PPI Aubergine
(Solanum melongena)
A Kinshasa
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Les ravageurs animaux et les maladies |
| Les insectes | Les acariens | Les champignons | Les bactéries | Les nématodes |
| Le tableau | Matériel végétal | En pépinière | Au niveau du champ |
L’adulte fait 2,5 à 3 mm de long, de couleur vert clair à vert jaunâtre. Elle saute et vole aisément quand elle est dérangée. Elle peut couvrir de longues distances quand elle est portée par le vent. Le stade œuf dure 6 à 10 jours et le stade larvaire (ressemble à l’adulte) dure 8 à 16 jours. Les larves se déplacent latéralement. La journée elles sont sur les feuilles mais passent sur le dessus des feuilles le soir.
Dégâts Les nymphes et les adultes sucent la sève des feuilles en sécrétant une salive toxique. Cela entraîne une décoloration des feuilles, d’abord aux bords puis aux tissus internervaires. Une couleur brunâtre et rougeâtre peut ensuite apparaître. Le bord des feuilles se recourbent. En cas de forte infestation, la croissance de la plante peut être bloquée.
Principes de lutte
Les traitements seront appliqués dès qu’il y a plus de 5 insectes par feuille du repiquage à la 1ère récolte. Ensuite il ne faudra pas traiter. Il faut traiter en mouillant bien le dessous des feuilles. Les pépinières peuvent être protégées par du voile non tissé ou tissé.
Il s’agit d’une grosse punaise noire pouvant atteindre 30 mm de long et 8 mm de large. Le corps est recouvert d’une fine pubescence dorée. Les œufs de 3 mm, semi-cylindriques et tronqués aux extrémités, sont pondus en files régulières. Elles sont très polyphages (niébé, arachide, mil, sorgho, manguier, Citrus, cotonnier, concombre, aubergine, tomate…).
Dégâts Les larves et les adultes piquent les feuilles et les pétioles et sucent la sève, provoquant le flétrissement et le dépérissement des organes atteints. Ces insectes sont souvent nauséabonds.
Principes de lutte
q Utilisation de plantes pièges attractives en association comme Indigofera tinctoria, Cajanus cajan (Pois d’Angole) ou le maïs. On peut capturer les punaises sur ces plantes ou les tuer avec des insecticides.
q Capture le matin tôt (petite surface et main d’œuvre disponible).
q Traitement avec insecticides, dont les pyréthrinoides
Ce puceron a une coloration variable, jaune, vert ou brun. Sa forme ailée a la tête et le thorax noirs, et l’abdomen vert à jaune. Sous les tropiques, sa reproduction est continuellement parthénogénétique (sans fécondation) et vivipare (sans œuf). Une femelle donne de 20 à 140 jeunes.
Dégâts Ces pucerons suceurs affaiblissent la plante et provoquent une déformation des feuilles quand ils sont en grand nombre. Ils produisent un miellat sur lequel un champignon saprophyte se développe. Cette moisissure noire empêche une bonne photosynthèse.
Conditions favorables Un temps sec est favorable.
Auxiliaires Les pucerons ont de nombreux prédateurs. Ceux-ci seront considérés dans l’application des autres méthodes de lutte, dont l’utilisation des pesticides. Les principaux prédateurs sont des coccinelles, des syrphes, des chrysopes. Il existe également des parasites micro-hyménoptères (Aphelinidae).
Principes de lutte
q Les produits phytosanitaires peuvent être appliqués en tenant compte de l’importance des populations du puceron et des prédateurs naturels. Plusieurs substances naturelles sont efficaces pour empêcher ou gêner le développement de colonies de ce puceron : cendre de bois... Il ne faudra intervenir que lorsque les colonies deviennent importantes.
Cette mouche blanche (aleurode) a des larves qui ressemblent aux adultes mais qui sont sans aile. Ce sont de minuscules insectes (1 mm) qui s’envolent quand la plante est secouée. Les adultes se tiennent sur la face inférieure des feuilles, où sont pondus les œufs. Elle se nourrit uniquement sur les plantes en aspirant la sève après avoir injecté sa salive. Les larves apparaissent comme des petits points jaunes blanchâtres disposés en cercle ou en spirale.
Dégâts Sur aubergine, leurs dommages sont le résultat de l’effet mécanique d’innombrables piqûres, soit de la toxicité de la salive.
Conditions favorables La mouche blanche se reproduit plus rapidement dans un biotope humide et abrité, les vents secs lui étant défavorables. Les températures optimales vont de 25 à 30 °C.
Auxiliaires La présence de micro-hyménoptères parasites sera considérée dans l’utilisation des produits phytosanitaires en utilisant les moins toxiques pour les auxiliaires. D’autres auxiliaires prédateurs possibles sont des punaises (anthocorides et mirides), des coccinelles, des chrysopes et hémérobes, des diptères, des fourmis, des araignées, des acariens. Il existe également des champignons parasites des mouches blanches.
