Vendredi 27 Octobre

Hier soir, j'étais si heureuse, si exaltée, si profondément excitée dans le moindre recoin de mon être que, Nathalie enfin laissée devant chez elle, je n'ai pu retenir mes deux mains lorsqu'elles ont rabattu le fond de ma robe sur mon ventre pour venir se coller sur le bas de celui-là. Je crois qu'elles ne l'ont pas quitté jusqu'à ce matin, ne cessant de vouloir me montrer et me faire mesurer combien j'étais ouverte. Sans doute cet adjectif est-il insuffisant, car rapporté à une porte, si l'on peut imaginer celle-ci grande ouverte, elle demeure néanmoins toujours debout et visible sur ses gonds, l'ombre portée du battant pouvant même venir atténuer l'impression laissé par cet encadrement béant. Hier soir, j'avais le sentiment que la porte qui mène à mes reins avait été fracassée au point d'en avoir laissé tous les morceaux, y compris ses charnières, sur la moquette de ce bon Raphaël. Pourquoi l'idée d'être on ne peut plus béante imprime-t-elle dans mon cerveau, à chaque pensée, les effroyables piques de brûlures que pourraient laisser la pointe incandescente d'un fer à souder ? Lorsque, rentrés chez nous, nous nous sommes couchés et que j'ai vu Alexandre préférer me prendre dans ses bras pour me donner son sentiment sur cette soirée, plutôt que de s'exciter, avec moi, des deux larges avenues qui lui donnaient incroyablement accès à mon corps, j'en ai conçu une grande déception et une non moins vive frustration. Et comme il a pris mon mutisme pour de la fatigue, je l'ai maudi lorsque je l'ai entendu me souhaiter, pourtant bien tendrement, une bonne nuit. Mais mes ressentiments ont été de courte durée, car sans doute étais-je, effectivement, quelque peu exténuée. C'est collée à mon amant, mon corps en chien de fusil épousant le sien, que je me suis endormie, mes doigts refusant d'abandonner l'insondable fourreau qui terminait alors mes reins. Et ce matin, en dépit de l'heure tardive à laquelle nous nous sommes réveillés en sursaut, j'ai été heureuse de voir Alexandre se moquer de la position des aiguilles sur le cadran de la pendule, et préférer mon corps largement épanoui et couvert d'une épaisse rosée aux urgences de son emploi du temps. Cette étreinte a su ôter une grande partie de la tension qui m'agitait depuis le moment où je m'étais couchée, la veille, et j'en ai été d'autant plus ravie que ce soir, je savais que j'allais passer ma soirée sans ce dernier. Je me suis raccrochée toute la journée à l'idée que je pourrais, peut-être, avoir la chance de partager ma nuit avec Séverine, mais ma déconvenue a été à la mesure des espoirs que je n'ai cessé d'accumuler durant cette journée puisque, l'ayant appelée à trois reprises, je ne l'ai pas trouvée chez elle. 

