En robe blanche devant un rideau de Tulle, au fond de la scène, elle se dresse dans une pose olympienne. Elle avance avec lenteur, sans que rien ne bouge de sa chevelure ni de son visage. Arrivée devant la rampe, elle rit franchement de sa petite comédie, l'ensemble de son tour de chant -le meilleur de sa carrière- est à cette image: des attitudes, des gestes plastiquement très étudiés, et, pour conclure, une aimable décontraction. Nous sommes loin des à-peu-près scèniques de Bambino. Ici, Dalida use d'un expressionisme depuis longtemps oublié au Music'hall mais qu'elle renouvelle avec une maîtrise certaine. On la voit presque, en effigie, enlevant les foules au creux d'un drapeau. Faisant vibrer le bronze de sa voix, elle conjure les tragédies, surtout celles de la solitude (il en est question dans trois morceaux). Ou bien, bras levé, elle joue l'héroine de Bartholdi triomphant de l'ombre et du mal. Pour se détendre, elle danse le sirtaki, et revient aux élans du coeur. Puis sa chanson se fait narquoise, pour évoquer les fallacieux propos d'amoureux. L'artiste s'attarde à un joli peti mélo, (Julien) et finit dans une pétulante comédie autour d'un galopin chantant, bourreau des coeurs d'un village italien. P.C/ Le Figaro |
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