PPI Aubergine
(Solanum melongena)
A Kinshasa
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Les methodes de lutte |
| Le tableau | Matériel végétal | En pépinière | Au niveau du champ |
Résistance variétale
q Il existe quelques variétés avec résistance au flétrissement bactérien : Kalenda F1...
Porte greffe résistant
q On peut greffer des variétés d’aubergine potentiellement productives sur des porte greffes résistants au flétrissement bactérien (aubergine « Solo »…)
Lieu de la pépinière
q La pépinière ne doit pas être installée à proximité d’une culture d’aubergine afin d’éviter que des ennemis spécifiques comme Epitrix, Phycita, et rouille qui pourraient si trouver ne se déplacent sur la pépinière.
q La pépinière doit être installée sur un sol qui n’est pas infesté par les nématodes, le flétrissement bactérien et la verticilliose.
q Il faudra également à veiller à ce que la pépinière ne se trouve pas à proximité d’une culture portant des ennemis tels que jasside, puceron, mouche blanche, mineuse des feuilles, tétranyques et acariose déformante..
Substrat isolé du sol
Si l’on ne dispose pas de sol sain il faut effectuer la pépinière dans un substrat sain. Ce substrat doit être isolé du sol pour éviter les contaminations à partir de celui-ci.
Matière organique bien décomposée
q Une bonne décomposition de la matière organique assure une disponibilité en éléments minéraux et maintient une équilibre microbien du sol en faveur des antagonistes naturels des maladies fongiques, bactériennes et nématodes du sol.
Pépinière en motte, sachets ou pots de compost
q Si le substrat utilisé est stérilisé ou naturellement sain, il n’y a pas de contamination des plantes à condition d’éviter le contact avec le sol. Cela concerne les maladies portées par le sol (nématodes, Ralstonia solanacearum, Verticillium…).
q Les plants repiqués avec la motte subissent moins de stress par rapport au repiquage à racines nues et sont protégés des attaques de nématodes à gales en début de développement.
Voiles non tissés ou tissés, moustiquaires ou filets
q Si le sol ne contient pas l’ennemi, les voiles, filets ou moustiquaires à mailles très fines abritent les plantules des attaques directes des insectes
q Il y a également protection des attaques d’oiseaux et de rongeurs.
Des abris anti-insectes de taille variable peuvent être fabriqués à partir de filets anti-insectes, à spécificité mécanique précise, montés sur une structure rigide.
Les abris de petite taille seront conçus pour couvrir une planche de pépinière (5 à 10 m2). Ils seront fixes ou amovibles.
Les abris de plus grande taille seront conçus de façon à permettre l’entrée des personnes à l’intérieur. Etant généralement fixes ils seront de préférence utilisés pour des pépinières sur substrat.
Désherbage
Les mauvaises herbes doivent être enlevées régulièrement car :
q dans la pépinière elles sont une concurrence pour l’espace, l’eau et les éléments nutritifs (risque de plants chétifs et étiolés) ;
q autour de la pépinière elles sont un refuge pour des insectes ennemis de l’aubergine
Elimination des plantes à symptômes
q Les plants présentant des symptômes de certaines maladies ne seront pas repiqués au champ. Ces plants se développeront très mal et surtout, ils contamineront la future culture, comme foyers primaires de maladies (galles de nématodes…). En pépinière, ils seront systématiquement éliminés dès l’apparition de symptômes et au moment du prélèvement pour le repiquage.
Destruction des plantes fortement attaquées
Il faut éviter de transporter des plantes attaquées de la pépinière vers le champ car celles ci ne se développeront pas correctement et apporteront la maladie ou le ravageur au champ. Au moment du prélèvement des plants en pépinière pour le repiquage, il faudra éliminer et détruire tous les plants ayant une forte présence de pucerons, mouches blanches, mineuse des feuilles ou tétranyques.
Traitement du sol à la chaleur
Les nématodes à galles, la verticilliose et la bactériose se conservent dans le sol. Si l’on n’est pas certains que le sol n’est pas infesté par ces ennemis on peut les éliminer par la chaleur. Les nématodes à galles sont détruits à 50 °C pendant une heure ou 44 °C pendant 4 heures.
Destruction des plants restants
q Pendant quelques jours, les plants excédentaires seront conservés pour remplacer les manquants au champ après le repiquage. Mais ils seront ensuite enlevés de la pépinière et détruits (enfouis profondément ou brûlés) car ils constituent un réservoir potentiel de maladies ou d’insectes ravageurs pour les nouvelles plantes dans la pépinière ou pour les cultures à proximité.
Collecte manuelle des ravageurs
q Les insectes de grande taille peuvent être collectés à la main. Cette opération sera réalisée régulièrement pour éviter un niveau de pullulation trop important.