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Samedi 28 Octobre

Ce matin, lorsque je me suis réveillée pourquoi suis-je allée me mettre dans la tête que, ce soir, Alexandre me conduirait dans l'Essonne, dans la maison de cette Lucie? Encore à demi ensommeillée, cette perspective n'a cessé de venir caresser mes pensées en me faisant frissonner chaque fois que mon cerveau concevait l'image de cette femme. Aussi, ai-je exultée lorsque j'ai entendu la porte d'entrée se refermer sur celui qui ne pouvait être que mon bien-aimé. Oh, quel bonheur a été le mien lorsque j'ai vu sa haute stature se détacher dans l'encadrement de la porte de ma chambre, éclairée par une douce pénombre ! Et dès que sa peau nue s'est trouvée être au contact de la mienne, dès que ses bras sont venus se nouer autour de mon cou, je n'ai eu de cesse de l'interroger sur ses contacts minitel en général et sur Lucie en particulier, afin de lire sur son visage un signe qui aurait pu me conforter dans cette conviction que notre soirée serait essonnienne. Mais il ne m'a pas laissée dans mes illusions bien longtemps, s'exclamant à l'évocation de ce prénom :"Tiens, il va falloir que je reprenne contact avec celle-ci en début de semaine prochaine. C'est ce week-end, je crois, qu'elle rentre de sa semaine de vacances." Patatras!... Mon beau château en construction, quelque part en Espagne, s'est effondré aussitôt sur sa base, me laissant quelque peu déçue, et incapable de m'enthousiasmer à écouter mon amant me dire tous les espoirs qu'il mettait dans les rapports qu'il entretenait avec cette femme prénommée Audrey, et auprès de laquelle je joue toujours le rôle qu'il souhaite me voir tenir. Je ne saurais dire pourquoi mais les envolées de cette correspondante me font immanquablement penser à celles que je relevais dans les messages d'une jeune femme qu'Alexandre avait fini par connaître physiquement, le jour de son anniversaire, au tout début de ce dernier été. Alors qu'elle habitait dans je ne sais quel département limitrophe de l'Ile de France, il l'avait rencontrée dans une chambre d'un hôtel des Yvelines, celle-là ayant acceptée d'y pénétrer alors que la pièce était dans l'obscurité totale. Naturellement, j'étais dissimulée derrière le lit lorsqu'elle est entrée et qu'elle a filé à tâtons, droit vers la salle de bains, n'en finissant pas de se rafraîchir de son éprouvante journée professionnelle. Nos oreilles saisissant tous les bruits qui provenaient de derrière la porte proche de la tête de lit, nous nous en étions excités au point de faire l'amour... et d'avoir le temps de si bien le faire que mon amant avait fini par exploser en moi. Lorsque la jeune femme avait fait irruption dans la pièce et qu'elle était venue s'étendre, dans le noir, près d'Alexandre, elle avait été surprise et bien dépitée de le trouver bien en peine de parvenir à une nouvelle érection. Si j'ai pris alors quelque plaisir à la caresser sans qu'elle s'en aperçoive, si j'ai même pu glisser ma langue deux ou trois fois sur sa chatte, j'ai tout à coup mal senti cette soirée, et j'ai préféré entamer une retraite discrète, ce qui a été moins difficile que les heures particulièrement pénibles que j'ai passées à attendre dans la voiture, appelant un sommeil qui ne venait pas, obsédée que j'étais par la crainte de me faire agresser sur ce parking désert. Et lorsque ce matin mon amant m'a parlé de cette Audrey, c'est à cette autre jeune femme que j'ai aussitôt pensé, et à la nuit éprouvante que j'avais passée à l'attendre jusqu'à cinq heures du matin !  Aussi, quand j'ai entendu ce dernier me dire qu'il espérait bien pouvoir, bientôt, rencontrer sa nouvelle conquête, je me suis exclamée un peu sèchement : "Ecoute, fais-la venir où tu veux, ici..., si ça te chante, mais de grâce, épargne-moi la chambre d'hôtel !" Immédiatement après avoir formulée ma prière sur un ton un peu âpre, je m'en suis voulue d'être si capricieuse, et surtout si injuste vis à vis d'Alexandre, lui qui ne cesse de me rendre heureuse et de combler toutes mes attentes et tous mes désirs, même les plus baroques. Je me suis alors précipitamment blottie contre lui, j'ai cherché fébrilement ses lèvres et j'ai voulu mettre dans mon baiser dix fois plus de miel qu'il avait pu y avoir d'acidité dans la réflexion que je venais bêtement de lui faire, et puis je me suis abandonnée dans ses bras, comme si je voulais, du même coup, lui signifier ma capitulation et lui faire comprendre que je savais que mes désirs ne seraient jamais aussi bien servis que par lui-même. Il en a été touché et les heures qui ont suivi ont été remplies d'une telle émotion que nous n'avons même pas songé à faire l'amour. Et lorsque ce soir, vers 20h, je l'ai vu saisir le téléphone et activer le haut-parleur à l'instant même où Séverine décrochait pour dire "allô", je me suis précipitée de contentement vers Alexandre en faisant basculer son torse sur le lit, les baisers dont je constellais son visage allant jusqu'à l'empêcher de parler. "Vous croyez ?", a demandé la jeune femme, après que mon amant lui ai demandé de venir nous rejoindre. J'ai alors arraché le combiné des mains de ce dernier et j'ai crié aussitôt à Séverine :"Viens vite,  ma chérie, j'ai envie de tes baisers, de tes caresses, de ton corps, de tout ton corps... Viens... Viens !!" Je l'ai entendue sourire, soupirer, puis me dire :"J'avais prévu d'aller chez une copine, ce soir, mais bon..., c'est vrai que je préfère être avec vous."

