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Si vous souhaitez pénétrer mon univers intime et (presque) quotidien... |
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Comme nous sommes finalement rentrés assez tard de chez Virginie, nous n'avons ouvert un oeil que vers 11h, ce matin. Très vite, je suis allée me blottir dans les bras de mon amant, et j'ai attendu, en vain, de lui voir exprimer quelques velléités de me faire l'amour. Un peu frustrée, je suis partie dans la cuisine préparer le petit-déjeuner, et celui-là avalé et le plateau envoyé au pied du lit, Alexandre m'a certes serrée fort contre lui, mais ses gestes n'ont pas franchi les limites de la grande tendresse qu'il paraissait vouloir me dispenser. Un peu déconcertée, cela n'étant pas dans ses habitudes, une lueur a brusquement éclairé mon esprit, entr'apercevant une corrélation entre son comportement inaccoutumé et l'énigmatique réflexion qu'il m'avait faite, ce lundi soir, sur la fameuse impossibilité dans laquelle nous allions nous trouver aujourd'hui d'accéder à un téléphone. Cette idée ne me paraissant pas loufoque, j'ai voulu la faire mienne et je suis rentrée dans son jeu, certes mentalement apaisée mais mon ventre au bord de l'ébullition cependant. Je me suis donc accrochée à son cou, ma tête sur son buste, et je l'ai laissé me caresser les cheveux tout en me parlant de la soirée que nous venions de passer chez mon amie. Il m'a réitéré tout le plaisir qu'il avait pris à participer à ce dîner, et je l'ai entendu me dire tout le bien qu'il pensait d'Isabelle et d'Agnès. Se mettant alors à me parler d'un couple présent que je ne connaissais pratiquement pas, j'ai été piquée de ne pas le voir, dans la foulée, tresser les mêmes lauriers à Virginie. Aussi, me suis-je aussitôt soulevée pour le regarder avec quelque effarement, et ma seule tête a su probablement lui faire comprendre que cet oubli m'avait un peu heurtée. Alexandre s'est mis alors à éclater de rire, puis il m'a dit : "Rassure-toi... Si mon intention était de clore cette galerie par ta chérie, c'est parce que je veux lui accorder la place d'honneur qu'elle mérite. Elle est en tous points charmante et je comprends qu'elle sache t'émouvoir autant. Mais..., nous en reparlerons à un autre moment. Pour l'heure, nous allons devoir nous préparer, car... je t'emmène en ballade." Ma joue étant à nouveau collée sur son buste, mon amant n'a pu voir le large sourire qui a, tout à coup, illuminé ma face, ne sachant pas ce qui me rendait la plus heureuse : l'appréciation flatteuse qu'il portait finalement sur Virginie ou bien la terrible et délicieuse promesse que contenait son invitation. Et je me suis mise aussitôt à courir vers la salle de bains, bien décidée à ne pas me perdre en conjectures sur notre éventuelle destination, voulant me laisser la pleine surprise de le découvrir. Vers 14h, lorsque nous avons quitté la rue L... à bord du véhicule, je me suis dit que si la direction que nous allions emprunter n'allait guère me renseigner sur notre point de chute, elle allait tout moins me permettre d'en éliminer certains. Aussi, quand je nous ai vus suivre les bords de Seine jusqu'à la Porte de Bercy, puis emboucher l'autoroute A4, cet itinéraire m'a semblé trop précis pour que je ne songe pas aussitôt à Nathalie. Durant quelques secondes, l'idée que cette dernière puisse être la surprise que l'on me réservait m'a quelque peu rembrunie. Mais le sourire est vite revenu sur mes lèvres car j'ai vu la voiture se rabattre sur la droite pour prendre la première sortie en direction d'Alfortville et de Maisons-Alfort. Et puis, quelques kilomètres plus loin, il m'a semblé reconnaître les lieux. Mes yeux se sont mis alors à chercher fébrilement un autre indice qui allait pouvoir conforter l'intuition qui me saisissait, quand ils ont accroché au passage un panneau indiquant Villeneuve-Saint-Georges ! Tout à coup, une violente décharge s'est mise à zébrer mon être tout entier. Nous nous rendions chez Lucie !!... Si l'on m'avait dit cela ce matin, j'aurais sans doute bondi de joie, mais là, devant l'imminence de l'événement, la peur s'est mise à m'envahir, et à coexister avec la sourde excitation qui me gagnait au fil des hectomètres franchis. Quand j'ai reconnu le claquement brusque et quelque peu lugubre de la petite porte métallique qui s'est refermée derrière nous, à l'entrée de ce jardin que je n'avais fait que deviner, la première fois, je me suis mise à trembler comme une de ces feuilles mortes encore accrochées aux branches en ce jour de Toussaint. Oui, cette femme me faisait peur autant qu'elle m'excitait, et si à chacun de mes pas celle-ci se faisait plus vive, je sentais dans le même temps mon corps se tendre, s'ouvrir et se liquéfier, m'amenant à l'effroyable conscience que la fureur de notre hôtesse allait s'en trouver d'autant plus exacerbée. Lorsque la porte de la maison s'est ouverte pour nous laisser le passage, j'ai reconnu le hall, son mobilier, son