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| SWORDFISH |
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| Cast:
John Travolta, Hugh Jackman, Halle Berry, Don Cheadle |
| Année:
2001 |
| Studio: Warner Bros |
| Longueur: 99 minutes |
| Classé 13 ans+ - Violence |
"Vous savez ce qu'est le problème avec Hollywood? Ils font de la merde". C'est sur ces paroles exactes que débute avec éclat, intrigue, surprise et audace le nouveau thriller Swordfish (Opération Swordfish en v.f.). Ces mots sortent de la bouche de Gabriel Shear, qui, joué par John Travolta avec son charisme diabolique de Face/Off et Broken Arrow, nous apparaît très vite comme le anti-héros de l'histoire. Que son affirmation d'ouverture renferme la vérité ou non, là n'est pas l'important. Swordfish part de cette affirmation provocante et déroule une centaine de minutes de pur divertissement réussi pour l'infirmer.
Si Gabriel représente le "méchant", alors son opposé se trouve à être Stanley Jobson (Hugh Jackman), un pirate informatique de la plus grande envergure. Ce dernier se voit engagé par Gabriel, un multi-millionnaire pour qui rien n'est interdit, afin de pénétrer dans les dossiers de la DEA et d'y voler une somme faramineuse de près de dix milliards$. Stanley accepte seulement de le faire dans le but de récolter assez d'argent pour récupérer la garde de sa petite fille, et vite il réalise que les choses ne se dérouleront pas tout à fait comme prévu. Halle Berry et Don Cheadle complètent le quatuor de vedettes de la production, jouant respectivement une agente de la DEA infiltrée, et un policier déterminé.
Si Travolta avait à nouveau besoin d'une "résurrection", après les échecs plutôt humiliants de Battlefield Earth et Lucky Numbers, il me semble bien que Swordfishpuisse représenter pour lui sa nouvelle rédemption. Il donne à son vilain personnage une vie essentielle, sans laquelle notre intérêt - et nos craintes - ne seraient pas justifiés. Mis à part l'infâme Terl de Battlefield Earth, Travolta vient de prouver une fois de plus qu'il sait aussi bien jouer les mauvais gars que les bons, sinon même davantage. À ses côtés, Hugh Jackman, s'enlignant vers le status de star après son début remarquer dans le rôle de Wolverine dans X-Men l'an dernier, ajoute de la crédibilité nécessaire. Don Cheadle m'a une fois de plus beaucoup plû, incarnant ici le seul personnage dont on peut être sûr de l'identité et des motivations. Puis Halle Berry, quant à elle, démontre (très explicitement) qu'elle possède des ceints plus gros que son talent d'actrice.
Cette dernière démonstration, plutôt gratuite bien qu'agréable pour les yeux du public mâle, constitue probablement l'aspect pour lequel Swordfish sera cité. Dommage, car le film a beaucoup plus à offrir. Le scénario, bien qu'il n'approche guère la trempe de Citizen Kane, s'avère clairement supérieur à la moyenne de ceux courant à Hollywood depuis quelques temps. Le script fourni une intrigue et des personnages suffisants pour garder notre intérêt, et offre quelques revirements en cours de route. La réalisation énergétique de Dominic Sena, bien loin de son inexcusable Gone in 60 Seconds, transforme ce récit autrement souvent banal en une centaine de minutes de plaisir simple. Il réussit à créer un "look" visuel particulier (beau travail avec les couleurs d'ambiance), et emploie une technique parfois hallucinante. Par exemple, on a droit dans les premiers instants de Swordfish à une explosion gigantesque vue à l'aide d'une rotation complète de 360 degrés. Non seulement en suis-je resté bouche-bée, mais je n'avais jamais rien vu de tel développé sur film.
En sortant du visionnement de Swordfish, on peut difficilement prétendre que l'on vient d'être témoin de la découverte cinématographique de l'année - le film a ses failles. Cependant, on peut également tout aussi facilement constater que l'on vient de s'amuser et de faire passer le temps avec succès sans ennui, et surtout que Hollywood, malgré tous ses problèmes, s'avère grandement capable de produire d'autre chose que de la merde. --RJ
Cote: B+
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