A MAN APART
Cast: Vin Diesel, Laurenz Tate, Timothy Olyphant, Geno Silva, Jaqueline Obradors
Année: 2003
Studio: New Line
Longueur: 110 minutes
Classé 13 ans+ - Violence

Pour Tom Hanks, le passage au monde des rôles sérieux s'est amorcé avec Philadelphia; pour Jim Carrey, avec The Truman Show; pour Will Smith, avec Ali. Pour Vin Diesel, A Man Apart (Un Homme à Part en v.f.) représente son atteinte de la maturité en tant qu'acteur. Ça en dit long.

Diesel essaye d'acter, ça se voit. Ça en est presque même parfois palpable. Et c'est ce qui rend tout le processus si risible. Un peu comme Sylvester Stallone dans Get Carter, il essaie de pleurer à quelques occasions, et on voit à quel point il force pour y arriver. Son front plisse de partout! Il essaye. Mais quand Dieu vous a tout mis dans les bras, ce n'est que normal qu'il ne reste pas grand chose ailleurs.

Peut-être suis-je un peu dur envers Diesel. Après tout, pour être totalement juste envers lui, il a été adéquat dans quelques bons films (Boiler Room, Knockaround Guys, Pitch Black). Mais on voit où le potentiel d'un homme s'arrête, et le fait tenter de le pousser davantage comme le fait le réalisateur F. Gary Gray ici tourne à la dérision. Ainsi, l'histoire d'un agent de la DEA tentant de venger le meurtre de sa femme ne suscite ni nos émotions, ni notre cérébral, car on voit devant nos yeux un homme ne semblant tout simplement pas en avoir.

Si l'on ne croit pas au jeu de Diesel, le scénario n'aide certainement pas. Dès les premiers instants, la crédibilité du film est gravement mise en péril: après s'être fait ordonné de ne pas apporter d'armes lors d'une opération spéciale, plusieurs agents s'engagent dans une bagarre armée interminable avec des criminels. Un peu plus tard, le film tente d'établir la relation entre le héro et sa femme, relation qui se trouve à la base même de l'histoire. Ils partagent moins de cinq scènes ensemble, et tous leurs moments sont faits de façon si artificielle, si "parfaite" (un peu comme la romance Josh Hartnett/Kate Beckinsale dans Pearl Harbor) qu'aucune espèce de crédibilité n'ait créée. Et si la base ne fonctionne pas, alors il n'existe tout simplement pas de tremplin pour le reste du film. On assiste alors à une suite improbable d'explosions, de combats et d'expressions "sérieuses" de Diesel, jusqu'au point culminant que constitue la dernière scène.

Les trois dernières répliques de A Man Apart provoquent plus de rires chez une personne moindrement critique que bien des comédies le font en entier. Battlefield Earth était pratiquement recommandable parce que, bien que ça constituera fort possiblement le pire film du 21ème siècle, c'était si mauvais et prétentieux à la fois que l'on ne pouvait s'empêcher de rire. A Man Apart, je dois le concéder, se trouve relativement loin de ce statut peu glorieux. Mais lorsque l'on entend Diesel répondre ce qu'il répond à la fin, ça en est trop. À défaut d'accrocher, on rit. --RJ

 

Cote: C-

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