Mardi 7 Novembre

Ce matin, je me suis connectée sur ce fameux site "divines-salopes.com" dans l'intention de leur faire part de mon mécontentement par le biais de leur E-mail. Je n'ai finalement rien fait car ce site est sans doute le moins mauvais de sa catégorie. Il est esthétique, très graphique, en aucune façon vulgaire, et ce qui est dit n'est pas sans poésie. Ma publicité s'arrêtera là, et si je ne vais pas jusqu'à dire que je suis aujourd'hui flattée de figurer en place d'honneur au bout de ces pages bien licencieuses (merci pour les commentaires !), il n'en reste pas moins que cette visite a su apaiser mon courroux. Celle-ci survenant après un réveil serein, mon ciel s'est trouvé être nettement moins gris que celui sous lequel je m'étais endormie. Il me faut préciser que lorsque j'ai ouvert un oeil et que j'ai entr'aperçu ce plafond nuageux au dessus de ma tête, je me suis dit qu'il fallait que je souffle sur ces cumulus pour retrouver quelques coins de ciel bleu. C'est ainsi qu'après avoir pris la décision d'écrire au webmaster de ce site, j'ai vite constaté que durant mon sommeil mon cerveau avait fait mûrir les pensées informes qui m'étaient venues hier soir, en me soufflant, mezza-voce, que la nécessité de choisir n'était peut-être pas aussi impérieuse. En effet, à peine ai-je évoqué le paquet de questions qui m'avait tourmentée durant toute la journée d'hier, que la réponse à ces dernières s'est imposée à moi avec la force de l'évidence. En quoi, me suis-je dit, Séverine va-t-elle affecter notre liberté ?... Les soirs où je suis seule et ceux durant lesquels nous ne faisons rien avec Alexandre, ne sont-ils pas, déjà, autant de fois où nous pourrons retrouver notre amante ?... Et si, lors d'une soirée passée en sa compagnie, nous avons à joindre une jeune femme dans laquelle nous plaçons quelques espoirs, va-t-elle s'en offusquer, elle qui a été contactée par nous de cette manière ?... Ceci formulé, je me suis sentie soulagée, et si j'ai vu à côté de moi mon ange-gardien sourire, la complaisance qu'il mettait dans celui-là ne pas échappé. Je savais ce qu'il pensait. Il avait l'air de vouloir me dire : "Sacrée Clémence !... Tu viens de faire avec Séverine ce que tu as fait l'autre matin avec Lucie. Incapable de choisir, tu préfères te convaincre que tu peux avoir le beurre et l'argent du beurre. Le pire, c'est que tu en deviens tellement persuadée que tu parviens, parfois, à concilier l'inconciliable. Ne crois pas cependant que tu vas t'en tirer à chaque fois ainsi !" Une moue de moquerie feinte sur le visage, je lui ai alors gentiment tiré la langue, et je suis partie à mon bureau l'âme légère. Si aérienne, que lorsque j'ai senti le désir envahir mon corps avec la régularité d'un récipient que l'on aurait placé sous le filet d'eau d'un robinet, je n'ai rien fait pour le réprimer. Mieux, je me suis plue à le voir s'épanouir, et c'est sans doute ce dernier et l'état d'euphorie qu'il a provoqué qui ont mis sur mon visage le sourire radieux qui m'a valu celui, tout aussi lumineux, de la jeune hôtesse-standardiste qui a pris sa place hier, et que j'ai découverte en pénétrant dans les bureaux. Et lorsque je l'ai vue, ce matin, debout devant sa banque, je l'ai trouvée si belle et si attirante que j'en ai eu le souffle coupé. Elle s'appelle Samia. C'est une jeune marocaine qui ne doit pas avoir vingt-cinq ans et qui est aussi jolie qu'elle est bien faite, avec une sensualité qui transparaît aussi bien sur son corps et sur son visage, que dans tous ces gestes ainsi qu'au travers de tous les pores de sa peau. Vous dirai-je que je me suis trouvée, aujourd'hui, de nombreuses occasions d'aller rôder dans ses parages immédiats, m'inquiétant d'un imaginaire fax qui n'arrivait pas, ou allant moi-même opérer une tâche subalterne que je laisse ordinairement à mon assistante. Je suis heureuse de la savoir désormais des nôtres, car je sais que sa présence va illuminer toutes mes journées laborieuses, et qu'à la seule idée de la voir, tous mes matins seront éclairés de douces couleur pastel. Alexandre m'a trouvée ce soir dans un bel état d'excitation et d'exaltation, et je n'ai pas voulu lui dire que Samia n'était probablement pas la seule à l'avoir provoqué.

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Mercredi 8 Novembre

C'est ce matin, après qu'Alexandre ait pris tout son temps pour extirper de mon ventre, avec toute sa bouche, tout le désir que la nuit avait fait naître dans ce dernier, que je me suis décidée à lui faire part des pensées qui font se moquer mon ange-gardien. Depuis la conversation que nous avons eue à notre retour de chez Lucie, mercredi dernier, mon amant s'est tellement bien gardé de me parler d'elle, qu'il n'a, durant tous ces jours, même pas évoqué son prénom. Blottie et apaisée contre son flanc, c'est donc par cette dernière que j'ai commencé, lui demandant avec détachement : "J'imagine que tu dois avoir des nouvelles de Lucie... Que t'a-t-elle dit ?" S'il m'a semblé percevoir quelque surprise chez Alexandre, il ne m'en a rien fait voir et m'a répondu avec son calme habituel : "Je ne t'étonnerai sans doute pas si je te dis qu'elle a été, une fois encore, enchantée. Tu... la surprends beaucoup, semble-t-il. Naturellement, elle est impatiente de savoir quand je vais te ramener chez elle, d'autant qu'elle m'a fait savoir qu'elle était parvenue à convaincre son amie Muriel." Lorsque mon ami s'est tu, je suis restée volontairement silencieuse durant quelques secondes, puis je lui ai dit, sur un ton non dépourvu d'embarras : "Oui..., mais..., je ne suis pas prête à retourner dans cette salle de torture." J'ai alors laissé passé quelques instants pour l'incliner à penser que ce que j'avais à lui dire était le fruit de ma réflexion du moment, et que je la lui servais toute chaude. C'est ainsi que je lui ai fait part des idées qui m'étaient venues ce samedi matin concernant Lucie, en commençant ainsi :"En fait, ça n'est pas cette femme qui me heurte, mais son atelier, son costume et ses outils. Je suis sûre que si nous la faisions venir ici..." Et dès que j'ai eu terminé d'exposer mon point de vue, j'ai immédiatement fait le pont avec notre douce amante, en lui disant, sans nous laisser le temps de respirer : "C'est comme pour Séverine, je ne vois pas pourquoi..." Quand j'ai eu terminé, mon amant a éclaté de rire, m'a serrée plus fort dans ses bras, puis m'a fait, en me caressant les cheveux :" Ah, je te reconnais bien là !... Bon... va, pour Lucie !  Cela me promet de bien vifs échanges avec elle, mais pourquoi pas... Ca ne mange pas de pain d'essayer, en tous cas. En revanche, pour ce qui concerne Séverine, je serai plus réservé. Non sur sa personne, tu l'as bien compris, mais sur la situation que nous avons créée et sur les accommodements que tu voudrais en faire. Autant je me moque de Lucie et de la vive déception qui sera la sienne si nous ne répondons pas à ses attentes, autant je suis attentif à ce que nous ne fassions pas de peine à Séverine, car elle n'est pas sans y mettre des sentiments. Une nouvelle fois, je ne suis pas hostile à ce que nous entretenions ce type de rapports avec elle, mais je ne le sens pas très compatible avec la liberté que nous voulons nous donner." Et lorsque je lui ai répondu "Ecoute... A mon sens, cette inquiétude n'a pas lieu d'être. Si Séverine est attachée à nous, c'est qu'elle est bien en notre compagnie. Si, pour une raison alpha, bêta ou gamma, elle se trouve, un jour, mal à l'aise, elle se détachera de nous, et parce que cela viendra d'elle-même, elle ne s'en trouvera pas forcément affectée,", mon amant m'a certes adressé un moue quelque peu perplexe mais ne m'a rien répondu..., et j'ai voulu prendre cela pour un assentiment tacite. Ainsi, c'est presque en sautillant de joie que j'ai gagné mon bureau ce matin, la perspective de revoir Samia n'étant pas étrangère à cette bonne-humeur. Et l'ayant trouvée aujourd'hui encore plus attirante et sensuelle qu'hier, je me suis inventée mille choses à faire aux abords de la réception, ne perdant pas une occasion de lui adresser mon plus beau sourire et de lui montrer combien je pouvais être sympathique. Et ce soir, comme si je voulais me justifier le discours que j'ai tenu à Alexandre, je n'ai pas su résister au plaisir d'appeler Séverine au téléphone, en lui disant combien je serais heureuse de l'avoir à mes côtés demain, jeudi, mon amant se trouvant être en voyage jusqu'à la fin de la semaine. Et lorsque j'ai entendu mon amante me dire, sa voix pleine d'émotions, combien elle le désirait, et quand je me suis aperçue combien son trouble et sa spontanéité me touchaient, je me suis réjouis de... n'avoir finalement rien décidé !

