Voyage en Indonésie (suite)

Yogja - Bromo - Denpasar

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22 septembre 2004 : Départ vers Yogjakarta, Java centre, soirée Ballet Ramayana

Mon vol est à 16h00. Pressilia m’avait dit que le bus fait 1h de Lebak-Bulus jusqu’à l’aéroport, et qu’il y en a un chaque 15 mn. Donc, grâce matinée, je prévois mon check-out à 12h-12h30.

Conneries ! J’arrive difficilement à Lebak-Bulus Bus Terminal, le prochain bus pour l’aéroport est à 14h00, et il mettra 1h50 pour y arriver. Si je rate l’avion je paye une amende de 25% du prix du billet, et je ne pouvais plus supporter un 5ème jour dans cette pollution et ce climat de surpopulation.

J’arrive à la salle d’embarcation à 16h00, en même temps que l’embarquement.

Je pense à ma crise de nerfs dans le bus vers l’aéroport, quand le chauffeur a arrêté le bus à l’entrée de l’aéroport, descend pour remonter dans le bus de l’autre côté, pour venir nous vendre les tickets de bus, très relax et prend tout son temps pour rendre la monnaie. Il restait moins de 15 mn avant mon vol, mes nerfs étaient en réaction nucléaire, bien que je pensais que j’avais déjà raté le vol.

Arrivé à Yogja, un soulagement. Pas d’encombrement, hôtels faciles à trouver. Pour 65.000 Rps (6 €), une petite chambre avec un lit 2 place, ventilateur, salle de bain avec baignoire sans eau chaude (inutile en cette saison), petit déjeuné compris, dans un très bon hôtel avec piscine. Pour 150.000 Rps on peut trouver le confort total. Je comprends mieux pourquoi on ne parle pas de Jakarta dans les guides touristiques.

Le soir, j'assiste à mon premier spectacle indonésien : Ramayana. Une légende ancienne racontée à travers une magnifique danse traditionnelle. A la fin du spectacle on nous invite à prendre des photos avec les danseurs, et on nous distribue un imprimé relatant l'histoire de Ramayana. J'ai beau à lire et à relire, avant d'arriver à la moitié du récit tout s'emmêle pour moi et je n'y comprends rien. Comme on dit, peu importe le le flacon pourvu qu'il y est l'ivresse.

23 septembre : Palais du sultan, Art Center, Quartier de sosrowijayan

Après l’arnaque du taxi d’hier soir, qui m’a fait faire le tour de la ville pour me transporter finalement l’équivalent de 5 mn de marche, j’ai décidé que plus aucun taxi n’aura un sous de ma poche. Il n’y pas de Blue-Bird ici, il faut prendre un taxi que quand on connaît la ville et faire attention à ce qu’on met en marche le compteur.

Avec le becak (betchak, confortable vélo taxi), il faut que la destination soit un nom connu, à cause du problème de langue, attention les arnaques !

Visite du palais du sultan, à Kraton. Avec un guide on apprend des choses : les piliers d’un des espaces du palais ont une tranche verte qui représente l’islam, une bleue (éléphant) pour l’hindouisme, et une fleure lotus rouge pour le Bouddhisme.

A Kraton, on me recommande avec sincérité mes achats de tissus Batik chez « Art center », prix et qualité, et on m'y conduit avec un Becak. J’y trouve un grand espace serin, plein de magnifiques tableaux de dessins sur toiles faits avec une méthode ancestrale, classés par prix représentés par des lettres alphabétiques. Je me dis c’est là que je ferais tous mes achats une bonne fois pour toute et pas la peine de disperser mon temps, j’ai le bon tuyau. Je prends mon temps pour passer au crible toutes les toiles, elles coûtent entre 50.000 et 400.000 Rps, 25.000 pour les plus petites et jusqu’à 1 et 2 millions les plus chers, et ce n’était pas cher à mes yeux vu la finesse et la beauté du travail. J’en ai acheté pour ½ Million Rps, avec un petit tableau en cadeau.

