L'invitation au
jeu
On peut définir le jeu
comme une activité libre et volontaire, source de gaieté
et de divertissement. Puisqu'on joue si l'on veut, autant que l'on veut
dans un espace déterminé, mais librement choisi, le jeu donne
un sentiment de liberté et de plaisir: on quitte son identité
pour revêtir une autre.
L'enfant ressent le jeu,
comme une institution aux lois bien établies. Dans le jeu, l'enfant
cherche la difficulté, la consigne étant pour lui une règle
adorée qui le rend plus équilibre. C'est un prix payé
par celui qui veut entrer en jeu, de se soumettre à des conventions
arbitraires, de faire ce que la règle lui demande.
L'activité ludique
est une épreuve de volonté et d'affirmation sociale parce
qu'elle comporte un plan, un projet, un but représentant la garantie
d'une réussite. Paradoxalement l'invitation au jeu est une invitation
à la prise de risque, mais comme le cadre du jeu est conventionnel,il
est en même temps sécurisant. Elan de se dépasser,
désir de grandeur, le jeu est également un rêve, une
expression de tendances cachées d'une âme aspirant à
la découverte des secrets de l'univers. Serment, fait d'abord à
soi-même, puis aux autres, la consigne du jeu doit être remplie
avec du serieux et cet effort accompli, afin d'y arriver, nait des êtres
volontaires et autonomes. C'est une invitation à la volonté
"le vestibule Naturel du travail".
L'expérience ludique,
par cet entrainement à l' obéissance consentie, à
la franchise des obstacles, par l'accomplissement d'une tâche bien
établie, représente aussi un noyau d'apprentissage social.
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