Livre premier: Le Nihilisme européen.
Livre deuxième: Critique des valeurs supérieures.
Livre troisième: Principes d'une nouvelle évaluation.
Livre quatrième: Discipline et sélection.
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Livre premier: Le Nihilisme (comme conclusion des valeurs
supérieures qui ont eu cours jusqu'ici).
Livre deuxième: Critique de ces valeurs supérieures
(examen de ce qui, par elles, dit oui et non).
Livre troisième: Le Nihilisme vaincu par lui-même
(tentative de dire oui à tout ce qui a été nié
jusqu'à présent).
Livre quatrième: Les Victorieux et les Vaincus (une prophétie).
---
Livre deuxième:
3. L'origine de l'Idéal.
4. Critique de l'Idéal chrétien.
5. Comment la vertu devient victorieuse.
6. L'Instinct de troupeau.
Livre troisième:
7. La volonté du vrai.
8. La morale, Circé des philosophes.
9. Psychologie de la " volonté de puissance " (plaisir, volonté,
conception, etc.).
Livre quatrième:
10. L'" Éternel Retour ".
11. La grande politique.
12. Recette de vie pour nous autres.
Aph.
2.- I. Nihilisme.
3.- I. " A quoi bon ? ", La question du nihilisme et la tentative d'obtenir
des réponses.
6.- I. Pour I. Nihilisme. Plan.
9.- I. Pour le plan du premier livre.
12.- I. La hiérarchie fait défaut. Cause du nihilisme.
La tentative d'imaginer des types supérieurs.
13.- I. La morale comme évaluation supérieure, même
dans le nihilisme de Schopenhauer.
14.- I. Les causes qu'il faut attribuer à l'origine du pessimisme.
15.- I. Nihilisme.
16.- I. Nihilisme.
21.- I. Perfection du nihilisme.
22.- I. Mon " nihilisme ".
23.- IV. Degré d'incrédulité, de " liberté
" accordé à l'esprit, comme mesure de puissance.
24.- IV. La forme la plus extrême du nihilisme: en quel sens
elle est une pensée divine.
26.- I. Les trois siècles.
27.- I. Le XVIIe et le XVIIIe siècles.
28.- I. Contre Rousseau.
29.- I. Rousseau et Voltaire, c. 1760. Influence de Rousseau sur le
romantisme.
30.- I. Voltaire et Rousseau.
32.- I. Le problème de la civilisation.
33.- IV. La période tragique.
34.- I. La valeur de Kant.
35.- I. Caractéristique du génie national.
36.- I. Progrès vers le naturel au XIXe siècle.
38.- I. Schopenhauer, celui qui reprend Pascal.
39.- I. Le XVIIIe siècle dans Schopenhauer.
40.- I. Question de la valeur de l'homme moderne, savoir si
son côté faible et son côté fort vont ensemble
?
41.- I. Critique de l'homme moderne, son habitude de mentir en psychologie,
son attitude romantique.
42.- I. Modernité.
44.- I. " Modernité ".
45.- I. Vices modernes.
48.- I. Modernité.
49.- I. Moderne: les commerçants et les intermédiaires.
50.- I. Tension critique: les extrêmes sont en prépondérance
(XIXe siècle).
51.- I. Protestantisme au XIXe siècle.
54.- I. Principaux symptômes du pessimisme.
56.- I. Moderne faux monnayage des artistes.
57.- I. Romantisme: le faux renforcement.
58.- I. L'art moderne est l'art de tyranniser.
59.- IV. Notre musique: ce qui est " classique ", ce qui est " génial
".
60.- I. Séparation entre le " public " et le " cénacle
".
64.- I. Pessimisme musical.
70.- I. Vue d'ensemble sur le caractère ambigu de notre monde
moderne.
71.- I. Vue d'ensemble sur le nihilisme.
---
89.- III. Métamorphoses de la sensualité.
94.- IV. Contre le remords.
99.- II. Le christianisme, continuation du judaïsme.