Je ne me remettrais jamais de cette GROSSE arnaque. Le soir, à Marlioboro, la grande avenue de Yogja, je suis sollicité par un jeune pour voir la soit disant exposition internationale d’art batik, il m’y conduit en me disant que le dernier jour est ce soir. J’atterris finalement dans les quartiers de sosrowijayan, dans une maison banale pleine de toiles à vendre. Les mêmes qu’au Art Center avec les même prix sinon moins. Je donne un prix modique de 50.000 Rps pour trois toiles dont la valeur est sensée être 100.000 Rps, juste pour ne pas acheter. On me dit Ok.

J’ai compris que les négociations ici doivent commencer à 40 ou 30% du prix demandé. 1ère expérience dans l’avenue Marlioboro le soir, une assiette avec dessin à 35.000 Rps que je prends à 20.000, j’aurais pu aller plus bas!

Avant de sortir de sosrowijayan, on m’invite dans une autre maison, encore pour acheter des toiles batik, non, j’ai déjà fait le plein. On discute, on m’apporte du thé, on me propose des services de masseuse. Ca par contre !

24 septembre : L’artisanat, l’office de tourisme, et visite de la ville.

Visite de l’agglomération de l’artisanat, Kotaguede, grâce au garçon de l’hôtel avec sa moto, pour 10.000 Rps. Bilan : visite de magnifiques galeries de bijoux, de bois sculpté, de pierre taillée, d’un atelier d’artisanat d’argent, et finalement une splendide bague au doigt.

Baignade dans la piscine, avant de changer d’hôtel pour aller à sosrowijayan, 2 fois moins cher et à côté de Marlioboro surtout. Je suis dans Anda, un Losmen (type d’hôtel pas cher et relativement propre : toilette, douche froide, ventilateur, en résumé le nécessaire pour passer la nuit).

Dans ce losmen je fais connaissance avec un couple Cheque. Ils m'ont fait sentir que je n'ai rien vu de l'Indonésie et que mon voyage n'est et ne sera qu'une toute petite introduction, quand ils m'ont raconté leur voyage dans le Nord de Sumatra : des lacs superbes, des jungles gorgées d'animaux où on peu voir de près l'orang-outan, les tigres et autres, des cratères volcaniques superbes, des tribus primitifs (visite avec un guide), plein de choses. Ils m'ont ajouté que ce n'est pas la peine de faire un crochet par là-bas si je ne consacre pas au moins un mois et ce pour ne visiter qu'une petite région de Sumatra. J'ai tout noté, itinéraires sur la carte géographique etc.

Après-midi, direction le fameux « Yogjakarta Government Tourist Office ». Très serviable, l’employé répond à toutes mes questions et préoccupations avec beaucoup de patience, et j’en ai abusé, plus d’une heure. Pas mal de choses à faire à Yogja, agences de voyages recommandées pour éviter de perdre du temps vu les prix raisonnables, même pour de simples déplacements.

A Sosrowijayan, tout le monde me connaît maintenant, on me salue comme si j’étais du quartier.

25 septembre : Temples de Borobodour et Parambanan

Direction Borobodour, 50.000 Rps pour un grand circuit avec Yogja Travel Tour. Avec moi deux couples, un germanique et deux vieux portugais.

A mon bonheur je rencontre un couple français avec un guide francophone. Je découvre ce que c’est un vrai guide, son apport dans de telles visites est capital.

Borobodour est le plus grand temple bouddhiste du monde. 3 étages carrés représentant les niveaux terrestres, 3 autres en disque pour le nirvana, et un intermédiaire. Les disciples commencent leur instruction au premier niveau pour arriver au nirvana, ils peuvent monter les niveaux comme redescendre.

Sur les murs des dessins retracent des histoires et des enseignements. Une tortue qui sauve un peuple du déluge puis devient prêtre et enseigne la sagesse au peuple ; Un singe qui meurt heureux car il a fait du bien, …etc. Les histoires sont évidement plus compliquées que ca, avec des réincarnations, dans des hommes ou des animaux, si c’est en un chien c’est la pire des punitions, en un singe c’est une autre histoire. C’est pour cela que les bouddhistes ne mangent pas de viande. Le 1er Bouddha, Cidarta, a écrit le Darma.

L’ossature du temple est un vrai puzzle 3D de pierres de toute taille. Construit au 9ème Siècle, le royaume avait sa capitale dans l’actuel Cambodge, où des temples construits par le même Roi existent toujours.