éclairage et même son parfum, et cela m'a immédiatement renvoyé à toutes les émotions qui m'habitaient la fois où nous avons quitté ce pavillon. Si Alexandre a eu droit a un signe de tête et à un petit sourire de circonstances de la part de Lucie, j'ai été gratifiée de son plus profond mépris, car elle n'a même pas daigné poser son regard sur moi et cela m'a glacée. Ceinte dans une longue robe de chambre aux motifs cachemire et perchée sur ses escarpins, ce qui contribuait à me la faire percevoir plus grande et plus fine encore, elle nous a précédé pour nous conduire dans son salon, en nous désignant sa banquette en "L" d'un bref coup de menton, ses mains restant enfouies dans les poches de son vêtement d'intérieur. Décochant un de ses jolis sourire à mon amant, elle lui a dit, une petite flamme que je ne lui connaissais pas dansant derrière ses fines lunettes : "Nous n'allons pas rester ici... Avant que nous ne grimpions, puis-je vous offrir un petit digestif ?" Mon ami ayant décliné son offre, elle nous a aussitôt invités à la suivre et à retourner dans le hall pour emprunter cette fois les escaliers. Je ne saurais dire si je dois attribuer cela aux mouvements de mes jambes consécutivement à cette ascension, mais j'ai frémi de peur et d'excitation mêlées lorsque j'ai perçu, sur ma peau et mes bas, entre mes cuisses, l'abondance de ce qui était en train d'y ruisseler... Et arrivés au premier étage, l'idée de voir cette femme m'ouvrir et embrasser de son regard toute l'étendue du voluptueux marécage que j'abritais entre mes genoux, a provoqué dans mon cerveau le même claquement aveuglant que celui qui survient sur un fusible électrique lorsque celui-là est atteint par un court-circuit. Le premier niveau passé, nous avons emprunté cette fois d'étroits escaliers de bois pour parvenir, m'a-t-il semblé, sous les combles, où un minuscule palier donnait accès à un pièce, très basse de plafond et aux larges poutres apparentes, qui m'a tout d'abord étonnée par sa luminosité et sa vaste superficie. Mais, je ne me trouvais qu'à l'orée de ma surprise car pénétrant plus avant dans cette salle, je suis tombée en arrêt, écarquillant les yeux d'effarement devant son décor. Il y avait dans le fond, jouxtant la cloison, une large estrade de bois au format exact du matelas recouvert d'un drap-housse qui la surmontait, des sortes de banquettes constituées des mêmes coussins jaune or occupaient ça et là les murs qui se faisaient vis à vis, et sur les deux poutres verticales qui semblaient être plantées au milieu de la pièce, l'on pouvait voir, accrochés, des anneaux et des chaînes au bout desquelles pendaient des bracelets de cuir. Lucie s'est alors prestement débarrassée de sa robe de chambre en la jetant sur un des coussins ceignant la pièce, et tandis qu'elle invitait mon amant à s'asseoir sur l'un d'eux, je me suis mise à observer sa nudité, parée de bas noirs et d'un porte-jarretelles assorti, et je lui ai trouvé une plus grande beauté encore que celle m'avait émue la dernière fois, l'extrême finesse de son corps et ses petites fesses parfaitement et délicatement dessinées en rajoutant à l'élégance naturelle de ses gestes et à sa façon de se mouvoir. J'étais en train de me dire que cette femme avait dû faire de la danse durant de nombreuses années quand je l'ai entendue faire à Alexandre :"J'ai voulu inviter mon amie Muriel à se joindre à nous, mais en dépit du désir que j'ai su allumer en elle, elle a finalement décliné mon offre. Votre présence l'indispose... Comme je m'en suis accommodée, je ne désespérais pas de la voir en faire tout autant mais rien n'y a fait. Je le regrette, car j'aurais aimé lui faire découvrir tous les charmes, avérés et encore cachés, de celle que vous m'avez amenée." Alors que mon amant semblait s'étonner de cette attitude envers l'homme qu'il était alors qu'il disait avoir cru comprendre que des éléments masculins entraient dans le cercle de ses amis, Lucie s'est tournée vers moi pour me fixer intensément et lui a répondu distraitement :"Votre question est embarrassante... Nous allons dire que ces... amis n'ont pas l'assurance et la force de caractère qui sont assurément les vôtres." Puis, s'approchant de moi, la femme m'a alors saisi le poignet et m'a lancé avec quelque sévérité dans la voix :"Tu as encore ta robe sur le dos, toi ?... Sache que la prochaine fois, je te corrigerai pour cela. Ici, dans cette pièce, le port d'un vêtement fermé est interdit. Défais-toi..., et vite !" Ma robe gris souris tombant sur le sol en se mettant en couronne autour de mes chaussures, Lucie s'est mise alors à caresser doucement mon corps du plat de sa main, passant sur mes seins, mon ventre, mes hanches, me faisant suffoquer à l'idée qu'elle allait bientôt s'immiscer entre mes genoux. Mais, c'est par mon pubis que cette incursion a eu lieu, ses doigts me faisant frémir, frissonner de tout mon long, et même me tordre en passant doucement mais fermement sur mes chairs