Principes de lutte
q La lutte contre cet insecte consiste essentiellement à éviter les foyers d’infestation et à empêcher l’insecte de se poser sur la culture.
q L’utilisation de produits phytosanitaires est possible en répétant les traitements à intervalles rapprochés pour tuer à la fois les adultes et les larves. Le choix des matières actives tiendra compte de la présence d’auxiliaires. Il est primordial d’alterner des produits phytosanitaires appartenant à des classes différentes pour éviter l’apparition de souches résistantes.
La chenille est de couleur verdâtre, striée longitudinalement par des bandes blanchâtres.
Dégâts Elles sectionnent en partie les feuilles de l’apex et rongent le parenchyme à l’abri dans un fourreau qu’elles confectionnent en réunissant les bords du limbe de la feuille autour d’elle. D’autres chenilles comme la teigne de la pomme de terre peuvent s’attaquer aux feuilles.
Principes de lutte
L’application de produits phytosanitaires est rarement nécessaire. Elle ne se fera qu’en période de forte infestation.
Le ramassage des chenilles à la main et leur destruction permet de limiter les dégâts.
C’est un coléoptère de très petite taille de couleur noire. Les larves, blanchâtres à tête brune, se nourrissent sur les racines pendant 3 à 4 semaines. L’adulte se nourrit de feuilles et peut vivre jusqu’à 2 mois.
Dégâts L’insecte dévore le limbe des plantes hôtes. Il fait des petits trous dont les bords changent de couleur. Ce sont des portes d’entrées pour des maladies.
Principes de lutte
q La lutte peut être envisagée uniquement en pépinière et en début de culture au champ car les dommages sur les plantes plus âgées sont sans incidence sur le rendement.
q Un bon désherbage et un nettoyage rapide en fin de récolte permettent de limiter les populations.
q Pour déclencher les applications d’insecticides, on peut essayer les seuils suivant :
ü plants jusqu’à 7,5 cm de haut : 2 insectes par plante,
ü plants de 7,5 à 15 cm de haut : 4 insectes par plante,
ü plants de plus de 15 cm : 8 insectes par plante.
Ce sont des diptères (mouches) de très petite taille. La larve à une coloration jaune orangée en fin de développement. La pupe a la même couleur.
Dégâts Ces mouches sont des phytophages. Les larves s’installent dans l’épaisseur des tissus végétaux dans lesquels elles creusent des galeries. Certaines espèces sont très nuisibles quand elles pullulent surtout sur les stades les plus jeunes des plantes.
Conditions favorables Les infestations sont plus importantes dans les parties du champ ombragées et dans les parcelles bien abritées des vents.
Auxiliaires Plusieurs micro-hyménoptères parasites, des chrysopes et des araignées.
Lutte
q Il faut permettre à la plante d’acquérir une vigueur maximale en lui apportant les éléments nutritifs nécessaires pour son plein développement. Elle aura ainsi une résistance suffisante pour résister aux infestations. D’autres méthodes de lutte préventives sont applicables
q L’utilisation de produits phytosanitaires se fera de préférence sur seuil d’intervention. L’utilisation répétée de produits qui tuent les auxiliaires engendre souvent une augmentation rapide des populations de mineuse. Des produits naturels ont une certaine efficacité.
Le criquet puant est un sauteriau (forme grégaire) qui pullule occasionnellement et attaque diverses cultures. L’insecte adulte (3,5 cm de long) a une couleur générale verte, avec des parties jaunes, rouge et noire. Les femelles pondent leurs œufs en grappe de 20 à 100 (oothèques) dans le sol dans des endroits plus humides (base de plantes ou d’arbres). Les larves restent groupées jusqu’au troisième stade de développement. L’insecte a une forte tendance à monter et à se regrouper au sommet de plantes ou de perches en fin de journée jusqu’au matin.
Dégâts Ils sont directs ou indirects : réduction de la plante par prélèvement alimentaire, blessures entraînant des perturbations pour la circulation de la sève, des possibilités d’infections secondaires.
Conditions favorables Habitat humide. Zones de végétation dense.
Auxiliaires Parmi les ennemis naturels du criquet on trouve un diptère Sarcophaginae et un champignon.
Lutte
q La principale méthode de lutte consiste au piégeage et à la collecte manuelle.
q La lutte chimique peut être appliquée sur les jeunes larves encore en bandes par poudrage ou pulvérisation d’insecticides. Il y a différentes matières actives efficaces. Les traitements doivent également être faits sur le pourtour du champ où les insectes se réfugient.