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Jeudi 9 Novembre

Lorsque je suis partie de chez moi, ce matin, il y avait dans mon coeur le même bleu que celui qui inondait le ciel de Paris. Un bleu limpide et pur comme le cristal, laissé par l'apaisement de mes pensées, le doux appel téléphonique que venait de me donner Alexandre, le camaïeux de pastels qui se profilait au terme de cette journée avec la venue de Séverine, sans rien dire du bouquet d'émotions qui me tenait à l'idée de retrouver le sourire de Samia, et tout ce qui, chez elle, savait tant me bouleverser. La sereine agitation de mon âme a, naturellement, ouvert la porte à mon désir et celui-là s'est si vite installé et épanoui que lorsque je suis arrivée à mon bureau, j'étais profondément et intensément excitée. Cet état n'a fait qu'empirer dans le courant de la matinée, et lorsque je suis allée traîner du côté de la Réception et que j'ai senti les yeux de Samia se poser sur moi, j'ai bien cru que le long frisson qui m'a parcouru l'échine à cet instant allait me faire défaillir. Avec quelle volupté je me suis alors offerte à son regard, allant jusqu'à penser que celui-là traversait le tissu de ma robe et enveloppait ma nudité, s'accrochant aux pointes saillantes et gonflées de mes seins, puis se fixant sur le bas de mon ventre et se mettre à brûler, en découvrant l'écartement des deux petites crêtes roses qui devaient dépasser de ma vulve béante, et la vive brillance de ma peau ainsi du voile de mes bas, entre mes cuisses. Je désirais si vivement cette force qui me transperçait que je suis restée là, plantée devant elle, prenant seulement conscience de ma posture quand j'ai vu le visage un peu surpris de la jeune marocaine s'éclairer d'un sourire amusé. Décontenancée, j'ai filé dans mon bureau mais cela ne m'a pas empêchée, dans le courant de la journée, de revenir dans les parages, avec cette envie chevillée au ventre de voir Samia poser ses yeux sur moi. Je suis attirée par cette fille comme les phalènes peuvent l'être par la lueur d'une lampe, et si j'en suis toute émoustillée, cela m'ennuierait qu'elle finisse par s'en apercevoir. Naturellement, les incursions que j'ai pu faire dans l'espace de cette dernière n'ont cessé de souffler sur les braisons qui se consumaient dans mon ventre, et si j'ai dû passer par les toilettes pour les rendre moins incandescents, c'est bien la seule faiblesse que je me suis accordée, me plaisant à garder ces braises rougeoyantes pour les moments que j'allais partager avec Séverine. Et lorsque celle-ci est arrivée, ce soir, vers 21h, et que je me suis mise à frémir en sentant toute l'ardeur et la ferveur qu'elle mettait dans le baiser qu'elle m'a donné dès avoir passé le seuil, je me suis sentie défaillir à l'idée du plaisir que nous allions nous donner, cette soirée et cette nuit nous appartenant.

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Vendredi 10 Novembre

Je crois que Séverine ne s'est jamais donnée autant que cette nuit, m'offrant son corps sans retenue et sans la moindre réserve, et restant inlassablement sur le mien jusqu'à ce que le plat de sa cuisse ou la rondeur de son genoux, la pointe de sa langue ou la pulpe de ses doigts le fassent se déchirer. Exprimer cependant cela ainsi pourrait laisser penser qu'elle n'a fait que me rendre la monnaie des grosses pièces que je lui ai données. Or, il s'est passé tout le contraire. Je crois que ses désirs n'ont cessé de naître lors de ces étreintes où, enlacées, nos corps soudés l'un à l'autre et encastrées l'un dans l'autre, nos bouches alternaient, au milieu des soupirs, les baisers tendres ou fougueux et les mots d'amour doucement susurrés ou pudiquement étouffés. C'est là, dans la mesure des émois dans l'océan desquels elle me voyait me noyer, qu'elle ne résistait pas au désir de me voir succomber, celui-là allumant ça et là les feux qui allaient embraser tout son corps, la laissant ensuite non seulement offerte à toutes mes caresses mais la poussant souvent à venir les chercher en conduisant elle-même ma tête sur les chairs en pleine ébullition de son ventre. S'il ne fait aucun doute qu'elle tire son plaisir du mien, il me paraît tout aussi clair que son désir se trouve être constamment alimenté par les résonances des émotions qui ne cessent d'agiter son âme. Cela me touche profondément et je crois que cette nuit nous avons fait, Séverine et moi, bien plus que nous donner du plaisir. Et ce matin, après que nos corps se soient une nouvelle fois soudés et que nos gorges n'aient rien fait pour étouffer nos cris, nos yeux ont su se dire combien nous serions heureuses de nous retrouver durant ce week-end mais nos bouches sont restées muettes. Si mon mutisme m'a désolée, le sien m'a bouleversée et, aussitôt, les propos d'Alexandre me sont revenus en mémoire, et si j'ai eu mal ce n'est pas seulement parce que je comprenais que mon amant avait raison, c'est aussi parce que je ne voulais pas voir souffrir Séverine. Aussi, peu avant son départ, quand ses bras sont venus se nouer autour de mon cou pour me donner un vibrant baiser d'adieu, j'ai pris sur moi de lui demander de venir nous rejoindre demain soir. La joie que j'ai lue alors dans ses yeux a tempéré l'inquiétude qui m'a habitée durant toute cette journée, relativement aux projets que pouvait avoir fait Alexandre quant à notre soirée de demain. Et quand ce dernier est arrivé, tout à l'heure, et que j'ai voulu me libérer de ce poids en m'empressant de lui faire savoir ce que j'avais dit le matin même à Séverine, il ne m'a paru ni fâché ni même ennuyé, mais il m'a dit : "C'est Nathalie qui va être déçue !" Je me suis alors mordu la lèvre sans chercher à connaître le pourquoi de sa déception.