Maintenant, direction Kaliurang, site proche du Merapi, le volcan le plus actif d’Asie du Sud. J’ai pensé à l’escalader pour voir la lave, mais l’agence prévient que le guide peut décider de rebrousser chemin à 200 m du sommet s’il juge que le volcan est très actif. L’Indonésie est la zone la plus active du globe (rapport volcans éruptions) avec ses 400 volcans dont 70 sont toujours en activités.

Direction Parambanan. Très intéressant vu qu’il s’agit de plusieurs temples hindouistes colossaux où on peut faire facilement le tour, venir et revenir pour prendre des photos. Le Dieu dans l’hindouisme a trois formes, la trinité : Civa (Shiva), Wisnu, et Brahmâ ; le destructeur, le protecteur, et le constructeur. A chacun son temple, avec un style différent des Bouddhistes les sculptures sont un peu plus raffinées, les escaliers sont imposants.

Un peux de marche la nuit à Yogja. C’est très mignon comment tout le monde s’assoit sur les trottoirs pour discuter, jouer de la musique, manger, boire, dormir, glander. La sécurité est totale. Je pic-nic dans un restaurant sur le trottoir, j’aurais droit à un portrait au crayon.

Dans un théâtre à ciel ouvert, j'assiste à une formidable et grandiose pièce théâtrale de marionnettes, entrée gratuite. Sauf que quand tous rigolent, moi je n’y comprends rien et je reste hors sujet, les dialogues sont en indonésien, mais intéressant à voir quand même.

Quand on me demande d'où je suis et je dis : " I'm from Algeria ", on me dit : " ah ! el-dajazair ! zidane ! ", plusieurs fois.

26 septembre : Le festival de Kraton

Aujourd’hui, c’est le grand festival de Kraton, il se déroule un peu partout dans la ville, l’office de tourisme donne le programme avec toutes les explications.

Matinée, spécialités culinaires à sosrowijayan, dégustation gratuite. Tranches de bananes enrobées de sauce sucrée, des dérivées de riz fris, des trucs impossibles à reconnaître et d’autres difficile à avaler vu qu’on et pas habitué, on nous fait goutter avec beaucoup de joie et un grand sourire. Je ne m’y attarde pas trop.

Pasar ngasem, le marché des oiseaux. En fait, c’est aussi un marché de fruits et légumes, de poissons, de serpents, de tortues, de vers de terre, de volailles, et j’en passe.

Un jeune me fait visiter les quartiers, puis les ruines du harem du Sultan, et pour finir, la vieille ville et ses quartiers étroits et chahutés, pour atterrir chez lui et tenter de me faire acheter ses toiles. Par endroits, ces quartiers sont très typiques, des villas très mignonnes avec des jardins bien entretenus avec beaucoup de goût.

Les mêmes histoires avec les toiles batik. A 150.000 l’unité, je finis par en prendre 2 à 80.000 Rps.

On perd le Nord facilement, surtout si on s'arrête dans un magasin, on ne sait plus d’où on est venu, je tourne en rond.

Yogja est une ville très touristique avec plein de choses à voir et à faire. Les manifestations culturelles et touristiques sont fréquentes et il y a un journal hebdomadaire gratuit qui affiche tous les rendez-vous touristiques et des adresses très utiles. Il est intéressant de prendre tout son temps pour faire les boutiques, entre autres dans Mariloboro, la rue qui ne dort jamais.

A Taman Sari, je comprends pourquoi les portes des passages entre certains quartiers sont basses en hauteur, c’est pour que les gens baissent la tête en entrant pour le salut aux habitants.

Le festival continue, à 14h00 commence une série de défilés spectaculaires des diverses provinces d’Indonésie, devant le Sultan de Yogja et ses invités. Ca n’en fini pas, tellement de manifestations folkloriques avec chacune une tenue totalement différente, des danses variées et des exhibitions spectaculaires, parcimonieux comme je suis j’ai quand même consommé 3 pellicules photo. Ca fait plus de trois heures que ca dure, je ne tiens plus debout, j’ai vu tellement de couleurs que je n’arrive même pas à apprécier correctement. Je m’en vais à contre cœur. Stupéfiant toutes les cultures que l’Indonésie peut comporter, impressionnantes, chacune plus que l’autre.

Quel plaisir ! Une cafétéria climatisée, jus d’orange bien glacé, un paradis, je n’avais pas posé mes fesses depuis plus de 4 heures.