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Dimanche 29 Octobre

Ce matin, que mon réveil a été doux et émouvant ! N'avais-je pas le corps de Séverine lové contre le mien et cinq de mes doigts n'étaient-ils pas noués à ceux d'Alexandre ? Et je suis restée là, durant de longues minutes, quelques bribes de sommeil accrochant encore mes yeux, à aspirer et à boire, à longs traits, les grosses gouttes de bonheur qui perlaient à la surface cotonneuse du nuage qui enveloppait le lit de cette chambre. Et puis, peu à peu, mon esprit s'est mis à prendre conscience du sourd charivari qui devait résonner dans le tréfonds même de mon corps, et celui-là s'est plu à me le faire écouter, s'attardant sur les petits frissons qui ne cessaient de parcourir mon échine, sur le poids qui oppressait doucement ma poitrine, sur le fort gonflement de mes seins et de ses pointes, sur les petits picotements ressentis au bout de ses dernières, sur les fleuves de lave qui coulaient avec une lenteur effrayante à l'intérieur de mon ventre, sur les chairs extraverties de ma chatte que je sentais imperceptiblement palpiter sur la peau de mes cuisses jointes, sur la mare chaude et humide dans laquelle reposaient mes fesses, le sillon qui les coupe en deux me semblant ne pas avoir été épargné par les coulures qui n'avaient cessé de sourdre des profondeurs bouillonnantes de ma vulve. Si j'aime me sentir béante, mon esprit sait aussi que je ne me lasse pas de me délecter de la conscience de mon excitation, chaque constat fait sur mon corps venant ensuite en rajouter à celle-là. Et là, ce matin, est-ce la représentation de l'effervescence de mon propre sexe, mais j'ai vu tout à coup passer devant mes yeux celui de Lucie, et comme cette fugace vision m'a faite frémir de la tête au pied, mon esprit l'a retenue, et il me l'a rendue aussitôt plus présente et plus précise. Il est allé si loin dans son désir de me la restituer si justement, il est parvenu à me la faire concevoir avec un tel réalisme, que j'ai eu pendant quelques secondes non seulement le sentiment d'avoir cette luxuriance carnée sous les yeux, mais aussi la délicieuse impression de la sentir sur mes lèvres ! Ce brusque contact, si juste et si vrai, m'a fait revivre en une fraction de seconde l'instant où cette divine orchidée s'était déchirée sous ma langue en me livrant tout son nectar. Est-ce la précision d'orfèvre de cette évocation, ou bien la lame que j'ai sentie naître au creux de mes reins et qui s'apprêtait à déferler dans mon ventre avec une violence inouïe, mais mon cerveau s'est ingénié a rappeler à lui les plus infimes souvenirs de ma bouche alors qu'en plein délire, il lui avait semblé recevoir un bien savoureux nuage... Et là, tout à coup, toutes les sensations enregistrées, même les plus inconscientes, m'ont été restituées, et c'est au paroxysme de l'orgasme aussi voluptueux que silencieux qui m'a soulevée que j'ai très nettement senti, les jets drus et rapides qui se sont écrasés en douceur sur ma langue ainsi que sur mes parois buccales avant que le nuage ne se répande dans ma gorge pour me laisser le seul souvenir conscient qui m'était resté. L'acuité avec laquelle mon cerveau et mes sens m'ont fait revivre cet instant m'a profondément troublée et perturbée, me laissant sur la conviction que je n'avais pas fait que rêver, et faisant ainsi renaître et redoubler mon désir de me voir être conduite dans cette maison de l'Essonne. Lorsque mes deux amants se sont éveillés, ils m'ont trouvé dans un tel état d'émotion et d'excitation qu'ils m'ont fait aussitôt l'amour, achevant de faire sortir de moi toute la tension qui m'habitait encore. Et comme ces instants ont su imprimer la même tonalité aux heures qui ont suivi, je suis restée sur mon nuage jusqu'au début de cet après-midi, où je n'en suis redescendue que poussée par les baisers de miel de Séverine et les caresses sucrées d'Alexandre, ces derniers se refusant de nous voir mourir étouffés par les sèches et infâmes pizzas confectionnées par ce même marchand de mobylettes.