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Samedi 11 Novembre

Lorsque j'ai ouvert un oeil, ce matin, je suis allée aussitôt me blottir contre mon amant, et dans la demi pénombre de la chambre, j'ai constaté qu'il avait les yeux grand ouverts, ses doigts étant croisés derrière sa tête. Si ce dernier m'a aussitôt pris dans ses bras, il est resté cependant de marbre, et j'ai compris qu'il demeurait tout autant préoccupé que ce que j'avais pu observer dans le comportement qui avait été le sien ce vendredi soir. Il était clair pour moi que la venue de Séverine le contrariait. Non dans l'absolu, mais parce que celle-ci réduisait à néant les projets qu'il semblait avoir nourri pour ce samedi. Un peu ennuyée et pleine de ressentiment contre moi-même relativement à la liberté que j'avais prise, je me suis subrepticement levée, et je me suis rendue dans la cuisine préparer le petit-déjeuner. Celui-là sur le plateau, je suis ensuite revenue dans la chambre et, là, en croquant dans ma biscotte, je me suis excusée. Un sourire est venu aussitôt fleurir sur les lèvres d'Alexandre, puis celui-là se mettant à me caresser la joue avec le dos de ses doigts, il m'a dit : "Mais non, ma douce chérie, tu n'as pas à t'excuser. Tu n'as fait que ce que tu devais faire. Séverine n'aurait d'ailleurs pas compris que tu ne le fasses pas. Si tu me vois silencieux, ne va pas surtout pas croire que je suis assombri par l'idée d'annuler cette soirée avec Nathalie. Je me moque royalement de cette dernière, et tu le sais bien ! Non, cet épisode me laisse tout simplement pensif car il ne fait pas qu' illustrer la crainte que tu m'as vu déjà émettre sur la nécessité que nous aurons, un jour, à faire un choix, il nous montre aussi que les événements nous font naturellement opérer ce choix à notre insu, dès lors que nous traînons à le faire." En buvant mon thé, je constatais qu'Alexandre avait raison et que je m'étais déterminée sans m'en rendre compte, moi qui pensais naïvement que je saurais m'éviter d'avoir à choisir. Tout à coup l'idée de voir le champ de notre liberté se restreindre dans des proportions égales à la place que j'étais prête à donner à Séverine m'a effrayée. Dans la panique qui a alors emporté mes pensées, j'ai sauté à pieds-joints sur la seule bouée de sauvetage que je voyais surnager et qui m'était somme toute bien familière, et là je me suis entendue dire à mon amant, avec toute la conviction que je sais mettre dans cette sempiternelle croyance que je peux manger la poule et continuer à récolter ses oeufs : "Mais..., après tout, pourquoi ne demanderions-nous pas à Nathalie de venir quand même ? Séverine n'est pas..." Un grand éclat de rire est venu m'interrompre, et c'est en mettant ses deux mains sur mes épaules qu'Alexandre m'a répliqué : "Ce serait évidemment l'idéal !... Mais, hélas, nous sommes loin, Clémence, de vivre dans un monde idéal. En l'occurrence, il nous faut faire avec les attentes de l'une et la personnalité de l'autre..., et je ne crois pas que les deux soient franchement compatibles !" Du coup, c'est moi qui me suis mise à bouder, et si j'ai laissé Alexandre me faire l'amour, je n'avais pas retrouvé toute ma sérénité lorsque, plus tard, j'ai vu ce dernier prendre le téléphone pour appeler Nathalie. L'écoutant alors d'une oreille distraite lui dire "je suis désolé... je t'avais dit que nous pourrions te recevoir ce soir...", je n'ai voulu entendre que ma frustration de petite fille, et sans bien réfléchir à ce que je faisais, j'ai arraché le combiné des doigts de mon amant pour faire précipitamment à la jeune femme : "Le contretemps..., c'est que, ne sachant pas qu'Alexandre t'avait invitée ce soir, j'ai demandé à mon amante de venir. Je suis très embêtée car, sincèrement, cela me ferait plaisir de te voir... Viens... Viens quand même !"  Si sa réaction a été, dans la forme, de la veine de ce que nous pouvions imaginer, elle ne l'a pas été,  sur le fond, car notre interlocutrice s'est mise à répliquer aussitôt, du ton bougon et un brin râleur que nous lui connaissons : "Ben..., je sais pas bien. Ca n'a pas l'air de faire autant plaisir à Alexandre puisqu'il vient de me dire de ne pas venir !" Ce dernier, qui était resté quelque peu dépité, un sourire néanmoins amusé sur les lèvres, après m'avoir vue m'être précipitée de la sorte sur le téléphone, s'est mis à lever les yeux au ciel puis s'est penché vers moi pour lui rétorquer dans le micro : "Tu sais très bien que ta venue me ferait tout autant plaisir !... Si tu ne m'avais pas habitué à t'entendre rouscailler à tout bout de champ, je t'aurais évidemment dit ce que vient de te déclarer spontanément Clémence..." Après qu'il ait poursuivi sur ce mode durant encore quelques secondes, la jeune femme a soufflé, soupiré, puis a finalement lâché : "Oui, bon..., d'accord. Mais je vous préviens, ne comptez pas sur moi pour une partouze, OK ??" Après que nous ayons eu raccroché, mon amant m'a pris dans ses bras et a écrasé ses lèvres sur mon sourire triomphal. pour me dire ensuite : "Comme tu t'en tires finalement bien mieux que moi, je te laisse évidemment annoncer cela à Séverine." Je crois que, pas une seule seconde, j'ai redouté la réaction de cette dernière, me laissant facilement enivrer par la perspective de cette soirée. Aussi, une furieuse envie de faire l'amour m'a saisie et ne m'a pas quittée de tout l'après-midi en dépit des bien douces attentions que m'a manifesté Alexandre. Et lorsque Séverine est arrivée, ce soir, je me trouvais dans un tel état d'excitation cérébrale et physique que c'est à demi grisée que je l'ai prise dans mes bras et que je l'ai renversée dans le fauteuil pour lui dire, mes lèvres ne cessant de consteller son visage de petits baisers : "Ma chérie, écoute-moi. Tu es devenue importante pour nous et nous voulons te donner la place qui te revient, car ce qui nous lie à toi aujourd'hui dépasse le cadre strict du sexe et de ses plaisirs. De celui-là, tu n'es pas sans méconnaître nos petites faiblesses et les libertés que nous aimons quelquefois nous donner. Depuis quelques semaines, nous connaissons une jeune femme que nous ne voyons que dans ce cadre, et lorsque je t'ai demandé, hier matin de venir, c'est que je n'ai pas voulu voir les obligations liées à ces relations me priver de toi. En effet, nous devons recevoir Nathalie ce soir, et je veux non seulement qu'elle sache que tu existes, mais aussi ne rien lui cacher de la place que tu tiens désormais à nos côtés. Tant pis si cela ne lui plaît pas !"  Je crois que ma déclaration l'a tout d'abord gênée, puis ennuyée, et enfin flattée et touchée. J'ai vu passer la succession de ces sentiments dans ses yeux et sur ses traits, et c'est sans doute emportée par le mélange tourbillonnant de ces derniers qu'elle s'est mise, en me serrant plus fortement le cou, à coller son front au mien, en me faisant, d'un ton ému et presque douloureux : "Oh, Clémence..., je ne sais que penser de tout ce que tu viens de me dire." Lorsque demi heure plus tard Nathalie est arrivée, je n'ai pas lâché la main , le bras ou l'épaule de Séverine, comme si je voulais bien montrer à cette dernière la place et le statut que je lui donnais, et contraindre du même coup notre plantureuse invitée à en faire le constat. Si notre dîner au restaurant à été, somme toute, assez détendu en dépit de la timidité manifestée par Séverine et de la prudence exprimée par Nathalie, notre retour dans l'appartement s'est trouvé être un peu plus contracté, les deux femmes redoutant de nous voir entamer la réalisation de quelque licencieux projet. Si je me suis néanmoins rapprochée de mon amante allant même jusqu'à la prendre dans mes bras, Alexandre en a fait tout autant avec Nathalie, ces derniers finissant même par faire l'amour, tandis que j'hésitais à entraîner Séverine sur la même voie. En fin de compte, nous sommes restées, elle et moi, tendrement enlacées sur le fauteuil, et si nos vibrantes étreintes ont vu nos mains descendre fréquemment sur nos corps, nous ne sommes pas allées plus loin que ces caresses pourtant bien torrides. Bien sûr, les limites que j'ai voulu mettre dans ce rapport m'ont frustrée, tout comme j'ai bien vivement regretté de ne pas me joindre (de ne pas NOUS voir nous joindre...) au couple qui se donnait sous nos yeux, mais j'ai été profondément heureuse de voir Séverine partager ces instants avec nous. Et quand Nathalie a fini par prendre congé et qu'Alexandre nous a attirées à lui sur la moquette, nous nous sommes données avec d'autant plus de fougue que nous nous étions contenues durant de longues et longues minutes, et c'est bien tard dans la nuit que nous avons finalement gagné la chambre et notre lit.