La suite, réservation pour demain matin, aller simple pour Bromo, volcan en activité à Java Est.

Le soir, en attendant le développement de mes clichés photo, je vais chez pizza hut. Affolé par l’idée que je pars en montagne je commande une grande pizza au lieu d’une petite. A peine la moitié je suis déjà rassasié, au payement je découvre que le contour de la pizza fourré à la saucisse n’est pas inclus dans le prix initial, je dois payer la pizza 50% plus cher. Salaud de serveur qui ne m’a pas avertit que l’option est payante, et moi de ne pas bien lire le menu, en plus je dois payer les maudits 10% de taxes gouvernementales.

Le soir, le festival continue, spectacle à Pakualaman, palais du vice-Sultan ou quelque chose comme ca. Pas moins impressionnant que les défilés à Kraton, magnifiques spectacles de mariage et autres, surtout celles des Provinces de Kalimantan et des Moluques.

Je sors du palais un moment pour m’acheter une bouteille d’eau, que je paye 2.000 Rps. Je reviens ½ H après chez la même vendeuse et je paye 1.500 Rps pour la même bouteille. Les mêmes histoires, tarifs touriste, j'en rigolais !

27 septembre : Direction Bromo, l’un des plus hauts volcans d’Indonésie

Direction Probolinggo , puis correspondance pour aller au petit village Cemara lawang en haute montagne, à côté du volcan Bromo. Je suis dans un petit fourgon avec un couple new-yorkais, deux filles des philippines, et Irène de Denver avec un sud-africain. On nous croit difficilement quand on dit que nous sommes africains, blancs comme nous sommes !

L’agence de voyage à Probolinggo m’a exigé une réservation de continuation quelconque, car la descente de Cemara lawang doit être planifiée. En fait c’est un moyen de garder le client, on peut descendre seul, mais ca nous évite de perdre du temps.

De Probolinggo à Cemara lawang la route est étroite sans aucune palissade, pleine de virages, de la fenêtre on ne voit pas le sol mais le vide entre les montagnes, on ne fait que monter, monter, monter la montagne, à plein gaz, dans un fourgon qui n'inspire aucune assurance, les bagages sur le toit ne sont même pas attachés, et il faisait nuit en plus. Je ne sais pas comment j'ai survécu à ce trajet, soit je suis très courageux, soit un inconscient.

On arrive vers 22h, un froid de canards. Demain matin départ à 4h du matin pour escalader Bromo, je fais sortir tous mes vêtements de mon sac au dos. Heureusement qu’à l’hôtel on loue des torches électriques et des vestes d’hiver.

28 septembre : Escalade de Bromo

Je sors de l’hôtel à 3h50 du matin, direction Bromo, avec plein d’enthousiasme. En voyant le brouillard épais qui couvre le plateau qui doit être traversé pour atteindre le cratère du volcan, je bats en retraite et reviens à l’hôtel voir le sud-africain pour y aller ensemble, et j’ai bien fait. Le couple New-yorkais et les deux filles des philippines avaient décidé la vielle de louer une Jeep.

La Jeep n'est pas indispensable tout compte fait, et sur le chemin on croisent des villageois sur cheval qui nous proposent de nous transporter jusqu'au pied du cratère, non.

L'Ascension est pénible, surtout avec l'asphyxiant gaz de soufre. Le paysage est lunaire par endroits.

Je fais la connaissance avec Carène, étudiante australienne. On s'est rencontré sur les sentiers étroits au-delà de Bromo à la recherche d’autres paysages, notamment pour voir Semeru, un autre volcan dont on voit la fumée de loin. Elle me propose de rester et venir avec elle demain en Jeep pour aller voir le volcan Semeru de plus près.

Je quitte l’île de Java pour aller à Denpasar, très au Sud de l’île de Bali, en bus et ferry pour 90.000 Rps.

Bali est très différente de Java : pas la même verdure, architectures, traditions, religion aussi, elle est à majorité hindouiste.

Arrivé à Ubung Bus Terminal, Nord de Denpasar, je prends un taxi pour rechercher un hôtel convenable pas cher. Je dois quitter Denpasar demain matin, tout est trop cher ici et les attractions touristiques sont ailleurs.

 

Suite...

 

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