éclatées, dilatées, étonnamment gonflées et détrempées, et en poursuivant leur course sur la peau de mes cuisses, sur l'empiècement en dentelle de mes bas, puis sur le voile lui-même... Ca n'est qu'en atteignant, près de mes genoux, les mailles épargnées par l'inondation, qu'elle s'est exclamée, après m'avoir croqué les lèvres, brusquement mue par une sorte de pulsion : "Eh bien !!... Quelle chienne tu fais de mouiller de la sorte !...Au banquet auquel tu me convies, il n'y a plus qu'a se mettre les pieds sous la table. Va t'étendre sur la couche, là-bas, et écarte-toi !" Je crois qu'à partir de cet instant, je n'ai faite que jouir, lui offrant mon premier orgasme quand je l'ai vue lécher et aspirer religieusement, sur mes bas, les mares et les coulures qui les maculaient, et comme le déchirement de mon ventre pourtant non sollicité m'a paru furieusement l'exciter, elle n'a pas cessé de me manger littéralement toute ma chatte, tantôt en y mettant une fougue à la limite de la violence, tantôt en prenant tout le temps de se délecter, en ronronnant comme une chatte, de toute la pulpe juteuse qui débordait de mes lèvres et de l'amande de mon clitoris gonflé comme jamais. Pourquoi ai-je cherché à déclencher son courroux et à me priver du plaisir dont la seule pensée me faisait jouir ? Sans doute parce que, justement, ce désir était devenu trop lourd, trop grand, et qu'il débordait à cet instant de tout mon être. Ne me suis-je pas, en effet, entendu lui faire cette prière :"Lucie..., Lucie, je vous en prie... Donnez-moi votre ventre." Je l'ai vue alors se dresser brusquement sur ces jambes, se précipiter vers mon visage, planter ses doigts dans mes cheveux pour en tirer à elle une poignée, et se mettre à éructer, dans un sifflement qui ressemblait à celui d'un serpent :"D'abord, je ne t'ai pas autorisée à m'appeler par mon prénom. Ensuite, ça n'est pas une chienne que tu es, c'est une vraie hyène assoiffée de foutre !...Eh bien, tu en auras !!!...J'en inonderai ta gueule, mais seulement lorsque tu te seras vidée de tout ce qui fait de toi une succube ! Ainsi, tu risques de nettement moins goûter ce que je te donnerai..., et que tu n'as eu l'autre jour qu'en maigre échantillon !" Ces mots ont pénétré en moi avec la force d'un torrent jaillissant, me voilant les mouvements que cette femme a opéré aussitôt en se rendant vers un coffre en bois vers l'intérieur duquel elle s'est penchée, après soulevé la partie supérieure. Mes pensées obsédées par le discours qui venait de m'être tenu, j'ai laissé mon hôtesse saisir mes poignets puis mes chevilles, et cela n'est que lorsque celles-ci se sont trouvées être écartelées, après que des clics se soient faits entendre, que j'ai réalisé que j'étais crucifiée sur cette couche, mes quatre membres se trouvant bloqués par des attaches. La peur nouant brusquement mon ventre, j'ai fermé les yeux, refusant de penser, me disant que tout ce que je pourrais conjecturer sur la suite des événements se révèlerait être à côté ou bien en dessous de tout ce que je pourrais imaginer. Et de fait, tout à coup, deux mâchoires sont venues se refermer sur les pointes de mes seins, me tirant sur le coup une douleur si vive que je me suis mise à hurler, tentant de soulever mon corps en dépit des liens qui m'interdisaient tout mouvement pour échapper à cette vrille qui me trouait la poitrine. Mais, celle-ci n'avait pas fini sa course qu'il m'a semblé que toute l'énergie et toutes les pulsions contenues dans mon corps refluaient vers mon ventre, le faisant se contracter au point de sentir celui-là provoquer, par réaction j'imagine, un phénomène d'expulsion amenant les chairs de ma vulve à se dilater un peu plus encore, pour me donner la folle impression qu'elles étaient en train de sortir de moi. Et c'est à cet instant qu'une nouvelle douleur, plus brusque mais moins lancinante que la première, est venue m'arracher les reins, une force pleine et dure se mettant à les perforer et à les remplir. Quand les lèvres chaudes de Lucie sont venues s'aboucher à mon ventre, mon esprit s'est aussitôt accroché à ce contact comme s'il voyait en lui la planche de salut par laquelle j'allais évacuer toutes les ondes qui me secouaient, et qui continuaient de converger vers mes entrailles. Lorsqu'un premier orgasme est venu me terrasser, sa violence a été telle que tout mon corps s'est cabré avec la même force, faisant claquer mes attaches et me laissant statufiée, le dos arqué et la bouche ouverte, après avoir obéré une partie de ma conscience. C'est sans doute après m'être déchirée plusieurs fois à la suite que je suis retombée, pantelante, en même temps que l'on ôtait de mon corps ce qui le trouait tout autant que ce qui le mordait. Et quand j'ai senti la chaleur, la douceur et le velouté d'une bouche venir happer la pointe douloureuse de mes seins, j'ai bien cru qu'il s'agissait de celle de mon amant, et mon esprit s'est aussitôt ressaisi. Soulevant alors mes paupières, c'est le visage de Lucie