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Dimanche 12 Novembre

La pluie qui est tombée durant toute cette journée ne nous a même pas enclins à souhaiter mettre le nez dehors, Pressentant sans doute que nous allions ainsi traîner, Alexandre est sorti en fin de matinée pour faire quelques courses, puis s'est empressé de venir nous rejoindre sous la couette. Il est vrai qu'à part manger, boire, discuter, rire et nous aimer, nous n'avons pas fait grand chose d'autre, cela pour notre plus grand bonheur. Ce dimanche maussade a été pour nous une bénédiction car jamais nous n'avons jamais été aussi bien, tous les trois, et nous ne nous sommes jamais sentis aussi proches. Cela avait pourtant commencé par une amertume, ressentie au fond de ma gorge, lorsque, avalant mon thé lors du petit-déjeuner, j'ai entendu Séverine nous demander à brûle-pourpoint : "Vous en connaissez beaucoup des... Nathalie ?". Après qu'Alexandre lui ait répondu plutôt évasivement, la jeune femme nous a alors déclaré, sur un ton quelque peu embarrassé : "Je sais pas si c'est le genre de relation que je veux avoir avec vous." Nous nous sommes évidemment empressés, mon amant et moi, de lui tracer le cadre ludique dans lequel nous placions ses rapports, et de lui démontrer combien il ne s'agissait, en fin de compte, que de libertinages bien innocents. Et alors que je m'attendais à  voir notre amante gentiment condamner nos écarts, je l'ai vue brusquement baisser les yeux et nous dire, un peu penaude : "Oui..., mais... c'est sans doute que je suis un peu jalouse." Et quand Alexandre lui a rétorqué, en allant l'embrasser "tu ne crois pas que ce sont les autres, confer Nathalie, qui devraient être jalouse de toi ?", Séverine, un peu confuse, à hoché la tête en signe d'affirmation, et le petit nuage qui s'était constitué au dessus de notre lit a paru vite se dissiper, notre ciel restant ensuite d'un bleu éclatant durant tout le restant de cette journée. Et lorsque tout à l'heure, vers 21h, la jeune femme est venue nouer ses bras autour de ma taille pour m'embrasser avant son départ, et que lui ai glissé à l'oreille que je désirais la voir venir me rejoindre ce mercredi soir, elle m'a serrée si fort que j'ai n'ai eu nullement besoin d'entendre sa réponse.

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Lundi 13 Novembre

J'ai toujours pensé qu'il fallait croire profondément en ses convictions et en ses désirs, et que la foi pouvait influer sur l'ordre naturel des choses, modifiant leur cours en rendant caduques les lois auxquelles elles semblaient pourtant soumises. Si Alexandre a été tout surpris de me voir exprimer cette foi dans les faits et si, in fine, il a été déconcerté par l'heureuse tournure prise par les événements, je dois confesser que je suis la première étonnée d'avoir trouvé en moi la volonté et l'audace qui m'ont permis, une fois n'est pas coutume, de donner à la réalité la couleur de mes rêves. Cette conscience m'a faite jubiler toute la journée, me rendant si légère et si aérienne que j'ai eu maintes fois le sentiment de ne pas toucher le sol avec la semelle de mes chaussures. Si nous sommes capables de changer la couleur des choses et, partant, celle de nos âmes, la jolie teinte prise par cette dernière ne finit-elle pas par influer, à son tour, sur ces mêmes choses ?  Je serais encline à le croire lorsque j'ai vu, aujourd'hui, Samia me gratifier de grands sourires et prendre la peine de venir m'apporter les fax qui sont ordinairement laissés dans une corbeille au bon vouloir de leur destinataire, quand, recevant un appel de Virginie m'invitant à se joindre à elle, demain, pour le déjeuner, je l'ai entendue me dire, d'un ton si spontané qu'il ne pouvait être que sincère, "je suis vraiment très contente de prendre ce repas avec toi !!", et lorsque j'ai mesuré combien Aurélie, ma jolie petite caissière, était chaleureuse et charmante avec moi. Tous ces événements m'avaient sans doute tellement grisés que, sortant de mon Monoprix, je suis restée longtemps sur le trottoir, m'enivrant un peu plus encore de sentir un courage inhabituel m'habiter : s'il ne m'avait pas fallu patienter une bonne heure avant de voir ma jolie blondinette quitter son magasin, je crois bien que j'aurais guetté sa sortie et que j'aurais eu la témérité de me mettre sur son passage !

