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| Elle �tait l�, � quelques m�tres de moi, le visage pos� dans sa main gauche, et son autre main, caressant son bras gauche. Elle semblait r�ver dans le vague. Peut-�tre �tait-elle pensive. Je me levais et changeais de place pour aller m'asseoir � c�t� d'elle. - Voici tes cours. Elle se tourna vers moi comme si elle m'avait � peine remarqu�e, puis centra sa pupille sur moi, qui se dilata tout � coup. - Jean. Elle sourit l�g�rement et regarda ses cours avec le m�me regard vague, qu'elle portait quelques secondes auparavant. Je poussais les syllabus vers elle. - Merci de me les avoir pr�t�s. Elle d�tourna son regard de son cours pour retourner dans le vague. - �a va? lui demandais-je Sa t�te tourna l�g�rement de droite � gauche, comme si elle cherchait � faire craquer les os de son cou. Je lui touchais la main doucement, et r�p�tais ma question. Elle se tourna lentement vers moi et r�pondis presqu'en chuchottant: - Oui �a va... Mais cela n'avait pas vraiment l'air d'�tre une r�ponse. Bien qu'elle ne me convint pas, je m'abstenais de la lui poser une troisi�me fois. Durant tout le cours qui suivit, elle semblait � la fois absorb�e par les paroles du professeur, et en m�me temps par ses propres id�es. A la fin de celui-ci, elle passa la main dans ses cheveux et rangea ses affaires dans son sac, et au moment de s'en aller, je ne pus m'emp�cher encore de lui demander: - Si �a ne va pas, tu peux m'en parler... Debout, face � moi, son regard se porta sur l'assistance qui vidait peu � peu l'amphith��tre, puis vers moi. Elle sourit, comme si elle �tait heureuse que je lui posai la question, puis s'en alla. Je la suivis des yeux en me disant que quelque chose ne tournait pas rond...mais qu'apr�s tout, ce n'�tait pas � moi d'intervenir...Apr�s tout, elle me ha�ssait, et j'�tais la derni�re personne � qui elle se serait confi�e. Les jours qui suivirent, je ne la vis plus. Je cherchais vaguement parmi les �l�ves son visage, mais je ne la voyais pas. Quelques fois, je me disais qu'elle �tait sans doute l�, mais je ne l'avais pas rep�r�e. - Jean? - Herv�? - �a va? - Oui oui, et toi? Affair�s dans un couloir, faisant la file pour m'acheter un sandwich, Herv� m'avait remarqu�. Lui aussi, je ne l'avais plus vu depuis longtemps. - �a va comme �a peut aller... Pris d'une curiosit� soudaine, je ne pus m'emp�cher de lui demander s'il avait des nouvelles d'Elise. - Mhhh...pas trop, c'est fini entre nous. - Comment �a? - Oui...en fait, il y' a genre...une semaine et demi ou deux on s'est disput�s...en fait, le soir o� tu est venu prendre ses cours. - A cause de quoi? - Je sais pas...elle m'a dit quelque chose, elle �tait en train de me dire quelque chose, et j'�coutais pas trop, alors tout � coup, elle m'a demand� ce qu'on foutait ensembles, l� dessus je lui ai r�pondu quelque chose comme "on aime bien se faire l'amour...c'est �a non?" et elle a r�pondu tr�s calmement "c'est �a" et elle a disparu toute la soir�e, et en revenant, elle avait l'air un peu bourr�e et on a commenc� � s'engeuler. - A s'engeuler pour quoi? - Oh...elle disait que personne ne l'aimait, qu'elle en avait marre de n'�tre qu'un corps, une petite pr�sence � la con, qu'une pute et moi, tu vois, j'essayais de la raisonner, de lui dire que je ne l'aimais pas que pour �a, et que ce que je lui avais dit avant �tait un peu l�ger de ma part, mais elle a rien voulu savoir... - Tu veux dire qu'elle a un peu provoqu� tout �a? Herv� se passa la main dans les cheveux et regarda dans le vide comme s'il tentait de r�fl�chir � tout cela. - Mhhh...ce n'est pas �a...ou pt�t si...enfin, je sais pas. A vrai dire, maintenant, je m'en fous, j'ai une nouvelle copine. L'espace d'un instant, je me dis qu'il �tait totalement d�go�tant de sa part d'avoir r�agi comme �a...et puis je me dis qu'il �tait un homme...Et peut-�tre qu'Elise n'avait vraiment pas compt� plus qu'une fille � baiser. - Mais c'est dommage, se reprit Herv�, parce que je l'aimais bien. Je payais mon sandwich, ma boisson et m'en allais. Apr�s tout cela, je n'avais plus tellement envie de manger, alors, je me for�ais et m'�loignais du campus pour r�fl�chir. Je me rendis � la Cambre, car il faisait beau et j'esp�rais y voir peut-�tre quelques potes, quand, �tendu dans l'herbe, je la vis, couch�e, dormant la t�te sur son sac en plein soleil. Je m'asseyais � c�t� d'elle, lui faisant de l'ombre, imaginant qu'elle avait d� passer beaucoup de temps au soleil et qu'elle risquait peut-�tre une insolation ou que que ce soit du genre. - Elise? Elle dormait profond�ment. Je lui caressais doucement le visage et passais ma boisson sur son front, en esp�rant que le froid de la cannette pourrait la rafra�chir et la r�veiller. Elle g�mit un peu, et commen�a � se r�veiller, quand j'entendis derri�re moi quelqu'un m'appeller. Je me retournais et vit Camille se diriger vers moi et me sauter dessus. Elle riait aux �clats, trop heureuse de m'avoir vue. Ces derniers temps, nos contacts se limitaient � des messages, � quelques coups de fils �court�s. Lorsqu'Elise fut totalement r�veill�e, elle vit, ce que j'aurais pr�f�r� qu'elle ne voie jamais et tirait une grimace du � son r�veil en plein soleil et � la sc�ne qui se pr�sentait devant elle. Elle toucha son front, sur lequel avaient coul�s quelques gouttes de ma cannette, puis prit son sac et partit. J'aurais pr�f�r�, oui, j'aurais pr�f�r� qu'elle n'assiste jamais � cela. Les jours qui suivirent, je ne la vis que deux fois. La premi�re fois, elle arriva en retard au cours, et s'assit aussi pr�cipitament qu'elle repartit � la fin du cours. La deuxi�me fois c'�tait � la fin d'un cours, o� j'avais fini par la rep�rer, et elle discutait avec une fille. Lorsqu'elle me vit arriver, elle fit vite la bise � son amie et s'en alla. J'eus beau l'appeller et lui courir apr�s, elle disparut tr�s vite. |
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