RED DRAGON
Cast: Anthony Hopkins, Edward Norton, Ralph Fiennes, Emily Watson, Harvey Keitel, Mary-Louise Parker, Philip Seymour Hoffman
Année: 2002
Studio: Universal
Longueur: 120 minutes
Classé 16 ans+ - Horreur/Violence

On dit qu'il n'y a jamais de fumée sans feu. À Hollywood, ce dicton pourrait bien se traduire par "il n'y a pas de gros film sans la certitude que ça va rapporter un paquet au box-office". Cela explique au moins les deux épisodes qui ont été ajoutés totalement inutilement à The Silence of the Lambs. On a premièrement eu droit à la suite, Hannibal, en l'an 2000, puis maintenant à son prologue, intitulé Red Dragon (Dragon Rouge en v.f.).

Le film avait déjà été produit en 1986 et s'appelait Manhunter. Il avait été réalisé par Michael Mann (Ali) avec une bande d'acteurs inconnus. Ce que le producteur Dino DeLaurentis (qui avait aussi financé Hannibal) a fait, c'est d'aller chercher une brochette de vedettes en plus du réalisateur Brett Ratner (Rush Hour). Red Dragon possède à la base à peu près la même histoire que Silence of the Lambs: un agent du FBI, Will Graham (Edward Norton), sur la trace d'un tueur en série fou surnommé "The Tooth Fairy" (Ralph Fiennes), doit aller chercher l'aide du brillant - mais cannibale - psychiatre Hannibal Lecter (incarné pour une troisième fois par Anthony Hopkins). La petite variante, c'est que Will est également celui qui est parvenu à capturer Hannibal des années auparavant. Pour le reste, ce n'est que déjà-vu sur déjà-vu.

The Silence of the Lambs était un chef-d'oeuvre, pur et simple. Un des meilleurs films jamais tournées, et l'un des seuls de l'histoire à avoir balayé les Oscars dans les cinq catégories principales (Film, Réalisateur, Acteur, Actrice, Scénario). C'était un récit complet sans le moindre besoin d'ajout. Pas pour rien que Jodie Foster et le metteur en scène Jonathan Demme avaient tous deux arrêté après le premier. Mais Hollywood, ne pouvant tourner le dos à une opportunité certaine d'ajouter à sa fortune, a concocté une copie-conforme bête et prévisible en Red Dragon. Ce n'est pas que le film est vraiment mauvais - il ne l'est pas. Il constitue seulement, en quelque sorte, une perte de temps et d'argent. Hopkins, si renversant dans l'original, ne joue plus son personnage qu'à la carricatrue. Norton s'avère correct, mais largement inférieur à ses meilleures performances dans Fight Club et American History X et à celle de Foster dans le rôle de Clarice Starling dans Silence. Le seul acteur se distinguant vraiment du lot est Ralph Fiennes qui, en nous rappelant un peu son capitaine nazi monstrueux de Schindler's List, crée un maniac fascinant, terrifiant et nuancé.

Mais, en bout de ligne, Brett Ratner, qui n'avait jusque là signé aucun film sérieux, se trouve à cours de ressources pour faire de Red Dragon une oeuvre s'approchant de la trempe de son prédécesseur. Comme ses collaborateurs, il avait probablement les yeux trop rivés sur l'argent pour en venir à la conclusion évidente que c'était peine perdue. --RJ

 

Cote: B-

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