que j'ai vu sur mon buste, et celle-ci a dû sentir mon regard peser sur elle car elle m'a lâchée pour venir me lécher lascivement les lèvres, et me faire, tout en lançant le plat de sa langue :"Maintenant que tu t'es vidée de toute ta chiennerie, tu vas peut-être moins goûter ce que je vais pourtant te donner." Sa déclaration terminée, la femme s'est mise a accrocher un de ses genoux au matelas, à grimper sur celui-là en même temps qu'elle enjambait le haut de ma poitrine, puis elle a avancé l'arche de ses cuisses vers mon visage. Quand j'ai vu l'invraisemblable entrelacs de chairs festonnées et détrempées arriver sur ma bouche, le souffle m'a manqué, d'autant qu'à cet instant, je l'ai entendue me faire : "Je veux sentir l'ardeur de ta langue partout sur moi et dans moi... Ta récompense sera à la mesure du plaisir que ta chiennerie vient de me donner. Et tu as intérêt à me prendre. Si tu en perds, c'est avec ma cravache que je te le ferai payer !" Quand mes lèvres se sont trouvées être au contact de toute cette luxuriance carnée, de toute cette chair gonflée, boursouflée, pleine de plis et de replis aussi voluptueusement veloutés les uns que les autres, j'ai senti mon désir renaître de ses cendres encore toutes chaudes, et je me suis mise à leur donner toute ma bouche, cela avec d'autant plus de fièvre qu'une récompense, que je ne voulais même pas imaginer, m'avait été promise. Lorsque des filets à la saveur légèrement salée se sont mis à inonder ma langue et à couler dans ma gorge, en même temps que Lucie commençait à se tordre et que de lourds gémissements se faisaient entendre, j'ai avalé ce nectar en frissonnant de plaisir, cherchant à me délecter de ces minuscules sources dont le cours n'allait sans doute pas tarder à se tarir. Mais cela n'était que les prémisses, des fuites dû à la violente pression, de la cataracte qui allait suivre et qui a jailli en moi avec une force et une intensité qui m'ont faite littéralement suffoquer. Mais, réalisant ce qu'elle était en train de lâcher en moi ainsi, je me suis empressée de déglutir pour pouvoir accueillir le flot qui continuait de gicler avec la même impétuosité. Ma gorge toute occupée à évacuer ce qui lui parvenait, je crois que je n'ai même pas eu temps de me délecter de ce voluptueux torrent comme j'aurais aimé à le faire. Et lorsque j'ai senti la bouche de mon amant venir happer ma chatte, je lui ai donné tout le plaisir que la bien luxurieuse récompense de Lucie avait su faire naître en moi. Quand, plus tard, nous avons repris notre véhicule et que mes yeux ont à nouveau croisé d'autres voitures et des piétons, des immeubles et des lampadaires, il m'a semblé arriver d'un autre monde. Si cela n'avait été la brûlure toujours présente sur le bout de mes seins, la sourde douleur qui habitait mes fesses, et les contractions ainsi que les palpitations qu'il me semblait percevoir sur ma vulve complètement éclatée, j'aurais pu croire que je venais de rêver ces heures passées dans cette maison. Je me suis alors blottie contre Alexandre et je l'ai laissé envelopper mon épaule avec son bras, en dépit de l'imprudence que nous commettions, mon amant se trouvant contraint de passer ses vitesses avec son bras gauche. Nous sommes restés silencieux durant tout le trajet et j'ai refusé le restaurant qui m'était offert, ayant besoin de me retrouver chez nous pour réaliser pleinement de qui venait de se passer. |
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J'ai eu bien du mal à faire taire les questions qui m'ont assaillie à la conscience des événements qui ont lieu ce mercredi. Si je suis profondément déconcertée de m'avoir vue y prendre tout ce plaisir, je ne saurais dire ce qui me heurte dans l'appréciation de la situation dans laquelle je me suis trouvée hier après-midi. J'ai su gré à Alexandre de rester à mes côtés, cette nuit, et il m'a aidé à démêler la foule d'émotions qui m'assaillaient et qui obéraient ma capacité de réflexion. Cela a fait sourire mon amant mais, finalement, je crois que j'ai trouvé cela quelque peu glauque et, peut-être, un petit peu trop violent pour moi. Je pense que tout c'est éclairé lorsque ce dernier m'a confié que ce qui l'avait le plus gêné, c'était de pas pouvoir me prendre dans ses bras. C'est sans doute cela qui m'a manqué et qui me fait qualifier cette situation de glauque. Si j'aime jouir et si je ne dissimule pas ma vive et profonde inclination pour la lascivité et les plaisirs de la chair, je crois que j'ai tout autant besoin de bras et de baisers, de douceurs et de poésie. C'est pourquoi je suis si heureuse lorsque Séverine est contre moi, et c'est sans doute la raison pour laquelle je ne suis pas dans les mêmes sentiments lorsque nous revenons de chez Raphaël, car à tout moment j'ai la tendresse d'Alexandre avec moi. Elle ne me quitte pas même lorsque ce garçon investi profondément mes reins, et je m'en abreuve sans cesse à la source de ses baisers, de ses caresses, de son regard, de ses mots d'amour qu'il vient me souffler à l'oreille. Si j'étais un peu perturbée ce matin en partant à mon bureau, la journée qui vient de passer m'a confortée dans cette conviction que je suis, d'abord, une romantique, et je suis ce soir heureuse à la pensée du week-end qui se profile et des deux jours durant lesquels je vais pouvoir rester pendue au cou de mon bien-aimé. |
