FULL FRONTAL
Cast: Julia Roberts, Blair Underwood, Catherine Keener, David Hyde Pierce, Mary McCormack, Nicky Katt
Année: 2002
Studio: Miramax
Longueur: 101 minutes
Classé 13 ans+

Le réalisateur Steven Soderbergh a déjà dit en entrevue que pour lui, "la perfection est ennuyante". Sa perspective sur le cinéma est pour le moins intéressante; ce n'est pas en recherchant la prise toujours parfaite que l'on obtiendra nécessairement quelque chose de vivant, d'organique, d'authentique. Soderbergh a appliqué ce principe à sa réalisation de Traffic, et ça lui a valu un Oscar pleinement mérité. Il existe toutefois une mer de différence entre la vigueur magnifique de ce travail d'art et le style digital carrément affreux de son nouveau film, Full Frontal (À Découvert en v.f.).

Annoncée en tant que suite non-officielle à la première production de Soderbergh, Sex, Lies and Videotapes, Full Frontal s'attarde - et j'insiste sur 's'attarde' - aux vies ennuyantes de plusieurs personnes insatisfaites vivant à Hollywood. Les parcours d'une journaliste (Julia Roberts), d'un acteur (Blair Underwood), d'une vice-présidente d'une compagnie (Catherine Keener), d'un écrivain (David Hyde Pierce) et d'un comédien (Nicky Katt), entre autres, se croisent sans ordre ou structure véritable apparente.

Full Frontal a été fait pour le plaisir par Soderbergh et ses collaborateurs. Ils se sont amusé à essayer un truc différent sans grande prétention ou grande aspiration; dommage alors que leur plaisir ne se transmette visiblement pas à l'audience. Le film ne contient tout simplement aucun personnage méritant vraiment notre intérêt et les situations dans lesquelles ils se voient placés se font tellement dénuées de vie et d'orginalité que chaque nouvelle scène semble plus longue que la précédente.

Soderbergh a élu de tourner Full Frontal avec une caméra digitale. Je n'ai rien à la base contre cela, si c'est justifié et bien utilisé. L'an dernier, Richard Linklater a réalisé un petit bijou intitulé Tape, dans lequel la caméra 8mm ne quittait pas la même chambre de motel pour près d'une heure et demie. Soderbergh, par contre, balade sa caméra partout, essayant à peu près n'importe quoi - notamment des filtres bleus et jaunes semblables à ceux utilisés dans Traffic qui donnent ici un résultat catastrophique - et il n'y a pas grand chose qui fonctionne. Ce film s'avère tout simplement laid. --RJ

Cote: C-

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