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Mardi 14 Novembre

Cette sorte d'état second (ou d'état de grâce) qui a été le mien durant toute la journée d'hier, n'a pas été sans effet sur ma libido, et si je me souviens vaguement d'avoir été réveillée par les rouleaux qui agitaient mon ventre et qui ont immédiatement conduit mes deux mains sur ma vulve détrempée, je me suis réveillée ce matin dans une véritable mare, m'étonnant de sentir le drap si mouillé sous mes fesses, et de découvrir sur mes cuisses une telle abondance de sève aussi chaude qu'épaisse. Si cette conscience a fait redoubler le désir qui gonflait, tendait et contractait tout mon corps (les pointes de mes seins me picotaient étrangement, signe tout à fait patent de l'excitation qui me tenait !), et si je me suis écartelée sous ma couette, tout mon être frémissant à l'avance de toute la volupté que mes doigts allaient pouvoir tirer de toute cette effervescence, j'ai su que je n'allais pas pouvoir faire taire la tempête qui semblait s'être installée au creux de mon ventre. Au lieu de m'en inquiéter voire de m'en désoler, je me suis plu à prendre la mesure des creux des vagues qui roulaient en moi et qui me faisaient frissonner de plaisir à la pensée de me voir côtoyer, dans cet état, la belle et sensuelle Samia, ainsi que la douce et non moins belle Virginie. Et afin d'être plus nue, plus sûrement dans le but de ne rien perdre, sur la peau de mes cuisses, des excès de ma chatte, j'ai choisi une plus longue robe et, méprisant la faible hauteur du mercure dans la colonne du thermomètre, je n'ai pas voulu enfiler de bas. Ainsi, aujourd'hui, à la sérénité qui illuminait toujours mon âme, est venue s'ajouter l'ivresse provoquée par la vive excitation de mon corps tout entier, me plaisant à sentir le tissu de ma robe venir frotter les bouts congestionnés de mes seins, ou à percevoir les chauds ruissellements qui finissaient par baigner le sillon de mes fesses et l'intérieur de mes cuisses, tandis que mes doigts, mon bras ou mes hanches faisaient plus qu'effleurer la peau ou le corps de la jeune marocaine. Quant à mon déjeuner avec Virginie, la plus élémentaire décence devrait me faire passer sous silence le plaisir que j'ai pris, non seulement à lui voler l'image de ses fines mains, de ses délicates lèvres ou de la douce et touchante rondeur de sa poitrine pour les imaginer aussitôt sur mon corps, mais à laisser mon ventre nu délirer sous la table, contractant même à intervalles réguliers les muscles de mon vagin pour sentir mes chairs se frotter l'une contre l'autre, emportant mes pensées bien au delà des étoiles par la seule idée que j'allais jouir tout en lui parlant... Et lorsque j'ai gagné ce soir mon appartement  du 3ème, il est vrai que la soirée était déjà bien avancée, mais j'ai voulu rester ainsi vêtue avec ma seule robe, chevillée par le désir d'offrir mon bas-ventre à Alexandre, sans vouloir rien lui ôter des effets de tous les émois qui l'avaient tourmenté depuis le matin. Nous avons dîné tard, mon amant n'en finissant pas, en s'en excitant cérébralement et physiquement, de faire sortir de moi toute la lave en fusion qui s'était accumulée dans mon corps, mais aussi de me faire raconter toutes les émotions qui m'avaient assaillie au cours de cette journée, ne se lassant pas de m'interroger sur ce déjeuner avec Virginie, me faisant lui rapporter, dans le détail du détail, les minutes qui ont précédé mon scandaleux (dixit Alexandre) orgasme. 

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Mercredi 15 Novembre

Après avoir pris notre petit-déjeuner, Alexandre m'a fait savoir qu'il était pressé. Alors que je m'attendais à le voir rapidement quitter le lit, il est resté quelques instants silencieux, les yeux rivés au plafond, un bras levé derrière sa tête, puis il a fini par me faire : "Je ne sais pas quelles sont tes intentions pour ce week-end relativement à Séverine, mais si tu projettes de l'inviter cette fin de semaine, ne tarde pas à me le dire." Sa sortie m'inclinant à penser qu'il pouvait avoir d'ores et déjà conçu quelque plan dont il garde si volontiers le secret, je n'ai su résister à la curiosité de l'interroger ainsi : "Si tu me disais quelles sont tes propres intentions..." Mon amant ne m'a même pas laissé poursuivre et m'a aussitôt interrompue pour me répliquer brusquement :"Si j'accepte de remettre mes projets relativement à Séverine, je ne veux pas que tu te détermines par rapports à ces derniers. Quant à ceux-là, sans compter ce qui doit rester une surprise et que je ne révèlerai jamais sinon ça n'en serait plus, nous n'avons que l'embarras du choix : Audrey, Nathalie, Raphaël, ta petite caissière..., sans rien dire de Lucie et du désir que tu as manifesté la concernant." Si j'ai été surprise de voir mon esprit s'accrocher immédiatement à un seul prénom, je l'ai été un peu plus encore de me voir si exaltée lorsque je me suis empressée de l'interroger ainsi : "Lucie ??...Non, c'est pas vrai ?!!... Tu as réussi à la convaincre ???" Mon ami a agrippé mon cou avec son bras et m'a attirée sur sa poitrine pour me dire, d'un ton presque amusé :" A mon avis, elle ne devrait pas être loin de baisser les armes !" Je dois sans doute mettre sur le compte de la joie qui m'a alors saisie, la réflexion qui m'est venue spontanément sur les lèvres et que j'ai laissée sortir ainsi :"Ecoute..., ne changeons rien à ces projets. Séverine ou pas Séverine. Tu as bien vu samedi dernier ?...Elle a finalement accepté la présence de Nathalie." La réplique qui a alors fusé m'a fait l'effet d'un coup de fouet,  mon amant me rétorquant, non sans quelque sécheresse dans sa voix : "Ce serait la meilleure façon de la perdre !... N'abusons pas de l'attachement que nous manifeste cette fille. Je ne crois pas qu'elle ait accepté Nathalie... Je préfère dire qu'elle te l'a concédée. Ainsi, gardons-nous de dépasser le niveau de concessions qu'elle est aujourd'hui capable de nous faire." Si je suis partie à mon bureau un peu morose, ce mercredi, c'est que les paroles de mon amant résonnaient encore dans ma tête, ne cessant de me faire voir combien il avait raison. Et puis au fil de la journée, ces mots ont fait de moins en moins de vacarme, au point qu'en fin de journée, lorsque j'ai remis le nez dehors, je ne les entendais pratiquement plus. Voilà qui me ressemble bien !  Si je suis intellectuellement apte à comprendre une situation et à jeter sur cette dernière le plus objectif des regards, je suis tout aussi capable, me laissant volontiers envahir par mes émotions et mes désirs, de rejeter les hypothèses ou les conclusions qui me sont désagréables. C'est ainsi que lorsque je suis rentrée chez moi, ce soir, je n'avais qu'une pensée en tête : les instants que j'allais partager avec Séverine. Et lorsque celle-ci est arrivée, une rose dans ses mains, je me suis empressée, touchée et heureuse, de tailler sa tige pour la loger dans le col effilé du petit vase que j'ai alors gardé dans ma main en lui disant : "Cette rose est magnifique et je veux l'emmener avec moi, dans la chambre... Quand tu ne me laisseras demain matin, son parfum saura me donner le sentiment que tu ne m'as pas quittée. Et si tu es avec nous ce week-end, tu trouveras ces pétales aussi épanouies que mon ventre lorsque je pense à toi..." Ce n'est que lorsque j'ai vu Séverine enlacer ma taille et avancer vers moi un visage quelque peu bouleversé, que j'ai réellement pris conscience de ce que je venais de lui dire. Et quand ses lèvres ont effleuré les miennes pour finir dans mon cou, et que je l'ai entendue me faire "oh, Clémence... je... je le regrette profondément car j'aurais beaucoup aimé être avec vous, mais je vais devoir me rendre en province, ce week-end, assister au mariage d'une de mes cousine.", je ne saurais dire si, sur le coup, j'en ai été soulagée ou déçue.

