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| BATMAN BEGINS |
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| Cast: Christian Bale, Michael Caine, Katie Holmes, Liam Neeson, Morgan Freeman, Gary Oldman, Cillian Murphy, Tom Wilkinson |
| Année:
2005 |
| Studio: Warner Bros. |
| Longueur: 141 minutes |
| Classé G - Déconseillé aux jeunes enfants |
Huit ans après le flop de Batman & Robin, la franchise Batman semblait morte et enterrée. Grâce au réalisateur Christopher Nolan, elle vient de se faire donner un nouveau souffle.
Batman Begins (Batman: Le Commencement en v.f.) s'intéresse à l'origine du justicier costumé en chauve-souris, à ses débuts et à ses motifs l'ayant poussé à dédier sa vie à la poursuite des criminels. Si le scénario affiche des parallèles et des continuités avec le reste de la série (la mort des parents du héro est entre autres montrée pour la première fois), ce Batman est profondément différent des quatre autres. Tim Burton et Joel Schumacher avaient donné à leurs versions un style fantastique et mythique. Nolan, le maître derrière deux des meilleurs films du début du XXIème siècle, Memento et Insomnia, opte quant à lui pour une approche nettement plus "réaliste".
Si ce nouvel univers de Batman n'est pas entière encrée dans la plausibilité, il se trouve néanmoins beaucoup plus près de la "vraie vie". Le Gotham City de Batman Begins n'a rien à voir avec le cirque à lumières et fanfares de Batman Forever. Cela a régalé la plupart des critiques, mais m'a laissé quelque peu perplexe. Même si Batman est le seul superhéro à ne pas pouvoir compter sur des pouvoirs surnaturels, je crois tout de même d'emblée qu'il doit être présenté dans un monde plus coloré que celui que Nolan nous présente. Tout dans Batman Begins est noir, noir, noir. Si le style fonctionne en début de parcours, après près de deux heures et demie, on meurt d'envie de voir la couleur du ciel. Nolan a imprégné son film d'une telle sobriété qu'il l'a en quelque sorte robé de ce qu'il tentait de créer en premier lieu: de l'humanisme. Batman Begins se veut peut-être plus près de la vraisemblance et de la réalité que Spider-Man 2, par exemple. Toutefois, j'étais à la fois ému et exhalté à la fin de cette dernière production, alors que Batman Begins m'a impressionné, sans bien m'engager.
Cela étant dit, bien peu d'autres reproches peuvent être lancés à Nolan et à son travail ambitieux ici. Le simple fait qu'il l'aie redonné une profonde crédibilité à une franchise qui en avait perdu toute trace relève du brillo. De plus, Nolan sait pertinemment qui est le personnage central de Bruce Wayne; il le comprend. Et pour l'incarner, il a frappé un coup de circuit: Christian Bale est, et de loin, le meilleur Batman. Pour tous les nostalgiques de Michael Keaton (et les quelques uns, dont moi, ayant apprécié Val Kilmer), Bale nous fait rapidement oublier ses prédécesseurs. Et je tiens à l'énoncer une fois pour toute, le plus clairement possible: Christian Bale est un acteur fantastique. Le voir si peu souvent enrage; voir que Warner Bros. lui aie fait confiance pour camper un tel icône de la culture populaire réjouit. Autant en tant que Bruce Wayne qu'en tant que Batman, Bale atteint un niveau de crédibilité inégalé: on y croit. Nolan a bien pris soin de l'entourer d'une forte distribution de soutien, Liam Neeson et Morgan Freeman en tête.
Plus que tout, Nolan a redonné goût aux amateurs et cinéphiles de savoir ce qui se arrivera à Batman. Et, malgré mes réseves face à la conception visuelle du film et à son ton, je ne peux m'empêcher de suivre le troupeau. --RJ
Cote: B+
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