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Amour maternel

 
 

 

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- Pardon, de quoi tu parles ? Je m'en fous de ton job, espèce de bon à rien. Je te parlais de Nancy.

- Nancy ?! C'est qui celle-là ?

- Nancy c'est l'ex-siamoise, lesbienne et cul-de-jatte qui avait été mal séparée de sa soeur, Linda, lors de l'opération. Linda avait gardé sa bouche et une main... Aujourd'hui, Linda, frustrée du manque d'attention des hommes pour elle, a étranglé sa soeur à l'aide de sa seule main et de sa langue... Elle lui a ensuite mangé le cerveau ! Snif... C'EST HORRIBLE !!! Snif...snif... bouhououooo....

- Ne me dis pas que tu écoutes Varginie, toi aussi ?

- Non. C'est Ginou qui m'a raconté ça. Je n'ai jamais écouté cette émission de ma vie.

[Couture éloigne l'appareil de sa bouche puante un instant et regarde son ancien patron avec un air découragé.]

- Ah les femmes ! On ne peut pas vivre avec elles...mais on ne peut pas vivre sans elles...

- Pourquoi est-ce que vous me dites ça, Couture. Vous devez savoir que je ne m'intéresse qu'aux garçons de messe et aux lézards ?!

[Couture reprend l'appareil dans lequel la voix criarde de sa femme résonne comme une trompette désaccordée jouant l'air d'une chanson de Nana Mouskouri.]

- Je n’ai vraiment pas le temps de parler là, ma chérie. Je suis en pleine conversation avec mon ex.... avec mon patron, Monsieur McCalister.

- Je vous ai bien spécifié de ne pas m'appeler comme ça, Couture.

[Couture fait un signe comme quoi il est désolé. Ensuite, il se gratte l'entrejambes pour faire rigoler les millions de chinois qui regardent le film de sa vie grâce aux images retransmises par la caméra invisible qui le traque sans relâche depuis le jour ou il avait éjaculé par mégarde dans la boîte de serviettes sanitaires de sa soeur aînée. Il avait 22 ans à l'époque.]

- Oui mais chérie, je suis tellement sous le choc d'avoir appris ce qui est arrivé à Nancy et Linda. Il fallait que je t'en parle.

- Je suis occupé. Je te rappelle tout à l'heure. D'accord ?

[Mais au lieu des protestations attendues de son épouse, c'est ce qui était de toute évidence un coup de feu qu'il entendit résonner dans son appareil. Un coup de feu suivi du bruit d'un corps qui s'écroule au sol.]

- Allo....Gisèle...

[Exaspéré par le temps de réponse prolongé de son épouse, Couture raccroche sans s'embêter davantage avec ça. Il venait de prendre une décision très importante : il allait demander le divorce. Il n'en pouvait tout simplement plus de manger des sandwiches aux oeufs du matin au soir.]

- Bon... Est-ce que vous allez ouvrir ce colis de merde, oui ou non ?

- Oui, monsieur McCa.....Oui, je le fais à l'instant.

[Gilles s'active alors à ouvrir le fameux colis, mais au même moment l'homme vêtu de jaune, accompagné de plusieurs de ces collègues de la voirie, l'interpelle.]

- Cette fois ton compte est bon Couture ! Et toi aussi McGuliver... Nous tenons la veille folle en otage, si vous ne collaborez pas, nous l'exécutons.

- McGuliver... c'est vous ça, patron ?

- Que penses-tu imbécile ! Je vous ai pourtant bien dit de ne plus m'appeler
McCalister...

- Vous connaissez cette vielle folle qui tentait de traverser la rue ?

- Je ne pensais pas te l'avouer ainsi, mais... puisque la situation l'oblige... Autrefois... Elle fut ta mère. Ta mère Couture !

[Avant même que Gilles ne puisse réagir, l'un des hommes en jaune saisi un énorme boyau servant à drainer les égouts ( que Gilles avait si habilement sabotés ), s'apprêtant à arroser, d'une pluie de merde, Gilles et son ex-patron. Pendant ce temps, un autre homme en jaune frappait à coup de genou et à coup de coude sur la pauvre vielle dame qui tentait de retenir les vieux mouchoirs usés qui tombaient de ses manches.]