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Jeudi 16 Novembre

Je peux néanmoins affirmer que ce matin, ma déception a été à ma mesure de la sienne, quand, dans la pénombre qui enveloppait encore la chambre, j'ai vu les yeux de Séverine briller d'une intense émotion. Celle-ci faisait suite au petit échange que nous venions d'avoir et que je vais essayer de vous restituer jusqu'au souffle que nous y avons mis. L'une et l'autre réveillées, nous n'avons pas tardé à nous enlacer, à échanger des baisers de plus en plus brûlants, puis à crier, sous l'action conjuguée des doigts et des lèvres de l'autre, nos corps s'étant placés tête-bêche. C'est là, redevenues immobiles et silencieuses, que cet échange a eu lieu, mon amante me demandant dans un murmure mais à brûle-pourpoint : "Qu'allez-vous faire ce week-end ?"..... "Je ne sais pas... Tu sais, avec Alexandre, on ne sait jamais à l'avance."..... "Vous allez... voir Nathalie?... ou une autre... un autre ?"..... "Cela ne serait pas impossible, mais je ne le saurai qu'au moment, ou, au mieux, deux heures avant."..... (long silence, qui m'a fait alors poursuivre).... "Je sais que cela te gêne... Mais ne t'inquiète pas. Ces hommes et ces femmes qu'il nous arrive de voir de temps en temps ne sont que des hochets dont nous nous amusons."..... (profond soupir de sa part) .... "Oui, ça ma gêne un peu, c'est vrai, car..., quelque part, je dois être jalouse... Mais ça n'est pas ça qui m'embête ou m'inquiète le plus. C'est que..., comment dire ?... je crains de me voir entraîner dans tout ça, et ce qui me fiche réellement la trouille, c'est que je suis bien capable de vous suivre pour la seule joie d'être avec vous..... (nouveau soupir qui l'a fait néanmoins reprendre)..... Clémence, faites attention à moi...Ne m'entraînez pas inconsidérément dans vos... délires. Sachant que c'est avec vous que je veux, moi, partager tous ces instants. Et quand vous êtes avec une Nathalie, vous n'êtes pas complètement avec moi." Si mon cerveau a du mal à rester durablement marqué par les conclusions qui viennent ponctuer un raisonnement pourtant tout à fait pertinent et objectif, il n'en va pas de même avec mon coeur. Celui là, lorsqu'il est touché, il est tout à fait capable de me faire changer d'avis, et de faire perdurer cette conviction. Et c'est très exactement ce qui s'est passé ce matin. Les craintes de Séverine, si sincèrement exprimées, m'ont complètement retournée, et lorsque je l'ai serrée dans mes bras, mettant dans l'arceau de ces derniers une force inaccoutumée, et que je lui ai dit, la voix remplie d'émotion, "je te promets de ne rien t'imposer qui serait susceptible de te déplaire ou de te heurter", je savais non seulement que j'étais, à mon tour, sincère, mais que je saurai tenir parole. Et ce soir, quand Alexandre m'a interrogé sur ma nuit avec Séverine, je lui ai tout rapporté sauf ce dernier épisode, sans doute pour ne pas avoir à lui montrer que ça n'était pas ses arguments qui m'avaient convaincue.