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Il est bien rare de me voir rapporter ici un événement ayant eu lieu dans mon univers professionnel. Cependant, celui qui s'est passé ce matin, et qui me concerne au premier chef, ayant contribué à me rendre heureuse, je ne résiste pas au plaisir de vous le livrer : j'ai eu les félicitations réitérées, appuyées et publiques de ma directrice ! Comme c'est loin d'être dans ses habitudes, vous me pardonnerez de le déguster devant vous avec autant d'impudeur. Un bonheur n'arrivant jamais seul, Virginie m'a appelée en début d'après-midi pour me remercier de la broutille que je lui ai apportée mardi soir, et pour me glisser tout le bien qu'elle pense d'Alexandre. C'est donc toute guillerette que j'ai vu s'achever cette journée, entr'apercevant dans le profil du week-end qui s'annonçait des monceaux de douceurs accrochés à ses flancs. Si, avant de me rendre dans le 3ème, il m' a fallu passer par la rue B...., la sérénité qui habitait mon âme ne m'a faite me souvenir des denrées qui faisaient défaut à mes placards. Je souris en écrivant ces lignes car Alexandre ignore que si, depuis quelques temps, les étagères de mon réfrigérateur sont moins vides que par le passé, il doit cela à l'existence d'Aurélie. Pourquoi ai-je besoin de cette motivation-là pour faire les choses? Pourquoi les lieux prennent-ils à mes yeux une couleur attirante dès lors qu'ils sont habités par des êtres qui savent m'émouvoir ? C'est ainsi que ce soir, je me suis arrêtée devant mon si accueillant Monoprix, et pas seulement dans le but d'y faire quelques provisions. Une fois de plus ma jolie caissière a été des plus charmantes, une fois de plus j'ai frissonné lorsque sa main a été au contact de la mienne lors de l'échange de monnaie, et une fois de plus, je suis ressortie du magasin troublée et convaincue qu'il me fallait absolument y amener Alexandre. L'échange que nous avons eu ce soir m'y a aidé. Alors que nous dînions, mon ami et moi, dans une brasserie proche de la Porte Dorée, et que je me plaisais à lui rapporter les propos de Virginie le concernant, ce dernier m'a dit alors, avec un sourire qui ne m'a pas semblé dépourvu d'ambiguïté : "Pourquoi n'irions-nous pas déjeuner, tous les trois, un de ces midis ?" Brusquement, l'idée de voir celle qui restait malgré tout mon amie intégrer le libertinage que nous nous accordons m'a gênée, et après avoir balbutié quelques mots qui n'ont pas su cacher mon embarras, je me suis vue bien déconcertée lorsqu'il m'a déclaré : "N'est-ce pas toi qui as fait entrer Virginie dans tes doux rêves ? Et n'est-ce pas encore toi qui l'as faite passer dans notre espace le jour où tu m'as parlé d'elle, en me disant quel rôle tu lui faisais jouer dans tes songes? Ce jour-là, inconsciemment peut-être, n'as-tu pas voulu lui voir franchir le rubicon qui sépare ton univers personnel de notre univers d'amants ?" Si je me suis trouvée tout à coup si déstabilisée, c'est que je savais qu'il n'avait pas tout à fait tort, mais que je n'ignorais pas non plus, qu'un autre monde sépare quelquefois le rêve et la réalité. Me trouvant alors dans l'incapacité de lui faire part du moindre avis sur la question, ne sachant pas moi-même ce qu'il pouvait en être de mes propres désirs, j'ai évacué le problème en lui répondant que... j'avais besoin de temps pour me faire à cette idée. Et c'est ici, afin de ne pas le voir rebondir sur le sujet qui me déconcertait tant, que je me suis mise à lui parler d'Aurélie et de tous les émois qu'elles savaient provoquer dans tout mon être. Après m'avoir écoutée sans mot dire, Alexandre m'a paru être touché par les aveux que je venais de lui faire et si, jusque-là, nos avant-bras barrant la table, il me pétrissait les mains, ses doigts se sont mis alors à caresser tendrement ma joue, et tandis qu'il m'adressait le doux sourire que j'aime voir fleurir sur ses lèvres, il m'a dit : "Eh bien..., il va falloir que tu me la fasses connaître." |
