- 2 -
      
Entre-temps, deux modestes hameaux peuplés de sobres masures s'étaient développés sur les digues dressées en bordure des quatre étangs qui s'étalaient         de l'abbaye jusqu'à la « montagnedes cygnes ».     
    
     À l'époque, le site de l'actuelle place Flagey était donc couvert par le « grand étang ».
  
     À l'un de ses coins, là où débouche aujourd'hui la rue de Vergnies, fut consacrée en1459 par l'évêque de Cambrai la chapelle Sainte-Croix qui allait plus        tard donner son nom à la place.
  
     Les malheureux Bruxellois qui devaient escalader la « montagne raide » chargés de fagots de bois mort ramassé en forêt de Soignes trouvaient dans               l'hospice adjacent le réconfort d'un quart de pot de bière, d'un quignon de pain et d'un peu de fromage.

     Après les troubles engendrés par les guerres de religion, c'est justement cette bière qui allait amener la prospérité à Ixelles. En 1612, un jugement libéra         les brasseries ixelloises de tout droit d'accise.

    Ce fut l'essor, favorisé par la pureté des intarissables ressources en eau pure du Maelbeek et des étangs.

    Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le breuvage coule à flots, les brasseries et  les cabarets poussent comme des champignons dans le bas-Ixelles et de véritables        dynasties brassicoles prennent leur élan :  les Van Overstraeten, les Rijckaert, les Van Zeebroeck, puis les Lannoy.

     L'historien d'Ixelles André Gonthier raconte comment la prolifération des bistrots influença la vie    sociale d'Ixelles, bientôt prise d'assaut par les voisins       bruxellois en quête d'air frais, de ripailles et de beuveries.
  
    De nombreuses rues du quartier conservent aujourd'hui le souvenir de la seule véritable activité industrielle qui ait jamais animé les abords de Flagey :         rue de la Brasserie, du Serpentin, du  Germoir, de la Cuve... Une activité qui s'est perpétuée jusqu'en 1956 avec les Grandes Brasseries ixelloises,                  anciennement Lannoy.

    Cet âge d'or devait aller de pair avec l'urbanisation croissante du bas-Ixelles jusque-là confiné dans  l'activité agricole et l'atmosphère rurale.
    Un développement auquel la destruction des enceintes et de la porte de Namur à la fin du XVIIIe siècle devait apporter un coup d'accélérateur, Bruxelles         trouvant    dans la commune limitrophe l'endroit naturel où s'étendre.
Au coeur d'Ixelles, une histoire d'eau   " Le Soir " FRANCIS DUBOIS - 02.05.2005
Retour accueil
Les étangs suite
Page précédente
Hosted by www.Geocities.ws

1