AMERICAN WEDDING
Cast: Jason Biggs, Sean William Scott, Alyson Hannigan Eddie Kay Thomas, January Jones, Thomas Ian Nicholas, Eugene Levy
Année: 2003
Studio: Universal
Longueur: 102 minutes
Classé 13 ans+

Après être sorti de la salle de projection d'American Pie, il y a maintenant de cela quatre ans, un mot resté collé sur mes lèvres: hilarant. Pas même sorti de la salle présentant American Wedding (Le Mariage en v.f.), le troisième volet de la série maintenant connue de tous, un autre mot vient automatiquement en tête: douloureux. Douloureux au point où chaque nouveau gag forcé, manqué, ou tout simplement absent, nous fait mal physiquement.

On doit se l'avouer, les signes se faisaient déjà présents: non seulement les réalisateurs et la moitié des acteurs des deux premiers films avaient tourné le dos au projet, la bande-annonce surprenait par son manque complet d'intérêt, spécialement comparativement à celles de ses deux prédécesseurs. Cela pourrait nous faire anticiper une suite décevante, inutile et futile comme l'ont été tellement d'autres productions depuis le début de l'été. Hélas, American Wedding s'avère être infiniment pire que seulement cela. C'est le travail de gens n'ayant absolument aucune idée de comment faire rire les gens, mais se disant que puisque la formule et les personnages ont fonctionné dans le passé, ils fonctionneront sous n'importe quelle condition. Ces gens semblent oublier un élément de taille: ces personnages étaient drôles parce que les situations dans lesquelles ils se trouvaient leur permettaient d'être drôle.

Après avoir vu sa popularité grandir lors des deux premiers American Pie, Stifler (Sean William Scott) possède maintenant pratiquement le rôle principal. Les autres, même Jim (Jason Biggs) et Michelle (Alyson Hannigan), sont relégués aux rôles de faire-valoir au grand imbécile. Ce ne serait pas un si grave problème si l'on avait donné à Scott l'opportunité de briller comme auparavant. Ce que le scénariste Adam Herz et le réalisateur Jesse Dylan n'ont pas l'air de comprendre, c'est que de placer la caméra sur Stifler ne suffit pas à rendre une scène comique. Il volait la vedette parce qu'il possédait des répliques et réactions aussi inattendues que parfaitement à point (et Scott avait un don pour les jouer). Dans American Wedding, on le balance à droite et à gauche en supposant que plus on va le voir, plus on va rire. Le meilleur exemple de cela s'avère sans doute être la séquence interminable dans un bar gai ou Stifler danse sur un montage de chansons populaires classiques. Au fur et à mesure que la scène s'écoule, un questionnement croît sans cesse dans notre tête: qu'il y a-t-il au juste de drôle là-dedans? Où se trouve la notion d'humour, de créativité comique qui faisait de Stifler et des deux premiers films un tel plaisir? Okay, on n'a pas trop d'idées, mais bon, filmer Sean en train de danser pendant cinq minutes sans interruption va bien finir par être drôle à la longue. C'est sûr, voyons, c'est Stifler. Eh bien, aussi triste que ça puisse être, non.

Comme c'est le cas avec toutes les suites à échec de comédies à succès (voir Analyze This et Analyze That), on tente souvent - bien trop souvent - de forcer les gags qui ont fait rire le public dans le premier. American Wedding place alors encore une rivalité qui escalade entre Stifler et Finch (Eddie Kay Thomas), qui ne mène à rien qui vaille à part le fait de simplement nous faire détester Finch davantage. Et, évidemment, on a droit aux scènes avec le père de Jim (Eugene Levy) qui, pour la première fois de la série, semble aussi mal à l'aise devant la caméra que son personnage. S'il était si hilarant au départ, soit on s'est tanné du rôle ou alors, à l'image de ses co-vedettes, il n'avait rien de trop original à dire. Peut-être est-ce un peu des deux - bien que la deuxième option demeure la plus probable. C'est probablement la scène avec lui et Michelle, vers la fin, où il lui donne des conseils pour le mariage, que notre système nerveux pousse un cri ultime ordonnant à notre corps de quitter avant que d'autres dommages soient causés. American Wedding ne fait sourire qu'à quelques minuscules occasions avant cela, mais c'est à ce moment que l'on n'en peut humainement plus.

L'idée de faire une suite au premier American Pie ne m'avait pas emballé; je n'en voyais pas la raison valable. Toutefois, le film, même s'il était plus ou moins calqué sur son prédécesseur, parvenait à faire rire parce qu'il conservait le même esprit, les mêmes personnages, et le même humour. Le troisième volet est aussi éloigné des autres à tous les points de vue positifs, autant que, par exemple, Scream 3 était différent du reste de sa trilogie. Que Jim et Michelle se marient et aient beaucoup d'enfants; pourvu qu'ils nous foutent la paix une fois pour toutes. --RJ

 

Cote: D-

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