facere, teneantur. |
Donc que
les bornes établies par les chapelains
Sylvien de Vanosc et Foulques de Vocance entre les territoires des
Mazaux et de L'Hermet et les terres soumises à la dîme
soient fixées pour toujours. Et, s’il s’éléve une
contestation entre elles, on doit s’en tenir au sujet des choses
susdites et à leurs accords ; ou, s’ils font défaut,
à l’arbitrage des gens de bien … que, pour les terrains
cultivés et les essarts de leurs salariés et de leurs
domestiques desdites granges, où qu’ils soient sur les terres
soumises à la dîme de Riotord, et les récoltes,
qu’elle (l’abesse ?) soit tenue de payer ou de faire payer audit
prieur et à son chapelain les dîmes de ces granges pour
les récoltes poussant sur les terres soumises à la
dîme. |
| Infra
autem
metas positas ex parte de Clavata, inter decimariam Rivitorti &
territorium de Clavata , citra grangiam des Sotons vel ultra, de
praedictis dicti grangiarii vel alii decimas solvere minime teneantur.
Novalia autem quae praedicta domus de Clavata suis propiis sumptibus
excolit vel excolet, sine decima immunia & libera remanent dictae
domui de Clavata. |
Cependant,
en dessous des bornes placées hors du
territoire de Clavas entre la zone soumise à la dîme de
Riotord et le territoire de Clavas, du côté des granges
des Sétoux ou plus loin, qu’elle ne soit pas
du tout tenue à payer les dîmes desdites granges ou autres
choses. |
Hanc autem
compositionem ambae partes amicabiliter susceperunt &
approbaverunt, promittentes ad invicem, bona fide, pro se &
successoribus suis & conventibus, omnia supradicta, conventione
& pacto in perpetuum valituro, inter sua monasteria inviolabiliter
observare & tenere in pace.
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Les deux
parties ont accepté amicalement et ont
approuvé cette entente, promettant en outre, de bonne foi, pour
elles-mêmes et leurs successeurs d’observer cette convention, de
considérer ce pacte entre les monastéres comme valable
à perpétuité sans jamais le violer et de maintenir
la paix. |
| Actum apud
los
Mozalz die verreris post festum beati Lucae evangelistae, anno Domini
millesimo ducentesimo septuagesimo tertio, paesentibus testibus fratre
Martino de Foy, ordinis Cistarciensis, & domino Joanne des Orizals
capellano, & Petro Claveta & fratre Stephano de Chassa, &
Durando Borreys, & Alberto de Sancto Syr, & Raemundo Aprili,
clerico, & pluribus aliis. |
L’acte a
été passé prés des
Mazaux, le vendredi aprés la fête de Saint Luc
l’évangéliste, l’an du seigneur 1273, les témoins
présents ont été frére Martin de Fay, de
l’ordre des cisterciens et le Seigneur Jean des Orizals, chapelain,
Pierre de Clavas et frére Etienne de Chasse, Durand Borreys,
Albert de Saint-Cyr, Raymond Avril, clerc, et plusieurs autres. |
| In cujus
rei
testimonium, nos dicta abbatissa pro nobis & conventu nostro, &
nos dictus prior, & nos dicti G. de Pinu & Simeone de Lalouvesc
praedicti sigilla nostra huic cartae duximus apponenda in testimonium
omnium praedictorum. |
En
témoignage de cet acte, nous abbesse, pour
nous-même et pour notre couvent ; et nous prieur, ainsi que
nous G. du Pin et Simon de La Louvesc, avons apposé notre sceau
chacun sur cette charte, confirmant le témoignage de tout ce qui
est écrit ci-dessus. |
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