107.- II. L'idéal chrétien se sert de ruses juives.
114.- II. La réalité derrière le christianisme:
la
petite famille juive.
116.- II. Contre Jésus de Nazareth comme séducteur...
117.- II. Ironie à l'adresse des petits chrétiens.
118.- II. La bêtise antique contre le christianisme.
119.- II. Psychologie du Nouveau Testament.
121.- II. Le Nouveau Testament, livre de séduction.
122.- II. Le manque de modestie, le désir de se mêler
de tout dans le Nouveau Testament.
123.- II. Le Nouveau Testament et Pétrone.
125.- II. Le Nouveau Testament: prenez garde !
126.- II. Le Nouveau Testament.
127.- II. Le chrétien, l'idéal de l'homme qui manque
de noblesse.
144.- II. L'art de la calomnie chez le chrétien.
145.- II. Où le christianisme n'a plus aucun droit aujourd'hui.
Dans la politique...
146.- II. La foi ou les oeuvres ? Luther. La Réforme.
Le mépris de soi-même.
153.- II. Les trois éléments dans le christianisme, son
progrès vers la démocratie considérée comme
un christianisme plus naturel.
155.- II. Comment le christianisme put être patronné par
les classes dominantes.
157.- I. Effet persistant de la providence chrétienne.
Ce que l'on doit au christianisme.
163.- IV. Je ne supporte pas de compromission avec le christianisme.
175.- II. L'homme le plus moral est l'homme le plus puissant,
le plus divin: toute la connaissance s'est appliquée à démontrer
cela. Ce rapport avec la puissance a élevé la morale
au-dessus de toutes les autres valeurs.
178.- III. Décompte général avec la morale: qu'est-ce
qui veut par elle arriver à la puissance ?
180.- II. Que signifie l'idiosyncrasie morale, même chez un individu
extraordinaire comme Pascal ?
181.- II. Les grandes falsifications sous le règne de la morale.
Schéma.
182.- II. Falsification par principe de l'histoire, pour qu'elle
présente une démonstration en faveur de la morale.
183.- II. Les falsifications psychologiques sous le règne de
l'instinct de troupeau.
184.- II. Les grandes falsifications dans la psychologie.
185.- II. Le malentendu de l'amour, de la pitié, de la justice,
sous la pression de la morale du renoncement.
187.- II. Formes de la " dénaturation ": le bien à cause
du beau, le vrai à cause de la vérité.
188.- II. Degrés de dénaturation dans la morale.
- Rétablissement de la " nature " dans la morale.
192.- II. La dénaturation de la morale et ses degrés.
195.- II. Comment naît la gloire de la vertu.
197.- II. Comment la vertu arrive à la puissance.
200.- II. La politique de la vertu: comment elle arrive à
la puissance. - Comment elle domine lorsqu'elle est arrivée à
la puissance.
201.- II. Moyens pour obtenir la victoire d'une vertu.
202.- II. Le patronat de la vertu (l'avidité, le désir
de dominer, etc.).
203.- II. La falsification psychologique à cause de la nécessité
de lutter pour son idéal.
204.- II. La force de la caricature dans toute évaluation
sociale: moyen de la volonté de puissance.
205.- II. Quel est l'égoïsme qui trouve son compte dans
le maintien de la tyrannie morale ?
206.- II. L'instinct de troupeau: les conditions et les désirs
qu'il loue.
207.- II. L'instinct de troupeau: évaluation de la moyenne.
209.- II. L'étendue de l'hypothèse morale.
210.- II. Quel sens possède la perspective myope de la société,
par rapport à l'utilité.
211.- II. La morale comme moyen de séduction, comme volonté
de puissance.
217.- II. Le castratisme christiano-bouddhiste considéré
comme idéal: d'où vient sa séduction ?
226.- II. Critique de l'homme bon.
---
260.- III. L'" apparence " de la pensée.
268.- III. " Vérité ", nos conditions d existence projetées
comme attributs de l'être.
271.- III. Principe de la contradiction.
