WE DON'T LIVE HERE ANYMORE
Cast: Mark Ruffalo, Laura Dern, Peter Krause, Naomi Watts
Année: 2004
Studio: Warner Independent
Longueur: 101 minutes
Classé 13 ans+

L'un des hommes les plus en demande à Hollywood présentement ne travaille même pas dans l'industrie du cinéma. Le romancier Andre Dubus, inconnu de la vaste majorité des cinéphiles avant le tournant du millénaire, est en train de se bâtir un nom... grâce à ce que d'autres ont fait de son travail. Après l'énorme succès critique d' In the Bedroom en 2001, ses oeuvres ont été passé au peigne fin pour voir lesquelles feraient de bonnes adaptations. Puis l'an dernier paraissait House of Sand and Fog, une brillante et vivace adaptation de l'un de ses meilleurs romans. Nous vient maintenant We Don't Live Here Anymore, une troisième production en moins de quatre ans basée sur les écrits de Dubus. Si elle s'avère un peu moins satisfaisante que les deux autres, cela à beaucoup à voir avec la source même.

L'histoire même de We Don't Live Here Anymore n'a rien de fort nouveau, et même, à la limite, de bien original: deux couples dans la trentaine, soit ceux de Jack (Mark Ruffalo) et Terry (Laura Dern) et de Hank (Peter Krause) et Edith (Naomi Watts), vivent leur lot de difficultés, qui ne fait que s'amplifier lorsqu'une liaison se développe au sein du quatuor. À l'origine, Jack et Edith se fréquentent de façon irrégulière, apparemment davantage par besoin de chasser les échecs que sont leur mariage respectif que par autre chose. Évidemment, les amants éveillent vite les soupçons, et doivent tenter de composer avec des situations de plus en plus tendues. Le récit ne semble jamais avoir une réelle "forme", ou un parcours concret, ce qui fait que d'un côté, on se demande comment tout cela va se terminer, mais que de l'autre, notre niveau d'attention diminue peu à peu.

Avec une trame aussi terne, les acteurs n'ont pas le choix de tenir absolument tout le film sur leurs épaules. Heureusement pour nous, ils le font. Ruffalo, que l'on voit de plus en plus (il est également apparu cette année dans 13 Going on 30, Eternal Sunshine of the Spotless Mind et Collateral), apporte son "intensité tranquille" habituelle, donnant beaucoup d'ampathie à un homme pour lequel on pourrait ne pas en avoir du tout. Laura Dern, une actrice que je n'ai jamais trouvé bonne de toute sa carrière, s'avère surprenante, ayant probablement le rôle le plus exigeant et le plus complexe à jouer, devant toujours montrer une vulnérabilité complète mêlée d'un profond amour et d'une rage intérieure grandissante. Peter Krause se fait aussi adéquat, bien que moins remarquable que les autres. Et, évidemment, Naomi Watts nous fait grâce de sa présence lumineuse. Elle est sans contredis l'une des actrices les plus demandées - et les plus utilisées - à l'heure actuelle, et pourtant, on se sent incapable de se fatiguer d'elle.

Ce qui vient à fatiguer, dans We Don't Live Here Anymore, est justement le fait que l'on ne semble avoir rien d'autre à se mettre sous la dent que le travail de ces quatre acteurs. Le réalisateur John Curran effectue un travail parfaitement respectable derrière la caméra, et nul ne peut nier que son film est techniquement bien fait. Mais le manque d'une structure narrative plus forte et plus prenante combinée à des personnages trop peu souvent engageants nous empêche de vraiment vivre quoique ce soit en visionnant le film. On aurait pu souhaiter que Dubus écrive à Ruffalo, Dern, Krause, Watts et Curran une meilleure base de travail pour le grand écran. --RJ

 

Cote: B

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