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Le mois d'août - du 8 au 14

Vendredi, le 9 août

Voilà que le temps file et je ne vois pas l'été. Et les services du câble qui sont encore interrompus. À vrai dire, je n'ai pas beaucoup de temps pour utiliser l'ordinateur en ce moment. Il est près de minuit et, petit luxe, je viens de prendre quelques minutes pour me faire un manucure et un pédicure. Pendant que le poli sèche sur les ongles, je retrouve avec bonheur le plaisir de venir écrire quelques lignes en écoutant de la musique. Ce sont les Nocturnes de Frédéric Chopin interprétés par Claudio Arrau qui m'accompagnent en ce moment. Magnifiques mélodies au piano solo qui m'aident à retrouver cette paix qui m'est si chère. Je n'ai aucune idée quand j'aurai l'occasion de mettre cette entrée en ligne, mais, peu importe, ce que j'écris restera écrit.

Ma fille arrive demain pour quelques jours. Cela me fait tellement plaisir. Nous partirons tôt pour le chalet où nous retrouverons mes deux frères et leur famille ainsi que ma belle soeur qui est veuve et un de ses enfants. Toutefois, j'abandonnerai tout ce beau monde quelques heures plus tard pour rejoindre mes amis pour un repas gastronomique chez le grand copain, lequel était prévu depuis quelques mois déjà. De toute façon, cela me fera du bien de quitter pour quelques heures l'univers familial que je retrouverai d'ailleurs dimanche.

Je n'ai pas encore mentionné ma mère... Et bien, le verdict est tombé. Depuis hier, nous sommes à la recherche d'un centre d'hébergement pour les cas lourds. Ce qui est maintenant le cas de ma mère. J'ai visité du pire et du meilleur. À un moment, hier, dans une salle sombre où perçait un rayon de soleil de fin d'après-midi, il y avait une dizaine de malades complètement amorphes dans des chaises roulantes, totalement inconscients de l'environnement. Puis, à la radio dans un coin, cette chanson Ça va pas changer le monde de Joe Dassin lui-même mort depuis longtemps, devant ces presque cadavres. Je n'ai pu retenir mes larmes. Mon frère semblait complètement surpris et découragé de me voir ainsi, de même que la personne qui nous faisait visiter. Bon, probablement le trop plein d'émotions des dernières semaines mais aussi la vision de toute cette souffrance contre laquelle on ne peut presque rien, et ces humains, sans défense, retenus par un fil dans une vie pour ainsi dire végétative.

Bon, comme je ne mets pas en ligne ce soir, je vais maintenant aller dormir. Je suis très fatiguée et d'ailleurs mes ongles sont maintenant secs. (Oh, que je me sens futile d'écrire ce dernier bout de phrase...) Bien sûr que le sujet n'est pas terminé, non plus que la situation elle-même d'ailleurs...

Dimanche, le 11 août

Dimanche ensoleillé. Un peu passé 11h00. Ma fille est partie bruncher avec des amis. Je prends quelques minutes pour venir écrire, même si je sais que je ne pourrai pas encore mettre mon texte en ligne, à cause de ce conflit de travail qui s'éternise. Je viens de recevoir un appel téléphonique d'une amie diariste qui s'inquiète de mon silence, craignant que la situation de ma mère ne se soit encore détériorée. Lui parler m'a fait bien chaud au coeur.

Hier après-midi, plaisante rencontre au chalet avec ma famille, que j'ai quittée avant le repas du soir, pour passer quelques minutes au chevet de ma mère, et me rendre chez le grand copain. Magnifique repas dans une atmosphère de détente et d'amitié. J'étais cependant un peu en retrait, me mêlant peu aux conversations, contrairement à mon habitude, me contentant de les écouter discuter de tous ces sujets et de me sentir bien avec eux. Nous avons mangé dehors et sommes restés ensemble jusqu'aux petites heures. J'ai beaucoup apprécié ces moments avec mes amis.