273.- III. Connaissance et devenir.
275.- III. " Sujet ", chose en soi.
277.- III. Sujet, substance.
278.- III. Dérivation de notre croyance en la raison.
279.- III. Pour l'apparence logique.
280.- III. Lutte contre le déterminisme.
281.- III. Fixer et introduire un sens.
282.- III. La faculté de simulation augmente dans la hiérarchie
des êtres. " Pour l'intellect ".
284.- III. Les valeurs morales dans la théorie de la connaissance.
285.- III. Volonté du vrai.
290.- III. Les fondements de la théorie de la connaissance et
leurs rapports avec les valeurs supérieures.
291.- III. Critique et réfutation du concept " objectif ".
292.- III. Ce qui est éternellement égal à soi-même.
Une question de valeur.
313.- III. Contre la préoccupation de soi-même et de son
salut éternel.
315.- IV. Le " monde conscient " ne peut pas être regardé
comme point de départ pour la valeur: nécessité d'une
" évaluation objective ".
318.- III. Formation de Dieu comme point culminant; retour à
lui.
319.- IV. " Dieu " comme état maximal.
320.- III. L'" espèce " estimée trop haut, l'" individu
" estimé trop bas dans les sciences naturelles.
321.- III. L'" intellectualité " ne se contente pas de commander
et de conduire.
328.- III. Optique de l'évaluation.
331.- III. Problème du criminel.
332.- III. Le grand homme, le criminel.
337.- lII. L'individualisme comme " volonté de puissance ".
Métamorphose de la volonté de puissance.
339.- II. Morphologie de la volonté de puissance.
341.- IV. Rectification de l'idée d'" égoïsme ".
343.- III. La louange, la reconnaissance - comme volonté
de puissance.
334.- III. Contre l'altruisme de la faiblesse.
347.- III. Rétablissement de la notion exacte de " sentiments
de bonté, de charité, de bienveillance ", que l'on vénère,
non pas à cause de leur utilité, mais au point de vue de
ceux qui en profitent.
348.- IV. Les passions comme armes défensives et offensives:
qu'advient-il de l'homme qui n'a plus de raison de se défendre et
d'attaquer ?
350.- III. La Rochefoucauld et J. St. Mill: l'un plat, l'autre naïf;
- " égoïsme ".
351.- III. Toutes les passions sont utiles.
352.- III. L'utilité dépend des " fins ": utilitarisme.
354.- III. Histoire de la moralisation et de l'amoralisation.
356.- III. Formation du beau: Critique de son évaluation.
361.- III. *sthetica.
370.- IV. Classique: pour l'esthétique de l'avenir.
371.- IV. Lutter avec l'art contre la moralisation.
373.- I. Le nihilisme des artistes.
374.- IV. L'artiste tragique.
---
386.- IV. Les forts de l'avenir.
387.- IV. Toute espèce d'hommes renforcés sur
le même niveau qu'une espèce inférieure.
388.- IV. La prépondérance passagère de l'évaluation
sociale est compréhensible pour établir une substructure.
390.- IV. Élimination de l'excédent de luxe dans l'humanité.
Les deux mouvements.
391.- IV. Augmentation de la puissance générale de l'homme:
en quel sens elle est la condition de toute espèce de décadence.
394.- IV. Où il faut chercher les natures plus fortes.
395.- IV. Hiérarchie des hommes.
399.- I. Contre l'idéalisme qui ne veut pas que la médiocrité
soit médiocre: critique de l'" idéalisme ".
400.- IV. Coup d'oeil rétrospectif pour justifier les
conséquences fâcheuses de la tyrannie morale.
402.- IV. Justification de la morale. Récapitulation.
403.- IV. Instinct des hommes civilisés contre les grands
hommes.
406.- IV. Utilisation de l'homme par la vertu: vertu de la machine.
407.- IV. Justification de la morale.
408.- IV. Évaluation économique de l'idéal qui
a eu cours jusqu'à présent.
