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Film américain : De Steven Spielberg (1982).
Scénario : De Melissa Mathison.
Photographie : De Allen Daviau.
Musique : De John Williams.
Production : De Steven Spielberg et Kathleen Kennedy pour Universal Pictures.
Effets spéciaux : Industrial Light & Magic (ILM) supervisés par Dennis Murren.
Par une nuit de printemps, une petite soucoupe spatiale se pose aux environs de Los Angeles,
dans une clairière californienne, pour une mission d'exploration botanique. Mais les extraterrestres
sont repérés par des hommes (Robert Barton, Michael Durrell), des bruits de moteurs et des lueurs aveuglantes
de projecteurs surgissent. L'armée cherche les intrus. Les extraterrestres sont contraints à décoller précipitamment
en oubliant un des leurs qui s'était éloigné dans la forêt. Abandonné à des millions d'années-lumière de chez elle,
la petite créature est apeurée et seule.
A la recherche d'un refuge pour échapper à ses poursuivants, E.T. se retrouve dans la cour d'un pavillon de banlieue
où il est bientôt découvert par un jeune garçon de dix ans, Elliot, qui lui installe un abri dans son armoire.
Elliott (Henry Thomas), un jeune garçon rêveur et marqué par le départ de son père, y vit avec sa mère Mary
(Dee Wallace-Stone), son frère aîné Michaël (Robert MacNaughton) et sa petite sœur Gertie (Drew Barrymore).
Aidé par sa petite soeur et son frère aîné, Elliot va tout faire pour garder la présence d'E.T. secrète.
Elliot et E.T. se lient d'amitié et un échange télépathique les rapproche. E.T. découvre le monde des hommes...
Mais E.T. saisi d'une étrange anémie tombe malade. Il ne peut survivre longtemps loin de son environnement.
Elliot partage les mêmes symptômes. Tous deux sont emmenés à l'hôpital. E.T. meurt malgré les efforts des médecins
et des militaires qui espèrent bien récupérer l'étrange créature de l'espace. Mais, pour la plus grande joie de ses amis,
E.T. ressuscite au bon moment. Elliot accompagné de Keys (Peter Coyote), Greg (K.C. Martel), Steve (Sean Frye), Tyler
(C. Thomas Howell), se lancent dans une course folle en vélo, vers la soucoupe qui revient chercher E.T. Militaires
et policiers les poursuivent mais, grâce à E.T. qui leur donne le pouvoir de s'envoler, tout le monde arrive à temps
pour que l'extra-terrestre retrouve les siens.
La réalisation et tournage :
Voici ce que Spielberg appelle son "petit film". Ce désir de réaliser un film plus personnel le travaillait depuis
quelques années et c'est lors d'une conférence de presse en 1978 qu'il en fit part :
« Il y a beaucoup de choses que je n'ai pas pu mettre dans mes films, qui recouvrent tout ce qui vient réellement du fond
de mon cœur. Jusqu'ici, je n'ai pas été capable de me montrer aussi bien que j'aurais aimé le faire... étant occupé
à peindre sur un écran académique de Panavision. »
C'est en effet, dans ses propres souvenirs d'enfant que Spielberg puise son inspiration, lui qui s'était inventé
un ami imaginaire... un extraterrestre. Il n'est pas surprenant de constater alors que les parents d'Elliott
sont séparés et que celui-ci cherche à combler le vide laissé par l'absence de son père, l'action se situant
dans une banlieue tranquille comme Spielberg les connait bien.
E.T. est donc né à cette époque... pas vraiment dans la forme que l'on connait. Spielberg avait commencé par faire
travailler Robert Zemeckis et Bob Gale (tous deux scénaristes de 1941 et des Retour vers le futur) sur un script intitulé
successivement « Growing Up » puis « After School », un film sur les enfants, sur ce qui se passe entre trois heures
de l'après-midi, à la sortie des classes, et six heures, lorqu'ils rentrent à la maison. Le scénario, qui s'intitule
maintenant Night Skies, revient alors à John Sayles, le scénariste de Piranhas. C'est dire si l'histoire va changer
d'orientation : « Night Skies ressemblait plus à un film de suspense et d'horreur » souligne Sayles.
Un tas de rumeurs va entourer le projet : le film serait finalement réalisé par Sayles. Non, en fait ce serait Ron Cobb,
concepteur de certains décors de « Star Wars », de ceux du Nostromo, le vaisseau cargo d'Alien et de l'intérieur du vaisseau
mère de Rencontres du troisième type. Spielberg ne serait ainsi que producteur du film... Sauf qu'entre temps,
John Milius propose à Cobb de porter à l'écran Conan le barbare. Columbia parle finalement de ce nouveau film
comme une suite de « Rencontres du troisième type», si ce n'est que John Sayles s'intéresse à un groupe de onze visiteurs
terrorisant une ferme isolée.
Toujours est-il que le travail de pré-production débute en avril 80, la création des onze créatures étant confiées
à Rick Baker. Il construit un prototype qui enchante Spielberg, moins la Columbia qui craint de voir le budget s'envoler
rapidement, à moins que Spielberg ne réalise le film pour le rentabiliser, comme ce fut le cas pour « Rencontres du
troisième type ». Ça tombe bien, le réalisateur envisage de plus en plus de tourner le film, enfin, une version revue
et corrigée. Quant à John Sayles, il va commencer le tournage d'un autre film. C'est là que le groupe de visiteurs
devient un seul, E.T., et qu'entre en scène la scénariste Melissa Mathison.