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Après la relative accalmie de ces deux derniers jours, probablement due à la secousse surtout psychique qu'à provoqué ce dernier mercredi, le vent du Désir s'est remis à souffler avec force. Je l'ai senti ce matin à mon réveil, et je me souviens des deux premières impressions laissées par la mare chaude dans laquelle baignaient mes fesses, et par la tension qui semblaient habiter ma poitrine, le bout de mes seins se trouvant être congestionnés au point de connaître de vifs picotements. Dans mon demi sommeil, j'ai voulu me rapprocher d'Alexandre mais il me tournait le dos, et si ma main n'a trouvé sur son corps aucune aspérité à laquelle s'accrocher, elle a poursuivi sa course pour aller se rendre compte, entre mes cuisses, de l'effervescence de mon ventre. Et lorsque mes doigts ont pris la mesure de l'épanouissement de mes chairs, et de l'épaisseur et de la viscosité du film laissé par l'abondance des ruisseaux qui n'avaient cessé de couler durant la nuit, mon excitation n'a fait que redoubler. Mes doigts se plaisant à aller récolter, sur ma peau, par paquets, cette lourde pellicule encore chaude pour la ramener vers ma chatte, afin de sentir les coulures s'étoiler sur mes chairs à vif, des images se sont mises à naître dans mon cerveau, faisant fleurir de nouveaux désirs. Au milieu du miel dispensé par la bouche de Séverine, des pénis de Julien et de Raphaël, des poitrines mouchetées de minuscules tâches de rousseur de Virginie et d'Amélie, j'ai vu apparaître la vulve de Lucie... Non seulement cette vision m'a faite frémir de la tête au pied, mais les ondes des frissons qui m'ont parcouru le corps à cet instant ont déchiré mon ventre. L'orgasme qui m'a emportée à cet instant, dans cette torpeur langoureuse qui m'enveloppait, a été si vif et si impétueux, qu'il m'a fallu mordre fortement ma lèvres pour ne pas hurler. C'est dans les secondes qui ont suivi que j'ai réalisé combien cette Lucie me fascinait, et que j'ai compris que le nectar vénéneux de cette royale orchidée qui lui tient lieu de sexe avait instillé en moi un poison qui m'inféodait désormais à elle. Et c'est ici que cette idée a vu le jour dans mon cerveau, la faisant tourner en boucle dans mon esprit pour, à chaque passage, m'enthousiasmer un peu plus encore de sa pureté. Je me disais :"Si je suis certaine de ne pas vouloir retourner dans cette salle de torture parce qu'elle donne à cette femme ces allures de bourreau qui me heurtent, si je n'ignore pas le violent désir que celle-ci sait faire naître en moi, pourquoi ne pas lui demander de venir ici, chez nous?... Si, au delà de ses pulsions dominatrices, mon corps est loin de la laisser indifférente, pourquoi, après tout, n'accepterait-elle pas de faire cette nouvelle concession ?...Une fois ici, dans ce décor différent, devant laisser Alexandre me donner sa tendresse et son désir, pourquoi ne finirait-elle pas, elle aussi, par me donner ses bras et ses baisers de femme et non de serpent ?" Quand Alexandre a ouvert un oeil et qu'il a immédiatement cherché à me prendre dans ses bras, il s'est vite aperçu de l'état émotionnel dans lequel je me trouvais, et après avoir cherché mes lèvres, je l'ai vu amorcer le mouvement qui a aussitôt le pouvoir de faire se contracter mon ventre : opérer cette voluptueuse descente sur mon corps, sous la couette, se positionner ensuite perpendiculairement à celui-là, soulever ma jambe droite pour la faire passer au dessus de son épaule, et lancer son visage entre mes genoux ainsi écartelés, en commençant toujours par chercher avec le bout de sa langue l'orée de la mare qui inonde ma cuisse gauche. Quand, après m'avoir longuement léché et être parvenu à tirer de mon ventre une grappe d'orgasmes, il est revenu me prendre dans ses bras, j'ai failli lui faire part de l'idée qui m'avait obsédée avant qu'il ne se réveille, mais je me suis abstenue, préférant attendre de voir une occasion se présenter pour la lui servir dans la foulée, afin qu'il n'aille pas penser que je l'avais préméditée. Est-ce pour cela que je lui ai dit, alors que ses lèvres ne cessaient de me rapporter la saveur de ma chatte :"Qu'allons-nous faire aujourd'hui ?...Je t'emmène voir Aurélie ou tu me conduis auprès de ton Audrey ?... Avec qui allons-nous passer notre soirée, avec Séverine ou Nathalie ?" Mes questions proférées non sans exaltation ont fait rire mon amant, et ce ton joyeux a accompagné cette réponse : "Pourquoi toutes ces alternatives ?...Lorsque je t'aurai dit que ce matin il nous faut effectivement joindre Audrey au téléphone, nous pouvons parfaitement imaginer cette suite au programme de samedi : nous appelons Séverine pour s'assurer qu'elle sera des nôtres ce soir, nous allons ensuite rendre une petite visite à Nathalie pour lui montrer que nous ne l'oublions pas, et au retour tu m'emmènes dans ton Monoprix acheter le beurre dont tu me prives à chacun de mes petits-déjeuners !" |