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Vendredi 17 Novembre

Si de grands événements ne sont pas venus bousculer l'ordonnance de cette journée, de belles et profondes émotions ont, en revanche, émaillé le cours de cette dernière. Cela a commencé par la sourde euphorie qui m'a envahie dès que j'ai eu mis le nez dehors, et à laquelle je ne pouvais attribuer nulle raison tangible, si ce n'est, peut-être, l'exaltation provoquée par l'idée que nous allions jouir de toute notre liberté en cette fin de semaine, le coeur léger et la conscience dégagée de tout sentiment coupable, du fait de l'indisponibilité de Séverine. Comme la sérénité de mon âme n'est jamais sans conséquence sur ma libido, c'est aussi avec un corps en pleine effervescnce que j'ai abordé cette journée et que j'ai passé la porte de mon bureau. Si, depuis que Samia nous a rejoints, j'ai conscience de ne rien faire pour réprimer les bien voluptueuses ondes qui peuvent parcourir ma poitrine, mes reins et mon ventre durant mes heures de labeur, ce matin, cette idée n'a même pas effleuré mon esprit, car lorsque j'ai passé le seuil de la Réception, la jeune maghrebine m'a accueillie avec un sourire si chaleureux et un regard si pesant, que je me suis immédiatement plue à y voir quelque équivoque, ce qui a naturellement fait redoubler le nombre de mes stations près de la banque de l'Accueil, ainsi que l'excitation physique qui me tient habituellement durant ces instants. Et si en fin de journée, j'ai cru voir sur le visage d'Aurélie cette même chaleur dans son sourire, et cette même insistance dans son regard, j'ai cru défaillir à l'idée de ses yeux trouant le tissu de ma jupe pour rester accrochés, un temps, aux deux petites crêtes qui, en dépassant amplement des lèvres de ma vulve béante, devaient s'être complètement repliées sur les deux versants de mon entaille, pour finir par brûler devant la brillance et l'épaisseur du film translucide qui devait recouvrir mes bas et ma peau sur l'intérieur de mes cuisses, et que je devais à tous les ruissellements qui avaient sourd de ma chatte durant toute cette journée. C'est sur le trottoir, mes sachets plastique remplis de provisions pendant au bout de mes bras, que j'ai entendu la sonnerie de mon téléphone portable. C'était Alexandre... Quand il m'a dit qu'Elsa souhaitait passer cette soirée avec lui, qu'il ne pouvait cependant se résoudre à me laisser, et qu'il ne voyait pas d'autre solution que..." demander à Elsa de se joindre à nous, ce soir, ou à te demander, à toi, Clémence, de te joindre à nous" (sic), je n'ai pas su dire non. Avouerai-je, ici, que la perspective d'avoir en face de moi cette jeune fille durant toute une soirée, dans l'état d'excitation extrême où se trouvait mon corps, m'a faite frémir au point d'avoir le dos parcouru de frissons jusqu'au moment où je me suis assise sur le siège passager du véhicule de mon amant, notant avec plaisir que l'on m'avait gardé la place d'honneur. L'ivresse qui me tenait m'a fait dépasser les craintes qui étaient jusque-là les miennes de lire quelque jalousie dans les yeux d'Elsa. Après tout, ne suis-je pas celle qui la prive de son papa dans des moments qu'elle aimerait partager avec lui ? Je dois dire que je n'ai pas du tout eu ce sentiment, ni dans la voiture, durant les premières minutes où nous avons été l'une en face de l'autre, ni même à la table du restaurant dans lequel nous sommes allés dîner. J'ai pris conscience de cela alors que le repas était bien avancé, me plaisant ensuite à relever tous les signes qui savaient me montrer, sans la moindre équivoque, que cette fille n'éprouvait nul ressentiment à mon égard, et que je pouvais, même, lui être sympathique !  Si j'ai pris plaisir à bavarder avec elle sur tous les sujets, j'ai autrement goûté les moments qui ont suivi, même si nous ne nous sommes pratiquement plus adressées la parole. Effectivement, le dîner étant clos depuis longtemps, Alexandre nous a proposé d'aller prendre un verre dans un bar qu'un de ses clients lui avait fait découvrir, rue des Beaux-Arts. Nous disant combien nous aimerions l'originalité de bon-goût de cet établissement, il a été vivement interrompu par sa fille, subitement animée par une idée qui venait manifestement de germer dans sa tête. Lui disant " attends..., ça n'est pas très loin d'une boîte dont on m'a parlé, et j'aimerais bien y aller pour voir ce que c'est", Elsa m'a jeté aussitôt un regard dans l'espoir, sans doute, d'y lire quelque appui, et si je ne l'ai pas déçue en lui affirmant hypocritement que c'était une bonne idée, je dois avouer que cette perspective ne m'enchantait guère. De fait, l'endroit s'est révélé être pire que ce que je redoutais, mais en dépit du bruit, de la fumée et de l'inconfort des banquettes, je suis peut-être la seule à avoir passé un bien agréable moment. Assises toutes les deux sur les mêmes coussins, nos corps pressés l'un contre l'autre, je me suis laissée aller à goûter cette promiscuité, l'esprit sans cesse partagé entre deux consciences : les émotions que suscitaient cette dernière auxquelles s'ajoutaient celles que provoquait la vision de la rondeur de son genoux plié laissant fuir le bas de sa robe jusqu'à mi cuisses, et les frémissements et autres palpitations de mon corps dues au désir qui me tenaillait et que le dîner n'avait fait que mettre en sommeil. Lorsque nous sommes sortis et que nous avons raccompagné Elsa, je n'ai pu résister à l'envie, physique mais aussi probablement cérébrale, de frotter mes deux cuisses l'une contre l'autre, tout en contractant par intermittence les lèvres de ma vulve. Là, sur mon siège, rendue ivre par les ondes qui traversaient tout mon bas-ventre, par l'idée de me savoir si ouverte et si trempée, et par les effluves qui provenaient de derrière moi et qui me faisaient percevoir le bouquet de parfums qui émanaient de cette jeune peau, je crois que si notre voyage avait duré deux minutes de plus, tout mon être m'aurait faite basculer dans la jouissance. 

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Samedi 18 Novembre

Si, hier soir, je n'ai pas voulu montrer à Alexandre combien j'étais excitée de crainte de lui voir faire un rapport avec la présence d'Elsa, cela n'a apaisé que ma conscience. Aussi, ai-je été réveillée, cette nuit, par le flux du désir qui m'avait parcouru les veines durant mon premier sommeil, et qui avait fini par exacerber les contractions de mon ventre, la tension de mes seins, les picotements dont leur pointe était la proie, sans rien dire de la source continuelle qui ruisselait depuis la large anfractuosité de mon sexe, et qui baignait littéralement mes cuisses et mes fesses. J'étais toujours plongée dans un demi sommeil, mais je me souviens du chapelet d'orgasmes que mes mains ont facilement tiré de ma chatte, et surtout du plaisir que j'ai pris à faire alterner le séjour de ces dernières, suçant l'un après l'autre les doigts de l'une d'elle tandis que la seconde résidait sur les chairs éclatées de ma vulve, et vice et versa. Les frissons associé à ce souvenir m'ont alors parcouru l'échine, ce matin, lorsque j'ai senti le corps d'Alexandre glisser contre le mien, sous la couette, celui-là venant me donner sa bouche après avoir adopté sa position favorite (et que j'aime lui voir prendre car je sais que ses caresses vont perdurer...). Ainsi, avant qu'il ne soit complètement installé, j'ai amené mes deux mains entre mes cuisses pour leur faire accrocher le plus possible de liqueur, et c'est en les donnant les uns après les autres à mes lèvres que j'ai goûté le bien indécent baiser que mon amant donnait alors à celles de ma chatte. Au travers de mes jouissances, c'est sur la si belle verge de Raphaël que mes pensées ont fini par s'arrêter, et, sans nul doute, l'idée de la sentir s'immiscer dans tous les orifices donnant accès à mon corps, a rendu mon plaisir bien plus voluptueux encore et surtout plus violent. Et quand, plus tard dans la matinée, mon amant m'a dit, alors qu'il me caressait doucement les cheveux, ma tête reposant sur son buste "je vais faillir à ma règle afin de ne pas te priver de la délectation que tu vas éprouver durant le restant de cette journée, à l'idée que, ce soir, tu auras tous les honneurs de Raphaël", une joie si pure et si profonde m'a saisie que je suis restée muette et figée par mon bonheur durant de bien longues secondes, le corps parcouru de frissons, et la poitrine soulevée par une respiration bien courte. J'écris ces lignes alors que nous sommes dimanche, que l'horloge de mon Toshiba affiche 02:25, et que le bonheur qui m'atteint cette nuit est aussi indécent que la bouche du cratère que le pénis de Raphaël a ouvert entre mes fesses. Et si mes doigts qui courent sur ce clavier sont encore luisants, c'est qu'ils ne cessent d'être attirés par cette large cheminée qui conduit à mes reins, me faisant à chaque fois frémir de plaisir car, peut-être, ne me suis-je jamais sentie aussi béante et profonde que ce soir. Il faut dire que ce fourreau de chair a reçu maintes et maintes fois la lame du sabre de notre hôte, et que s'il n'a pas délaissé pour autant mon ventre et ma bouche, c'est bien dans le tréfonds de mes reins qu'il a séjourné le plus souvent, leur faisant même l'honneur de leur donner ses brûlants jaillissements. Si ceux-ci ont été au nombre de trois, celui qui m'a transportée plus haut que les étoiles a été le dernier, car je l'ai reçu simultanément à la salve qu'Alexandre envoyait alors dans mon ventre, les verges des deux hommes se trouvant être en moi au même instant. Je vais aller m'étendre aux côtés de mon amant qui est en train de sommeiller. Sans doute, les images qui habitent mon cerveau et tous les souvenirs que mes chairs ont gardé ne vont-ils pas laisser mes doigts inactifs... 

