| Chapitre I | ||||||||||||||
| Disputes en duo: Elise et Jean | ||||||||||||||
| Elle le regarda avec attention et tenta de ne pas trop s'attarder sur ses yeux. Son allure lui parut grotesque. Il avait l'air d'un paum� dans sa tenue de clown. Elle le regarda dans les yeux et il lui demanda pourquoi elle le regardait ainsi. Souriant ironiquement, Elise lui r�pondit qu'elle n'avait jamais vu un cas d'ab�tissement aussi remarquable. - Tiens tes mots s'il te pla�t. - Mais je les tiens...je ne fais que dire ce que j'observe. Tu devrais te pr�senter � une facult� de rechercher zoologique... - Toi aussi. - Sauf que toi, tu appara�trais au dictionnaire - Et toi tu passerais dans l'�mmission scientifique du dimanche. - Tu t'entra�nes pour �tre aussi b�te ou c'est un don inn�?siffla Elise - Je prends exemple sur ma coll�gue orang-outang: Elise. - Rien d'�tonnant � cela, l'originalit�, tu ne connais pas...tu n'est qu'une copie de quelque chose d'autre. - Pourquoi quelque chose d'autre? Pourquoi pas quelqu'un? - Parce qu'on n'a pas encore invent� d'adjectif pr�cis pour te d�nommer...�a se situe entre b�te et imb�cile, pourtant cela comporte le fait de passer inaper�u dans la soci�t�...Et de la polluer. Les �clos devraient plut�t faire attention � des d�chets comme toi, la base de toute destruction. - Toute destruction? - Correction: confondues...toutes destructions confondues... Jean s'insurgea. C'�tait dr�le de "renvoyer la balle" de temps � autres, mais l� elle poussait les choses trop loin. - Le mot gentillesse, politesse et intelligence font-ils partie de ton vocabulaire? - Seulement intelligence, � des fins sadiques et politesse � des fins masochistes...autre chose? - Tu est vraiment folle...hors de ma vue. Elle tira la grimace. Sa r�partie avait des limites. Pour seule r�ponse, elle imposa silence. Il continua sur sa lanc�e profitant de l'impuissance temporaire d'Elise � ses invectives. - Tu arrives encore � vivre...tu n'as pas d'appareil interne qui te dicte de respirer et d'expirer? - Bah...malheureusement, mon mod�le est plus ancien que le tien...il est biologique et des milliards d'autres humains comme moi en poss�dent! Toi: dans le doute, je m'abstiendrais de l'affirmer. - Tu n'as jamais fait de radio pour voir si tu avais une tumeur? Genre la tumeur de la stupidit�? - Et toi le fait que tu aies un p�nis � la place du cerveau ne te g�ne pas? - Le vagin fait office d'entonnoir lorsqu'il s'agit d'avaler les conneries que je peux produire...Tout comme ta bouche � s�rement d�j� servi � cet effet. - Jamais. - Jamais? - Jamais. Jean poussa un g�missement d'admiration. Elise regarda du coin de l'oeil Jean. Cela ne faisait pas de doute, ils �taient faits pour s'aimer et s'ha�r... Malheureusement, jusqu'� pr�sent, elle n'avait eu que l'occasion de partager la haine avec lui. Amour � voir pour plus tard... - Tiens...au fait, demanda Elise, tu n'aurais pas une corde? - Pour quoi? Tu veux te pendre? - Je pensais � �a pour toi...au cas o� cette merveilleuse id�e ne te serait jamais venue � l'esprit...Un petit saut pour Jean, un grand geste pour l'humanit�: ta disparition...Jamais pens� � �a toi? - C'est valable pour toi aussi. - Mais monsieur, la fin de ma vie est d�j� toute programm�e...en revanche, la tienne aurait d� prendre fin depuis...mhhh...exactement le moment de ta naissance. Ta m�re n'a jamais pens�e � te noyer quand elle a vu quel b�b� ignoble elle avait mis au monde? - Comment aurait-elle pu savoir... - Rien qu'en poussant ton cri...le cri du Jean. Tu connais le cri du Jean? - Oh, arr�te, tu commence � m'agacer. |
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| Elise | ||||||||||||||
| "Tout aurait pu commencer par un baiser. Tout aurait pu commencer par un sourire commun. Je veux dire, une vrai sourire commun. Seulement, voil�...par l'effet du hasard, je suis moins jolie que ma meilleure amie Camille. Camille habite au quatri�me �tage de mon immeuble, et moi j'habite tout au dessus. J'ai une vue imprenable sur la for�t de Soignes! Enfin...soit, ce n'est pas moi qui ai cogn� Jean la premi�re dans la rue en sortant de l'immeuble, mais Camille. La jolie Camille. La jolie et tr�s conne Camille, qui, en passant, n'est plus ma meilleure amie...Elle avait estim�e qu'il ne l'int�ressait pas, et les deux seuls petits jours o� Jean et moi commen�ament et flirter ensemble avaient suffi pour �veiller en elle une jalousie castratrice. Dans l'histoire, c'est moi qui ait �t� castr�e, priv�e de l'amour que Jean et moi aurions p� partager. Par le hasard des choses, Jean, Camille et moi sommes � l'Universit� Libre de Bruxelles, o� bleus, baptis�s et �tudiants � l'aspect vulgairement commun allaient �tudier tous les jours. J'y ai rencontr� quelques jours apr�s la rentr�e, sans vraiment faire ample connaissance. Et avec les niaiseries amoureuses de Jean et Camille, j'ai fini par revoir Herv�, meilleur ami de Jean Je n'aurais jamais cru pouvoir le d�tester vraiment. Tout au plus, avoir du respect pour lui, parce que je le consid�rais comme un adversaire au potentiel �lev�. Seulement, lorsqu'un jour j'ai gliss� le fait qu'on puisse s'aimer et qu'il s'est pris au jeu et a tellement bien jou� la com�die que je suis tomb�e le panneau et pris tout cela au s�rieux, il a cess� d'�tre sarcastique et m�chant gratuitement pour �tre honn�te. Son honn�tet� d�passait largement les invectives cinglantes dont il pouvait faire preuve par moments... |
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| *** | ||||||||||||||
| suite | ||||||||||||||