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| THE MANCHURIAN CANDIDATE |
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| Cast: Denzel Washington, Meryl Streep, Liev Schreiber, Kimberly Elise, Jon Voight
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| Année:
2004 |
| Studio: Paramount |
| Longueur: 130 minutes |
| Classé 13 ans+ |
En ayant comme base l'un des films les plus acclamés des années '60, The Manchurian Candidate (Le Candidat Mandchou en v.f.) a mis la barre très haute, et avait plus de chances de décevoir que d'atteindre son plein potentiel. Avec l'union de Denzel Washington et de Meryl Streep, sans contredit deux des meilleurs acteurs des dernières décennies, et le réalisateur Jonathan Demme derrière la caméra, le projet avait toutefois tout pour rencontrer les attentes - et il le fait amplement.
The Manchurian Candidate tire son titre d'une corporation fictive nommée Manchurian Global, qui développe un programme de lavage de cerveau extrêmement complexe visant à être capable de contrôler un homme. Dans ce cas, il s'agit du jeune sénateur Raymond Shaw (Liev Schreiber), dont la mère Eleanor (Streep), aussi sénatrice, rêve de le voir atteindre la vice-présidence des États-Unis. Alors que les élections approchent, Shaw utilise son dossier de "héros combattant" et de la médaille qu'il s'est vu remettre lors de la guerre du Golfe 13 ans plus tôt, pour convaincre l'électorat américain. Quelque chose ne tourne apparemment pas rond dans tout cela; c'est que vient à réaliser le major Ben Marco (Washington), sous qui Shaw a servi. Marco fait et refait toujours le même rêve: il imagine une toute autre version de ce qui est passé en Irak. Mais est-ce vraiment le fruit de son imagination, ou y a-t-il une vérité cachée quelque part que tout le monde ignore, lui le premier?
The Manchurian Candidate pourrait difficilement arriver sur les écrans à un meilleur moment. Avec l'élection présidentielle de novembre approchant à grands pas, et à une époque ou la peur, la paranoĩa et les théories de conspiration font partie si intégrante de la vie et de la psyché américaine, le film risque de frapper une corde sensible chez bien des gens. S'il parvient à le faire, c'est non seulement en raison de son contenu, mais également grâce à l'atmosphère claustrophobique et urgente que crée Demme. Pour la première fois depuis son chef-d'oeuvre The Silence of the Lambs, le cinéaste apparaît en plein contrôle à la fois de son matériel et de son audience. Sans la moindre véritable scène d'action, il nous tient en haleine pendant plus de deux heures. Pour ce faire, il a a notamment recours à une technique personnelle favorite: cadrer ses acteurs de très près et les faire regarder directement la caméra. Extrêmement peu de cinéastes sont capables d'utiliser cette technique efficacement; Demme est un maître dans l'art, et cela est devenu, particulièrement après ce film, sa marque de commerce. Il établit, avec The Manchurian Candidate, une balance parfaite entre l'état de paranoĩa de Conspiracy Theory et l'analyse politique mystérieuse et retenue de The Quiet American.
Le trio d'acteurs principaux apportent tous une prestation superbement modulée à leurs rôles fort différents. Washington, jouant pour une rare fois un homme désorienté et insécure, étale une fois de plus sa brillance (regardez à nouveau sa performance électrisante dans Training Day pour voir quel genre d'extraordinaire caméléon il peut être). Streep, dont le nom pourrait fort bien se retrouver pour une 15ème fois sur la liste des nominations aux Oscars, donne littéralement froid dans le dos. En effectuant une espèce de croisement sordide et terrifiant entre Margaret Thatcher et Hillary Clinton, Streep fait, en un mot, peur. La réelle révélation de The Manchurian Candidate s'avère toutefois être Liev Schreiber, un acteur dont tous connaissent le visage, mais bien peu se souviennent du nom (il est apparu dans 36 films au cours des 12 dernières années, dont Ransom, The Hurricane et la trilogie Scream). Faisant de Shaw un personnage tridimensionnel complexe, Schreiber offre un portrait saisissant d'un homme devenu robot. Ironiqument, il est aussi celui qui apporte toute l'émotion du film. En montrant Shaw comme un vulgaire jouet politique, solitaire et confus toute sa vie, et mêlant dorénavant menace, inquiétude et tristesse, il en fait une véritable figure tragique. Ses deux dernières scènes, où, les larmes aux yeux, il échange une "connection" avec Washington, sont vraiment touchantes. Après son travail ici, Schreiber mérite pleinement d'être enfin reconnu par le public entier.
Si sa fin nous laisse quelque peu confus et sur notre appétit, j'adore tout ce que The Manchurian Candidate entreprend et évoque, particulièrement en ce moment précis. George W. Bush est-il une marionette de la Maison Blanche au service des corporations? John Kerry se sert-il de son passé au Vietnam pour tenter d'aveugler le public et de le tromper? The Manchurian Candidate est un thriller politique construit avec une habileté admirable et nous sautant au visage avec un timing on-ne-peut-plus parfait. --RJ
Cote: A-
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