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| LUCKY NUMBERS |
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| Cast: John Travolta, Lisa Kudrow, Tim Roth, Ed O'Neil, Bill Pullman, Michael Rappaport
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| Année:
2000 |
| Studio: Paramount |
| Longueur: 108 minutes |
| Classé 13 ans+ |
John Travolta est fini. Du moins, cette même phrase revenait souvent...dans les années '80. Puis, en 1994, le génie de Quentin Tarantino a littéralement ressucité Travolta grâce à son chef d'oeuvre "Pulp Fiction", un film qu'il ne battra selon moi probablement jamais. Ce véritable conte de fées a circulé partout dans le monde, tout comme l'a fait "Pulp Fiction", et dans les années suivantes l'acteur ayant si brillament incarné Vincent Vega recevait des tonnes de scripts, accumulants d'autres succès, comme "Face/Off". La carrière de Travolta se maintenait toujours relativement stable jusqu'à mai dernier où un cataclysme authentique s'est produit: BATTLEFIELD EARTH. Ça n'a pas pris trop de temps pour que "John Travolta est fini" ressorte, et, franchement, pour cause. "Battlefield Earth" constitue potentiellement la pire production du prochain siècle entier, et Travolta a eu le culot d'en faire la promotion et de suggérer des suites à ce déchet.
Ce n'est donc pas par simple hasard que le studio Paramount a attendu quelques mois avant de sortir sa comédie noire "Lucky Numbers" ("Combinaison Gagnante" en v.f.), priant de tout coeur que le public ait déjà oublié la bombe de l'été. En ce qui me concerne, je crois que j'oublirai mon propre nom avant d'oublier dans les moindres détails à quel point "Battlefield Earth" était mauvais, mais il me restait tout de même une (toute petite) portion d'espoir pour Travolta. Et il se rend quelque peu justice, du mieux qu'il le peut, jouant Russ Richards, annonceur célèbre de la météo à Harrisburg, Pennsylvanie, en 1988. Peut-être réputé et aimé de tous, mais aussi aux prises avec de sérieux problèmes financiers. Russ décide donc, pour venir à bout de ses importantes dettes, de truquer la lotterie de la chaîne télévisée à laquelle il travaille, avec l'aide de l'animatrice de l'émission (Lisa Kudrow).
Si Travolta essaye tout pour nous faire oublier "Battlefield Earth", la réalisatrice Nora Ephron (avec qui Travolta avait déjà collaboré dans le terrible "Michael" en 1996) ne peut que nous remettre bien vite à l'esprit le classique "Fargo", aussi de '96. Et ça ne s'avère malheureusement pas bon signe du tout pour "Lucky Numbers", qui n'arrive pas à la cheville du film des frères Cohen. En plus du climat hivernal similaire à "Fargo", le héros Russ Richards nous remet inévitablement en mémoire la performance indélibile de William H.Macy en pauvre homme incertain de lui-même et de ses actions frauduleuses. Et si "Fargo" avait sa Frances McDormand en bonne femme plus rusée qu'on le croit, "Lucky Numbers" possède Lisa Kudrow qui, en plein "mode Phoebe", malgré une présence fort positive, ne peut travailler avec un personnage bien développé.
Le développement constitue justement la grosse faille de "Lucky Numbers". Le film démontre clairement une fois de plus que Nora Ephron s'avère complètement incapable à construire des éléments complets dans ses productions. Elle construit, construit, construit, sans jamais, ou alors rarement, offrir un dénouement complet, que ce soit ses personnages, ses scènes ou le rythme de son récit entier. Pour ce qui tient à ses personnages, elle abandonne littéralement un personnage pivotant de l'histoire, celui de Tim Roth, en plein milieu du film sans la moindre raison, tout comme elle fait rentrer en action aussi en plein milieu le personnage de Bill Pullman, possiblement le meilleur du film. Elle le sous-utilise sans la moindre explication valable, préférant plutôt donner de longs moments pénibles sans le moindre sourire à un des amis de Russ, un jeune l'aidant dans son commerce (Michael Weston). Si Pullman, malgré un rôle cliché, réussit à nous faire rire, alors pourquoi le limiter autant, surtout lorsque le script ne regorge pas de situations hilarantes comme dans le cas présent? La même chose, comme je le mentionnais, s'applique aussi pour de nombreuses séquences, dont vers la fin, c'est à dire où Russ "pète les plombs" et s'enfuit en motoneige. Jusqu'à là exécuté avec brillot, la scène nous fait espèrer à bien plus que ce que l'on nous réserve comme finale bien décevante.
En bref, si "Lucky Numbers" déçoit à de nonbreuses places, on peut toujours facilement se consoler en se disant que ça aurait pû être pire: on aurait pu avoir droit à un autre Travolta en "mode Terl", ce qui est loin d'être le cas ici. L'acteur s'amuse, comme le fait aussi Kudrow, de même que l'audience si elle réussit à s'y faire prendre. --RJ
Cote: B-
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