glacial

 

dans cette désolation bleue, blanche

des grains argent lacèrent

comme le souffle qui les virevolte fouette

mon expression crispée par l'inclément

 

le vent infiltre les granules sous moi

les empile sur mon corps

s'en empare flocon à flocon

le fait disparaître violemment mais doucement

 

dans ce paysage de blanc-manger en folie

l'esprit vagabonde et s'amende

fait face au blanc à l'extérieur et refuse le blanc à l'intérieur

seuls liens avec la vie, les souvenirs refluent

poussés par cette bise féroce sur ma joue

 

le froid me tue et me ranime

grelottant mais saisi de remords

qui partent en poudrerie

purification par le blanchiment

 

le bleu du ciel noirci

les ombres grandissent et bleuissent

le mercure tombe

mes paupières tombent

le vent tombe

 

les tourbillons cessent

de cruels points de lumière les relaient

trouent ici et là la coupole de givre

m'espionnent dans leur immobilité

scintillent à travers mes cils enneigés

 

hallucinations

des points orange sautillent

suivis par une inscription glauque et illisible

puis par un rectangle de lumière bleue

luisances étranges et réconfortantes dans ce noir glacial

 

une porte s'ouvre

un barbu grisonnant à l'air paternel me sourit

m'invite à gravir les marches

je monte et m'assied

et jouis de la chaleur de l'autobus

 

Patrick Packwood

- 10 mars 2003 -

 

 

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