Ces acariens ont une dimension comprise entre 0,3 et 0,5 mm de long. La couleur est vert jaunâtre ou rougeâtre, avec deux taches sombres dorso-latérales chez la femelle et plusieurs points sombres chez le mâle. A l’œil nu, les adultes sont visibles comme de petits points rouges qui bougent. La femelle pond entre 100 et 200 œufs. En absence de nourriture cet acarien peut rester longtemps à l’état dormant dans le sol ou sur les résidus de plantes.
Dégâts Les acariens vivent à la face inférieure des feuilles dont ils sucent la sève par des piqûres minuscules. Au début, les attaques de tétranyques apparaissent sur la face supérieure des feuilles infestées de petites piqûres blanchâtres. Le feuillage prend progressivement une teinte jaune, rouge ou blanche. Cela est le plus souvent accompagné de déformations, dessèchement et affaiblissement de la plante. Si l’attaque est très forte, toute la feuille est envahie, des toiles tissées apparaissent et les feuilles tombent.
Conditions favorables Températures élevées (autour de 32°C) et temps sec. Absence d’eau sur les feuilles.
Auxiliaires Il existe plusieurs ennemis naturels : coccinelles, acariens prédateurs, thrips prédateurs, punaises prédatrices, cécidomies et chrysopes. Les acariens prédateurs ont besoin d’un environnement humide pour se développer. Ils seront donc peu présents en saison sèche.
Principes de lutte
q Les méthodes de lutte consistent essentiellement à éviter le voisinage de sources d’infestation
q L’utilisation de produits phytosanitaires commencera dès l’apparition des premiers symptômes. Il faut veiller à bien mouiller la face inférieure des feuilles. Il faut de préférence utiliser des ovicides, sinon il faudra répéter les traitements pour détruire les éclosions successives. Les préparations naturelles de savon et de Tephrosia vogelii sont efficaces. Le soufre est très efficace, mais son efficacité dépend fortement des conditions climatiques (chaleur et humidité sont favorables à l’efficacité, mais il ne faut pas traiter à plus de 35°C et en cas de rosée ou de brouillard car il y a risque de brûlures sous ces conditions). Les traitements doivent être effectués le soir pour éviter des brûlures sur les plantes. L’utilisation répétée d’insecticides non respectueux des auxiliaires entraîne souvent une explosion des populations d’acariens. Cet acarien peut acquérir rapidement des résistances aux pesticides, des précautions seront donc prises pour éviter l’utilisation répétée de pesticides appartenant à la même classe.
La femelle de Polyphagotarsonemus latus mesure 0,125 à 0,2 mm de long et est invisible à l’œil nu. Elle est ovale allongée et jaune opalescente. Le mâle est plus trapu avec des pattes longues.
Les plantes hôtes sont très nombreuses (manguier, aubergine, papayer, piment, poivron, cotonnier, concombre, citrus, haricot, goyavier, niébé, tomate, tabec, pomme de terre… et de nombreuses mauvaises herbes dont Bidens sp).
Dégâts
Les acariens vivent à la face inférieure des feuilles dont ils sucent la sève
par des piqûres minuscules.
Polyphagotarsonemus latus cause une nécrose des parties inférieures des
feuilles. La face inférieure devient brillante et bronzée. Les bords des
feuilles se recourbent vers le bas, les feuilles s’épaississent.
Conditions favorables Temps chaud et sec. Les fortes pluies sont défavorables à ce ravageur.
Principes de lutte L’application de produits acaricides commencera dès l’apparition des premiers symptômes ou préventivement chaque semaine du repiquage à la première récolte. Il faut veiller à bien mouiller la face inférieure des feuilles. En cas de forte infestation les traitements doivent des succéder à 5 jours d’intervalle. L’endosulfan et le soufre sont efficaces.
Symptômes et dégâts A la face supérieure des feuilles ont aperçoit des taches chlorotiques à jaunâtres, arrondies, de 5 à 18 mm de diamètre, concaves. A la face inférieure, les taches sont convexes et recouvertes de petites pustules, groupées et déhiscentes, libérant une poudre jaune orangé. Le centre des taches se nécrosent progressivement. Le feuillage atteint peut tomber. La production de fruit est réduite en cas de forte attaques.
Mode de conservation. Sur plantes hôtes
Propagation La maladie se propage facilement d’une plante à l’autre par le vent
Conditions favorables Proximité de foyers d’infestions. Forte humidité. Rosées.
Auxiliaires Tuberculina persicina – parasites des écidies. Larves de Cecidomiidae dévorant les écidiosores.
q Eviter de garder la culture au delà de 6 à 8 mois
q Eviter la proximité de sources d’infestations et l’excès d’humidité.
L’infection de la plante peut avoir lieu à tous les stades. Le champignon pénètre par les racines et diffuse ensuite dans la plante.