- Allez Couture ! Suivez-moi ! Il faut fuir ! Ne vous laissez pas attendrir par la situation de votre mère...

- Ma... ma mère ? Ma... maman... MAMAAAAAAN !!!

[Dans une scène d'horreur totale, l'homme en jaune expulse ce qui constituait une bonne partie du souper de la veille et du petit déjeuner matinal de Gilles sous une forme qui en disait long sur l'état de ses intestins. McGuliver empoigne Gilles, qui gueulait la bouche grande ouverte, sans prendre garde au flux intestinal qui s'abattait sur eux... McGuliver ouvre une porte dissimulée menant à l'intérieur du Supermarché.]

- Aaaahhh... nooooon.... snif... bououhou.... vous avez vu ce qu'ils ont fait à ma mère.... mwahouhou.... je ne leur pardonnerai jamais !!! J'aimais tellement cette femme.... snif... bouhououou...

[McGuliver gifle Gilles à plusieurs reprises sans se gêner sur la puissance.]

- Mais ressaisissez vous Couture ! Vous nous donnez en spectacle !

- Mais c'est ma MÈÈÈÈÈÈÈRE !!!! BOUHOUOUOUOUOU !!!!

- Mais vous ne la connaissez que depuis deux minutes, Couture ! Et puis, sachez qu’elle vous a abandonné à l’orphelinat à l’âge de dix-neuf ans, prétextant que vos intestins étaient tout simplement insupportables, et ce depuis votre plus jeune âge.

- ...snif... Vous... Vous avez raison ! Je... snif... je suis désolé... Mais qui sont ces hommes en jaune ??? Comment ce fait-il qu'ils nous connaissent ? Pourquoi nous poursuivent-ils ? D'où venaient les coups de feu dans ma maison qui semblaient être destinés à ma femme ? Et... qu'y a-t-il dans ce colis de merde qui a foutu ma journée en l'air !!! Ne me dites pas que tout ça a un lien avec les quelques dizaines de voitures que j'ai égratignées ce mois-ci... Ou pire encore, avec les infâmes sandwiches aux oeufs de ma femme ?

- Je crois que je vous dois quelques explications, Couture... Vous êtes impliqué dans un histoire bien plus grande et dangereuse que vous ne pouvez l'imaginer... Bien plus terrible...

- Mais de quoi s'agit-il, monsieur McGuliver ?

- Maintenant que vous connaissez mon véritable nom, vous pouvez m'appeler par mon prénom, qui est Albert.

- D'accord, monsieur McGuliver.

- Albert... c'est Albert, idiot.

- Si vous le voulez, je préfère tout de même vous appelez monsieur McGuliver. Vous êtes mon ex-patron après tout. Je me sens plus à l'aise ainsi. Les fruits de mon éducation probablement.

- Comme vous le voulez, Couture.

- Merci de ta compréhension, Albert.

[Gilles, tout en essayant de dissimuler sa supériorité intellectuelle, cherchait du coin de l'oeil s'il n'y avait pas des toilettes dans ce supermarché. Il sentait que ses intestins allaient bientôt entrer dans une nouvelle phase d'activité, telle une plaque tectonique en Californie.]

- Suivez-moi, Couture. Je vais vous montrer un secret qui va vous intéresser au plus haut point, j'en suis sûr.

- Comme tu veux, Alb.


 

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LISTE DES CHAPITRES

 

Chapitre 1: Jour de chance

 

Chapitre 2: Tuyauteries et intestins

 

Chapitre 3: Ménage à trois

 

Chapitre 4: Amour maternel

 

Chapitre 5: L'allée maudite

 

Chapitre 6: Va-et-vient

 

Chapitre 7: l'Élu

 

Chapitre 8: Flatulences salvatrices

 

Épilogue

 

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