C'est pendant le tournage des « Aventuriers de l'Arche perdue » que Spielberg réfléchit à une
« relation très touchante et très tendre entre un extraterrestre et un garçon de onze ans qui le recueille chez lui ».
Rick Baker étant accaparé sur le tournage du Loup-garou de Londres de John Landis, la création d'E.T. revient à
Carlo Rambaldi, le concepteur des créatures de Rencontres du troisième type.
Le film change à nouveau de titre et devient « A Boy's Life », puis « E.T. and Me ». Enfin la production passe de la
Columbia (qui n'est pas intéressée par un héros non humain) à la Universal. Melissa Mathison commence une nouvelle version
du scénario le 10 octobre 1980, et après une succession de rencontres avec Spielberg, une première mouture est disponible
huit semaines plus tard.
Après avoir trouvé in extremis un Elliott qui subjugue totalement Spielberg (Henry Thomas), le tournage peut commencer
le 8 septembre 1981. Celui-ci commence à Culver City par les scènes de l'école, où Elliott libère des dizaines de
grenouilles (ce que Spielberg rêvait de faire, écolier) et nous rejoue un passage du film « L’homme Tranquille »
avec sa camarade qui n’est autre que Erika Eleniak (Alerte à Malibu), puis est conduit devant le directeur de
l'établissement joué par... Harrison Ford. La scène fut coupée au montage et trouverait sa place dans les bonus d'un
DVD à paraître à l'automne 2002. .
L'équipe s'installe ensuite dans la banlieue de Los Angeles, véritable havre de paix, loin du crime et des problèmes
de la ville, pour rejoindre par la suite un ancien studio, isolé de la curiosité du public. Spielberg y filmera les
scènes d'intérieur et celles de la clairière dans l'ordre chronologique du scénario, afin de respecter l'état d'esprit
des enfants. Le tournage s'achève par six jours d'extérieur à Crescent City pour les plans de la forêt
(laquelle servira également de décor pour la forêt « d'Endor du Retour du Jedi »), trois jours avant la date prévue
par le plan de travail ; contrairement à ses deux derniers films - et sans storyboard - Spielberg a fini dans les temps,
le tout pour 10,5 millions de dollars. « A 98%, j'ai tourné ce film d'instinct. J'arrivais sur le plateau et laissais
les gosses me montrer la marche à suivre. D'autres fois, j'avais brusquement une idée, et nous tentions de la réaliser
aussitôt. » C'est ainsi qu'il filma les premières répétitions des scènes « car on ne sait jamais toutes les bonnes choses
qui peuvent en sortir ».
Le film sera présenté au Festival de Cannes en avant-première mondiale le 26 mai 1982.
Après une projection matinale pour les journalistes, une conférence de presse très attendue,
le film fut projeté le soir-même en clôture. Le formidable accueil réservé par le public à ce que la plupart
des festivaliers appelait le chef-d'œuvre de Spielberg pouvait à peine suggérer le succès sans précédent que recevrait E.T.
à travers le monde.
Anecdotes :
La scénariste du film, Melissa Mathison, était en fait la petite amie d'Harrison Ford,
lesquels se sont mariés et sont maintenant séparés.
Le succès rencontré par le film a permis à Spielberg de monter sa propre société de production,
Amblin Entertainment, dont le logo n'est autre que le vélo d'Elliott avec E.T. passant devant la lune,
une image maintes et maintes fois reprise ou détournée...
Lors de la conférence de presse donnée à Cannes, un journaliste posa la bonne question : où est E.T. maintenant ?
Réponse satisfaite de Spielberg : « A la maison ! », à quoi il rajoute plus sereinement :
« Je fais preuve d'un optimisme un peu enfantin... je suis plutôt sentimental.
Mais pour moi, pour tous ceux qui ont travaillé sur le film - et, je l'espère, pour tous ceux qui aimeront
le film - il n'est pas dans une caisse, quelque part dans un magasin d'accessoires. Il est... à la maison ».
Dans la version originale, c’est une certaine Pat Welsh, photographe amateur sexagénaire habitant en Californie qui
prête sa voix à E.T. . C’est Ben Burtt, le " sound designer " du film, qui l’a découverte au début de la post-production :
" Pat rêvait depuis toujours d’être actrice. Elle avait brièvement tenté de le devenir, mais n’était jamais passée
profesionnelle. Je lui ai expliqué ce que je recherchais et elle a bravement accepté d’enregistrer le dialogue de l’alien.
J’ai ensuite altéré son timbre par des procédés électroniques et y ai ajouté des souffles d’animaux pour lui donner une
sonorisation extra-humaine. Au final, la voix d’E.T. mixe 18 sources sonores distinctes, y compris humaines et animales,
dont certaines se limitent à un hoquet, un ronflement, un rot. Mais c’est assurément Pat Welsh qui a fourni le gros du
travail".
En ce qui concerne la version française, E.T. - 20ème anniversaire a bénéficié d’un nouveau doublage,
tellement proche de l’original que même les cinéphiles " spécialistes " de la V.F. n’ont pas décelé la différence
avec le doublage d’époque !
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