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| Elle se tourna vers moi et me dit: - Nous sommes bient�t arriv�s...en fait, on va chez ma famille du c�t� de ma m�re, qui tient une plantation de vignobles au sud du pays...et je tenais � les voir une derni�re fois. -...une derni�re fois? Pourquoi �a? Elle se sourit � elle-m�me, comme si elle avait laiss� �chapper par inadvertance un petit secret qu'elle seule connaissait, tout en fixant les dalles de la place o� coulait la fontaine, puis, me pris par la main et me proposa d'aller nour asseoir � l'ombre d'un arbre sur un banc. - Lily...pourquoi as-tu dit "une derni�re fois"? Elle mre regarda et me sourit. - Parce que je partirais bient�t en voyage... - O� �a? - Je ne sais pas tr�s bien, � vrai dire... Antoine accourut et prit Lily-Rose par la taille, puis l'�leva dans l'air. Ils tournoy�rent, elle, ses jambes entourant sa taille pendant quelques secondes, puis il la ber�a quelques minutes, comme s'ils avaient �t� seuls au monde. c'�tait presque le cas, en fait. - Et pourquoi y'a personne?demanda Antoine qui s'assit sur le banc. - Il est midi, tous les gens font la sieste, gros malin!r�pondit Lily-Rose - Mais y'a pas le truc...euh...le pastis, la p�tanque, tout �a? - Oui, mais y'a la sieste! Nous nous m�mes � rire, puis repart�mes en voiture sur la route, o� nous nous m�mes � chanter sur des airs d'ABBA. Nous sommes arriv�s tr�s tard le soir, vers minuit au ch�teau o� habitaient les tantes et les oncles maternels de Lily-Rose. Lorsqu'ils virent la voiture arriver, il �taient assis sous le patio et d�naient. La vue de Lily-Rose fit pleurer celles qui �taient apparement ses tantes ainsi que celui qu'elle me pr�senta comme son Oncle Albert. Les retrouvailles �taient assez �mouvantes, et je fus accueillie avec beaucoup de familiarit�, ce qui me plus �norm�ment. Nous rest�mes � discuter dehors jusqu'� 2 heures du matin, de l'enfance de Lily-Rose et des souvenirs famille. Antoine faisait beaucoup rire son oncle, qui l'adopta tr�s vite. Lorsque je me mis � bailler, nous decid�mes tous d'aller nous coucher. Ma chambre me semblait petite et peu �clair�e, lorsque l'unes des tantes: Jeanne, m'y emmena. Pourtant, il y avait quelque chose qui r�gnait l�...quelque chose de r�confortant, d'intime � travers cette chambre d�pouill�e et pourtant si typique, avec, au dehors ses insectes nocturnes qui chantaient leurs bonheur d'�tre l�. - Ah, je ne peux cacher ma joie de voir notre petite Lily...cela fait si longtemps qu'elle est partie � Paris, et ensuite � Bruxelles, tu sais... Je souris � l'entente de cette �motion vibrant � l'accent chantant. - Cela fait tant de temps? - Oui...on n'avait presque plus de nouvelles d'elle...allez je te souhaite une bonne nuit...me dit-elle avant de dispara�tre dans le couloir en laissant la porte presque close. Lorsque je commen�ais � d�faire mes bagages, quelqu'un toqua � la porte. C'�tait Lily-Rose. Elle alla sauter sur mon lit et me demanda ce que j'en pensais. - Ben, pour le moment il fait un peu noir...mais j'adore d�j�! Elle s'�tendit en travers du lit, et fixa le plafond. - Oui...j'aimerais rester ici pour toujours... - Pourquoi est-tu partie? Tu aurais pu...je sais pas...finir paysanne, mari�e � un paysan tu sais comme dans les romans de Marcel Pagnol. Nous nous m�mes � rire, puis elle se mit sur son coude et me dit: - La vie ici est un peu plus �volu�e qu'auparavant...des paysans et �leveurs de ch�vres c'est plus tr�s l�gion par ici. - Ah bon? - Oui, maintenant, c'est plut�t des petits friqu�s qui viennent passer l'�t� dans le ch�teau de leur papamaman riches qui exploitent les terres du pays pour en faire un vin bien connu ou une huile hyper chic! - N'emp�che, �a doit �tre le r�ve d'habiter ici!m'exclamais-je Lily-Rose me sourit, puis se recoucha et me demanda comment �voluait ma relation avec Jean. - Qu'est-ce que tu veux dire? - Jean et toi...vous...enfin, tu m'avais expliqu� qu'il y'avait quelque chose de fort entre vous. - Oh, tu veux parler d'Herv�. Lily-Rose se redressa sur son coude et s'exclama: - Non...je te parle de Jean, le petit ami de Camille. Tout en rangeant mes affaires, je ne sut trop quoi r�pondre � cette question. Elle continua: - Tu sais...je vois bien que m�me si vous vous disputez...il y'a quelque chose...avant de partir, j'ai crois� Herv�, et il m'a dit que Jean avait plusieurs fois demand� o� tu �tais pass�e. - Ah oui, vraiment? - Oui oui...je t'assure. Je lui racontais alors la sc�ne de La Cambre, et elle prit un d�gout�. - Alors, �a si c'est pas de la perversit�, je sais pas ce que c'est... - Je comprends pas pourquoi il a fait �a...pt�t qu'en te cherchant partout, il voulait s'excuser. - Ben tiens... Il y eut un petit silence, puis elle dit doucement: - Tu sais, ce n'est pas parce qu'il est avec Camille que... Puis, elle se tut � nouveau, et me dit toute enjou�e: - Tu est c�libataire...tu est en vacances, tout est merveillifique! - Merveillifique? - Oui!s'exclama-t-elle en sautant � pieds joints, debout, au pied du lit. Elle me fit un �norme bisou sur la joue et me souhaita une bonne nuit, en me caressant les cheveux et en me regardant avec un regard protecteur dont seules les m�res �taient capables. - Profite de la vie qui te reste � vivre...me souffla-t-elle Je lui souris, mais trouvais cette derni�re phrase bien bizarre...Bien qu'elle �tait totalement positive, et que l'esprit positif faisait part enti�re dans le caract�re de Lily-Rose. Quelques rayons de soleil filtraient � travers les persiennes. Je me r�veillais avec les grillons qui chantaient encore plus fort que durant la nuit. Enfilant un peignoir, je descendis, suivant l'odeur d�licieuse du pain frais et du chocolat chaud jusqu'� la cuisine. Antoine, assis � la table �tait en train de rire et Lily-Rose �treignait sa plus jeune tante. Lorsqu'elle me vit, elle sauta de joie et dit vivement "la voil�!" |
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