409.- IV. En quel sens je ne désire pas l'anéantissement
de l'idéal que je combats: - je veux seulement m'en rendre maître.
411.- IV. Rétrécissement du domaine de la morale - progrès.
412.- IV. L'intolérance de la morale jugée d'une
façon générale: Expression de la faiblesse
chez l'homme.
413.- IV. Mon intention de démontrer l'homogénéité
absolue de tout ce qui arrive: la différentiation morale devient
une différence de perspective.
417.- IV. Nous autres connaisseurs - combien nous sommes immoraux !
419.- IV. La naïveté par rapport aux dernières "
aspirations
", tandis que l'on ne connaît pas le " pourquoi ? " de l'homme.
420, 22.- IV. Ma position et celle de Schopenhauer: une controverse;
de même vis-à-vis de Kant, de Hegel, de Comte, de Darwin,
vis-à-vis des historiens, etc.
421.- IV. Contre Schopenhauer, qui voulut châtrer les coquins
et les oies. Pour la " hiérarchie ".
423.- IV. Protestation contre le Christ, prototype de l'homme, tandis
qu'il n'en est que la caricature...
424.- IV. La valeur d'un homme ne s'apprécie pas d'après
ses effets. " Noble. "
426.- IV. Ironie à l'adresse des vertueux (érotique de
l'" homme bon ").
427.- I, IV. Notre appréciation bienveillante de l'homme,
comparée à celle de la morale et du christianisme. La libéralité
morale, signe de l'augmentation de la culture.
428.- IV. La simplification de l'homme du XIXe siècle.
429.- IV. Je me rattache aux côtés forts du siècle.
430.- IV. Quel sens cela a de transmuer les valeurs.
431.- IV. La vertu aristocratisée.
432.- IV. Ne pas uniformiser ! " La vertu " n'est rien de médiocre,
mais quelque chose de fou.
434.- IV. Ma façon de justifier la vertu.
435.- IV. Aujourd'hui l'on n'apprécie pas les vertus, à
moins que quelqu'un ne les fasse passer pour vices.
436.- IV. Ai-je nui à la vertu ?
437.- IV. Les princes peuvent-ils se passer de nous autres immoralistes
?
439.- IV. Avenir de l'art.
444.- IV. Guerre à ce qui est " noble" au sens féminin
et efféminé.
445.- IV. Rétablissement de l'esthétique.
447.- IV. Prototype de mes " disciples ".
448.- IV. Avoir honte du malheur.
457.- IV. Mon point de vue des valeurs.
458.- IV. Mes preuves de force.
460.- IV. Dionysien: nouvelle voie vers un type de ce qui est divin:
ma séparation de Schopenhauer, dès le début.
461.- I. Pessimisme de la force.
462.- IV. Conception de Dieu, déduction faite de la bonté.
463.- IV. Mes cinq " non " (préface ?).
464.- IV. Pour la force du XIXe siècle.
466.- IV. Pour l'honneur du XIXe siècle.
469.- IV. Le " bien " c'est le " mal " d'autrefois que l'on a assujetti.
470.- IV. Grandir en hauteur c'est augmenter son caractère redoutable.
471.- IV. Caractéristique des forts.
474.- IV. Avenir de l'éducation: culte de l'exception.
475.- IV. Pour la hiérarchie.
476.- IV. Mon nouvel accès vers un " oui ".
477.- IV. Ma conclusion: un regard goethien, plein d'amour, le pessimisme
véritablement surmonté.
Première partie: Ce qui tire son origine de la force.
Deuxième partie: Ce qui tire son origine de la faiblesse.
Troisième partie: Et d'où tirons-nous notre origine
?
Quatrième partie: La grande sélection.
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I. Psychologie de l'erreur.