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Il n'est pas loin de 21h et Alexandre vient de regagner ses pénates afin de rester un peu avec Elsa. Je l'ai poussé à le faire car je ne veux pas le voir écartelé entre ce qu'il croit être ses obligations d'amant et ce qui est assurément ses devoirs de père. Bien sûr, j'aurais préféré le garder auprès de moi, ce soir, mais il ne faut pas que je sois égoïste, ni trop exigeante d'ailleurs. Et sans doute le serais-je si je lui demandais de me donner plus que toute la tendresse -l'amour, devrais-je dire!- qu'il m'a donné durant tout ce week-end. Le nuage sur lequel je suis restée a mis sous l'éteignoir l'envie pourtant pressante de lui faire part de l'idée qui m'était venue concernant Lucie, et les rapports que nous pourrions tenter d'avoir désormais avec elle. Il faut dire que nous avons été très occupés car le programme énoncé hier matin par mon amant, et qui m'avait semblé sur le coup n'être qu'une boutade, a été en tous points respecté. Effectivement, cela a commencé hier matin par cette communication téléphonique avec Audrey et qui a duré deux bonnes heures. Je prends à chaque fois un très vif plaisir à écouter, incognito, les conversations qu'Alexandre peut avoir avec ses conquêtes, qui, se croyant évidemment en tête à tête avec lui, se livrent progressivement en finissant toujours par lâcher des aveux sur ce qu'elles ont de plus intimes. Et avec Audrey, cela n'a pas été très différent. Si j'ai bu du petit lait à l'entendre dire à Alexandre tout le bien qu'elle pensait de moi au travers des messages que je lui ai adressés, nous nous sommes excités, sans qu'elle s'en rende compte, des doux aveux qui lui ont été arrachée sur le plaisir qu'elle prenait à sentir une verge habiter son ventre ou ses reins, et sur toute la volupté qu'elle savait trouver à parachever une fellation. Ce qu'elle n'a jamais su, c'est que lorsqu'elle a confié cela à Alexandre, je recevais ce dernier au fond de ma bouche, allant même jusqu'à me faire jouir en l'entendant dire à mon amant combien elle serait heureuse de le rencontrer. Puis, vers 15h, hier après midi, nous avons une nouvelle fois embouché l'autoroute A4 pour nous rendre chez Nathalie, à Nogent sur Marne. Lorsque nous sommes arrivés chez elle, elle s'apprêtait à sortir, et si elle a accepté de nous recevoir, nous nous sommes vite rendus compte que notre visite la prenait de court, et qu'elle était sincère lorsqu'elle prétendait avoir un rendez-vous important qu'elle ne pouvait en aucun cas remettre. Ce qui nous a fait plaisir, c'est qu'elle était presque déçue de ne pas pouvoir nous retenir plus longtemps, et que lorsque nous lui avons dit que nous aimerions l'avoir chez nous la semaine prochaine, elle ne nous a pas dit non et... s'est enquise de savoir si Raphaël serait présent ! Puis, nous avons regagné Paris pour prendre, cette fois, le chemin de mon Monoprix préféré. Ah, avec quelle fébrilité et quelle exaltation j'ai conduit Alexandre entre les rayons pour nous charger des deux ou trois articles qui allaient nous donner prétexte de passer à la caisse !... Avec quelle crainte (Alexandre, derrière moi, était sensé ne pas me connaître), j'ai tendu à Aurélie mon pack de beurre et mes pots de yaourt !... Avec quelle fierté, j'ai accueilli son grand sourire et son chaleureux bonjour !... Avec quelle délectation, j'ai entendu mon ami me dire dès que nous avons atteint la sortie :"Tu as raison, elle est vraiment craquante. Bien qu'elle soit différente tout en étant aussi jolie, je lui trouve un petit quelque chose de Virginie. Le même grain de peau, peut-être... Avec ces mêmes tâches de rousseur... Comme je crois qu'il n'y avait rien de commercial dans la cordialité qu'elle t'a manifestée, il devrait être assez facile de mener une offensive. Il nous reste maintenant à déterminer laquelle." J'étais aux anges quand nous avons regagné le véhicule, et comme sans doute mon bonheur faisait plaisir à voir, Alexandre a certainement voulu le faire resplendir encore, car il a sorti son téléphone portable de sa poche, a rapidement composé un numéro, puis s'est tourné vers moi pour lancer, lorsqu'il s'est mis à répondre : "Bonsoir Séverine ! " Je me suis aussitôt sentie fondre de joie, l'entendant poursuivre ainsi, après deux ou trois échanges : "Clémence et moi brûlons d'envie de t'avoir avec nous ce soir, cette nuit, demain..." La jeune femme ayant manifestement interrompu mon amant, ma respiration s'est arrêtée, craignant que celle-là soit en train de lui faire part de son impossibilité. Mais mes poumons ont retrouvé quelques dés à coudre d'air quand j'ai entendu Alexandre lui dire, d'un air détendu et souriant : "Eh bien écoute... Va avec tes amis, puisque tu ne veux pas cette fois leur faire faux-bond, et rentre vite.... chez nous. Comme la dernière fois, nous ne laisserons une clé sous le paillasson. Nous dormirons peut-être lorsque tu arriveras mais cela n'est pas grave... Nous ne voulons pas traverser cette nuit sans toi. D'ailleurs, je vais te passer Clémence qui saura te le dire bien mieux que moi." Ah, quel bonheur, cet échange avec Séverine, qui n'a su me cacher ni sa joie ni ses émotions!... Et puis, cette soirée en amoureux avec mon amant au restaurant, faisant durer notre repas pour goûter chaque minute qui s'écoulait, et qui resplendissait de la promesse que constituait la venue de notre amante... Et puis, avec ses chauds baisers dans mon cou, il y a eu le long frisson amené par le corps froid de cette dernière contre le mien, lorsqu'elle s'est glissée sous la couette... Et puis, cette étreinte, en silence, aux côtés d'Alexandre