La semaine dernière, j'ai vécu une curieuse expérience. Je suis allée manger dans un restaurant avec un ami et ancien compagnon de travail que je n'avais pas vu depuis un bon moment. Dans le cours de la conversation nous en sommes venus bien évidemment à parler de ma fille et de ses enfants. À un moment donné, il a mentionné un détail très précis et très spécifique concernant son fils qui m'a vraiment surprise. J'ai tout de suite reconnu quelque chose que j'avais lu dans un journal en ligne d'un jeune, que je trouve bien intéressant et que je suis depuis ses débuts dans le diarisme. Ma curiosité m'a amenée à poser, sans qu'il n'y paraisse trop, quelques questions en rapport avec ce jeune pour vérifier ma première impression. Depuis des mois je lisais donc le journal intime de son fils. Cela m'a fait curieux et bien évidemment je n'en ai rien dit et je garderai le secret de ce jeune homme que je n'ai croisé que quelques fois dans la vie réelle. J'avais raison cependant d'avoir reconnu en lui un être humain de qualité, son journal le prouve pleinement... :-)

Cet incident m'a fait encore plus comprendre combien il faut faire attention aux détails que l'on donne dans un journal en ligne si l'on veut garder son anonymat. Je n'ai aucune objection à ce que certains diaristes que je choisis connaissent mon identité dans la vie réelle et sachent que j'ai un journal en ligne, mais je ne voudrais pas que mes proches le découvrent. Je veux être capable d'y écrire tout ce que j'ai besoin d'y mettre. Dernièrement, j'ai passé presque sous silence un événement qui s'est produit dans ma vie, chose que je n'aurais peut-être pas cachée si j'avais eu un journal sur papier. Mais à bien y penser, je ne pense pas non plus que j'aurais un journal sur papier... Hier soir, justement, une de mes amies disait qu'elle avait, il n'y a pas bien longtemps, beaucoup écrit dans un cahier concernant sa vie personnelle et intime, à l'occasion d'une réflexion amenée par différents événements marquants qu'elle avait vécus. Quelques jours avant d'entreprendre un assez long voyage, elle a tout détruit et tout brûlé, craignant un accident de voyage qui aurait amené ses enfants à découvrir ces écrits. Je ne voudrais pas en venir là. Il me faut encore réfléchir à cette question, à savoir si j'aimerais qu'un jour ma fille lise mon journal. Et je n'ai pas encore de réponse... Pourtant il n'y a aucun sujet que je n'aborde avec ma fille et elle était au courant de ce dont je n'ai pas parlé directement dans mon journal. Ahhhh... vraiment ma réflexion n'est pas terminée à ce sujet. Je dois dire aussi que si, il y a quelques mois, mon amie avait mentionné le fait qu'elle écrivait un journal, je lui aurais immédiatement parlé des journaux en ligne l'incitant à en lire. (Je l'avais d'ailleurs fait l'an dernier, mais sans avoir éveillé son intérêt pour ce domaine.) Mais hier soir, je n'ai pas parlé du sujet, craignant qu'elle ne s'y intéresse directement ou que d'autres amis ne se montrent intéressés et me demandent des renseignements à ce sujet... Déjà un peu moins libre à cet égard ?... :-) Non, il ne s'agit pas de liberté, puisque ma liberté c'est justement de ne pas parler d'un sujet que je connais si cela ne me convient pas.

Bon, je vais aller me préparer. Ma fille va revenir dans quelques minutes. Je suis tellement heureuse de l'avoir auprès de moi aujourd'hui. Puis, nous irons voir ma mère ensemble et ensuite passer le reste de l'après-midi et manger chez un de ses amis que j'apprécie beaucoup. Il est très original et aussi très comique. Ce que j'écoutais en écrivant? Encore une fois les Nocturnes de Chopin. Je ne dirai pas une musique insouciante, non, bien loin de là, mais une musique sereine qui m'aide à assumer l'inévitable... Oui ma journée d'hier contenait ses bonheurs du jour et celle d'aujourd'hui aussi. Pourvu que nous puissions en passer un peu à ma mère et à sa voisine de chambre que j'aime bien.

 

 

 

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