1. Confusion de la cause et de l'effet.
2. Confusion de la vérité avec ce que l'on croit vrai.
3. Confusion de la conscience avec la causalité.
4. Confusion de la logique avec le principe du réel.
II. Les valeurs erronées.
1. La morale, erronée.
2. La religion, erronée.
3. La métaphysique, erronée.
4. L'idée moderne, erronée.
III. Le critérium de la vérité.
1. La Volonté de Puissance.
2. Symptomatologie de la dégénérescence.
3. Pour une physiologie de l'art.
4. Pour une physiologie de la politique.
IV. Lutte des valeurs erronées et des valeurs vraies.
1. Nécessité d'un mouvement double.
2. Utilité d'un mouvement double.
3. Les faibles.
4. Les forts.
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Nous autres hyperboréens. - Fondement du problème.
Livre premier: " Qu'est-ce que la vérité ? "
1. Psychologie de l'erreur.
2. Valeur de la vérité et de l'erreur.
3. La volonté du vrai (justifiée seulement par la volonté
affirmative de la vie).
Livre deuxième: Origine des valeurs.
1. Les Métaphysiciens.
2. Les Hommes religieux.
3. Les Bons et les Améliorateurs.
Livre troisième: Lutte des valeurs.
1. Pensées sur le christianisme.
2. Pour une physiologie de l'art.
3. Pour une histoire du nihilisme européen (Divertissement
de psychologues.)
Livre quatrième: Le grand Midi.
1. Le principe de la vie (" Hiérarchie ").
2. Les deux voies.
3. L'Éternel Retour.
Livre deuxième:
L'Esprit libre. - Critique de la philosophie comme d'un mouvement
nihiliste.
Livre troisième:
L'lmmoraliste. - Critique de l'espèce d'ignorance la
plus néfaste, la morale.
Livre quatrième:
Dionysos. - Philosophie de l'Éternel Retour.
---
1.
L'immoraliste
A. Psychologie du bien: un décadent; - ou la bête
de troupeau.
B. Son caractère absolument nuisible: forme parasitaire
au détriment de la vérité et de l'avenir.
C. Le machiavélisme des hommes bons: leur lutte pour
la puissance, leurs moyens de séduction, leur ruse dans la soumission
(par exemple à un prêtre, à un puissant).
D. " La femme " dans le bien. - La " bonté " comme la plus subtile
ruse des esclaves, les égards, donnant partout, donc recevant
partout.
E. Physiologie des hommes bons. - En quel point la bonté
se présente - dans les familles, dans les peuples (en même
temps qu'apparaissent les névroses).
Type opposé: La vraie bonté, la noblesse, la grandeur
de l'âme, qui puise dans la richesse..., dans la... -; qui
ne donne pas pour prendre, - qui ne veut pas s'élever en manifestant
sa bonté, - la prodigalité comme type de la vraie
bonté, la richesse de personne comme condition première.
2.
La faiblesse de la bête de troupeau engendre une morale semblable à celle qu'engendre la faiblesse du décadent: ils se comprennent, ils s'unissent. ( - Les grandes religions de décadence comptent toujours sur le soutien qui leur vient du troupeau.) La bête de troupeau n'a, par essence, rien de maladif, sa valeur est même inappréciable, mais, incapable de se guider, elle a besoin d'un " berger ", - c'est ce qu'ont compris les prêtres... L'État n'est pas assez intime, pas assez secret: la " direction des consciences " lui échappe. En quoi la bête de troupeau est rendue malade par le prêtre ?
3.
L'instinct de décadence chez l'homme bon:
1) La paresse: il ne veut plus se transformer, il ne veut plus
apprendre, il se replie sur lui-même, se confinant dans sa " belle
âme "...
2) L'incapacité de résister: par exemple dans
la pitié,, - il cède (" indulgent ", " tolérant
", " compréhensif "; " paix sur la terre et bonne volonté
envers les hommes "... ).
3) Il est dirigé par tous ceux qui souffrent, par les
déshérités - il est une conspiration instinctive contre
les forts.
4) Il a besoin des grands narcotiques, - tels que " l'idéal
", le " grand homme ", le " héros ", - il s'exalte...
