DOMESTIC DISTURBANCE
Cast: John Travolta, Vince Vaughn, Matthew O'Leary, Teri Polo, Steve Buscemi
Année: 2001
Studio: Paramount
Longueur: 89 minutes
Classé 13 ans+

Avoir un père comme John Travolta dans Domestic Disturbance (Drame Familial en v.f.) constitue une chance rare. Frank Morrison (Travolta) mène un travail qu'il aime et une existence paisaible avec un entourage dont il prend soin et qu'il aime. Il n'est peut-être pas parfait - il a eu peine à vaincre l'alcoolisme - mais il veut toujours le bien pour son fils Danny (Matthew O'Leary). On le voit dans ses yeux. Tout comme on sent qu'il y a quelque chose qui cloche chez le nouveau beau-père de Danny, Rick Barnes (Vince Vaughn). Frank est séparé de la mère de Danny, Susan (Teri Polo, de Meet the Parents), et Rick s'apprête à la marier. Seulement, comme Danny le constate malgré lui, certaines choses clochent. À commencer par le fait qu'il le voit tuer un autre homme. Le gamin a tôt vite fait de considérer la présence de Rick dans l'entourage familial comme cauchemardesque, mais le mystérieux amant n'a rien de celui qui va se laisser mettre de côté...

C'est précisément cela, le fait que l'on apprenne assez rapidement dans le récit la nature du personnage de Vince Vaughn, Rick, que plusieurs ont reproché à Domestic Disturbance. Mais ce n'est pas ce que le but du film. Domestic Disturbance ne se veut pas comme, par exemple, Training Day, où l'on se demande pour les trois quarts de la durée si Denzel Washington est vraiment méchant. Ici, le film nous l'avoue relativement en début de parcours, et le reste sert à montrer comment le personnage de Danny va pouvoir se sortir de ces conditions avec personne ne le croyant sauf son père. Bien sûr, en jouant la carte des sceptiques ne voulant croire la vérité, le film tombe dans certains clichés, notamment la présence du policier qui, bien sûr, ne croit pas un mot du gamin avant que le mal soit fait. Mais pour faire changement de toutes les autres productions ayant abordé un concept semblable, Domestic Disturbance modifie une variable: elle rend le personnage principal, Frank, comme le seul faisant confiance à son fils. Et c'est dans ce lien père-fils que le film puise toute sa force, et ce du début à la fin.

Les scènes entre Travolta et le jeune O'Leary s'avèrent toutes très bonnes, alors que l'on sent toujours l'authenticité de leur relation. On y croit, et on s'y intéresse. Travolta n'utilise pas vraiment de son charisme ici comme il l'a si souvent fait dans le passé (dont à son sommet dans Face/Off), privilégiant plutôt un jeu plus retenu, sincère et réaliste. Ce n'est pas une performance qui fera tourner la tête des gens, mais ça n'en fait pas moins une fort efficace. Après l'impardonnable Battlefield Earth, Travolta semble retrouver ses forces dans des rôles faisant ressortir le meilleur de lui, avec le succès de Swordfish et maintenant sa prestation solide dans Domestic Disturbance.

Vince Vaughn, un véritable colosse (à un point où ça en est presque amusant lorsque il se trouve entouré de plusieurs personnes, toutes beaucoup plus petites que lui), continue de prouver son talent film après film. Il ne constitue peut-être pas une grosse star encore, mais après tout ce qu'il fait de bon depuis quelques années, son temps va venir, et ça sera pour le mieux. C'est la première fois qu'on le voit jouer un vrai méchant (mise à part son interprétation de Norman Bates dans le remake de Psycho), et il se fait vraiment convaincant. Steve Buscemi est toujours agréable et drôle à voir acter, même si sa beauté physique ne s'améliore pas de film en film.

Le réalisateur Harold Becker n'a peut-être rien construit de vraiment remarquable avec Domestic Disturbance (sauf son générique de début vraiment ingénieux), mais il a tout de même créé un divertissement tout à fait correct malgré son manque d'originalité et de surprises. Peu de gens s'en rappeleront dans 10 ans, mais, pour le moment, c'est une occasion de passer une petite soirée agréable. --RJ

 

Cote: B

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