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Nouvelle: Elise
Plus le temps avan�ait, plus je me morfondais sur moi-m�me.
Quelques fois, le matin en me r�veillant, il y'avait une petite voix qui disait au fond de moi: "aujourd'hui, �a va aller" puis �a n'allait pas. Je fixais le plafond, et je me disais que c'�tait le m�me plafond tous les matins.
Je commencais � d�tester tout. Du soleil � moi-m�me.
Je ne venais plus aussi r�guli�rement au cours, mais je m'�tais arrang�e avec Lily-Rose, et je passais mes soir�es avec elle et Antoine.
Sa tante nous pr�parait les repas. Elle m'affectionnait particuli�rement. Ce qui �tait dr�le, c'est que c'�tait une femme d'une quarantaine d'ann�es avec un esprit tr�s ouvert et tr�s jeune.
Lorsque je laissais Lily-Rose seule avec Antoine, nous discutions dans la cuisine tout en mangeant des fruits qu'elle avait �t� acheter au paki du coin.
Elle me racontait les nombreux voyages qu'elle avait fait: au Kenya, en Australie, en Su�de, au Groenland...j'�tais vraiment fascin�e par cette femme.
Antoine et Lily-Rose sont devenus de bons amis pour moi.
Lily-Rose s'inqui�tait de mon �tat. Elle remarquait que je n'allais pas bien, et Antoine et elle faisaient tout pour me faire sourire. Ils �taient en quelques sortes devenus mes nouveaux parents.
- Enfin, Elise...ta m�re ne s'inqui�te jamais de ce que tu fais?
- Si...quand elle en a l'occasion, elle me demande o� je vais...mais elle ne fait que des reproches sur ma mani�re de les traiter.
- Tes parents?
- Oui.
- Et comment tu les traites?
- Je ne les traites pas d'une mani�re ou d'une autre...ils sont simplement devenus superficiels � mes yeux. Je ne leur parles plus sauf pour leur dire ce qu'il manque dans le frigo, je ne m'enquis plus de leur petite vie...Je m'en fous.
Lily-Rose poussa un g�missement de piti� et me frotta l'�paule, puis me dans ses bras.
- Ma petite Elise...c'est qu'une mauvaise passer...
Je ne pus m'emp�cher de me mettre � pleurer.
- Mais je n'ai plus de...je n'ai plus rien sur quoi compter.
- Tu nous as nous.
- Oui...bien s�r que je vous ai vous...mais...je ne vais pas squatter votre vie tout le temps.
- Mais �a ne nous d�range pas Elise!se d�fendit Antoine
- Non pas dutout...au contraire, on s'inqui�te pour toi...
Je leur souris � tous deux, heureuse qu'il y'ait quelqu'un l�...pour moi
- Hey, que dirais-tu de partir en petit trip pour les vacances de P�ques?
- O� �a?
- Je sais pas...n'importe o�!rit Lily-Rose
En riant, elle enleva tendrement une m�che qui passait en travers de mes yeux, et sa manche tomba l�g�rement. Je vis alors des bandelettes entourant tout le long de ses poignets et ses avant bras.
Elle remit en vitesse sa manche, et me sourit alors, comme intimid�e.

L'autre jour, m'ayant train�e jusqu'au parc de la Cambre et m'�tant endormie au milieu d'une pelouse ensoleill�e, je me disais que j'avais envie de passer mon temps comme �a, quand quelqu'un me r�veilla.
Au r�veil, je me rendis compte que c'�taient Jean et Camille.
J'�tais partie, d�gout�e de toute cette mascarade, ayant vu cela presque comme un cauchemard auquel on m'obligeait d'assister pour que je vomisse en public.

Deux semaines s'�coul�rent ensuite, o� j'�tais plong�e dans un �tat totalement d�pressif.
Mon m�decin m'avait bien prescrit des anti-d�presseurs, mais ils avaient des effets secondaires tellement impressionnants que je m'arr�tais de les prendre tr�s vite. Ils provoquaient en moi des crises d'angoisses.
Je ne supportais plus de voir la foule autour de moi. Je ne supportais plus ces gens bizarres au regard fix� sur moi, leurs airs, leurs mimiques, leurs voix, leurs remarques, leurs d�fauts, tout m'apparaissait dix fois plus envahissant.
Apr�s avoir jet� les anti-d�presseurs � la poubelle, je m'allumais une clope et m'�tendis en plein milieu de mon lit en fermant les yeux.
j'avais envie de m'�tendre dans un champ dont les fleurs seraient si hautes qu'on ne se douterait pas que je suis parmi elles, et tellement basses qu'en ouvrant les yeux, mes cils pourraient balayer leurs p�tales.
J'avais envie de m'�tendre dans un champ o� le ciel serait bleu, avec pleins de nuages qui y passerianet sans bruit.
Je respirais lentement et tout serait tellement calme que je pourrais m'entendre respirer.
Je respirerais de moins en moins lentement...un rayon de soleil traverserait le feuillage d'un arbre et projetterait un peu de lui sur mes pieds.
je respirerais moins et je fermerais tout doucement mes yeux. Les hirondelles passantes, tandis que le soleil se coucherait. Je ne respirerais plus, je ne serais plus de ce monde, je ne serais plus une poussi�re, plus rien, je ne souffirais plus de rien, car je n'existerais plus.
C'est � ce moment l� que le t�l�phone se mit � sonner.
- Tu as pr�vu quelque chose dans la semaine?demanda Lily-Rose qui �tait � l'autre bout du fil
- Euh non...
- �a te dirait d'aller � la piscine avec moi, et apr�s tu viens dormir...
- euh...pourquoi pas...
- D�p�che, je t'attends au bas de l'immeuble.
Ayant pr�par� un petit sac avec le chargeur de mon t�l�phone mobile, un maillot, deux essuis, une culotte de rechange, un pyjama et un petit top au cas o� Lily fut encore tent�e de me garder chez elle plusieurs jours, comme elle adorait cela.
Je la vis dans une voiture, avec au volant Antoine.
- Qu'est-ce que �a veut dire?demandais-je �tonn�e, et voyant tout un bric � brac ficel� au toit.
- H� bien...c'est parti!
suite
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