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Lundi 30 Octobre

Le Bonheur n'est-il pas le produit de la succession de petits bonheurs qui nous atteignent ou qui nous échoient tout au long d'une journée ? Si j'en crois l'intensité de celui qui m'inonde ce soir, je peux répondre par l'affirmative à cette question. Il y a eu tout d'abord la découverte, dans ma trousse à maquillage, de ce morceau de nappe de papier contenant un baiser de Séverine, celle-là s'étant colorée les lèvres avec mon bâton de rouge pour marquer la surface blanche et alvéolée de la saisissante trace laissée par ses deux lèvres légèrement entre ouvertes. Il y a eu ensuite la conscience que mercredi était jour férié et que j'allais pouvoir rester accrochée au cou de mon amant toute la journée. Cela s'est poursuivi avec cet appel de Virginie m'invitant (avec Alexandre !) à cette soirée qu'elle donne demain(!) en l'honneur de ses trois ans de mariage, et cela a continué avec cette visite impromptue de Julien, courte mais chargée d'émotions, ce sourire d'Amélie et le frisson qui m'a secouée lorsque ses doigts ont caressé la paume de ma main alors qu'ils allaient chercher les pièces de monnaie que je lui tendais, toute tremblante. Je croyais alors avoir fait le plein, mais non !  Vers 20h30, j'ai eu un appel d'Alexandre. Ne sachant pas comment il allait prendre cette invitation chez Virginie, il m'a semblé habile, après la lui avoir annoncée, de lui dire que je n'avais nullement envie de m'y rendre. Et là, je l'ai entendu me dire en m'interrompant :"Mais non, pourquoi?... Je serai ravi de connaître Virginie, ainsi que tes autres amies car je suppose qu'elles seront présentes elles aussi. Tu ne lui as pas dit non, j'espère ??" J'ai dû faire aussitôt un aussi habile retournement de veste, trop heureuse que j'étais de le voir si bien disposé à se rendre à une soirée qui ne le concernait pas, cela pour marquer de sa présence les compartiments de ma vie desquels il était encore absent. Et lorsqu'il m'a dit en guise conclusion :"Eh bien..., comme j'avais l'intention de joindre Nathalie au téléphone demain soir pour la rappeler à notre bon souvenir, tu vas, toi, devoir le faire ce soir. Car, ce mercredi, nous ne pourrons pas la joindre et elle risque de se vexer du peu de cas que nous faisons d'elle." Lorsque j'ai eu raccroché, mon bonheur ne savait plus quelle couleur adopter. Le gris sombre de cette communication qu'il me fallait donner à cette plantureuse Nathalie, le jaune bouton d'or que me renvoyait ma fierté d'être, demain, chez Virginie, au bras d'Alexandre, ou le rose bonbon laissé par la réflexion de mon amant, lorsque celui-ci a évoqué, avec ce mercredi, l'impossibilité dans laquelle nous allions nous trouver d'utiliser un téléphone. Oui, c'est avec quelque ivresse dans la tête que je termine d'écrire ces lignes car, m'étant finalement résolue à former le numéro de Nathalie, celle-ci n'a peut-être pas été enthousiaste, mais elle n'a pas non plus été désagréable. Certes, elle a été surprise de m'entendre, mais elle a accepté l'échange sans y mettre les pointes d'ironie ou d'amertume dont elle était coutumière, et lorsque je lui ai dit que nous nous verrions sans doute bientôt, elle ne l'a pas relevé, ce qui m'a incliné à penser que c'était une forme d'acceptation tacite.