endormi... Et puis, nos cris étouffés, son souffle dans le creux de mon épaule lorsqu'elle a été cueillie par le sommeil, la chaleur douillette de ses formes contre ma peau, à mon réveil. Il ne fait plus aucun doute que Séverine est heureuse lorsqu'elle se trouve à nos côtés, et si elle nous l'a encore abondamment montré durant cette journée de dimanche, me plaisant à voir s'exacerber tous ses émois, je n'ai eu de cesse de vouloir l'entendre nous le dire. Et lorsqu'en début d'après-midi, toujours enlacés sur notre lit, nous avons décidé de sortir pour aller déjeuner et profiter de ce pâle soleil de novembre, et que je l'ai encore pressée en descendant une énième fois sur son corps épuisé en ponctuant ma prière d'un "si tu ne me le dis pas, je te fais encore jouir", Séverine, sous la torture, nous a fait cet aveu, dans un souffle qui m'a paru aussi doux que la course d'un zéphir dans le plumage d'une colombe : "Mais Clémence..., pourquoi tu veux absolument me faire dire ce que tu sais déjà ??...Oui..., oui, je suis bien avec vous... Si bien que maintenant, lorsque je suis chez moi, je guette la sonnerie du téléphone et que mon coeur bat plus fort lorsque je l'entends retentir. C'est sans doute parce que je crains que ça ne soit pas vous, tout autant que j'espère reconnaître la voix de l'un de vous deux." Si sa déclaration, exprimée d'une voix bien douloureuse, nous a beaucoup touchés, elle a relancé la question qui nous a préoccupé il y a quelques semaines, Alexandre me disant ce soir, après que notre amante nous ait quittés : "Si je te dis que nous n'avons maintenant pas le droit de la laisser plus de quarante-huit heures sans nouvelles de nous, ne pouvant plus accepter de la voir souffrir, tu noteras que nous ne sommes déjà plus dans les rapports de force avec elle, et je te laisse me dire si nous avons été imprudents ou si nous devons nous réjouir de cette situation." |
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La réflexion d'Alexandre m'a poursuivie toute la journée, me contraignant à regarder de face une situation que je m'évertuais à me dissimuler, un peu comme je l'aurais fait avec mes relevés de banque, entassant les enveloppes non décachetées de crainte de découvrir l'ampleur de tous ces chèques tirés inconsidérément. Le banquier ne manquerait pas de me rappeler à l'ordre, comme mon amant l'a fait hier soir. Ces atterrissages, dans les marécages malodorants d'une réalité qui, à force de l'avoir niée, m'est devenue hostile, ne me laissent pas inaltérée. Ils me font mesurer combien je peux être, quelquefois, irresponsable, et combien je suis loin d'être la femme adulte qu'atteste ma carte d'identité. Comme les enfants, je ne mesure pas les conséquences de mes actes et je continue de croire, avec cette même ingénuité, que je peux obtenir tout et son contraire. N'est-ce pas ce que j'ai fait avec Séverine, ne voulant voir que la jouissance que m'apporte sa présence et que me procurent ses doux aveux, sans considération de leurs effets et de leurs conséquences? Pourquoi faut-il que l'on me mette le nez dedans pour me voir être enfin capable d'appréhender une situation dans toute sa dimension ? En l'occurrence, je me rends bien compte que Séverine n'est pas une poupée Barbie que je peux flanquer dans mon coffre à jouets, jusqu'à ce que l'envie de m'amuser de ses différents costumes me reprenne, m'étant lassée de mes peluches et autres dînettes. Les émotions qu'elle ne cesse de nous exprimer (et que je suis la première à vouloir voir s'épanouir !) continueront-elles d'être aussi vives, si nous ne lui renvoyons pas les nôtres, celles-ci se mesurant aussi à l'impatience que nous lui manifesterons à l'avoir près de nous ? Je me rends bien compte que s'il n' est trop tard, il nous faut opérer un choix bien cruel entre Séverine et notre pleine et entière liberté. Toutes ces questions m'ont tourmentées toute la journée, et si je suis ce soir au bord de la migraine, je demeure tout autant irrésolue. En petite fille gâtée et capricieuse que je suis, j'ai beaucoup de mal à me déterminer, n'acceptant pas l'idée qu'il me faille faire une croix sur un des termes de l'alternative. D'ailleurs, écrivant ces lignes, je sens bien que je suis en train de me chercher toutes les bonnes raisons pour ne pas avoir à choisir. Dans le but, sans doute, d'apaiser la fébrilité qui me tient, l'on vient de me signaler qu'un site "X" a mis le mien dans ses liens. Quand je songe au titre de ce dernier, "Divines Salopes", je tremble à la pensée de la promiscuité à laquelle l'on me contraint, et je suis furieuse de la population à laquelle l'on m'associe. Je suis ainsi faite -mon éducation, sans doute- mais les mots me heurtent bien plus que les actes. Je suis si mal placée pour jeter l'opprobre sur ces jeunes femmes que je ne le ferai pas. Et ce n'est pas leur inclination pour les plaisirs charnels qui me gêne mais l'adjectif dont on les qualifie. |
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