Nos épreuves communes dans cette traversée plient et replient la vie qui ourle la silice en dunes.
Enfant, je me contentais d’un carré de sable.
Adolescent, j’avais la tête enfouie dans le sable.
Jeune adulte, j’étais souvent déraisonnable.
Mais je me déplie dans ce désert, cet horizon à 360 degrés imprenables, imprévisibles.
Mon visage était couvert de hiéroglyphes étranges, de signes inconnus du lexique pyramidal. J’ai brisé la pierre de rosette prédictible et, désormais désuète, inutile…
M’avez-vous regardé depuis la pelle en plastique et les petites autos…?
Ce monde entre mes deux oreilles, derrière mes yeux, qui vous était inconnu, je peux maintenant le dire, l’écrire, le crier au besoin! Je vous l’offre. N’interprétez plus, de grâce… Écoutez…
M’avez-vous écouté depuis ma réponse cœur et âme à cet appel de la sirène de silicone…?
J’ai changé. Votre œil exercé par des décennies indiscernables ne voit encore que l’enfant aux genoux pleins de sable, l’adolescent rêveur et replié sur lui ou le pitonneux indécrottable.
J’ai changé assez pour frotter mes genoux, déplier l’origami dans ma tête et ne pitonner que mon âme.
J’ai changé. M’aimez-vous encore…?
Vous avez changé. Et je vous aime toujours, tous, sans condition et sans limite, autant qu’il y a de grains de sable dans tous les déserts et les carrés de sable de la Terre.
Nos épreuves communes dans cette traversée plient et replient la vie qui ourle la silice en dunes. Je franchis un erg. Je vous tends la main. Vite! La vie, le sable meuble, coule et s’écroule sous nos pieds. Vite! Le prochain monticule nous attend!
Patrick
Packwood
14 mai 2002 / modifié le 20 octobre 2002
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