Traitements des organes aériens
En cas d’attaque un traitement insecticide et/ou acaricidepeut-être réalisé en cours de pépinière.
Un traitement insecticide et/ou acaricide peut être réalisé 3 jours avant le repiquage pour éviter d’emmener des plants avec des insectes au champ même si aucune attaque n’est visible.
Jachères nues ou cultivées
q La jachère nue permet le repos du sol et la diminution de son potentiel infectieux en nématodes ou maladie telle que la verticilliose et la bactériose qui se conservent sur les débris de culture. Pour être valable, il faut qu’elle soit vraiment libre de toute plante et demande donc un travail d’entretien. Plus longue sera la durée de la jachère et plus efficace sera son application (5 ans au moins pour un effet sensible sur Meloidogyne).
q La jachère cultivée permet l’introduction dans la rotation de plantes pièges ou d’engrais vert qui ont un effet sur les ravageurs du sol. Par exemple, une jachère cultivée en arachide (plante piège) ou en céréales non attractives pour les nématodes à galles permet de diminuer la population de Meloidogyne dans le sol. Une jachère de 45 jours cultivée en tagètes permettrait de réduire la population des nématodes à galles (il faut 4 kg/ha de semences de tagètes pour un écartement de 25 cm entre les rangs).
Enfouissement profond des résidus de culture
q La cercosporiose se maintient sur les débris de culture. En enfouissant les débris profondément dans le sol le champignon n’arrivera pas à contaminer le feuillage des plantes.
Engrais vert
q Un hybride fourrager Sorgho X Sudan Grass, en engrais vert coupé régulièrement, laissé sur place et enfoui après 4-5 mois, assainit considérablement le sol de la bactérie Ralstonia solanacearum.
q Une culture de maïs retournée dans le sol favorise le développement de moisissures saprophytes qui vont diminuer le potentiel infectieux des maladies phytoparasites.
q Crotalaria et Lespedeza sont deux légumineuses qui utilisées en engrais vert permettent de diminuer l’infestation par les nématodes.
Rotation des cultures
Le céleri ne devrait être cultivée sur le même terrain que tous les 2 à 6 ans.
q On évitera les précédents appartenant à la famille des solanacées (tomate, piment, poivron …) ou pouvant héberger des nématodes à galles (tomate, gombo, haricot, carotte, cucurbitacées…).
Eviter le voisinage de plantes sensibles aux mêmes ennemis
q La culture ne doit pas être installée à proximité d’une culture d’aubergine afin d’éviter que des ennemis spécifiques comme Epitrix, Phycita, et rouille qui pourraient si trouver ne se déplacent sur la nouvelle culture.
q Il faudra également à veiller à ce que la culture ne se trouve pas à proximité d’une culture portant des ennemis tels que jasside, puceron, mouche blanche, mineuse des feuilles, tétranyques et acariose déformante..
Submersion prolongée du terrain
q La submersion prolongée du sol, avant la mise en place de la culture, entraîne une réduction sensible de plusieurs parasites (Meloidogyne, Ralstonia solanacearum). Elle doit être appliquée là où c’est possible (par exemple dans les rizières). C’est le cas des bas-fonds inondés naturellement pendant plusieurs mois pendant la saison des pluies.
La matière organique abondant freine le développement des nématodes à galles il est donc important d’en apporter beaucoup dans le sol.
En cas de faible disponibilité de matière organique bien décomposée, il est fortement conseillé de l’appliquer en localisé plutôt qu’en plein. L’application peut se faire par exemple en bande, en sillon, ou de préférence dans des petits trous de plantation. Dans le cas d’un sol très infesté par les nématodes, il est préférable de ne pas mélanger la matière organique au sol (surtout si la quantité disponible est faible) mais de repiquer directement dans un trou de plantation contenant cette matière organique bien décomposée.
q Du fumier bien décomposé ou du compost bien préparé peut être utilisé.
q Les tourteaux d’oléagineux (arachide, ricin, pourghère, …) ont une bonne efficacité contre les nématodes à galles (environ 20 t/ha de préférence en application localisée en mélange avec le sol). Afin d’assurer une bonne efficacité de ces tourteaux, l’apport en eau doit être régulier et constant.
q L’apport de 4 t/ha de fumier de poulet permettrait un effet dépressif sur les populations de nématodes.
q Une bonne décomposition de la matière organique assure une disponibilité en éléments minéraux et maintient une équilibre microbien du sol en faveur des antagonistes naturels des maladies fongiques, bactériennes et nématodes du sol.
