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| Je ne savais vraiment pas o� nous �tions partis...je faisais attention aux panneaux, et je savais que nous nous dirigions vers le sud. Le soir, je m'endormais, la fen�tre ouvert, tant il faisait chaud. La m�t�o avait annonc� que pour le retour du printemps, et pour la petite semaine de cong� scolaire, nous avions tous de la chance. Quelques fois, nous nous arr�tions sur des aires de repos, et je m'�loignais quelques minutes pour laisser de l'intimit� � mon "papa et � ma maman", puis Lily-Rose sortait de la voiture au bout d'un quart d'heure et nous allions chercher des boissons fra�ches dans les stations services. Elle s'installa sur la petite terrasse devant la station, et ouvrit sa bouteille d'eau. - Quoi, on ne retourne pas � la voiture? - Ah...laissons � Antoine un petit quart d'heure pour se focaliser, et un quart d'heure pour se d�-focalisr...les hommes, il faut les laisser vivre ma ch�rie. Elle me sourit et me fit un clin d'oeil. - La cuisine de ta tante me manque. - A moi aussi...t'inqui�tes pas!sourit-elle � nouveau - Et on va o� exactement? - Surprise! Nous rest�mes l� quelques minutes sans parler, puis elle me demanda si je comptais envoyer une carte postale � mes parents. J'haussais les �paules et r�pondit par la n�gative. - Tu as de la chance d'avoir des parents, tu sais... Je levais les yeux vers elle, tandis qu'elle continuait � parler. - Moi...je...j'ai un p�re...c'est tout. Et encore, il me d�teste. - Pourquoi? demandais-je du bout des l�vres - Ma m�re est morte il y'a trois ans...et...mes parents ont divorc�s quand j'avais 14 ans...lorsque mon p�re m'a receuilli chez moi, il imposa des r�gles strictes. Notamment, aucun gar�on� la maison. Et un jour, que j'allais � une f�te, je suis pass�e par chez moi, avec mon mec pour prendre quelque chose, et j'ai demand� � mon mec de m'attendre dehors. - Et... - Il a vu que quelqu'un attendait devant la grille, alors il m'a demand� de qui il s'agissait, et je lui ai dit que c'�tait un copain. Et l�, il est sorti de la maison, et...quand il a vu mon petit ami, j'ai cru qu'il allait se mettre � le frapper. - Pourquoi? - C'est que mon p�re est tr�s raciste. Il est un des g�n�reux donateurs du Front National, il a �t� �lev� dans une famille stricte, et il estime que parce que ma m�re a voulu divorcer de lui parce qu'elle aimait quelqu'un de couleur...il dit que ce sont tous des gens � abattre. - Et qu'est-ce qui s'est pass�? Lily-Rose regarda dans le vague tout en chipotant sur le bouchon de sa bouteille. - Mon p�re s'est retenu de faire quoi que ce soit, il a juste demand� le pr�nom de mon petit ami...et le pire...c'est qu'on ne s'est rendu compte de rien du tout, et qu'il n'a pas tenu compte du fait qu'Issam �tait quelqu'un de bien. Il �tait violoniste, tu vois, et il avait une culture �norme, c'�tait un type intelligent, doux, gentil, affectueux, ayant une m�re marocaine et un p�re fran�ais... Elle avala sa salive, et regardait toujours dans le vague. - Lily, si tu ne veux pas en parler... - Non, non...il faut que j'en parle, pour que cela sorte! Elle continua: - Un jour, je suis rentr�e chez moi, et Issame m'accompagnait, on s'est embrass�s sur le pas de la porte, quand mon p�re nous a surpris. Il nous avait �pi�s des mois, tu t'imagines? Il avait �t� voir o� habitait Issam, il essayait de voir o� et quand il pourrait l'avoir. Lorsqu'il nous a vus, il est rentr� dans une col�re folle et a commenc� � me frapper...Issam a tent� de me d�fendre, et mon p�re lui a saut� dessus, et a appel� des amis � lui � l'int�rieur de la maison, apparemment, il avait tout pr�vu. - Il m'a tra�n� par les cheveux jusqu'au salon, puis m'a oblig� � voir ses amis frapper mon petit copain. Je voyais que Lily-Rose avait de plus en plus de mal � parler, alors je m'asseyais � c�t� d'elle et la pris dans mes bras. Entre deux sanglots, elle tenta d'expliquer qu'ils s'�taient tous mis � le frapper avec des bouteilles, alors qu'il �tait sans d�fense, et qu'ils l'avaient laiss�s devant chez lui en faisant jurer � Lily-Rose de ne rien dire. - Mais lorsque j'ai appris le lendemain qu'il �tait � l'h�pital...j'ai commenc� � h�siter, je me disais que m�me si c'�tait mon p�re, il fallait porter plainte...Et...quand je suis all� voir Issam, il �tait mort. - C'est fini tout �a Lily... - Et j'ai �t� t�moigner contre mon p�re, mais la police n'a pas voulu me croire, ils ont mis �a sur le coup d'une bagarre g�n�rale...J'ai appris par apr�s que l'un des types qui avait frapp� Issam �tait dans la police. - Arr�te, je t'en prie... - Alors, tu vois, toi qui a deux parents qui t'aiment...tu as de la chance, tu ne trouves pas? Je lui caressais la t�te et lui sourit, mais ne pus m'emp�cher de dire que c'�tait diff�rent. Elle se mit � hoqueter, elle avait du mal � reprendre son souffler. - Tous les gens que j'aime meurent...tous...pourquoi? Ils...ils meurent tous... - Ce n'est pas vrai Lily...ce n'est pas vrai!lui dis-je en caressant ses cheveux et en l'embrassant sur le front. - Non, ce n'est pas vrai.r�p�ta-t-elle les sourcils fronc�s. Je n'aurais pu savoir si elle se moquait de moi ou se disait cela pour se reprendre. Elle se frotta vite les yeux et revint � la r�alit�, puis resta assise, les yeux bouffis pendant de longues minutes � ne rien dire, fixant l'eau de sa bouteille. Nous continu�mes ensuite la route, et dans la voiture, Antoine fut interpell� par le silence soudain de Lily-Rose. - Je lui ai juste parl� de mon p�re. Je le vis alors prendre la main de Lily-Rose, puis passer ses doigts au travers des siens. Ils se serr�rent ainsi les mains tr�s fort, puis, elle posa sa t�te sur son �paule, et nous continu�mes la route, comme �a, des heures durant, �coutant des chanson d'Al Green, Marvin Gaye et des Beatles. Le soleil tapati, c'�tait l'apr�s-midi. Pas un chat dans les rues de ce petit village proven�al. Je me penchais au dessus de la fontaine, joignit mes mains sous le ruissellement de l'eau et but � petites gorg�es le liquide rafra�chissant, puis en passais un peu sur mon visage. Lily-Rose, assise sur le rebord de la fontaine fumait une clope et observait Antoine ranger le coffre de la voiture. - �a fait du bien!m'exclamais-je Plissant les yeux � cause du soleil qui inondait son visage et illuminait ses yeux verts, elle me sourit en grima�ant l�g�rement. - C'est la premi�re fois que je te vois sourire, me dit-elle en me caressant la main. Je la pris dans mes bras et la remerciais pour ce petit voyage,puis, je m'assis � ses c�t�s. |
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