5) La faiblesse qui se manifeste dans la crainte des passions,
de la volonté forte, la crainte d un oui et d'un non: il est aimable
pour ne pas être obligé de prendre parti. -
6) La faiblesse qui se révèle dans l'aveuglement
volontaire,
partout où la résistance pourrait être nécessaire
(" humanité ").
7) Il est séduit par tous les grands décadents:
la " croix ", l'" amour ", le " saint ", la " pureté ", - au fond
des idées et des personnes dangereuses pour la vie.
8) Le vice intellectuel: - haine de la vérité,
parce qu'elle n'apporte pas avec elle de " beaux sentiments ", - haine
de la véracité.
4.
L'instinct de conservation de l'homme bon, qui sacrifie, à
lui-même, l'avenir de l'humanité: au fond la politique
lui répugne déjà, - toute perspective plus large,
- toute recherche, toute aventure, toute inquiétude. Il nie
les buts, les tâches où il n'est pas le premier à entrer
en ligne de compte. Il est impertinent et immodeste dans
son type " supérieur " et veut non seulement se mêler de tout,
mais encore juger. Il se sent supérieur à ceux qui
ont des " faiblesses "; ces " faiblesses " sont des forces de l'inctinct,
il faut donc aussi posséder le courage de ne pas en avoir honte.
Le bon en tant que parasite. Il vit aux dépens
de la vie, car il nie la réalité par un mensonge, il est
l'adversaire des grands instincts de la vie, épicurien d'un petit
bonheur il considère comme immorale la grande forme du bonheur.
Ne mettant pas lui-même la main à la pâte, il a
cependant sans cesse à son actif des méprises et des duperies,
et trouble ainsi toute vie véritable, l'empoisonnant par
sa prétention de représenter quelque chose de supérieur.
Avec son illusion d'être sublime il n'apprend pas, il ne se
transforme pas, mais il prend parti pour lui-même, eût-il
même engendré le plus grand malheur.
5.
A. Il invente des actions qui n'existent pas: les actions non
égoïstes, les actions saintes; des facultés qui n'existent
pas: l'" Ame ", l'" esprit ", le " libre arbitre "); des êtres
qui
n'existent pas: les " saints ", " Dieu ", les " anges "; un ordre des
événements qui n'existe pas, l'ordre moral
avec la récompense et la punition (une destruction de la causalité
naturelle).
B. Par ces inventions il déprécie:
1) les seules actions, les actions égoïstes;
2) le corps;
3) les espèces d'hommes véritablement précieuses,
les impulsions véritablement précieuses;
4) toute la raison qu'il y a dans ce qui arrive, - il empêche
d'en tirer des renseignements, il empêche l'observation, la science,
tout progrès de la vie par le savoir...
6.
I. Le manque de méfiance; - la piété; - la soumission
à la volonté de Dieu (" la piété "); - le "
bon coeur ", la " main secourable " - cela suffit; - le sérieux
dirigé vers les choses élevées, - il ne faut
pas prendre trop au sérieux les choses des sphères inférieures,
telles que le corps et son bien-être; - le devoir: il faut faire
son dû, - ce qui est au-delà, il faut le laisser à
Dieu. - Je demande très sérieusement: n'ai-je pas
ainsi décrit l'homme bon ? Ne croit-on pas que c'est là
un homme désirable ? Ne voudrait-on pas être fait ainsi
? désire-t-on que ses enfants soient autrement conformés
? - Ecco ! Et cette espèce d'homme est l'espèce d'homme
la plus dangereuse !
II. Voyons comment les hommes bons tirent d'eux-mêmes: 1) une
métaphysique,
2) une psychologie, 3) une politique, 4) une façon
de vivre et d'éducation, 5) une méthode de
la vérité.
7.
La causalité de l'action. - Le but est mal posé:
Bonheur a) personnel (" égoïste "), b) étranger ("non
égoïste"). Manque de circonspection chez Schopenhauer qui ajoute
encore c) douleur étrangère, d) douleur personnelle:
qui ne sont naturellement que des spécifications de l'idée
de " bonheur personnel " (a)...
