Vauban était infatiguable. Il a consacré beaucoup de son temps à l'écrire
sur les questions d'ordre public. Certains de ses écrits ont concerné sa
profession, d'autres étaient externes à cela; beaucoup ont été rassemblés
dans des volumes de manuscrit sous le titre collectif d'Oisivetés. Ses
traités de l'attaque et défense des places fortes ("Sur le Siège et la
Fortification"), écrit en 1705-06, ont été imprimés en 1737 et réimprimés
en 1829 (plusieurs interprétations de ses systèmes de fortification
avaient été publiés pendant sa vie.) Il a écrit aussi sur l'opportunité
de se rappeler des Huguenots bannis de France (1689); sur l'itinéraire
pour canaux et navigation intérieure; sur la géographie de la zone de
Vézelay; sur la sylviculture et l'élevage porcin; sur les colonies
d'outre-mer étrangères; et sur les affaires internationales, et plus
particulièrement en ce qui concerne les concessions qui pourraient être
faites, stratégiquement et politiquement, pour une paix satisfaisante
avec les belligérants de la France en 1706. Cependant, son ouvrage le plus
avant-gardiste, a été son Projet d'une dime royale (imprimé anonymement,
1707; le Projet pour la dime Royale, ou l'Impôt Général), suggérant
l'abolition de presque tous les impôts existants en France et la
substitution d'un impôt de 10 pour cent sur toute la terre
(impôt foncier) et le commerce (TVA: Taxe sur la Valeur Ajouté) dont
personne ne serait exemptée. Il a justifié ses arguments avec une
masse de documentation statistique pratiquement sans précédent et,
ainsi, a ouvert la voie dans l'utilisation de statistique dans l'économie.
Mais le gouvernement français, peu disposé et même incapable de révoquer
les exemptions des classes privilégiées à cause de la dépendance vis à
vis la classe bourgeoise et manquant de l'intérêt dans des réformes
fondamentales a supprimé la publication de son livre. Vauban a été
écrasé par cette rebuffade.