dans la noirceur il n'y a pas d'ombre
j'y suis fondu, enchaîné
nostalgie toxique
je trébuche sur les racines de l'arbre
généalogique
les ramifications du passé égratignent mon
visage
les vieux hêtres aux pieds bien en terre
ou même sous terre
m'assaillent
m'enserrent de leurs broussailles
je ne vois rien mais je reconnais leurs griffes
la hache est démanchée
la scie a sauté
la tronçonneuse est débitée
tous les fils s'émoussent
lames hantables
je ne peux plus combattre ces vieux fantômes
je leur tourne le dos
des ailes y poussent
pensée magique
je m'élève
me cogne la tête aux plus basses branches
mais je les contourne, m'en sert comme échelle
j'y mets avec un plaisir un peu cruel tout mon
poids
et je poursuis mon ascension dans les craquements
jusqu'aux ramilles
de l'espace, de la lumière, de l'air
mes ailes frémissent
plus rien ne me soutient, je les déploie
le temps d'un dernier tour d'horizon
de cette forêt à perte de vue
et je m'envole
au-dessus des arbres immobiles
Patrick Packwood
- 30 mars 2003 -
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