q Un sol très lourd (argileux) favorise un excès d’humidité provoquant le développement de maladies et réduisant la résistance des plantes. Par contre, il diminue le développement des nématodes en limitant leur déplacement. Certains sols riches en argiles de type « smectites » sont défavorables au flétrissement bactérien s’ils subissent des périodes de sécheresse.
q Un sol sableux est par contre très favorable aux nématodes mais également au flétrissement bactérien.
q Les sols alluvionaux sont favorables au flétrissement bactérien.
q Un bon drainage permet d’éviter un sol asphyxiant qui affaiblit la plante et la rend plus sensible aux maladies.
q Une culture sur billon permet de diminuer l’incidence du flétrissement bactérien et de la verticilliose.
q Les plantes pièges seront plantées avant la culture et éliminées avec les parasites piégés. Vis-à-vis des nématodes à galles, le cycle de la culture peut être complet (arachide).
q Dans les zones à forte rosée, les risques de maladies comme la rouille sont plus importants et l’application de fongicides sera nécessaire. Il faut compenser cette situation par un écartement plus grand pour favoriser l’aération de la culture.
q Un terrain bien ventilé permettra de sécher plus rapidement les feuille des plantes après une pluie ou un arrosage. La rouille ne trouvera pas les conditions idéales pour son développement.
Solarisation
Les nématodes à galles et Pseudomonas se conservent dans le sol. On peut réduire ces ennemis par la chaleur obtenue par solarisation. Les nématodes à galles sont détruits à 50 °C pendant une heure ou 44 °C pendant 4 heures. Verticilium est détruit par une exposition de 9 minutes à 50°C.
q La solarisation consiste en un réchauffement du sol sous des films plastiques transparents (polyéthylène de 25-30 µm) ou noirs à la chaleur du soleil. Elle est efficace contre la majorité des nématodes, champignons et bactéries pathogènes.
q Son efficacité et sa rentabilité dépendent de nombreux facteurs tels que : l’humidité ; la durée et l’intensité de la lumière solaire ; la température de l’air ; l’épaisseur et la conductivité du film plastique ; la couleur du sol ; la préparation du sol et l’homogénéité de la surface ; le coût des films plastiques…
Cultures non sensibles en association
q Il y a plusieurs schémas possibles d’association de culture (les différentes espèces associées peuvent être alternées par plante, par groupe, par ligne, par bande, …). Si l’association est pratiquée, il faut veiller à mettre côte à côte des espèces cultivées qui n’ont pas les mêmes ennemis. Ceux-ci sont alors freinés dans leur développement par divers mécanismes.
q L’association peut également permettre d’entraver la progression de certains ennemis (Pseudomonas, Meloidogyne) de plante à plante. Pour lutter contre la propagation de Pseudomonas, alterner des lignes de haricot ou de maïs aux lignes d’aubergine, permet d’éviter le contact racinaire entre plantes d’aubergine.
q L’association de navet ou d’alliacées permettrait de contrôler les tétranyques par une action répulsive.
q La plante associée (Pois d’angole) peut également jouer un rôle d’abris/nourriture pour des auxiliaires et favoriser ainsi leur action.
q Des plants de tagète ou œillet d’Inde associées permettent de contrôler les nématodes à galles. Diverses espèces de tagète (Tagetes patula, Tagetes minuta, …) sont nématicides. Parmi ces espèces des différences d’efficacité existent entre les cultivars. En Inde il est conseillé d’intercaler une ligne de tagète tous les 2 mètres. Une association au taux de 1 plant de tagète pour 3 plants de tomate serait également efficace.
Mode de repiquage
q La plantation se fera de préférence avec des plants en motte qui assurent une meilleure reprise et un développement plus rapide en début de culture. Ce type de plantation permet également de retarder les attaques de nématodes et de ne pas causer de blessures aux racines qui sont des portes d’entrée pour les bactéries et champignons phytopathogènes.
q Les plants à racines nues doivent être repiqués en évitant de recourber les racines. Ceci procurera à la plante une reprise plus rapide.
Fumure équilibrée
q Une fumure équilibrée permet à la plante de mieux se défendre face à la verticilliose.
q Une fumure azotée équilibrée sans excès permet de réduire l’effet de Ralstonia solanacearum.
Propreté des outils
q Les outils peuvent transporter des maladies par les restes de terre ou de débris végétaux qui y sont attachés. Les outils sont les houes, les râteaux, les plantoirs…, mais aussi les chaussures, les couteaux de tailles, les sécateurs, les brouettes... . Il faut veiller à nettoyer chaque jour le matériel de travail qui a été utilisé.