Symptômes et dégâts Le flétrissement débute par les vielles feuilles et se généralise ensuite du bas vers le haut. Le bout et les bords des feuilles sèchent et deviennent bruns.
Mode de conservation. Dans le sol, il peut persister plusieurs années.
Propagation Par l’eau et la terre déplacée.
Conditions favorables Température du sol optimale à 24°C. Au de la de 30°C le champignon ne se développe pas.
q La désinfection du substrat des pépinières
q Bonnes conditions de fertilisation et d’arrosage
q Rotation de 4 à 6 ans sans solanacées
q Jachères nues et rotations.
q Bon drainage
q Eviter de blesser les racines à la plantation
q La lutte contre les nématodes diminue les attaques de ce champignon.
Cette bactérie, très fréquente dans les pays d’Afrique, est mieux connue sous le nom de Pseudomonas solanacearum. La bactérie pénètre dans la plante par les blessures des racines au repiquage, mais aussi aux points d’émergence des radicelles.
Symptômes et dégâts Le symptôme le plus apparent est un ramollissement des jeunes feuilles, qui fanent. Les feuilles les plus âgées tombent. Dans une coupe transversale ou longitudinale des tiges de plantes malades, les faisceaux vasculaires présentent une teinte brun clair. A l’arrachage , les racines apparaissent pourries à leur extrémité (symptômes du « fil »). Pour distinguer cette maladie, il faut couper la tige d’une plante atteinte près de la base. Lorsque l’on exerce une petite pression sur la tige, on voit apparaître un exsudat sous forme d’amas blanc beige laiteux sortant des vaisseaux.
Tous les stades de la plante sont sensibles à la maladie qui provoque la mort de la plante.
Conditions favorables Les conditions favorables pour la maladie sont une humidité et des températures élevées du sol (25° C à 35° C) mais sans excès de chaleur. La maladie est beaucoup plus importante en saison des pluies. La présence de nématodes dans le sol favorise l’installation de la maladie. Les blessures des racines au repiquage favorisent l’infection. Les sols à pH bas à modéré (5 à 7), alluviaux, sableux ou ferralitiques sont favorables à la maladie. Les sols riches en argiles de type smectite sont défavorables à la maladie. La dissémination se fait par le déplacement de l’eau de surface et de la terre.
Auxiliaires Plusieurs bactéries (Erwinia spp. , Bacillus spp., Pseudomonas spp.) sont des antagonistes de la bactérie pathogène. Elles peuvent être favorisée par une application abondante de matière organique bien décomposée.
Lutte
q Les méthodes de lutte les plus efficaces sont :
· la désinfection du substrat des pépinières ;
· la résistance variétale ;
· une rotation de 2-4 ans sans solanacées ;
· les sols peu réceptifs à la maladie seront plus ou moins réservés à cette culture ;
· éviter les conditions favorables au développement et à la dissémination de la maladie ;
· éviter de blesser les racines à la plantation.
q La lutte contre les nématodes diminue les attaques de ce champignon.
Dégâts Les premiers symptômes sont la fanaison du feuillage. Plusieurs espèces de nématodes à galles donnent le même symptôme de déformation des racines avec présence de gonflements irréguliers (galles). Ces déformations dues à des cellules géantes induites par les nématodes empêchent la circulation normale de la sève.
Ces nématodes à galles modifient souvent les relations hôtes-parasites avec des virus, bactéries (Ralstonia solanacearum) ou champignons (Fusarium, Rhizoctonia, Sclerotium, Verticilium, Phytophthora, Pythium). Il y a alors intensification des dommages dans une action synergique.
Conditions favorables Températures du sol relativement élevées (14 à 32°C avec optimum à 28°C). Sols légers et sableux. Forte humidité du sol.
Lutte
q Les nématodes sont des ravageurs difficiles à contrôler et il est pratiquement illusoire de vouloir les éradiquer d’un sol car beaucoup d’espèces cultivées leur sont sensibles. Le premier principe de la lutte sera essentiellement basé sur la réduction de la population de ce ravageur sous un seuil tolérable pour la plante par l’adoption d’un ensemble de méthodes de lutte qui à elles seules sont insuffisantes pour avoir un effet sensible et/ou durable.
q Il est surtout important de protéger les stades les plus jeunes de la plante (pépinière et 30 à 40 premiers jours après repiquage).
q L’apport de « manipueira », un résidu liquide issu du processus de transformation du manioc, permettrait une élimination totale des nématodes lorsqu’il est enfoui frais dans le sol après dilution dans l’eau (1 part de « manipueira » pour 2 parts d’eau). La quantité à appliquer serait de l’ordre de 200 ml de mélange par plante. Attention, il perd son efficacité après cinq jours d’entreposage et il y a des risques de phytotoxicité.
q Les amarantes, liliacées, crucifères, sésame et ricin constituent de bon précédents culturaux.