Si le bonheur est le but de l'action, il faut que le mécontentement
précède l'action: falsification pessimiste de l'état
de fait; le déplaisir comme motif de l'action.
Le déplaisir et le plaisir sont des motifs; la volonté
est causale dans l'action. - A condition que tout ce qui a précédé
se trouve dans la sphère de la conscience, - que la véritable
causalité soit une causalité intellectuelle - que
l'" âme " sache ce qu'elle veut, et que l'acte de volonté
soit conditionné par son savoir, - que l'âme soit "
libre ", dans la volonté, et par conséquent. -
Ma théorie: le plaisir, le déplaisir, la " volonté
", le " but " ne sont que des phénomènes secondaires, - ils
ne sont jamais une cause. Tout ce que l'on appelle causalité
intellectuelle est une fiction.
8.
Fausse conséquence de la foi en l'" ego ": - l'homme aspire
au bonheur. Mais, en ce sens, il n'y a pas d'unité qui "
aspire ", et ce à quoi aspirent toutes les unités ce n'est
nullement le bonheur. - Le bonheur est un phénomène
secondaire qui accompagne une décharge de force. Ce qui fait
agir ce n'est pas le besoin, mais la plénitude qui réagit
à une irritation. Le " déplaisir " n'est pas cause première
de l'activité: il y a tension qui produit une grande irritation.
... Contre la théorie pessimiste qui prétend que l'action
consiste à se défaire d'un déplaisir, comme
si le plaisir était, en lui-même, le but de n'importe quelle
action...
9.
Il n'y a pas du tout d'actes " désintéressés ".
Les actes, où l'individu devient infidèle à ses propres
instincts et choisit à son détriment, sont des signes de
décadence
(une quantité des " saints " les plus célèbres sont
convaincus d'être des décadents, simplement à
cause de leur manque d'" égoïsme " - ).
Les actes d'amour, d'" héroïsme " sont tellement peu "
altruistes " qu'ils donnent précisément la preuve d'un "
ego " vigoureux et abondant: les " pauvres " ne sont pas libres d'abandonner
quelque chose d'eux-mêmes... ils sont privés aussi de la grande
intrépidité, de la joie de l'aventure qui fait partie de
l'" héroïsme ". Ce n'est pas de " se sacrifier " qui est le
but, mais de faire aboutir des fins dont les conséquences ne vous
inquiètent pas, à cause de la confiance que l'on a en soi-même,
des fins qui vous sont indifférentes...
10.
Psychologie des actes que l'on appelle non égoïstes. - En
réalité ils sont réglés strictement d'après
l'instinct de conservation.
C'est le cas contraire pour les actes que l'on appelle égoïstes:
là l'instinct directeur manque précisément, - la conscience
profonde de ce qui est utile et nuisible.
Toute force, toute santé, toute vitalité, par le fait
qu'elles augmentent la tension, visent à l'instinct souverain
du moi. Tout relâchement est décadence.
11.
L'immoraliste
D'après son origine, la morale est la somme des
conditions
d'existence d'une espèce d'hommes pauvre et mal venue. Celle-ci
peut être le " grand nombre ": - de là son
danger.
Dans ses applications, elle est le principe moyen du
parasitisme des prêtres dans sa lutte avec les forts, les
affirmations
de la vie. - Les prêtres gagnent le " grand nombre " (les humbles,
ceux qui souffrent, dans toutes les classes - les victimes de toute espèce
- ). Une espèce d'insurrection générale contre
le petit nombre des bien venus... ( - critique des " réformateurs
" - ).
Dans ses conséquences, elle aboutit à fausser
radicalement, à anéantir même ces couches d'exception.
Celles-ci finissent, pour pouvoir seulement se supporter, par ne
plus pouvoir être véridiques, en aucun point, à l'égard
d'elles-mêmes - : la complète corruption psychologique, avec
ce qui s'en suit... ( - Critique des hommes " bons " - ).
FIN DU TEXTE