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Mardi 31 Octobre

Afin de ne pas me laisser gagner par une impatience et une fébrilité ne pouvant qu'aller croissantes, je me suis immergée dans mon travail, ne voulant pas voir une once de pensée exogène aux questions d'ordre professionnel venir traverser mon esprit. Sautant d'une tâche à une autre en ne m'accordant aucun répit de crainte de voir s'opérer quelques infiltrations délétères, j'ai jeté mon crayon en l'air lorsque j'ai vu la grande aiguille de ma pendule murale marquer dix minutes après 18h. Et c'est en empruntant les escaliers que j'ai quitté les locaux, voulant à chaque marche descendue débarrasser un peu plus mon cerveau des préoccupations dont je l'avais chargé tout au long de cette journée. Lorsque je suis arrivée sur le trottoir, dans le tintamarre de la circulation, j'avais dû laisser sur chaque degré où mes chaussures s'étaient posées un peu de ces soucis car, lorsque celles-ci ont foulé l'asphalte de la rue, mon esprit me rapportait déjà la nudité de mon corps, sous ma robe, et savait me faire part des effets que savaient produire cette conscience. C'est donc la tête et le ventre à nouveau en pleins émois que j'ai vite gagné mon chez moi du 3eme, rue L....., pour me préparer à cette soirée qui me ravissait autant qu'elle me perturbait, ne sachant quelle appréciation porter sur cette immixtion d'Alexandre dans cet univers appartenant à cette autre Clémence. Une fois dans ma salle de bains, ce trouble s'est vite mué en crainte, celle-ci m'ayant envahie à la seule pensée que je faisais de mon amant un corridor reliant ces deux mondes séparés jusqu'ici par un espace inter galactique. Et puis, me disais-je, serait-il surprenant que je sois très différente dans ma manière d'être, selon l'univers dans lequel je me trouve ? Sans m'en rendre bien compte, ne vais-je pas présenter à Alexandre une image de moi qu'il ne va pas reconnaître, un reflet qui va lui faire entrevoir que je ne suis peut-être pas celle qu'il pense que je suis ??...Comme je suis vite submergée par mes émotions, quelles qu'elles soient, celles-ci n'ont pas manqué de me noyer, et c'est bien perturbée qu'Alexandre m'a trouvée lorsqu'il est arrivé, et bien embêtée qu'il m'a laissée lorsque je me suis vue contrainte, son regard ne me lâchant pas, d'enfiler une robe sur une totale nudité qui se prêtait mal au monde que je l'emmenais côtoyer. Cette soirée finalement tant redoutée s'est passée et, comme souvent, je constate que la montagne que j'ai laissée derrière moi n'était en fait qu'un minuscule gravillon. Pouvais-je douter d'Alexandre, de sa capacité à me comprendre et à m'aider me faire me ressaisir, de l'homme charmant qu'il sait être et du désir permanent qui est le sien de vouloir me faire plaisir. Et je suis ce soir profondément heureuse car il n'a pas seulement souhaité m'être agréable, il s'est attaché toute la soirée à me faire honneur, et je crois qu'il a su faire l'unanimité, Virginie elle-même me glissant dans le tuyau de l'oreille :"Je suis de l'avis d'Agnès, tu nous a caché Alexandre de crainte qu'on te le pique !...C'est vrai qu'on tombe facilement sous son charme !"

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