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Dimanche 19 Novembre

Mes mains ne sont pas restées, en effet, inactives, ne cessant de souffler sur les braises incandescentes qui rougeoyaient dans tout mon corps, la terrible chaleur dégagée par ces différents foyers rayonnant jusqu'à mon cerveau, amenant celui-là à délirer et à produire des images que la honte devrait me faire taire le fait de les avoir même conçues. Ne suis-je pas effectivement allée jusqu'à me représenter Virginie et Aurélie, nues et attachées aux piliers de la "salle de torture" de Lucie, et complètement livrées à ma luxure, cette dernière contraignant... Elsa à éprouver, avec toute la longueur de sa langue, les profondeurs de mon ventre et de mes reins, et je m'arrêterai là pour ne pas avoir à rapporter des scènes qui ne supporteraient plus aucun qualificatif. Et ce matin, lorsque j'ai ouvert un oeil, le corps au bord de l'apoplexie, c'est la langue de mon amant que j'ai voulu sentir au fond de ma croupe, faisant tout, ensuite, pour voir son membre s'ériger et prendre la dureté qui allait lui permettre de s'introduire dans cette cheminée aux parois si veloutées, et que je ne voulais pas voir se refermer. C'est là, le recevant au fond de mes reins, que je me suis mise à songer à Lucie et au tourbillon de voluptés qui m'atteindrait si je pouvais me montrer à elle, le corps si chaviré et surtout si béant. L'idée, qu'Alexandre ait pu décider cette femme à venir nous rejoindre ce dimanche, m'a alors traversé l'esprit, et tandis que mes doigts me faisaient jouir sous les coups de boutoir de mon ami, j'ai voulu voir le même phénomène que celui qui s'est produit hier matin, à la même heure. N'est-ce pas après avoir évoqué Raphaël que mon amant m'a annoncé que nous allions effectivement le retrouver le soir?  Songeant aussi fortement à Lucie, il m'a semblé alors évident que je tenais bien là ma surprise du jour, et cette profonde certitude m'a tenue jusqu'au début de l'après-midi, où, surprise et inquiète de ne pas voir Alexandre me le confirmer, je n'ai pu résister au désir plus que pressant de l'entendre me dire les mots que j'attendais. Et après lui avoir demandé "... et Lucie ??", de l'air et du ton de celle qui pouvait légitimement être préoccupée par son retard, et qu'il m'ait été répondu "Lucie, c'est pratiquement dans la poche et je ne désespère pas de la faire venir ici dans les tout prochains jours", au lieu de me faire sauter de joie, cet aveu m'a plongée dans une profonde déception qui a barbouillé de gris tout le restant de ma journée.

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Lundi 20 Novembre

Le mois dernier, ma gynécologue m'a prescrit une autre marque de pilules anticonceptionnelles, arguant que j'ingérais le contenu des mêmes plaquettes depuis des années, et que ces comprimés étaient sans doute trop fort pour moi. J'ai naturellement suivi ses conseils, et aujourd'hui, je ressens dans mon ventre et dans mes seins des douleurs qui, bien que supportables, ne sont pas sans me rappeler celles qui me saisissaient, jadis, lorsque j'abordais ma période menstruelle. Si je suis très inquiète, ce n'est pas seulement parce que ma libido risque de s'en trouver affectée durant deux ou trois jours, c'est surtout pour les saignements qui pourraient éventuellement survenir. D'abord, parce que, même faibles, ils pourraient bien me surprendre au cours de la journée, et ensuite parce que je n'utilise plus de tampon depuis belle lurette ! Je dois préciser que si je n'ai jamais été véritablement affectée ni même gênée par les effets inhérents à ce cycle, mes douleurs et les flux sanguins qui les suivent n'ayant rien à voir avec ce que semble subir mes congénères, depuis que j'absorbe cette petite pilule, j'ai la chance de traverser ces périodes sans même m'en apercevoir. Trop heureuse de me voir désormais épargnée par tous ces désagréments, je me suis empressée de chercher à joindre mon médecin au téléphone, et cela n'a pas apaisé mes inquiétudes car elle est absente de son cabinet jusqu'à demain matin. C'est donc sans enthousiasme que je me suis rendue, ce soir, en compagnie d'Agnès, à cette représentation donnée par la troupe de théâtre à laquelle appartient Isabelle, craignant de vexer celle-là si je n'allais pas l'applaudir sur ses planches. J'ai été néanmoins heureuse de retrouver mes deux amies, et lors du petit dîner qui a suivi, j'ai dû leur promettre de leur amener, un soir, Alexandre. 

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Mardi 21 Novembre

Si les douleurs qui subsistent dans mon ventre et dans ma poitrine ne m'ont pas tranquillisé l'esprit,  celui-là n'a pas trouvé pour autant le calme dans l'échange téléphonique que j'ai eu, en fin de matinée, avec ma gynécologue. Ne s'est-elle pas contentée de me dire : "Cette marque ne vous convient peut-être pas. Je vais vous établir une autre ordonnance pour le mois prochain." Je peste contre cette habitude qui n'épargne, semble-t-il, ni aucun milieu ni aucun secteur, et qui consiste à vouloir absolument changer ce qui, pourtant, convient au plus grand nombre. Ramené à mon cas personnel, voilà une pilule qui me convenait parfaitement et que je supportais manifestement très bien. Pourquoi faut-il absolument hypothéquer ce confort au motif que rien ne doit perdurer en l'état??  Je veux croire que d'autres raisons ont présidé à cette décision chez mon médecin, et si je réagis non en patiente mais en "consommatrice", c'est que j'accepte mal les effets de ce changement, certes utile à ma santé. Pour tout dire, et si je suis furieuse à l'idée de m'être vue contrainte de m'arrêter dans une pharmacie, ce matin, acheter une boite de tampons périodiques (on ne sait jamais!), je m'inquiète d'avoir à les utiliser..., alors que je sais depuis dimanche que Lucie pourrait bien venir nous rendre visite "dans les tous prochains jours". Ce serait bien ma chance !!  Aussi, ce soir, si je n'ai rien dit à Alexandre, si j'ai redouté de voir une trace rougeâtre venir lui mettre quelque soupçon en tête, je n'ai pas manqué de me dire, dans le même temps, que mon attitude était stupide. Ne valait-il pas mieux, en effet, que je mette mon amant dans la confidence, au risque de l'entendre me dire qu'il était préférable, dans ces conditions, de remettre notre rendez-vous éventuel avec Lucie, plutôt que de me voir, un de ces prochains soirs, bien ennuyée d'apprendre la venue de cette femme, me sachant alors quelque peu indisposée ??

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