Désherbage régulier
Il est important de désherber régulièrement la parcelle entière et les bordures sur environ 20 m.
q Il est important de supprimer et détruire dans le champ et autour du champ toutes les solanacées qui peuvent abriter des ennemis spécifiques aux solanacées.
q L’élimination des mauvaise herbes permettra également d’éviter les sources de contamination d’ennemis très polyphage tels que la mineuse des feuilles, les pucerons (Aphis gossypii), les jassides…
q Il est très important de maintenir la propreté de la parcelle jusqu’à l’arrachage complet des plants cultivés.
Binage
q Cette opération rend les conditions de développement des larves de chrysomèle plus difficiles dans le sol et favorise la prédation des auxiliaires sur les pupes de mineuse des feuilles et de mouche des fruits.
Irrigation régulière
q Une irrigation régulière permet à la plante de mieux se défendre face à la verticilliose.
Irrigation matinale raisonnée
On peut éviter que la rouille ne trouve les conditions idéales pour son développement en arrosant de façon à laisser les feuilles mouillées le moins longtemps possible. Il faut éviter l’arrosage le soir car l’absence de soleil laissera les feuilles mouillées longtemps. Quand il y a de la rosée le matin, l’arrosage se fera quelques heures après disparition de la rosée ou très tôt le matin avant la levée du soleil.
Arroser au pied des plantes
En n’arrosant au pieds des plantes on peut éviter de mouiller les feuilles et empêcher que la rouille ne trouve les conditions idéales pour son développement.
Pas d’irrigation saturante
Elle est toujours à éviter, car l’humidité prolongée du sol asphyxie les racines et favorise les maladies et le déplacement des nématodes à galles d’une plante à l’autre.
Forte humidité du sol
q Un sol maintenu trop humide en permanence favorise le développement de plusieurs maladies (champignons et bactéries) s’attaquant aux racines.
Elimination des plantes à symptômes
q Pour certaines maladies les plantes à symptômes seront éliminées dès leur apparition. Cette mesure doit être appliquée surtout en début de culture car c’est à ce moment que la dispersion a toute son importance pour les plantes voisines non encore contaminées. Les plants arrachés ne seront pas laissés dans le champ, mais évacués et détruits.
Destruction des plantes fortement attaquées
Afin d’empêcher la diffusion des ennemis dans la culture, il faudra éliminer et détruire tous les plants présentant des fortes attaques.
Elimination des parties végétales atteintes
Dans certains cas, la suppression de la plante entière ne se justifie pas car les dégâts sont faibles. Il est alors conseillé de ne supprimer que les parties atteintes qui risquent de contaminer les organes sains.
Arrachage et destruction des plantes en fin de récolte
Il est conseillé d’arracher le plus tôt possible les plants arrivés en fin de récolte (brûler, enterrer en dehors de la parcelle ou composter de manière correcte). Par exemple au cours de chaque récolte il peut être demandé aux récolteurs d’arracher les plants qui ne seront plus productifs. C’est une mesure sanitaire élémentaire, même dans le cas où les maladies sont restés absentes mais qui est malheureusement très rarement appliquée. Les plants qui ne sont pas arrachés peuvent parfois survivre longtemps même sans irrigation et continuent à abriter des ennemis qui peuvent s’y multiplier et se propager sur les cultures voisines ou successives. D’autre part, les parties mortes (y compris les racines), sont des support de germes dormants qui ne se sont peut-être pas exprimés sur la saison finie mais qui sont bien présents comme contaminant futur.
Collecte manuelle des ravageurs
q Cette pratique est rentable quand les populations d’insectes sont limitées. Cette pratique peut être régulièrement pratiquée lors des autres travaux du champs.
q Dans le cas de Zonocerus, le ramassage doit être fait au moins sur 6 à 8 semaines après le début de l’apparition des premières larves pour être efficace. Des perches seront disposées dans les parcelles. La collecte des adultes et des larves est faite à l’aube, quand les insectes sont encore engourdis et rassemblés sur les extrémités des plantes ou des perches. Les collectes sont rassemblées et détruites. Le piégeage de Zonocerus peut également être pratiqué en mettant des plantes attractives autour des parcelles (Ageratum corryzoides, Solanum verbascifolium ou Chromoleana odorata).
Traitements des organes aériens
Les insecticides et fongicides ne seront utilisés que si les méthodes de lutte précédentes ne donnent pas satisfaction ou ne sont pas applicables dans le contexte local.
Les traitements fongiques contre la rouille ne sont généralement pas nécessaires.
Les insecticides seront appliqués au besoin.
Contre les acaricides il est préférable de les appliquer avant la période de récolte car après les délais à respecter empêche l’utilisation de plusieurs produits. Traiter dès l’apparition des premiers symptômes et répéter 2 à 3 fois à 5 à 7 jours d’intervalle.